Ib
4. Ib. 1076. « Ces enfants de la vision (les prophètes) feraient d'assez beaux groupes sur les nuées... Après la peinture des tourments des martyrs, nous dirions ce que Dieu fit pour ces victimes et le don des miracles donti il honora leurs tombeaux ». Génie 2«( p. 1. IV, c 7. — V. dans les Mémoires historiques et critiques de 1801 un article capital sur les droits du christianisme à la reconnaissance des gens de lettres. Lui seul a conservé quelques étincelles des sciences. Savants et beaux esprits battent aujourd'hui leur nourrice. « Pourquoi donc « l'influence que les religions même fausses ont eue sur les arts s'est-elle succes- « sivement affaiblie et enfin totalement éclipsée depuis l'existence de la religion t véritable ? C'est l'intéressant problème que propose l'Université de Cambridge... « Depuis plusieurs siècles les sciences et les beaux arts n'ont été en vigueur « que dans les contrées du globe oii le christianisme esxt établi ». 57 sq. C'est que la religion chrétienne élève l'âme, attendrit le cœur, occupe les hommes de Dieu et les attache les uns aux autres. « Partout l'impiété fut l'ennemi le plus dangereux des sciences et des arts. Depuis 10 ans toutes les têtes fermentent.
• >?: ■ - ' ■S'il' ■•
ri;
Ailleurs, on rend la religion recommandable en montrant qu'elle est Tunique remède au mal nouveau dont une partie de la jeunesse souffre depuis Werther.
L'abbé de Grillon, ancien agent général du clergé, nous présente un jeune allemand à l'âme tourmentée, venu en France pour fixer ses idées et son inquiétude. « Je ne savais ce que je pensais, « ce que je devais croire, ni même ce que je pourrais penser un « jour. La philosophie... ne produisait que des doutes séduisants « dans l'ivresse du plaisir mais meurtriers dans la douleur » (1). Il se jette dans la débauche et fréquente les philosophes. Mais un ami chrétien le dégoûte de leurs leçons. Or, ce ne sont pas des arguments dogmatiques qui le ramènent à la foi (2), mais des raisons sentimentales. La morale philosophique lui répugne moins quand elle choque la raison que quand elle froisse la sensibilité, en relâchant l'amour filial, les liens de la reconnaissance. « Je ne « puis sans horreur envisager la justice et la douce amitié comme <i des fantômes qui trompent nos cœurs un moment et s'éva- « nouissent » (3). Il ne veut plus d'une doctrine désespérante ; il s'attache à la religion consolante qui aide à traverser la vie, religion d'un Dieu indulgent et bon, — qui date lui aussi, — et qui plaint la faiblesse.
Il se convertit à la mort d'une femme aimée. « J'aimais un objet périssable. Il meurt... la vérité m'attendait sur sa tombe » (4).
Ainsi les ouvrages apologétiques se transforment insensiblement en ouvrages d'édification. Ce n'est « pas tant la preuve que l'éloge du christianisme » (5). Le regain déjà marqué de la littérature
tous les arts s'évertuent, qu'ont-dls produit ? » 63. L'Institut gémit. Puisse t'il reconnaître la cause de cette stérilité. — La même année paraissait l'ouvrage "de Ballanche que Giraud a rapproché du « Génie » : Du sentiment considéré dans ses rapports ^vec la littérature et les arts. Lyon Ballanche et Barret, Paris Volland 1801, S». V. Giraud: « Chateaubriand », [141], 93 sq.
1. Mémoires philosophiques du baron de *** chambellan de S. Af. l'impératrice reine. Vienne et Paris 1777^ 8» p. 3. Rééd. 1779. Grillon mourut à Avignon sa patrie en 1789. Il écrit avec agrément.
2. L'objection tirée des mystères est à peine effleurée : il faut qu'ils soient bien vrais pour qu'on les ait admis (p. 200 sq.).
3. P. 239. Voltaire était déjà de cet avis et Collé avait jugé sévèrement les « extravagances d'Helvétius sur l'amour, l'amitié, les sentiments ». « J'aime mieux mes illusions... et que le diable emporte tous les philosophes qui ne m'éclairent que pour m'affliger ». Journal II, 153 et 154.
4. P. 204. Cf. le « j'ai pleuré et j'ai cru » de Chateaubriand. — Tous les ouvrages religieux du temps offrent déjà ce « style empire » auquel Chateaubriand donnera l'ampleur du génie. On recherche la musique du nombre ! « Vertus que la grâce a semées, vertus pleines d'appas et inconnues jusques alors, fleurissez, régnez toujours. Quel éclat ne donnez-vous pas à notre religion ? vous appuyez notre certitude ». Abbé Louis : « Discours sur la vérité de la religion chrétienne et catholique » 1776, p. 323.