II
3. La théorie du bonheur, ou l'art de se rendre heureux mis à la portée de tous les hommes. Paris 1801. 12. V. Masson III. 174 et 286.
4. « sur les avantages de la religion chrétienne eâ les effets pernicieux de. l'incrédulité », (an.) Paris 1776, 12. par Lefranc de Pompignan.
5. Instruct. pastorale sur les sources de l'incrédulité et les fondements de la religion, Paris et Lyon 1776, 12. Etant évéque d'Autun le janséniste Monfazet avait prononcé sur le même sujet un discours d'ouverture à l'Assemblée du clergé de 1750.
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de Gourcy, vicaire général de Bordeaux, et quelques autres d'en donner une traduction ou des analyses. L'entreprise paraît bien vaine, mais de Gourcy compléta son ouvrage par quelques Discours sur la religion où Targument tiré de l'expérience chrétienne prend un accent religieux plus attendri que chez Rousseau, moins mystique que chez Pascal (1). Et si Ton veut mesurer le chemin parcouru depuis les grands cartésiens catholiques, on peut s'arrêter à ces mots de Boudier de Villemert : « L'être infini ne peut « être conçu par aucun être créé... mais Dieu peut se faire sentir « à son cœur. Uhomme est fait pour l'aimer et non pour le corn- « prendre » (2).
L'ignorant, dit de Laulahnier, évêque d'Egée, peut savoir s'il est dans la vraie religion. « La paix intérieure dont il jouit le « rassure, ce qui ne saurait se trouver dans aucune autre secte ; « nous en avons la preuve dans l'aveu de tous ceux qui se conver- « tissent à la religion chrétienne : i7s conviennent tous que leur « âme jouit d'une douceur et d'une tranquillité qui leur avait été « inconnue jusque-là » (3).
La prédication elle aussi se fait toute pratique. On trouve des pasteurs selon le cœur de Rousseau, comme de Chaillet, de Neuchâtel, qui prêche non seulement sur le bonheur du juste avec Dieu mais sur le Printemps et sur les sentiments que doit produire en nous la contemplation religieuse de la nature (4).
L'abbé de Cambacérès, prédicateur du roi, parle excellemment
1. L'Apologétique et les Prescriptions de Teriullien, 1780» 12. — Suite des anciens apologistes de la religion chrétienne traduits ou analysés... avec quelques discours sur la religion. 1785, 2 v. 8». On trouve dans ces discours telle pensée qui date : « L'homme n'est heureux que par le sentiment, tout le reste est étranger au bonheur ». Discours, p. 160. De Gourcy avait publié un des nombreux Essais sur le bonheur qui paraissent à cette époque. (1777 in-12).
2. Pensées philosophiques sur la nature, l'homme et la religion, Paris 1784- 86, 4 V. 24. Dans un précédent ouvrage plein de ferveur, Boudier avait prouvé la religion par rexpérience de « ta communication de Dieu avec l'homme ». « Toutes les institutions de la religion ont pour fin cette communication... Il a « besoin de cet appui continuel pour se soutenir eit c^est ce que la religion lui « offre dans toutes les circonstances de la vie ». — L'Irréligion dévoilée, Lond. et Paris 1774, 8», p. 175. — - Dans la Relation de la conversion et de la mort de M. Bouquer (le physicien compagjnon de I^ Condamine) le P. Laberthonie met à l'origine de la conversion le sentiment du péché et le besoin du pardon^ Ainsi l'intellectualisme perd de jour en jour du terrain. (V. Bibliogr. 1784).
3. Essais sur la relig. chrét. et sur le système des philosophes modernes, (an.) Paris 1770, 12 p. 127. L'auteur, né au Cheylard (Ardèche) en 1718^ mort vers 1788, n'est connu que par cet ouvrage complété en 1773 et 1780.
4. Sermons sur les dogmes fondamentaux de la religion naturelle, Neuchâtel 1783, 80'. Serm. 8 et i>. V. dans A. Monod : « Les sermons de Paul Habaut ■» [167 bis] p. 29 et 163 ce qui a trait aux discours moraux des pasteurs français vers la fin du siècle. V. aussi Masson o. c. III, 166, 214 scy.
DU « SYSTÈME DE LA NATURE )) A LA RÉVOLUTION
des fruits de la parole de Dieu (1) ; l'abbé Boulogne (2) préfère traiter de l'utilité sociale du christianisme. Tous, même Lanfant, Beauregard, Asselin, moins touchés par le siècle, exploitent avec prédilection les preuves internes et les bienfaits de la religion. « On ne disputait autrefois, écrira Rivarol en 1788, que de la vérité de la religion ; on ne dispute aujourd'hui que de son utilité » (3).
« L'acharnement de Voltaire contre la religion me paraît être « d'un esprit bien étroit et bien petit ; car enfin quel est son « but ? de détruire la religion ? Mais il en faut une ; et, politiu quement parlant, il est impossible que le peuple s'en passe, et « il est impraticable même de lui ôter celle qu'il a sans la rem- « placer par une autre. ».
Ainsi parle Collé (4), esprit médiocre et médiocrement religieux (5). Beaucoup de Français pensent comme lui. Nous les appellerons « les politiques » pour la commodité de l'exposé, sans prétendre les définir, en rangeant dans ce groupe de fermes croyants comme Caraccioli et les déistes christianisants comme du Closel, qui tous voient dans la religion le meilleur auxiliaire du législateur et qui sont ou sont devenus (6) ennemis du cléricalisme.
C'est ce parti moyen qui obtient les réalisations possibles dans l'ancienne France de la justice demandée par les philosophes. Avec les abbés Guidi et Besoigne, il prépare ou approuve l'édit de tolérance de 1787, vigoureusement combattu par le corps du clergé (7). C'est lui qui, à la Constituante, hésitera un moment devant le « même religieuses » que Babaut St-Etienne veut faire
1. Sermons, Paris 1781, 2 v. 12. S. sur la Parole de Dieu. Ce recueil renferme 4 sermons apologétiques sur 17. L'auteur (1721-1802) archidiacre de Montpellier avait prêché en 1757 devant le roi. C'est un bon orateur, ordonné et persuasif, ne disant que ce qui peut frapper. Nous renvoyons pour tout ce qui concerne les prédicateurs de cette période à l'ouvrage de Bernard [22] 420 sq.
2. Sermons et discours, Paris 1826, 3 v. 8o. Migne [10] t. 74. V, surtout le sermon sur la Religion et les deux sur l'Incrédulité. Cf. Bernard 497. Masson III, 184. 200 sq. Boulogne prêcha devant Louis XVI le carême de 1787.
3. Lettre à Necker : Œuv. compL Paris Callin 1808. 5 v. 8o, t. II 169. c n. Masson III, 141. » ^» p»