Discours hist. et crit., éd. de 1749, t. I
2. « Lettres de M. l'abbé *** à M. Pabbé Houttevilte au sujet du livre de la Religion chrétienne prouvée par les faits » (an.), Paris, 1722, 12, p. 38.
3. « Lettres critiques ou Analyse et réfutation de divers écrits modernes contre la religion », Paris, 1758, 12, t. IX, Avertissement, p. XVI.
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L*AGE d'or de l'apologétique CLASSIQUE
La
révélation naturelle
équilibre. De là l'écho éveillé par son œuvre dans l'âme analogue de ses contemporains.
Et d'abord, en un siècle ami des nobles ordonnances, Tapologie d'Abbadie se présente comme un édifice à quatre étages exactement proportionné, ou encore comme un organisme logique dont les diverses parties sortent l'une de l'autre par un progrès continu. Son plan ne lui est pas personnel ; il s'offre naturellement aux esprits raisonneurs habitués à cheminer de proche en proche des principes généraux aux vérités particulières, mais Abbadie le suit plus rigoureusement. Il sera classique après lui.
Les preuves de l'existence de Dieu» d'une religion naturelle, de la révélation judaïque et de la révélation chrétienne se superposent solidement, si, au cours de la construction, l'on admet comme de qualité égale tous les matériaux rassemblés.
En réservant la démonstration finale de la divinité de J.-C. (1), l'ouvrage tel qu'il parut en 1684 présente en deux parties une strophe et une antistrophe. « Dans la première (2) on descendra de cette proposition « Il y a un Dieu » jusqu'à celle-ci « Jésus fils de Marie est le Messie promis. » Et dans la seconde (3) on montera de celle-ci : a II y a aujourd'hui des chrétiens dans le monde » jusqu'à cette première proposition « Il y a un Dieu ».
Ce double mouvement comporte quatre phases dans chaque sens.
L'existence de Dieu est cherchée dans la nature, dans la société, dans le cœur de l'homme. Après une protestation rapide contre le pyrrhonisme universel et métaphysique, qui est extravagant puisqu'il y a des choses dont nous ne pouvons pas douter, comme l'existence de notre pensée, Abbadie montre « en recherchant les principes de nos erreurs que le sentiment qui établit l'existence de Dieu n'est point un faux préjugé ». Cette idée viendrait-elle de l'éducation ? Mais l'éducation varie chez les divers peuples. Or, l'idée de Dieu « s'est conservée parmi tous ces changements de' la société » (4). Les sauvages qui ne l'ont pas, si tant est qu'il en existe, sont à mettre au rang des enfants sans réflexion. Ce n'est pas faire une objection décisive qu'invoquer le rôle puissant de l'éducation. « Qui doute que la nature et l'éducation n'agissent de concert pour obliger un père à aimer son enfant et l'enfant à respecter son père ? » (5). Est-ce une invention de la politique ?