V. infra c. VI
2. Un des principaux auteurs de la paix de l'Eglise en 1669, fut parmi les défenseurs de la grâce efïicace qui députèrent 4 théologiens à Rome pour protester contre la machination jésuite des 5 propositions. V. Racine : « Hist. de Port-Royal », éd. Gazier, Lecène, 1908, 16, p. 56.
LAGE DOR de L APOLOGETIQUE CLASSIQUE
comme il convient les prophéties, les miracles, la morale excellente du Christ, l'établissement merveilleux du christianisme, mais il présente nettement les difficultés des incrédules, sans suffoquer d'indignation. Il répond parfois avec verve, par exemple sur le succès de Mahomet, avec bon sens quand il arrête une objection fondée sur un peut-être : peut-être les habitants d'autres planètes sont-ils plus parfaits que nous et font-ils ce que nous appelons M miracles ». De ces habitants, dit le prélat, nous n'en avons jamais vu passer jusque chez nous (1). L'allure générale est la bonhomie, et sa démonstration de l'existence de Dieu se résume en ce mot de brave homme : « l'esprit humain est plus content de penser ainsi » (2). Le fond de son résumé clair, léger de citations, n'est pourtant pas entièrement banal, témoin cette preuve ingénieuse sinon solide de la divinité de Jésus-Christ. Le Seigneur ayant donné l'infaillibilité aux apôtres et à l'église en disant : « qui vous écoute, m'écoute » et « quiconque n'écoutera pas l'église sera comme un païen », nous devons croire l'église et les apôtres sur la question de sa divinité. Touchant le pourquoi des mystères, du péché originel, du petit nombre d'élus, il se retranche avec sagesse derrière le dessein de Dieu d'exercer notre foi. Ce silence ne contentait pas les incrédules, mais toute explication les eût mécontentés.
Ce livre aimable et discrètement janséniste (3) fut accueilli avec faveur et souvent réimprimé (4).
Agréable aussi et adapté au grand public était l'ouvrage de François Diroys, docteur de Sorbonne brouillé avec Port-Royal : Preuves et préjugés pour la religion chrétienne et catholique contre les fausses religions et V athéisme (5). De courts chapitres, encore allégés par des sous-titres en marge et de fréquents alinéas, rendent le livre engageant, et, sauf quelques arguments sur l'existence de Dieu que l'auteur nous invite à sauter, nous n'y trouvons rien d'indigeste. Diroys voit justement que les preuves populaires de Dieu sont plus propres à persuader le commun des lecteurs que les preuves philosophiques, malgré la rigueur contraignante de ces dernières.
Son originalité réside dans son procédé méthodique et dans la modération de ses idées. Il démontre les vérités du spiritualisme
1. Réponse à quelques objections qui ont été fajites à l'auteur.