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On croyait en Dieu avant Lycurgue et les historiens parlent des inventeurs du labourage, mais pas des inventeurs de Dieu. Les Socrate et les Platon, qui raillaient les superstitions par lesquelles la politique amuse les peuples, ont cru en Dieu. « La politique suppose et ne fait point cette connaissance » (1). L'invention des moulins n^a pas créé le vent. Viendrait-elle d'une cause d'erreur intérieure, sens, imagination, passions? Mais elle, est plus contraire que conforme à ces trois principes de nos préjugés. Ce sont plutôt les doutes des athées qui viennent de ces sources et nous doivent être suspects.
Entrons dans l'examen des preuves : la Nature, « Il faut sans « doute avoir perdu la raison pour douter que nous ayons des « yeux pour voir..., les plantes des pieds plates pour nous tenir « debout..., et quand nous voyons que notre bouche a une com- « munication avec notre estomac sans laquelle nous demeurerions « privés de nourriture, nous ne croyons pas que cela se trouve « ainsi fait sans dessein » (2). — Soit, mais le désordre ? Pourquoi grèle-t-il sur les rochers, pourquoi les chenilles ? — « Ce qu'on ne connaît point ne peut jamais servir de principe dans un raisonnement » (3). Quand nous concluons la sagesse nous raisonnons sur le connu. — Sophisme que répéteront tous les apologistes ; si conclure de l'anarchie apparente à l'absence d'un organisateur, c'est dépasser les prémisses, c'est les dépasser aussi que de conclure de l'ordre apparent à Dieu, surtout, ajoutera Kant, au Dieu tout puissant du christianisme. Il faudrait s'interdire dans les deux cas de raisonner sur des apparences.
La philosophie prouve de son côté l'existence nécessaire d'un premier moteur et d'un être parfait. La démonstration du spiritualisme, à laquelle Descartes avait donné une rigueur nouvelle, sera répétée jusqu'à la fin du xviir siècle avec une assurance hautaine que Locke troublera un moment.
Le monde est matière et mouvement. Ils n'ont ni l'un ni l'autre une existence nécessaire (4). La pensée indivisible ne peut être