‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 355 sur 390 · contre les prétendus philosophes · texte numérisé non relu

contre les prétendus philosophes

4. Dans son ra,pport, Boissy d'Anglas outrageait en effet tous les cultes, maiS

concluait à les laisser libres. , . , r • «ï,a,.îi.

5 Paris 1795, S» Les Annales de la religion se proposaient de faire « chérir la religion et la république » (n» 1, p. 21). Aussi ne cessent-elles de montrer que le christianisme s'accorde avec tous les gouvernements. V. t. I n»" 9, l-*; /'^ ♦ t II n« 20 ; t. III n» 8 et la controverse avec La Réveillère-Lépeaux au sujet de ses Réflexions sur le culte public, t. V n»" 6 et 17. Ann. caih. [58], t. IV, n« 41.

LA RÉVOLUTION

« Nous en faisons 1 aveu sans réserve et sans ménagement : si la religion « avait ete mieux connue et surtout mieux suivie dans ces malheureuses « contrées et ailleurs, nous n'aurions eu que des persécuteurs et des persécu- • « tes sans insurrection et sans guerre civile. Si partout les fidèles et les « ministres du culte avaient été animés du même esprit qui dirigea les chré- « tiens des beaux âges de l'église, ils n'auraient eu garde de prendre les « armes... En donnant la mort pour se venger de leurs ennemis ils ont désho- « nore la religion » (1).

Mais si Lambert réprouve la violence religieuse, il prévoit et déplore le schisme des deux Frances.

« L'opposition entre la constitution française et la religion étant une fois « proclamée, le choix devient inévitable. On ne peut, suivant les principes du « rapport chérir et défendre à la fois l'une et l'autre. L'amour qu'on aura pour « celle-ci sera la mesure nécessaire de la haine qu'on doit à celle-là. En se « déclarant pour la constitution on employera les moyens les plus efficaces, « hors la violence et les persécutions, pour étouffer la religion, pour l'effacer « des esprits et des cœurs... Par la raison des contraires, quiconque aime et « honore la religion comme... le plus précieux de ses trésors, se trouvera « force de détester la constitution,... de travailler par tous les moyens qui « sont en son pouvoir, hors les insurrections, à en préparer la chute. . Quel « coup mortel on porte à la chose publique quand on veut faire croire qu'on « ne peut a la fois conserver sa religion et demeurer fidèle à sa patrie » (2).

Retenons la tolérance de cet ancien membre d'un ordre qui fournit les inquisiteurs. C'est une des conquêtes de la Révolution. En 1789, quand Rabaut St-Etienne demandait Pégalité des cultes, Laborie écrivait : « nous ne vous tolérons pas comme des coupa- « blés, mais nous vous tolérons comme des malades » (3). En 1797, le comte de Toustain-Richebourg, « ex-victime de la tyrannie antisociale et du fanatisme anti-religieux », voudrait « substi- « tuer la tolérance civile, l'indulgence philosophique, la bienveil- « lance chrétienne aux malentendus, aux injures, aux animosités « des différents partis, propager enfin de la manière la plus « humaine notre divine croyance » (4). Il a travaillé, dit-il, à obtenir la tolérance pour les protestants, il la voudrait pour tous les Français, y compris les jésuites. C'est le trait caractéristique d'une apologie de la religion qu'il destine à ses descendants.

A côté de ces chrétiens, à qui la lutte ou l'épreuve ont beaucoup appris, d'autres reproduisent les vieilleries.

Duvoisin clôt le siècle en exposant une fois de plus avec clarté la preuve par les faits (5). Il vit sur les données traditionnelles

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