Let. 7 déc. 1768, c. p. Desnoireterres VIL
6. Art. Religion. — V. les articles : Amour socratique, traité par Voltaire de simple « faiblesse », de « fadaise » ; — Anthropophages.
7. P 323. Grimm ricane, à son habitude : « Réponds, réponds mon ami. Ta « masure devient si vieille que les étais que vous assemblez tout autour d'elle, « toi, père Viret et les gens de ton froc, ne serviront qu'à la faire écrouler plus « vite ». VII, 461. « Il résulte simplement des recherches de Voltaire que le « peuple choisi par Dieu dans sa miséricorde était le plus stupide, le plus « dégoûtant et le plus abominable peuple de la terre ». VI, 271.
quoi un livre fait pour tous les hommes n'est-il pas convenable à tous les siècles ? Et il n'est pas médiocrement plaisant que, dans le feu de la polémique, l'impie l'exige universel et le croyant le montre relatif. Dieu ne peut agir et parler que sub specie œternU tatis, ce qu'il a établi est donc immuable. Les chrétiens l'accordent pour leur religion ; mais nécessité l'ingénieuse leur a fait découvrir le mouvement de la vie pour expliquer que le judaïsme ne soit qu'une ébauche. C'est par là, d'abord, qu'ils s'évadent de la « conception carrée » des choses et que le sens historique s'introduit dans l'étude des religions (1).
Mais c'est assez que les histoires bibliques choquent souvent notre morale et notre goût. Encore ne faut-il pas, dit Viret, falsifier les textes pour rendre les prophètes odieux. Quand Ezéchiel compare Jérusalem à une prostituée. Voltaire, pour faire un sens lubrique, traduit ainsi le verset 8 du chapitre 16 : « je t'ai couverte, je me suis étendu sur ton ignominie ». Or, le texte dit: a j'ai étendu un voile sur toi » (2). Cela fait, on conclut dans le Dîner du comte de Boulainvilliers qu' « on ne trouve dans ces misérables que du galimatias et des obscénités » (3).
Aucun de ces réfutateurs ne sort d'une médiocrité honnête, mais voici d'un autre style :
« C'est surtout lorsqu'il est question de la langue grecque, que « vous vous plaisez. Monsieur, à étaler votre érudition. Cette lance gue a pour vous des charmes inexprimables, vous n*en parlez <v qu'avec transport, vous en vantez partout la clarté, la richesse, <i l'harmonie... Comment se persuader après cela avec de témé-
1. V. Sigaud de la Fond : « Economie de la Providence dans l'établissement de la religion », Paris 1787, 2 v. 12. où l'idée d'évoluUon est aussi nettement indiquée qu'elle pouvait l'être à la fin du xviii» siècle.
2. Viret, c. 15. Vulgate : « expandi amictum meum super te et operui ignominiam tuam ». Original, trad. Reuss : « j'éttendis mon manteau sur toi et je couvris ta nudité ». Reuss ajoute : « Etendre le manteau (le pan de l'habit) sur une femme était un acte symbolique et par suite ,une locution figurée pour parler de fiançailles et de mariage (Rutb 3, 9) ». — Les Prophètes, Paris 1876, 8« t. II, 46 sq.
3. Viret a aussi réfuté cet ouvrage dans Le mauvais dîner, Paris 1770. 8« V. p. 64. Mentionnons pour mémo'ire les Observations de Vabbé François sur la Philosophie de Vhistoire et le Dictionnaire philosophique (1170) (« M. François, dit Fréron avec son calme imperturbable, répond d'une manière victorieuse au faible adversaire qu'il attaqu'e ». An. lit [53] janv. 1770, 132), — et le Dictionnaire philosophique de la religion par Nonnotte (Avignon 1772, 4 v. 12) où l'on trouve les mêmes défauts que dans « les Erreurs de Voltaire ». Il triomphe sur un détail, reste faible sur l'essentiel. — Fréron relève dans ces productions de Voltaire « le plus bizarre mélange qu'on ait jamais vu... d'honnêteté et de polissonnerie, de vérités et de mensonges, de bonhomie et de méchanceté. îCunquam homo sic impar sibi ». An. lit^ 1764 t. VIII, 68.
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