‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 276 sur 390 · SI · texte numérisé non relu

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DE L ENCYCLOPEDIE A L EMILE

Critique indirecte

rhomme libre (1). Yvon dans un Discours sur l'histoire de l'Eglise (2) insiste assez habilement sur le schisme qui divise désormais les philosophes en déistes et matérialistes et sur Tinconséquence de ces derniers qui, pour régénérer la société, font tout le temps appel à l'énergie de l'homme et à sa liberté qu'ils nient. Fabry de Moncault comte d'Autrey part d'un petit nombre de faits : la jeunesse du monde, l'existence des fossiles et la nouveauté des arts, la misère de l'homme. Il étend à ces faits le raisonnement de Pascal ; ils ne s'expliquent bien que par les hypothèses de Moïse : la création, le déluge, la chute. Si Moïse ne dit pas vrai, il faudrait un miracle pour qu'il eût inventé des solutions parfaites (3).

Le plus apprécié fut, comme toujours, non le meilleur mais le plus clair : Le Masson des Granges, un prêtre dont nous ne savons plus rien aujourd'hui, montra dans un banal mais court manuel. Le Philosophe moderne (4), « de quel côté il y a plus de « crédibilité dans les principes, plus d'honnêteté dans les maxi- « mes, plus de sûreté dans les conséquences » (5). La nuit, sur une route environnée d'abîmes, il est sage de marcher avec précautions.

Mais à mesure que la force d'esprit des apologistes diminue, ils osent moins attaquer les idées de front. Ils se rabattent sur la critique des conséquences, plus aisée, et d'ailleurs dans le goût

d'un siècle positif.

L'Ami des hommes (6) estimait que les livres impies sont plutôt la suite du relâchement des mœurs que son principe. Le P. Sennemaud impute à la philosophie le dévergondage croissant. Le Dieu de ces messieurs est si accommodant I « C'est le « meilleur et le plus tendre des pères... il chérit trop notre féli- « cité pour vouloir contraindre en rien nos inclinations... Nous

1. Essai sur la faiblesse des esprits forts par J. T. de Sz C (omte) d (u) S (aiiht) E impire) R (omain), Amst. 1761, 12.

2. Paris 1763, 3 v. 12, rééd. 1779 sous le titre d'Histoire philosophique de la

religion, Liège 2 v. 8«.

3. « Le pyrrhonien raisonnable ou méthode nouvelle proposée aux incrédules par M. l'abbé de *** La Haye 1765, 8». Des faits dont part l'auteur ses contemporains n'admettent que les fossiles et ils les expliquent mieux que par le Déluge. Fabry chevalier de St Louis (1723-77) écrivit aussi contre Voltaire : Les Quakers à leur frère V. 1768 (V. Grimm VIH, 243) et contre d'Holl>ac4i : L'antiquité justifiée (1776). Il n'est, pas sans mérite. L'Année littéraire le dit « instruit » [53] 1767 t. IV. 232.

4. « ou l'incrédule condamné aiu tribunal de sa raison ». Paris 1757, 12, rééd. 1759, augm. 1765. Le Masson né en 1700 mourut en 1760.

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