Dec. 1771, p. 520. V. aussi An, lit. 1771. IV
4*. ^'ou 'Examen des jugements portés par M. de V. et par quelques autres vhilosophes sur plusieurs hommes célèbres », Amst. 1769i 2 v. 8«>
5 Voltaire montrait communément une parUalité contraire. Jamin, prieur de St-Germain des prés, le lui reproche dans un ouvrage anti janséniste 0]^^ «"* "" gros succès : Pensées théologiques relatives aux erreurs du temps Paris 1769, 12 • rééd 1772. 73. 76, 78 Hérodote confirma fil Moïse, il est « méprisé comme un* voya'geur crédule et trompeur ». Veul-on ridiculiser le peuple élu, «on . recueille avec avidité tout oe qui a pu être ^t au désavantage « de ces barbares. « Mais si les chrétiens se plaignent de leur cruauté, à l égard de J.-C., « alors ce n^est plus un peuple barbare et méprisable, mais une nation sans « férocité eâ sans méchanceté. On relève la sagesse de son sénat » etc.. p. d7-s.
était la continuelle justification de l'intolérance qui fait dire à un capucin : on dépeuple les Etats, mais c'est un petit mal pour un grand bien ; « le reste est en repos » (1).
Au milieu de ces banales productions dont la pauvreté lasse le lecteur le plus opiniâtre, c'est avec joie qu'on rencontre les « Lettres » plus incisives de Roustan « sur l'état présent du christianisme et la conduite des incrédules » (2).
Il y prend l'off'ensive et, prévoyant peut-être la moderne postérité du grand roi, il soutient que l'athéisme serait un mauvais garant de la tolérance. «On finirait par persécuter pour éviter la persécution » (3), parce qu'il est 'très difficile de tolérer des gens qu'on méprise et qu'on tient pour de dangereux empoisonneurs des esprits. Les athées diront aux princes : « Vu la faiblesse de i( la plupart des cerveaux, n'est-il pas à craindre qu'ils ne trou- « vent des imbéciles que leurs sophismes enlacent ? Comment « surtout leurs enfants repousseront-ils des préjugés présentés (.( par des mains si chères ? Et cela seul ne sufl&rait-il pas pour « entretenir dans l'état un schisme constant ? » (4)...
Dans sa 5* lettre (5) il fait bonne justice de l'exégèse romaine qui tord les textes à plaisir pour fonder son intolérance. Quand les philosophes s'emparent de ces textes pour crier au christianisme persécuteur, ils partent de l'idée a priori que Rome est identique au christianisme, ce qu'il faudrait démontrer. Roustan passe en revue ces divers passages. J.-C. parlant de la paix et l'épée recommande justement aux disciples de ne pas se défendre (6). Regarder l'hérétique comme un païen ce n'est pas le brûler ou l'envoyer aux galères ; ne pas le saluer « est-ce loger chez lui des dragons pour y vivre à discrétion ? » (7). Quant aux « contrains les d'entrer », la niaiserie de l'interprétation cruelle saute aux yeux. Les pauvres ont-ils besoin de coups pour aller à un festin ? Le maître n'envoie qu'un serviteur pour brutaliser tout ce monde ; son insistance n'a pour but que de vaincre la timidité. Même si les paroles étaient douteuses, voyez la conduite
1. Le P. Sixte de Murvaux : « Le miroir des esprits forts » (an,). Bouillon 1771, 2 V. 12, p. 282. Un autre capucin, le P. Romain Joly, se frotte les mains à la pensée que les philosophes seront danmés. Le phaëton moderne s. IL n. d. 1772, 8«, 13 p.