Let. à Vernes 2 janv
critique et qui dispenserait, à la rigueur, de lire ses autres satires. Il n'a jamais été plus serré. C'est un concentré de tous les déistes anglais.
« 11 est impossible que le point dans lequel tous les hommes de « tous les temps se réunissent ne soit l'unique centre de la vérité « et que les points dans lesquels ils diffèrent tous ne soient les « étendards du mensonge » (1). Toute religion qui offense la morale universelle ou la vraisemblance est fausse. L'Ancien Testament offense les deux. Nous y voyons défiler les filles de Loth, le menteur Isaac, le fourbe Jacob, Juda l'inceste, les Juifs voleurs des Egyptiens. « Le propre frère de Moïse leur fait un autre Dieu « et ce Dieu est un veau » (2). Moïse les massacre. « Ce n'était <( pas assez de 23.000 hommes égorgés pour un veau, on nous en « compte encore 24.000 autres immolés pour avoir eu commerce <' avec des filles idolâtres, digne exemple, mes frères, des persé- « cutions en matière de religion » (3). Une prostituée, Eahab, introduit les Hébreux dans Jéricho par trahison, un lévite livre à la brutalité des Guibéens sa femme « qui meurt de cet excès ». Samuel « ce prêtre boucher, coupe Agag par morceaux ». On sait les crimes de David, « et c'est de cet adultère homicide que « vient le Messie, le fils de Dieu, Dieu lui-même, ô blasphème me » (4). Elisée, « ce digne dévot, fait dévorer 40 enfants par des ours ». Enfin le ridicule des rois de Juda et d'Israël « est toujours sanguinaire ».
Le second point traite des invraisemblances de la Genèse, mentionne que la religion de Noé n'était ni juive ni chrétienne, s'arrête au concours de miracles institué entre Moïse et les Egyptiens : « il faisait naître des grenouilles et eux aussi. Mais ils (( furent vaincus sur l'article des poux ; les juifs, en cette partie, « en savaient plus que les autres nations. » Suivent des facéties bientôt classiques sur les vêtements des Hébreux qui durèrent 40 ans au désert, sur l'ânesse de Balaam, Samson, le char de feu d'Elie, les enfants « qui chantent dans une fournaise ardente », la prédiction d*Isaïe « une fille sera engrossée » (5), et, comme couronnement, le déjeuner d'Ezéchiel : « Dieu lui ordonne de « manger du pain d'orge cuit avec de la merde. Croirait-on que « le plus sale faquin de nos jours pût imaginer de pareilles « ordures ? ».