‹ De philosophie de l'histoireChapitre 9 sur 33 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

d'apporter un témoignage au récit de Moïse.

En énonçant les autres questions abordées et résolues par l'auteur, nous signalerons assez rimportance de ce traité , plein de variété et d'intérêt dans sa brièveté philosophique. La civilisation , le progrès, la perfectibilité*, les choses que l'on entei)d^ et celles qu'il faut entendre par ces termes nouveaux ou d'un usage nouveau^ y sont discutées contradictoiremenl avec ce que le rationalisme présente à cet égard de mieux ajusté et de plus scientifique. L'auteur n'est pas novice en ces discussions. Avant d'écrire le précis substanlM qu'il nous donne, il avait fait de longues et scrupuleuses éludes. A l'abondance et à la variété de son érudition, à l'aisance lumineuse de son langage, on voit combien il s'est rendu familière celte matière naturellement obscure et que le pédantisme antichrétien a toujours eu soin d'envelopper de voiles épais. La discussion des systèmes

XX PRÉfACK.

étant terminée^ il donne une théorie complète de la connaissance humaine, qui démontre raccord de la raison avec la foi ; une analyse psychologique qui renverse les théories rationalistes (Descartes, Bacon^ Téclectisme ), et prouve que la conscience de l'homme , mise en acte par l'éducation^ est le vestibule de l'Église de Jésus-Christ ; enfin, il jette sur l'histoire un rapide coup d'œil, d'où ressort, comme dernière démonstration, la vérité des dogmes catholiques.

Nous sommes heureux de pouvoir, dès nos débuts, publier un livre qui remplit si complètement notre dessein. C'est toujours dans ce sentiment de foi et avec cet esprit attentif aux enseignements de l'Église que nous chercherons , et que nous trouverons la vérité. In lu^ mine tuo mdebimiis lumen. (Ps.)

Louis VEUILLOT.

!••• juin i850.

DE LA najMoram w L^mstotRE. t

4m éimhfipÊment de l'humumiié » $kémr4e du fNTByfràsv poNii^flMe «•ccoltf ^ se4ême$ d» VMp-

ée philoiOfiài0 de l^kMake.

pmc^M fiic» eft îniDuafcks ; d'où il snil qu'elle Mt «HCtttieiieinMit newatifique. Ces firiiictfiea, iif^'^m y mm te» to» seioa lesquelles riwiiiMbté se iévthpfti Ponr cosBiâb^ ces bis , mi ne s*esc pas , cootenté diaterroger les fûts par lesquels la oatwre kttinaiQe se' manifeste daas I9 consdettee inàlMù' àmdk et dans l'histoire ; on les a càerehéea amâ daasies rapports qae Hiomme soutient avec la eréa*tioB en général, et en particnler avec k planète qn*ilhabite. Il en est résulté différents systèmes s^ac>cordant ions en ceci , qo'ii est possthlede conjstraire HM siwte d'astronomie trâ»loriqae, moyennant taqnrile il devient facile de tracer la marêhe de ltNi«- BMailé , de son point de départ jusqu'à son but $ d'expliquer très exactement ses i^ écoulés ; de aatcnkr très rigooreHsemettt ses âges à veniv.

Cotte sctonce, on le voit, serait plus haute et phiaoompréheftsive que la science politique , t^lte qu elle a été fondée par les phitosophes grecs , et formulée depuis la Renaissance , par les modère» tm I de MaêbtoiFal k ftio^iMqtmv. ie» étud^ de

h ËIBUOTHÈQUB NOUVELLE.

CCS publicistes ne sortenl poiut en effet do oer«cle des formes diverses selon lesquelles s'organi* sent les peuples pour vivre en société» Ils énomèrent ces formes , montrent comment dies naissent et comment elles se succèdent , disent les difléren* ces qui les distinguent , en apprécient la valeur relative , mais ils ne les considèrent point daps leur liaison avec le développement de rbumanité , ni par conséquent comme des moyens appropriés aux états successifs , qui expriment et mesurent « ses progrès. » L'unité humaine n*entre en aucune ma* uière dans leurs spéculations; à leurs yeux les peuples sont des individualités proprement dites » n'ayant entre elles d'autres relations que celles où leur existence particulière est directement in-> téressée.

La philosophie de l'histoire , au contraire , part de cette idée que tout est lié dans l'univers, et « empruntant la rigueur du langage mathématique* elle dit que le globe terrestre est fonction du monde solaire; l'humanité, fonction du globe; chaque peuple , fonction de l'humanité. Dans une pareille tliéorie , les constitutions sociales n'ont rien d'absolu en soi ; elles doivent être une sorte «r d'instrument logique » calculé pour chacun des buts transitoires dont l'accomplissement prépare celui d'un but final. Ces changements ont lieu par des trans-

DE L4 PHIlOSa^HIB t»l L*fliS»OIRE. ]|

fonoalHmd pacifique oa par des réTolntras* Si lei pouvoirs établis sont iotelligents el dévoués, le progrés s*opère par la voie des Iranaformations pa-> dfiques; sinon, les révolutions sont inévitables. Jusqu'ici ce dernier mode a élé le plus fréquent, parce que la science de Thistoire n'existait pas.

Les divers systèmes historiques se ramènent à ces termes généraux. On a commencé par nier le catholicisme ; on a prétendu ensuite pouvoir opposer à ses dogmes, sur la nature humaine et sur :a destinée , des explications scientifiques. Après avoir nié les traditions bibliques, on a fini par les admettre sous le bénéfice d'interprétations qui les dénaturent plus ou moins, quoiqu'il y en ait beaucoup dans le nombre qui visent à la plus pure orthodoxie; celles-là sont les plus dangereuses. On a vu dans nos livres saints , comme dans ceux des naturalistes , des matériaux propres à vérifier des hypothèses sur l'origine et sur toute la suite des choses, et le catholicisme lui-même est ainsi devenu , chez ceux qui lui ont fait la meilleure part • un symbole secondaire dominé par une formule scientifique également propre , assurent-ils , à le démontrer, à le corriger et à le compléter.

Nous nous proposons de faire voir, non-seulement qu'il n'existe pas une science historique au sens que nous venons de fixer, mais encore qu'il

BIÈUOTItiËOtJli mM[fr£LLt:«

est ittpoB8ibte,8a{YaiitiHN]B4d*€n«(iiittiiiiêr «n. Nous montrêrotis que 06Vfe errenr 6st h source <!t te IbndimMïftt A» dcctt» socialistes. Nddi difevo» cnstiite qttd est , à vertrc aTîs , te moyen IfgMme de généraliser tes ensèrgnemenls de rhlsieire cft tout te parti qti^oii en {yeat tirer. Nolis Ahlsons imh tre travail en trois livres : dans te premier, noas ferons connaître ce que renferment de fim Inté^ ressent les matériaax , les données et tes essais qn^ont mis en œuvre tes atitcurs des principaux s^'Stèmcs de philosophte de Thistoire; te second contiendra l'examen critique de ces diverses doctrines ; nous consacrerons le troisième , non pas à rcx()osition d'un système particulier qui nous soit propre , car nous n'en avons point , mais 1 prouver que la philosophie ou , pour mieux dire, la théologie de l'histoire se compose uniquement de Ceci : !<* la vérification des dogmes catholiques; 2*' les règles qui en découtent et qu'il faut suivre pour instituer ou réparer Tordre social , de manière à procurer la double fin , naturelle et surat^ turelle , qui est notre commune vocation.

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