‹ De philosophie de l'histoireChapitre 16 sur 33 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Données géoloéiques.

Tout le monde connaît le Discours deCuyier mv les révolutions du globe. La pensée qui lui inspira ee trîivail est très nettement exprimée dans son Qiémojre sur les espèces d'éléphants fossiles^ qu'il lut à la première séance de Tlnstitut, le ^''' pluviôse de l'an iv (20 janvier 1796). Il y démontra que l'éléphant fossile est une espèce distincte des espèces actuelles, une espèce éteinte, une espèce perdue; il déclare que le plus grand pas qui puisse être f^it vers la perfection de la théorie de la terrQ serait de prouver qu'auciin de ces animaux, dont on trouve les dépouilles répandues sur presque tous les points du globe» n'existe plus aujourd'hui, et dit en terminant:

« Qu'on se demande pourquoi l'on trouve tant d^ » dépouilles d'animaux inconnus, tandis qu'on » n'en trouve aucune dont on puisse dire qu'elle » appartiei^t aux espèces que nous connaissons, et » Ton verra combien il est probable qu'elles ont 1^ toutes appartenu h des êtres d'un monde anté*

m LA RmiiM9Qpifi« m l^hi^toire. ^

? rjeur au nôtre, à des êtrei; 4étruUs p^ quelçfue » révolution du globe , à des êtres dont ceux qui » existent aujourd'hui ont rempli la place. »

C'était là, dans toute sa précision et dans toute sa portée, l'hypothèse à Taide de laquelle Cuvîer ne tarda pas à lever d'une main si puissante le voile des âges qui ont précédé Tépoque actuelle. Â quoi bon répéter ici des choses dont retentissent tous les échos des sciences naturelles, et de l'histoire générale? Voici les conclusions du grand naturaliste: La création a éprouvé plusieurs interrupiioqs, plusieurs destructions successives; il y a eu une époque, la première de toutes, ou aucun être organisé, aucun animal, aucun végétal n'existaient sur le globe ; quatre époques ont succédé à celle-là : L'âge des reptiles, l'âge des premiers mammifères terrestres, l'âge des mammouths et des mastodontes, l'âge de l'homme. On peut contester sur le nombre des époques, et sur le mode des révolutions qui Ic^ séparent, ce quiesthorsde toute contestation, c'est: 1* la permanence dans le plan de la création des quatre types indiqués par Cuvier; 2° la ûxitédes espèces que les types enveloppent; 3" le perfectionnement relatif, le progrès croissant qui distiur gne les espèces analogues dans l'ordre de leur création successive; U° la récente apparition de l'espèce humaine, dernier terme de ce progrès*

m BIBLIOTHÈQUE NOnVELLE.

Les recherches géologiques ont pris aujoqrd^hoi un développement tel <jue nous ne pouvons pas entreprendre d*en présenter ici le tableau; nous en dirions nécesswement ou trop, ou trop peu. Il n'y aurait d'allleursquelque utilité pour nous à le faire, qu'autant que nous aurions à énoncer des conclusions positives. Or, tout, ou à peu près tout, dans les sciences géologiques, est encore, à cet égard» provisoire ou problématique. De part et d*autre luttent, pour les opinions les plus opposées, des autorités également respectables. On ne s'entend ni sur le mode de production des terrains, ni sur celui de leur classiGcation. A Thypothèse des neptunicnset des plutoniens, s'est ajoutée celle des chimistes, lesquels supposent que le centre de la terre est un noyau non oxydé.

L'opinion des neptuniens est depuis longtemps abandonnée ; celle des plutoniens est battue en brèche par des objections insolubles. M. Poisson soumettant au calcul Thypothèse du feu central a été conduit à ce résultat, que dans la supposition d'une incandescence originelle, ce serait par centaines de myriades de millions de siècles, qu'il faudrait compter l'âge de chacun des terrains géologiques, même les plus superficiels, et que, pour évaluer Tâgc des premiers terrains, on aurait besoin d'autant de chiffres qu'il y a de grains de sable sur

le bord de la mer. Il a prouvé, en outre, que s*il y avait an centre de la terre une température de 250,000 degrés du thermomètre centigrade, ce qu'il faut admetbredans le système plutonien, aucune force ne serait capable de contenir l'expansioa des fluides intérieurs, et qu'ils auraient brisé la couche extérieure à mesure qu'elle se serait formée. Il a prouvé enfin, que si la soHdifiation du globe avait pour point de départ le refroidissement d'un fluide igné, cette solidification eût nécessairement commencé par le centre; que les parties extérieures, en se refroidissant les premières , auraient dd descendre à l'intérieur, et être remplacées par des parties internes qui seraient venues se refroidir à la superficie, pour redescendre ensuite à leur tour. Un chimiste anglais, le célèbre Davy , est le principal auteur de la théorie du noyau non oxydé. Il la démontre par l'expérience suivante. Si Ton projette en l'air de Teau de manière à ce qu'elle retombe en rosée sur une boule en grande partie composée de métaux inOammaUes tels que le poiassium^ le sodium^ le calcium^ etc.» et que soutient une plaque de verre, voici ce qui arrive. Chaque molécule d'eau qui tombe sur le globe métallique éprouve une décomposition d'où résulte une extrême chaleur, et l'hydrogène de l'eau brûle avec une petite flamme semblable à celle d'un

volcjia* Au poiat de ço^^ct se crei^e m p^tif çratèfa sur les bords duquel, \ mesure de leur OYydfitioi^» les parties que Teau a touchée^ se re|è* veut en pionticules. 3i Teau tombe en plus grai^de guaptité, toute la surface de la boule s*a|lmue» et il s*y forme une multitude de crevasses et d*élâvations qui ne mauqueut pas d'analogie avec le? grandes vallées et les chaipes d^ montagnes dont la terre çst sillonnée.

Un bomn^e dont le nom fait autorité dan^ )a spience, et dopt la mémoire est chère aux Gatholiques| rillusM e et véqérable Ampère , combattait )*opinion du feu central et adoptait celle du noyau non-o^ydé. Entré autres objections contre la première, il a dit : « Ceux qui admettent la liquidité » du noyau intérieur de la terre paraisfent ne pas if avoir songé à Taction qu'exercerait la lune sur 9 cette énorme masse liquide, d'où résulteraient n des marées analogues à celles de nos mers, mais a bien autrement terribles, tant par leur étendue, n que p^r la densité du liquide. Il est difficile de » cpncevojr comment Tenveloppe de la terre pour- 9 r^}( résister étant incessamment battue par uu » espècp de levier hydraulique de 1,500 lieues de » longueur, n

Ce qu'il y a de mieux établi, en géologie, c'est : 1" qu'il est impossible de puiser dans les fait^ 1^

DE LA PfilLQSWtilE DB l.*A<$90mE. ^i

iii«ii|dre ol^ecUoQ sérieuse contre le récit d^ Mol^e i S^qa'ils doDiu»i( uniquement oqverture ^v^x exp(in cations et aux interprétations qui le favorisoiMi S^o qu'i] y a eu à tout le moins une création wtérieure à la nôtre. Mtuntenant que \^ JQur^ de la Genèse soieqt de véritables jours de vingt- qqatff heures, ou bien des époques d^uue durée séculaire plus ou inoins longue, le champ est livré ^i]|x conjectures, et elles abondent de tout côté, £n atten^ dant la parole révélée flotte victorieuse sur |ei| controverse qui s-étaient émues pour Tenglovitiri ^t qui ne peuvei^t désprmais que se disputer Tboa? neur de la porter,

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