V. « Traité de morale », 2« part,, c
3. Pièces utiles, pas indispensables à vrai dire : « Il est clair que quand même l'homme n'aurait pas péché, une personne divine se serait unie a 1 ouvrage de Dieu pour le sanctifier, le rendre digne de son auteur. » Traite de la Nature et de la Grâce, S-- éclaircissement, § 18.
4. Entretien 5, p. 222. .. t tt ^ .»>. Réponse à un Provincial, c. CLV, p. 826. — Œuvres diverses, La Haye,
Cie des libraires, 1737, 4 v. fol., t. III.
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DE PASCAL A CHATKAUBRIAND
L AGE D OR DE L APOLOGETIQUE CLASSIQUE
Les
preuves
sensibles
saire avec rincarnation : on ne se fait pas satisfaction à soi-même, de là la pluralité de personnes en Dieu.
. Ainsi, comme tous les théologiens qui tendent à voir en Dieu l'unique Cause efficace, Malebranche prête le flanc plus largement à la critique de Bayle. Celui-ci reproche, en eff'et, au christianisme traditionnel de faire Dieu auteur du mal, puisqu'il a créé rhomme libre, donc susceptible de se perdre. Que sera-ce si l'on exténue la liberté de Thomme ? Mettre toute causalité en Dieu et présenter la chute comme un incident qui ne dérange pas, en somme, le plan de l'Univers, n'est-ce pas « aggraver le cas » du Tout-Puissant et, pour reprendre un mot familier du philosophe, « engraisser la victime »?
Voyons s'il sera plus heureux dans la deuxième partie de son ouvrage, où nous trouvons « la vérité de la religion chrétienne prouvée par d'autres raisons ». Un libertin à qui Aristarque rapporte les raisonnements de Théodore les juge trop abstraits. Aussi, dans les quatre derniers Entretiens, Théodore expose-t-il des preuves plus sensibles. Et ici éclate son manque de sens historique et critique. L'on voit d'abord que Malebranche était de ceux qui font « plus de méditations que de lectures » (1), et qui raisonnent en dehors du temps et de l'espace.
Soit l'objection classique : Moïse ne dit pas un mot de la vie future, il ne propose aux Hébreux que des récompenses charnelles ; donc il n'est pas inspiré de Dieu. Un Grotius aura l'idée d'une révélation progressive et se demandera si ces récompenses charnelles n'étaient pas les seules que les grossiers Israélites pussent prendre pour fin au moment où Moïse les leur promet, les adorateurs du veau d'or étant peu capables de « porter » des promesses spirituelles. Malebranche répond a priori : « Ce qui « rend plus heureux et plus parfait doit être plus noble que ce « qui reçoit son bonheur et sa perfection » (2), or les juifs ayant une âme, les jouissances du corps étaient une fin indigne d'eux, Moïse n'a pas pu les leur proposer. Il faut donc chercher à l'Ancien Testament un sens autre que le littéral.
Les preuves sensibles tirées de l'histoire sont donc nulles chez Malebranche. Restent celles tirées de la psychologie, de son expérience de chrétien. Nous avons dit que l'intellectualisme du philosophe empêchait le pieux oratorien de tirer ouvertement de sa communion spirituelle avec Dieu ces arguments mystiques et subjectifs que les modernes ne craignent pas d'invoquer comme des faits. Cependant sa vie morale, qui a nourri sa pensée, est