V. L'Ami} des hommes, [233] éd. de 1758, 2*» part. p
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DE L ENXYCLOPÉDIE A l'ÉMILE
tater qu'il n'est pas une famille en parfait accord sur la
foi (1).
Les Jésuites Charles de Neuville (2), Papillon du Rivet (3), les abbés Poulie (4) et Clément (5), se préoccupent de défendre la religion. Le P. Le Chapelain S. J. (6) publie en 1760 un recueil presqu'entièrement apologétique. Il y développe les preuves externes, mais manifestement le public des sermons lui-même goûte moins le merveilleux, car nous voyons Neuville insister selon le goût du siècle sur les bienfaits sociaux de la foi. Elle perfectionne les vertus (7), rehausse le génie (8), ferait d'un peuple chrétien un peuple modèle (9). Clément montre de préférence ses fruits intérieurs, les douceurs qu'elle procure, espérance, consolations, jouissance anticipée du ciel (10). Peut-être en réponse à Voltaire, il réhabilite l'église du moyen âge ou étale la gloire que le catholicisme a donnée à la France. D'autres fois, prenant l'offensive, les prédicateurs réduisent la morale philoso-
1. Clément, prédicateur du roi. Sermon sur la foi, c. p. Bernard : « Le sermon au xviii* siècle » [22] p. 231.
2. Sermons, Paris 1777, 8 v. 12. Migne, Orateurs sacrés [10] t. 57. C'est, au point de vue littéraire, le meilleur orateur de cette période et peut être de tout le siècle.
3. Né à Paris (1717), mort à Taurnay (1782), auteur de poésies latines et françaises, parmi lesquelles une épitaphe de Voltaire. Ses Sermons sont sans CQulemr. Tournay 1765 et 1768. 4 v. 8«. Migne [10] t. 59.
4. Prédicateur du roi, né à Avignon en 1703. mort en 1784. Ayant prononcé en 1748 le panégyrique de St Louis devant l'Académie, il obtint l'abbaye de N. D. de Nogent et prêcha pendant 35 ans à la cour et à la ville, aux applaudissements d'un public qui goûtait le style du P. Berruyer. Dans son dernier sermon, sur la Vigilance chrétienne (1770) il mettait encore en garde son auditoire contre les écrits impies : « Loin de vos lèvres cette coupe empoisonnée ! « vous buvez la mort. Que nous reste t'il donc à vous prédire en descendant de ;« la montagne ? nous le disons en gémissant : les vengeances du ciel ! » Sans vanité littéraire, il consentit tardivement à publier 11 de ses discours, Paris 2 v. 8« 1778, rééd. 1781 et 1818. Migne [10]/ t. 55.
5. Né à Dijon en 1706, mort en 1771, confesseur de Mesdames et prédicateur du roi. Ce fut un homme vraiment pieux en un siècle frivole. Il passe pour avoir opéré des conversions. Il laissa des ouvrages d'édification et 9 vol. de Sermons (Paris 1770-71, in-12) dont la simplicité relative repose le lecteur moderne de la « dégoûtante » élégance des orateurs jésuites. Migne [10] t. 54 et 55.
6. Né à Rouen (1710) mort dans la cathédrale de Malines en 1779, le plus célèbre prédicateur de la cour après le P. de Neuville, il prêcha aussi en province et s'acquit une telle réputation que Marie Thérèse le fit venir à Vienne quand son ordre fut dispersé. Fréron écrit de lui : « Tous les orateurs chrétiens cédaient à Bourdaloue la palme du raisonnement. Le P. le Chapelain est venu la partager avec lui ». An. lit [53] 1770, t. II, 111. Ses Sermons ou Discours, Paris 4 v. 12, 1768 et 1778, ont été partiellement traduits en allemand et en italien. Migne t. 59.