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2. Nous avons vu que Bossuet s'approprie l'argumentation de Ferrand.
4. P. 450. Abbadie s'appuie sur l'ancienne traduction : « On avait ordonné son sépulcre avec les méchants, mais dans sa mort il s'est trouvé avec Le
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mathée), — parfaitement saint il est sacrifié pour les péchés des hommes (Jésus est le seul homme qui ait été ou prétendu être dans ce cas), — il engendrera une postérité après sa mort, — par sa mort i7 travaillera à l'avancement de la gloire de Dieu, — il rend les hommes justes par la connaissance de son nom, — il est élevé en conséquence de son abaissement. — D'autres ont passé de la bassesse à la gloire, Joseph, Moïse, David, mais pas à cause de leur bassesse. Esaïe n'aurait jamais trouvé par le raisonnement ces paradoxes. Il est ridicule de soutenir que J.-C. s'est appliqué à réaliser toutes les circonstances de la prophétie. Il n'était pas maître de tous les événements de sa vie ni de ceux postérieurs à sa mort, et notamment de sa résurrection.
Après cette prophétie capitale, l'auteur distingue trois sortes d'oracles : des types sans preuve, Isaac, Joseph, Samson, images anticipées du Messie, « mais ces types supposent la vérité de la venue du Messie et ne la prouvent point » (1), — des preuves sans types telles que la prophétie expresse d'Esaïe, — des preuves avec types qui représentent en même temps qu'elles promettent. Ces dernières ont un objet prochain, David par exemple, et un éloigné, le Messie. Ainsi dans Esaïe (7, 14), les mots « la vierge sera enceinte » s'appliquent à une fille ou même à une femme mariée du temps du prophète, mais ils renferment des traits qui dépassent infiniment l'enfant qui sortira d'elle.
Cette distinction entre l'objet prochain et l'objet éloigné, que les incrédules n'admettent pas, fait le nœud des discussions sur les prophéties. L'incrédule rejette la première classe d'oracles, applications ingénieuses, mais arbitraires, il ramène la seconde à la troisième et rapporte la troisième à des objets « prochains ». Les rabbins, les Pères, avaient démesurément grossi cette dernière classe ; Abbadie, esprit orthodoxe mais pondéré, en retient l'essentiel (2). Les incrédules se plaignent que les prophéties ne soient pas claires au point de rendre impossible toute méprise. — Mais, trop clairement avertis, les hommes auraient pu éviter ou changer l'événement. Hérode aurait sûrement tué l'enfant Jésus (3).
riche «, — que n'admettent pas les modernes : « On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau parmi les orgueilleux » (Segond). — « On lui a donné son sépulcre avec les méchants, et dans sa mort il est avec >le riche » (Crampon).
2. Il voit cependant la résurrection dans le Ps. 16 : « Tu ne permettras point que ton saint sente corruption », inapplicable, dit-il, à David seul qui est mort, — et l'ascension au Ps. 110 : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : sied-toi à ma droite » , inapplicable à Ezéchias que le grand roi David n'appellerait pas « mon Seigneur ».
3. Réponse spécieuse, dirait l'incroyant, car Dieu était assez puissant pour le sauver.
L AGE D OR DE L APOLOGETIQUE CLASSIQUE
— Il est difficile de concilier la gloire promise aux juifs à la venue du Messie et leur rejet de l'alliance. — Mais ces promesses sont, faites à l'Israël selon l'esprit, c'est-à-dire les bons juifs et les bons païens. Le rejet est pour l'Israël selon la chair, c'est-à-dire les juifs et les gentils rebelles. L'absurdité du sens littéral de passages tels que celui qui dit que la montagne de l'Eternel sera élevée au-dessus de toutes les montagnes de la terre (1) nous incline à adopter le sens figuré. L'événement nous y oblige. Pascal dit que Dieu a mêlé dans les prophéties ce qui regarde le règne spirituel du Messie et l'état temporel des juifs, pour que les hommes spiri- ^^ tuels discernent le sens spirituel, tandis que les charnels ne s'attacheront qu'aux bénédictions temporelles.
Ainsi Dieu nous a conduits de la révélation naturelle à la révélation judaïque et de la révélation judaïque au seuil de la religion chrétienne.
Nous allons maintenant, par un mouvement inverse, remonter du fait : il y a des chrétiens dans le monde, au principe : il y a un Dieu qui a voulu se faire connaître par la religion. Jésus-Christ éclaire à son tour la religion de Moïse et la révélation naturelle. Nous verrons d'abord l'écorce de la religion chrétienne, les preuves externes prises du témoignage que les premiers chrétiens lui ont rendu, puis la moelle du christianisme : son excellence, sa fin, son génie qui constituent autant de preuves internes. Et nous douterons de tout avec les incrédules, pour « ne recevoir les vérités qu'à mesure qu'elles nous paraîtront évidentes » (2). Pour cela partons de faits incontestables.
Sous le règne de Trajan, une lettre de Pline le jeune nous révèle l'existence de chrétiens qui prient dans des lieux écartés et s'engagent à ne pas commettre de crimes. Leur croyance repose sur des faits. Or, parmi les premiers chrétiens, des hommes intelligents et tout voisins des apôtres (Polycarpe a connu Jean) ont souff'ert la mort pour soutenir ces faits. Ils n'ont pas pu être trompés par les apôtres avec lesquels ils avaient conversé, car il leur était facile de savoir si les apôtres avaient le don des langues, le pouvoir de guérir, celui de communiquer ces dons. De plus leurs adversaires n'ont pas nié les miracles de J.-C. ; ils ont cherché à les expliquer. La religion nouvelle ne s'est pas établie comme les autres par la politique et l'autorité, mais contre elles ; et un Dieu crucifié était bien fait pour choquer les païens
L 'Antistrophe. — La révélation
chrétienne
Preuves externes