‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 318 sur 390 · T. IIL 68 philosophiques que *** sur sa · texte numérisé non relu

T. IIL 68 philosophiques que *** sur sa

5. Les Quakers a leur frère y..., '/J'^* /'„-'^„o \ Grimm VIIi; 243. Rien

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devant l'hypothèse d'une formation graduelle de la légende, dans la pénombre, loin du contrôle public. Il n'est pas entièrement démontré, au reste, que les faits avoués fussent impossibles sans ce fait surnaturel.

V Avertissement que l'Assemblée du clergé de 1770 publia sur les dangers de Vincrédulité est habile et bien fait. Les auteurs cnt enfin compris ce qu'il fallait au temps. Plus de dogmatique, mais un pragmatisme dans le goût du jour. C'est l'utilité du christianisme que l'on nie après avoir ruiné sa vérité ; on l'a dit superflu, puis nuisible ; d'Holbach en fait maintenant le fléau de l'humanité. Au moment où la sensibilité devient à la mode, l'Avertissement montre dans la religion une source de félicité pour les âmes sensibles. Elle seule inspire les sentiments nécessaires à l'accomplissement du devoir. « Notre faiblesse, nos im- « perfections... tout annonce la nécessité et les avantages d'une M révélation ; elle seule nous ouvre le chemin de la vérité et du « bonheur » (1).

Ceux qui veulent à tout prix trouver du nouveau commettent Malavisés des imprudences. Avec l'arrière-pensée d'infirmer la valeur historique des légendes païennes et de les rendre incomparables avec l'histoire sainte, Bergier cherche dans la mythologie une physi-* que non une histoire (2). Le xviir siècle substituera en effet à la conception courante: les dieux furent originairement des hommes éminents ou utiles, celle-ci : ce sont des génies présidant chacun à un ordre de phénomènes ou ces phénomènes allégorisés.

iatus de vera religione, Divione 1771. 2 v. 12. dans le Catéchisme philosophique de Feller ou « recueil d'observations propres à défendre la religion chrétienne contre ses ennemis », Liège 1772, 8» ; rééd. 1777, 87 et dix fois au xixe siècle. Quelques tentatives pour prendre le ton du jour restent bien médiocres. Voici le genre d'un ouvrage anonyme : Nos philosophes déconcertés, La Haye 1770 8o. « Voyez-vous ce singe qui jou« avec une noix ? quelques fibres de plus dans « son crâne, il penserait tout comme moi, dirait des facéties, composerait des « brochures, rimerait des fatuités à Iris et régenterait plus de dames que le « gros abbé ***. C'est un tournebroche et je suis une montre à répétition » p. 7. — « Les Américaines » par Mme Je Prince de Beaumont, Lyon 1770, 3 v. 12 sont de fades dialogues entre une institutrice catholique, « la Bonne », et miss Préjugé, lady Inconséquente, miss Champêtre, M. Belesprit, un ministre calviniste, un ministre arien, un rabbin etc.. etc.. L'ouvrage le plus so-lide est VHistoire de l'établissement du christianisme par Bullet, Paris 1764, 8<>, répertoire complet mais rébarbatif des témoignages païens et juifs favorables ou défavorables au christianisme. C'est un ouvrage de référence, illisible au grand public.

1. P. 4. C'est l'csqujs&c d'un retour à Pascal à travers Rousseau. « Tout y est plein de saj^'essc, d-e douceur et d'onction ». dit Fréron de ce manifeste. An. lit. [53], 1770, t. IV, 172.

2. L'Origine des dieux du paganisme et le sens des fables découvert par une explication suivie des poésies d'Hésiode. Paris 1767, 2 v. 8«>.

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Mais Bergier prépare les voies à Dupuis, qui étendra au christianisme l'explication astronomique des religions (1).

Z.e/ranc joue le jeu dangereux qui consiste à démolir chaque opin on par l'opinion plus avancée (2). Il a bien vu le progrès du déisme à l'athéisme à mesure que le siècle avance, mais sommer le Français de 1770 de choisir entre tout et rien entre le bloc catholique et le pyrrhonisme est une lourde maladresse Ce n est pas ce qu'il fallait pour conserver quelque religion aux Français, déistes intellectuels et calmes qui, en majorité, ne suivront pas d'Holbach mais qui n'entendent pas être gênés par Rome

Un autre malavisé, l'abbé Guidi, essaie de faire passer 1 Eucharistie, l'Incarnation, la Trinité, à la faveur d'un miracle opère par le Saint Sacrement sur un paralytique, à la procession de la paroisse de St-Côme le 25 mai 1769 (3). Depuis l'aventure de Pans il était délicat d'exploiter un prodige contemporain. On ne prouvait pas facilement aux douleurs que le paralytique fut incurable et que le Saint-Sacrement fût le seul agent de la guerison.

