T. II, p
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« qui donnaient le nom de divin aux choses qu'ils voulaient représenter comme souverainement belles et magnifiques » (1).
A première vue, les faits du Nouveau Testament ne peuvent être supposés, car il aurait été trop facile aux juifs de démentir l'existence de Jésus, son habitation à Nazareth, sa mort. S'il n'a pas fait de miracles, comment a-t-il pu se faire suivre de disciples qui attendaient un messie glorieux ? S'il n'est pas ressuscite, comment expliquer leur revirement et leur activité missionnaire après l'abattement de Golgotha ? — Peut-être étaient-ils victimes d'une illusion. — Soit, on peut croire, en effet, voir un homme quand on ne voit qu'un fantôme. Mais comment croire qu'on parle plusieurs langues quand on n'en parle qu'une ?
Examinons de plus près l'Ecriture du N. T. Elle n'est pas rœuvre d'un imposteur. Car, si haut qu'on remonte, les chrétiens la connaissent ; elle est citée par les plus anciens Pères. Il est au reste difficile de supposer des livres qui obligent les hommes au martyre. Quand on prête son argent, on 'prend des sûretés, à plus forte raison quand on hasarde sa vie. Il est difficile de supposer des lettres écrites à des sociétés et qui doivent être aux mains d'une infinité de personnes. Or, supprimez les Evangiles et les Actes, les Epitres nous suffisent, car elles supposent tous les faits essentiels de l'évangile. Les doutes que les premiers chrétiens ont eus sur l'autorité de l'épître aux Hébreux, de la deuxième épître de Pierre et de celle de Jude prouvent qu'ils tenaient les autres pour certaines. Enfin le N. T. a été composé avant la ruine de Jérusalem, puisqu'il y est fait plusieurs fois mention de l'église de Jérusalem ; on n'y indique nulle part que la ville soit alors détruite, on y prend soin de prouver que les gentils sont aussi aimés de Dieu que les juifs, ce qui serait superfiu après l'horrible châtiment de la cité sainte.
Ces livres n'ont pas été corrompus depuis leur publication. Une telle falsification réclamerait un consentement universel des chrétiens, de leurs ennemis, des hérétiques. La liaison de tous les événements rapportés est parfaite. Les citations qu'en font les Pères sont identiques. De plus, les apôtres prêchent à Jérusalem, quelques semaines après la mort de Jésus ; ils en appellent à des témoins vivants de faits grossièrement sensibles tels qu'une mort, une résurrection, un orage apaisé. Quand on invente, on prend des précautions pour ne pas être démenti. Les faits miraculeux dont ils sont les auteurs prouvent ceux qu'ils attribuent à leur maître. Leur ingénuité inspire la confiance ; ils ne cachent pas leurs faiblesses, pas même les traits qui font critiquer J.-C. :