‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 49 sur 390 · Entret. 6, p · texte numérisé non relu

Entret. 6, p

trop riche pour qu'il ne l'appelle pas en preuve (1), et quand il écrit que la morale chrétienne est « parfaitement conforme à la « raison, et, dans l'état où le péché nous a réduits, on ne peut « rien prescrire de plus utile pour rétablir l'ordre des choses que « les préceptes et les conseils que Jésus-Christ nous a donnés qui « regardent la prière et la privation des choses sensibles » (2), que fait-il que penser son expérience et la citer en témoignage, à l'exemple de Pascal dont il est pénétré ? La correction philosophique l'oblige à dire : la fin de l'homme étant de s'unir à Dieu, la religion chrétienne est la meilleure voie pour l'atteindre et le meilleur remède à nos maux (3) ; qui ne voit qu'il pourrait renverser l'ordre des termes, comme Pascal l'avait fait hardiment, et dire : la religion étant le meilleur remède à nos maux, — nous l'avons éprouvé, — elle nous révèle notre fin en nous y conduisant. Il montre l'Ecriture consolante, instruisante, la morale chrétienne utile à la perfection de l'esprit (4) ; il a des pages admirables et d'une psychologie pénétrante sur l'obscurcissement de la pensée par les plaisirs du corps (5). Il sait tout aussi bien que Pascal que la charité conduit à l'intelligence, que celui qui voudra faire connaîtra (6) et, comme pour s'unir à Dieu, il faut « boucher les avenues par lesquelles les objets ont commerce avec les sens » (7), i! nous donne un manuel d'ascétisme, la mortification étant préliminaire à l'action de la grâce.

Les entretiens sur « la morale chrétienne absolument nécessaire jjour la conversion du cœur », sur « la force nécessaire pour accomjjlir les préceptes de l'évangile )> (8), achèvent de gagner Aristarque et un libertin de ses amis. Eraste éprouve qu'une fois

1. On pourrait appliquer à Malebranche apologète ce qu^Ollé-Laprune dit de Malebranche philosophe : « S'appuyant avec raison sur l'expérience [la conscience qu'a l'individu d'être une substance active, etc.], il en conteste à tort le caractère scientifique, et voyant nettement l'insuffisance et les périls de la démonstration géométrique en philosophie, il laisse croire cependant qu'elle est la seule voie par laquelle se puisse faire la science. » 0. c, t. 1, 151.

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