‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 73 sur 390 · Gen. 4, 14 et · texte numérisé non relu

Gen. 4, 14 et

DE PASCAL A CHATEAjUBRIAND

chronologie, Abbadie renvoie aux démonstrations des doctes. Mais le cri de Caïn n^est qu'une appréhension de sa conscience troublée. Il peut craindre d'autres enfants qui sortiront d'Adam. La ville, il put la bâtir avec ses propres enfants. - Spinoza relève encore, et c'est son objection la plus forte, que les prophètes ont prophétisé selon leur intérêt, leur éducation, leur tempérament. Nous voyons pourtant que leurs prophéties leur attirèrent la persécution. Ce n'est pas le tempérament de Jérémie qui lui fait prédire lu date exacte de la délivrance de son peuple. Quant à l'éducation, le bouvier Amos parle plus grandement que les plus polis des hommes. Constamment les écrivains de l'A. T. ont écrit contre leurs préjugés, et c'est une preuve bien forte de leur inspiration. Moïse, si farouchement monothéiste, parle à tout instant des anges qui conversent avec lui comme de Dieu lui-même. Il est même bien difficile d'identifier l'Adonaï qui discute avec Abraham le sort de Sodome (1) et celui qui, d'après Moïse lui-même, ne peut être portrait aux yeux. Les autres prophètes qui détestent les nations étrangères, Moab, Assur, l'Egypte, prédisent pourtant leur salut. Enfin et surtout, contre les préjugés de leur éducation, ils annoncent un Messie souffrant.

L'incrédule se réfugie alors dans le scepticisme historique : réloignement des faits de l'Ancien Testament les rend incertains. — Non, car ils ont été écrits par des témoins oculaires ou des auditeurs de témoins oculaires, qui n'auraient pas tenté d'accréditer des mensonges faciles à réfuter. De plus, des monuments encore subsistants prouvent la vérité de ces faits. La vente du récit de la Création éclate dans la société humaine qui doit être sortie d'un premier couple, dans Vhistoire qui montre la nouveauté des arts, dans le sabbat dont l'institution serait extravagante. La vocation d'Abraham est prouvée par trois monuments : son émigration, le sacrifice de son fils qu'atteste le nom de la montagne Morija - Dieu y pourvoira, - la circoncision qui resterait inexplicable. Pourquoi les Israélites ne mangeaient-ils pas la hanche des animaux sinon pour rappeler la lutte de Jacob contre l'ange ? La manne, la verge d'Aaron, le serpent d'airain conservés par les Israélites, autant de monuments des miracles du désert. La vocation d'Israël brille même dans « la langue (( sainte toute composée d'expressions qui vont à attribuer tout a « Dieu (car les langues expriment les mœurs des peuples) et qui « exprime par son génie et par ses manières de liarler l'histoire « de ce peuple et les bienfaits signalés que Dieu lui a si souvent « accordés » (2).

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