‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 72 sur 390 · Deut · texte numérisé non relu

Deut

S'expliquerait pas s'ils n'étaient restés que sept jours dans le Désert. L'institution du Sabbat et de l'année sabbatique est inintelligible en dehors de l'explication de la Genèse.

« Ainsi les Israélites se trouvent pressés et rembarrés de tous côtés. S'ils

« font difficulté d'attribuer à Moïse le Pentateuque le Deutéronome nous

suffit car il contient les faits essentiels qui établissent la divinité de la

« religion judaïque. S'ils disent que le Deutéronome fut compose par le Sou-

« veran sacrificateur Hamalkija au temps de Josias, on e leur fait voir

contenu essentiellement dans les écrits des P'^opl^ètes S'ils se défient des

écrits des prophètes et de toute l'Ecriture généralement on le leur montre

peint dans la tradition, dans le culte et dans la pratique des Israe ites.

Et s leur raison résiste on consulte cette raison et elle acquiesce d elle-

l même au récit que l'Ecriture nous fait de ces événements et les conjectures

« s'accordent parfaitement avec l'Histoire sainte. » (1).

Comment Juda aurait-il reçu des faits inventés en Israël, et les tribus dispersées un exemplaire de la Loi tardivement corrompu ?

Moïse ainsi établi, Abbadie reproduit la démonstration classique depuis de la Chaise : il n'a pu avoir dessein de tromper les Israélites, car il s'y serait bien mal pris. Les miracles rapportes par Moïse étant véritables, ils prouvent la vérité de la religion udaïque, car ils ne peuvent venir que de l'auteur de la nature. Spinoza est particulièrement faible quand il veut leur assigner des causes naturelles et, devant une verge changée en serpent, il est difficile de dire avec Hobbes que la seule ignorance des causes nous fait crier au prodige.

Difficultés Passons en revue les difficultés que l'on oppose à la religion des judaïque, sans oublier que « c'est une pure extravagance de se

incrédules déterminer à rejeter un principe parce qu'il est sujet à quelques difficultés ». Il faut « comparer les difficultés et l'évidence » et surtout voir si elles ne viennent pas de nos préjugés.

Or ici les préjugés sont visibles*. C'est d'abord Vamour de la philosophie. « Ils voudraient que le Saint-Esprit eût parlé le langage des philosophes » (2). Mais quoi, fallait-il « que Dieu oubliât « le langage du peuple en parlant au peuple et qu'on ne put crain- (. dre Dieu, ce qui est le but de l'Ecriture, qu'autant que l'on « serait persuadé des hypothèses de Copernic » ? Dieu devait donc « changer la religion en spéculation », révéler par exemp e que les sons et les couleurs sont dans notre âme. Mais, — et ici le sens religieux d'Abbadie lui inspire le même langage que l'esprit critique faisait tenir à Spinoza, — « ce n'est pas là le but du (c Saint-Esprit qui se révèle non de la manière qu'il le faudrait

l'âge d'or DE l'apologétique CLASSIQUE

« pour satisfaire la vaine curiosité des savants, mais de la manière « qui est nécessaire pour sanctifier les hommes ; car soit qu'il « nous parle de nous, soit qu'il nous fasse connaître les autres « créatures, il ne nous fait voir les choses que du côté qui regarde « notre salut, et il ne se révèle que dans la mesure qui est néces- « saire à notre sanctification » (1). Parle-t-il de lui-même, « il se revêt de ses bienfaits pour faire naître notre reconnaissance » (2): je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, je suis l'Eternel qui t'ai retiré du pays d'Egypte. Nous parle-t-il de nous, c'est pour nous découvrir notre corruption et nous obliger à recourir à sa miséricorde ; — des créatures, c'est pour nous les montrer dans la main de sa Providence. Moïse veut mettre en lumière une seule chose : la fin que Dieu s'est proposée est le bien de l'homme, y^ Les absurdes spéculations des théologiens philosophes sur la nature de Dieu lui sont étrangères.

On relève ensuite des traits qui choquent notre conscience et notamment, dans la chute, la disproportion terrible de la faute et du châtiment. Mais l'homme est entièrement responsable de cette faute, la plus grande qu'il pût commettre, la désobéissance à Dieu. Quant à la transmission du péché, il n'est pas étonnant « que par « la rébellion des pensées des hommes les organes mêmes de « leurs corps aient été déréglés ; qu'avec la matière le dérègle- « ment de ces organes ait passé jusqu'à leurs descendants... de « même que la lèpre et plusieurs autres maladies » (3).

On refuse aux faits de l'Ecriture toute valeur symbolique et l'on s'égaie sur Dieu luttant avec Jacob, figure de la lutte que nous devons soutenir « pour lui demander des sentiments de sa grâce ei de sa bénédiction » (4). — On relève la conformité de certains récits avec ceux de la fable. Mais les juifs haïssaient trop les païens pour leur rien emprunter. Ceux-ci, plus jeunes, ont copié les livres mosaïques. — Avec Spinoza on rit de l'obstination des juifs à se croire le but des ouvrages de Dieu. Mais ce sentiment vient d'une constante expérience de la faveur du ciel et de Tabandonnement où est tombée la postérité d'Ismaël et d'Esau qui en fut privée.

Les préadamites relèvent des difficultés dans la chronologie de l'Ecriture et font grand bruit d'une parole de Caïn, qui semble indiquer que la terre était peuplée avant Adam : « quiconque me trouvera me tuera », — « puis il bâtit une ville » (5). Pour la

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