Nîmes, 5 v. 8o
4. C'est une terrifiante compilation en 5 v. in-4«. Parallèle des religions^ (an.) Paris 1792. Les 2 premiers volumes furent imprimés à Châlons en 1785. d'après Barbier. L'auteur donne Vexposé, Vhistoire et Vexplication du paganisme moderne et ancien, du mahométisme, du judaïsme, du christianisme, puis les compare entre eux. Le christianisme est ainsi confronté au déisme ; c'est la seule partie nécessaire de l'ouvrage, c'est aussi la plus banale. Brunet, assistant général des lazaristes, professa la philosophie au séminaire de Toul et dirigea celui de
DU « SYSTEME DE LA NATURE )) A LA REVOLUTION
Pour la peinture de la vie antique, « des arts, des mœurs, des villes », l'Ecriture est incomparable. « Gédéon dans sa grange et « Saiil derrière ses bœufs iraient à côté de Nausicaa puisant de « l'eau à la rivière (1)... Et finirions-nous sur les portraits, les uns « bizarres et terribles... les autres gracieux ?... Le monde intellec- « tuel et moral est encore dans l'Ecriture plus riche et plus varié « que le monde physique. Toutes les vertus, tous les vices s'y « présentent... vices et vertus des nations,... vices et vertus des « états et des conditions » (2).
Aime-t-on l'éloquence ? « La mère des 7 Macchabées exhortant « le dernier de ses fils à suivre ses frères au martyre, c'est Vétu- « rie et Coriolan, c'est plus encore. Que l'on compare le discours « que Dieu tient à Job avec celui que Sénèque met dans la « bouche de la Providence parlant à l'homme malheureux et l'on « sentira la différence » (3).
Pour la poésie, l'époijée de l'homme et le plan du salut enferment la plus grandiose. Et « dans la supposition qui ne souffre (1 les miracles et les prophéties que comme cette intervention des « causes supérieures évoquées par le génie créateur du poète, « quelle machine d'un merveilleux nouveau et seul digne de ce « nom I » (4).
Châlons. Il mourut à Paris en 1806. Son érudition est indéniable. Son œuvre, très médiocre, se rattache à ces vastes enquêtes que l'on poursuit amh*itieusement de tous côtés à la fin du xviii« siècle.
1. V. un développement analogue de Fauchet, sur les patriarches, c. p. Masson III, 217 et le Parallèle de la Bible et d'Homère dans le « Génie », 2« p. 1. V, particulièrement c. 3. 1° et 2» : simplicité, antiquité des mœurs.
2. 8» part., p. 1071. Il en -est de même, d'après Chateaubriand, dans la littérature chrétienne. « Une telle religion doit être plus favorable à la peinture des « caractères qu'un culte qui n'entre point dans le secret des passions ». 2^ p. 1. II, cl. a Le polythéisme ne s'occupait point des vices et des vertus ; il était « totalement séparé de la morale » I. IV, c. 1. « La religion chrétiemie est un « vent céleste .qui enfle les voiles de la vertu et multiplie les orages de la « conscience autour du vice » 1, III, cl.