‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 56 sur 390 · BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSUET

L'histoire C'est aussi pour le Dauphin que son premier précepteur, universelle Bossuet, composa une Apologie du christianisme. Le grand défenseur de l'orthodoxie, qui guerroyait sans répit contre les ennemis du dedans, ne pouvait pas négliger l'ennemi du dehors. Il le connaissait bien, comme le prouvent quelques-uns de ses sermons, sans peut-être prévoir son triomphe. Avec le Discours sur l'Histoire Universelle, l'apologiste du catholicisme élargit son action et se fait apologiste du christianisme. A vrai dire, il l'est dans toutes ses œuvres. Il ne peut rien écrire sans exalter ce qui remplit sa pensée et son cœur. Qu'est la « Politique tirée de l'Ecriture sainte », sinon une apologie par l'utilité sociale de la religion, qui seule rend la vie en commun possible et les Etats subsistants (3) ? Son essai d'histoire universelle sera la démonstration de la divinité du christianisme par le tableau du développement de l'humanité. Il faut considérer nettement le Discours comme un apologie, c'est ainsi que tous les apologistes ultérieurs l'ont envisagé : apologie fondée sur l'établissement, la propagation et le maintien de la religion chrétienne. D'autres montrent la Providence dans la Nature, Bossuet la découvre dans l'Histoire. Il retrouve le plan du monde non en s'élevant, comme Malebranche, sur les cimes métaphysiques, pour déduire des attributs de Dieu ses Volontés, la Création et l'Incarnation, mais en examinant les faits.

Or, la suite de ces faits ne peut pas nous paraître un enchaîne-

l*an 6 de notre ère. V. Loisy : « Les évangiles synoptiques ». Ceffonds, 1907- 08, 2 V. 4«, t. I, 343-47.

1. « II a pu juger du succès de son livre par le prompt débit qu'il ai eu et par les diverses éditions qui en ont été faites [il parut une contrefaçon à Leipzig], et bien plus encore parce que un très grand nombre de gens doctes et pieux ont été excités par son exemple à la défense de la religion chrétienne, n'étant pas croyable combien d'ouvrages ont paru sur cette matière incontinent après le sien. » J. sav., 1690, p. 155, à propos de la 3« édition.

2. Un des premiers fut Jean Bompart, dans ses Parallela sacra et profana in Genesin, Amst., 1689, 4«. V. Bibl. univ., t. XIV, p. 170.

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