‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 42 sur 390 · Rapin. o. c · texte numérisé non relu

Rapin. o. c

X Mauduit, o. c. Préf.

5. « Moyse dévoilé ou l'explication dès types et figures du V. T. » Qenève, 1670, 12.

et les « Figures »

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dessein ». Il tombe en fait dans ce travers (1). Depuis rorigine, les plus grands apologistes ne Tout pas évité. Son ouvrage, d'ailleurs médiocre, repose sur Tidée de la révélation progressive, qui prendra dans la suite une si grande ampleur (2). Dieu n'a pas voulu donner le Messie aussitôt après la chute, parce qu'il agit dans le domaine de la nature et de la grâce par degrés. Dans l'enfance, il a dû traiter tous les hommes comme des enfants « sous des pédagogues et des curateurs », avec des promesses charnelles, images des spirituelles dont ils n'étaient pas encore capables. Les figures projettent une lumière croissante et suffisante, chacune ne montrant qu'un trait des réalités à venir.

D'autres font porter leur effort sur la démonstration d'un dogme. C'est ainsi que le Ministre Magendieu s'engage dans une voie dont les apologistes ne sortiront que sous les sarcasmes des incrédules; iJ démontre la Trinité non seulement par des comparaisons telles que celle tirée des trois facultés de l'âme humaine : mémoire, intelligence, amour, ou celle de Nicolas de Ciisa : la source, le fleuve et l'étang sont une même eau, mais par des raisonnements philosophiques (3).

1. Samson tue un lion comme J.-C. la mort et le diable (c. 10). Les ouvriers du Temple travaillent sans bruit, pour marquer que Dieu ne bâtira pas l'église chrétienne avec violence (c. 30).

2. Elle avait déjà pris une forme assez nette dans un ouvrage de théologie morale ,publié avant les Pensées en 1655 et réimprimé 2 ans après, en 1672 : « Le Chrétien du temps », par le P. Bonal, de l'observance de St-François. L'auteur, obligé d'expliquer l'apparente inconstance de Dieu qui élit puis rejette le judaïsme, cherche dans la notion de progrès une conciliation du changement et de la continuité. Il entrevoit une révélation universelle dont la forme primitive est la conscience, seule science donnée à tous. Vient ensuite la religion naturelle, l'idéal des philosophes ; et, après la religion de Moïse. « qu'est-ce aujourd'hui que le N. T. sinon la même religion à regard du même genre humain quand il est arrivé à l'âge de la raison et de la force», c^est-à-dire lorsqu'il est plus instruit, plus illuminé et capable d'une plus ample révélation, d'une plus sublime théologie et d'une morale plus héroïque » (p. 23). Le P. Beurrier avait aussi tiré de la perpétuité de la foi le principal argument de son apologie.

3. Dieu étant un bien infini peut se communiquer par une production éternelle. Or, il ne l'a pas fait hors de soi, puisqu'aucune créature ne peut se vanter d'être infinie ou éternella II l'a pu faire en soi par la création des deux autres personnes. — La créature a la puissance d'engendrer son semblable ; il est vraisemblable que Dieu l'a aussi et que cette puissance est dans un acte perpétuel. — La nature humaine se communique à plusieurs hommes différents. L'infinité de la nature divine empêche sa multiplication, car il est impossible qu'il y ait plusieurs infinis. — Cet ouvrage permet de juger combien la scolastique protestante du xvii« siècle s'était éloignée du premier esprit de la Réforme. Mélanchton disait, dans la 1" édition des Loci theologici : « Il n'est pas nécessaire de nous arrêter longuement sur ces grandes questions, Dieu, son unité, la Trinité... Qu'ont obtenu les théologiens scolastiques qui, pendant tant de siècles, se sont obstinés dans l'étude exclusive de ces mystères ? Pour nous, il n'y a qu'une seule manière de connaître Christ : connaître ses bienfaits. »

et Moïse

Un développement capital qui entrera désormais dans toutes Filleau de les apologies est fourni, dans sa forme à peu près définitive, par la Chaise FiLLEAU De la Chaise (1). C'est le Discours sur les preuves des livres de Moyse publié en 1672 à la suite des Pensées de Pascal. L'auteur rassemble les meilleures preuves de l'authenticité du Pentateuque, mais surtout il inaugure une méthode qui rompt avec les habitudes de la démonstration scolastique. C'est la preuve par les faits que Bossuet, puis Houteville au xviir siècle (2) exploiteront, l'un dans un tableau panoramique, l'autre dans une analyse minutieuse de l'histoire sacrée. L'œuvre de Filleau marque un des principaux efforts d'adaptation de l'apologétique aux besoins des esprits positifs que le raisonnement ne convainc plus : le moindre fait historiquement établi ferait bien mieux leur affaire. On lie donc inséparablement les mystères à des faits ; on montre par les procédés ordinaires de la critique historique que les faits sont authentiques. Et ainsi les mystères sont possibles puisqu'ils sont.

Nous citons ici tout au long ces preuves de Moïse, pour n'y plus revenir.

L'auteur ne conteste pas que les mystères de la religion chrétienne soient incompréhensibles ; mais ils ne sont pas sans preuves. Dieu n'ayant pas voulu nous proposer des objets de foi contre lesquels l'instrument de notre connaissance fût continuellement révolté, il les a joints à des vérités de fait « les plus proportionnées à l'esprit des hommes et dont ih peuvent s'instruire par les voies les plus communes et les plus certaines » (3). « Si Moïse a « été et qu'il ait écrit le livre qu'on lui attribue, la religion « judaïque est véritable, Jésus-Christ est le Messie, et si « Jésus-Christ est le Messie, il faut croire tout ce qu'il a dit, et « la Trinité et l'Incarnation et la présence de son corps dans « l'Eucharistie et tout le reste » (4). Ces preuves par les faits produisent une certitude sinon plus pleine, au moins plus intime que celle qu'on a des démonstrations spéculatives.

Si un homme a existé faisant les miracles de Moïse, la religion qu'il a établie est divine. Or, ni les juifs, ni les chrétiens, ni les historiens païens n'ont mis sérieusement en doute son existence. Il est plus certain même que les autres héros, car son livre a été

ir««* Y^^^^^J ^* -T"^^"^^ d'historien dans son Histoire de Saint-LouU, Paris, n„! R ^' V' ^^ '* ""'* ^" "^"""''^ ^^^ matériaux préparés par Lenain. On sait vïi, *^^" :i Montausier et Huet, qui l'estimaient fort, songèrent à lui pour réducation du Dauphin, en 1684. . e ui p«ur

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