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ble à rétat, alors que dans 300 ans de persécution les chrétiens n'ont jamais pris part aux troubles civils. La politique condescendante d'Adrien et d'Alexandre Sévère honore Jésus a 1 égal d un autre dieu. La philosophie innocente les dieux païens en disant aver les stoïciens qu'ils ne sont que des vertus du Dieu unique, avec Pythagore et Platon des esprits chargés de former et de régir le monde. Les hérétiques « ne pouvant digérer toute la folie que le monde trouvait dans l'évangile » (1), attaquent successivement les dogmes pour atténuer les difficultés de la foi.
L'Eglise triomphe de tout. Le tableau de ses vicissitudes et de sa victoire fait éclater le plan du salut révélé dans la parabole de
la vigne (2). . ^ i ♦•
Le développement s'achève sur la démonstration de la continuité de l'Eglise catholique, qui remonte d'Innocent XI à Adam.
La 3-^ partie du Discours établit comment la suite des empires a une liaison nécessaire avec l'histoire du peuple de Dieu. Leur succession a été prédite aussi bien que les divers états de ce peuple. Au seul empire des saints l'éternité est promise.
La conclusion générale « où l'on montre qu'il faut tout rapporter à une Providence » est celle-ci : l'action de Dieu sur les affaires humaines se fait par l'intermédiaire des cœurs. « Il a tous les cœurs en sa main » (3).
Telle est l'apologie de Bossuet, admirable par la simplicité limpide et par l'art d'épuiser un petit nombre d'arguments, comme la ruine des juifs ou leur attente du Messie au moment précis où Jésus paraît. Il laisse de côté les miracles autres que les prophéties ou les mentionne en passant, la preuve interne dont on n'aperçoit que la face objective : le changement produit dans les païens par l'évangile, après le superbe tableau du paganisme sans
Dieu.
Mais ce coup d'œil d'aigle sur l'ensemble des temps rapetisse trop les obstacles. Faut-il justifier Jacob d'avoir promis le sceptre à Juda jusqu'à la venue du Christ, alors que le dernier roi de Juda termine sa carrière vers le temps de Solon, Bossuet accepte bien facilement que sceptre veut dire puissance et que la prophétie « marque toute la suite du peuple de Dieu » (4). Il avance, comme tous les apologistes orthodoxes à cette date, sans serrer
3. «Taiitôt il reUent les passions, tantôt il leur lâche la bride ; et par là il remue tout le genre humain » (557). 11 sème la peur devant les pas d'il conquéranl, inspire la sagesse au législateur, si bien que ceux qu gouvernent T^ont plus ou moins qu'ils ne pensent » (559). Alexandre travaille pour ses capitaines, et Brutus pour les tyrans.