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l'âge DOR de L APOLOGETIQUE CLASSIQUE
de près les questions, que les choses de l'Ancien et du Nouveau Testament ont toujours été écrites et lues par les contemporains, ou quand la mémoire en était encore récente. A l'objection de Spinoza que la Loi avait sombré pendant la captivité et qu'Esdras l'avait restaurée à sa fantaisie, il répond : il faut aussi qu'Esdras ait écrit les livres des prophètes puisque tout y parle de Moïse. Ainsi présentée la réponse est faible et spécieuse, car les prophètes parlent de Mqïsc en général, tandis qu'Esdras pourrait avoir, en conservant un noyau primitif, innové dans le détail des histoires ou des préceptes (1). Il passe cavalièrement sur les additions du Pentateuque. Ce n'est pas que ces arguties le gênent, mais il les trouve futiles puisque le fond est certain. Dans l'histoire philosophique il n'y a pas lieu d'ergoter. Une preuve suffit : on ne nie pas que l'Ancien Testament soit écrit avant le Nouveau. Or, le nouveau remplit ce que l'ancien annonce.
L'eft'et que pouvait produire le Discours comme la Demonstratio de Huet, dépendait donc de l'acceptation des prophéties. Là est le fondement de l'édifice. Après Spinoza, Fontenelle allait saper ee fondement à sa manière. Quoi qu'il en soit, l'œuvre de Bossuet f reste l'utilisation la plus habile d'une des preuves classiques de la religion, une des apologies intellectualistes les plus lisibles, mais avant tout — que le grand évêque nous pardonne, — une magnifique œuvre d'art.
Elle n'eut pas cependant la fortune de l'œuvre d'Abbadie, soit que le grand public s'attachât plus volontiers à l'histoire des empires qu'à « la suite de la religion », soit que la démonstration apologétique parût incomplète, insuffisamment fouillée et sans grande nouveauté de fond (2).