ta nhiloso- Plus imprudents encore ceux qui, pour compléter l'argument

J^riT pragmatique peignent la maltaisance de la philosophie et proce-

ph e mal- P^^f"»^ e ils incrédules par des insinuations outrageantes.

fanante . f J.^. ^^^^^^ '^^chafauds teints d'un sang parricide, des maisons

« dépouillées et démolies jusque dans leurs fondements, des

« vieillards proscrits traînant après eux des enfants marques au

« sceau de l'infamie. C'était un flls scélérat qui par système phi-

« losophique sacrifiait tout à ses penchants L oeil d un père

« économe et censeur lui était odieux ; le déisme l a arme d un

« glaive, il a trempé ses mains dans son sang » (4).

''^''2'T:%eu7ior^^^^^^^^ P- Vincrééulité elle-même (an) Paris

1772* 12 Les journaux louèrent la logique de cet ouvrage : « On verra par 'quelles- diseussions solides, par quelles conséquences nécessaires sa log que « pressante et lumineuse conduit de proche en Proche les ^ne^éd^ ^^ ^ 'l^f^ « complet de l'esprit humain » (le P^/^^^^ 7!^* ^['^J,^-,:'^^ 207. Journal encyclopédique copie quasiment ce ^'l' J^^^^^^'J ^^^^^^^^ (an.).

3. Entretiens sur la religion entre - ^^^^^^^^^^^^^^^^ il religion

^rr^Liîi^^^^^^ s-euti^:

-r;or;e^Y4^rpr^^^^^^^ q^u^rtSWen^ent pour eue .. ^^t ^^'p/™?/, de'pau : Le pf.ilosop,e ditHyran^Mque (an.) Paris 176... 12.

« Que ne puis-je ici nommer, s'écrie Caraccioli (1), tous ceux « qui se sont défaits pour avoir lu dans les livres de nos esprits « forts que tout périt avec nous ». — « Interrogez les pères, les . « magistrats, les supérieurs même des communautés... et tous « vous répondront qu'il n'y a plus de subordination » (2). Car secouer le joug de la religion c'est apprendre à secouer les autres.

Vernes lui-même, qui fut lié avec Voltaire et Rousseau, invente le roman d'un jeune homme perverti par un ami philosophe (3). Son père meurt en apprenant ses débauches. Il se console par les principes philosophiques sur les rapports des pères et des enfants, et entreprend de « déconvertir » la femme de son patron, Mme Hébert, on devine à quelle fin. N'obéit-on pas toujours à son intérêt et les vices des particuliers ne contribuent-ils pas au bien public ? Mais « les noms seuls d'ivrognerie, de prostitution pré- « sentent à l'esprit une foule de maux I — Très bien. Madame, « les noms. Mais qui est-ce qui s'en sert ? le petit peuple. Les « gens bien élevés ne disent pas grossièrement un ivrogne mais « un bon compagnon, une prostituée mais une fille qui est en « liaison, un voleur mais un homme qui est aux ressources, un « adultère mais un homme qui est bien avec Madame, un blasphé- « mateur mais un homme à saillies » (4).

Hébert trahi meurt de chagrin. Sa femme s'en console en 8 jours, mais elle tombe malade. Son ami lui démontre que le suicide est légitime, que le mariage qu'elle lui demande est un joug contre nature. Enceinte malgré l'usage d'abortifs, elle meurt d'une fausse couche dans un affreux désespoir.

Cette horrifique aventure fit hausser les épaules aux philosophes. Grimm s'en montre agacé.

Vernes

« C*est-à-dire, commente Grimm, le philosophe charlatan, obscur, obscène, hypocrite etc.. etc.. Cela est plaisant à force de bêtise et de violence », VI, 383. V. aussi VII, 5. Fréron trouve pourtant le moyen d'admirer : « Si le style « alternativement élevé, trivial et plat prête quelquefois à la plaisanferie, les « matières dont il parle sont respectables; tout y est édifiant; il y a même « des raisonnements pleins de force et de la plus grandie clarté ». An. lit, 1767, t. I. 305.

1. La Religion de l'honnête homme, Paris 1766, 12 p. 269. Bersot dit qu'à Paris en 1783, « il n'y avait presque pas de jours sans suicide ». (xyiii* s, [79], I, 204). Nous ignorons où il a puisé ce renseignement. Le suicide de 2 dragons matérialistes en 1774 fit grand bruit. Ils laissaient une lettre et un testament qui inquiétèrent Grimm lui-même : « Ces 2 pièces sont peut-être un exemple des ravages qu'une philosophie trop hardie peut causer dans dés têtes mal disposées ou qui n'ont reçu qu'une instruction superficielle ». X, 341.

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