‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 13 sur 94 · CRE · texte numérisé non relu

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infirmités; les uns y sont venus de leurs pieds, mais les autres sont où étendus dans des chaises-lits munies de roulettes pour le transport, on rembourrés d'oreillers dans des petites voitures à bras, Tous, malades, infirmes, aides curieux, observent le siience le plus rigoureux ; on boit de l'eau de fa source, on égrenne son chapelet, on baise le pavé, mais surtout on laisse parler le cœur dans un lieu dont la vue seule suffit pour impressionner toute Ame sensible, Après üvoir satisfait notre dévotion, nous revenons à notre hôtel en récitant notre chapelet, cumme nous le faisions à chaque visite,

Dimanche, 13 mars.—Un vrai soleil de juin de nos contrées brille ce matin de tout son éclat, et fait étinceler le blanc manteau qui recouvre les cimes des Pyrénées, en le foreant de céder pen à peu à sa puissance,

Comme j'avais été invité à célébrer à Ja basilique la messe paroissiale de 8 heures, je profite de ce retard pour examiner plus à mon aise, du balcon de notre hôtel, le pittoresque et lagréable variété du paysage des environs, En face de moi ce sont les Pyrénées avec leurs crêtes neigeuses; à gauche le village échelonné sur les pentes du Grave; à droite c’est la basilique avec ses cloche. tons élancés, qui à distance simulent des lances levées vers ke ciel; un peu au delà, de Pautre côté du Grave, c'est le œuvent des Carmélites avec ses superbes jardins, une autre communauté de femmes, la voie ferrée, ete. et pur. but la verdure, les fleurs, les suuves émanations des matinées printanières,

Les habitants du lieu remplissent les chemins, se ren. dant à l'église, en s'entretenant dans leur patois dont je ne puis comprendre un seul mot, J'adinire le costume élégant et si wodeste que portent les personnes du sexe. Toutes ont sur leur tête le eapulet qui les couvre presque entièrement, Ce capulet est blanc, rouge on bleu, ce qui fait dunsles masses une variété de couleurs des plns agréables, Vous croiriez voir un parterre où les phlox, les lis, les dauphinelles, les roses, ete., s'entremélent en formant des inassifs continus. Autant que j'ai pu le coimprendre, ee capulet a à peu près la forme d'un châle

dont 2 côtés d’une pointe seraient réunis par une couture, le bord extérieur est appuyé sur le front et laisse retomber la Jongne pointe en forme de capuchon, pour couvrir tout le dos de plis des plus gracieux.‘ Parfois le vent pénétrant à l'intérieur projette en arrière la Jongue pointe du capu. chon.

À 8 heures la vaste basilique est remplie de fidèles, tous dans l'attitude la pius dévotieuse ; et malgré les messes nombreuses qui avaient été dites auparavant, j2 donne encore la sainte communion à plus de 100 personnes,

J'admire une fois de plas la richesse de décora. tion de ce superbe temple. 1l n’y a pas moins de 2000 à 8000 cœurs en argent on en vermeil d’accrochés partout: de tout côté flottent des bannières des plus riches, et la plus grande partie des murailles est recouverte de plaques de marbre remémorant des faveurs obtenues; car, comme on le sait, les miracles ici s’opèrent par centaines.

Je vais faire une dernière visite à la grotte dans le dessein surtout de faire toucher au rocher, aux pieds de la statue, de nombreux objets de piété dont j'avais fait provision, tant à Paris qu'ici même, à Lourdes, Je détache pour mon heibier une petite branche de gui d'une touffe qu'on avait déposée avec beaucoup d’autres fleurs devant l’image de la Ste Vierge. Je remarque tout à côté une masse de lettres que de pieux pèlerins ont déposées là, à l'adresse de la Reine du Ciel. Qu'elle est touchante cette naïve dévotion des âmes simples, qui les porte à s'adresser par lettres à Celle dont elles réclament la protection, comme si elles prévoyaient ne pouvoir, dans le trouble de l'improvisation, épancher assez librement leur cœur devant Celle à laquelle elles donnent à la vérité le nom de mère, mais qu'elles savent aussi être la Reine de la terre et même du ciel!

Le petite ville de Pau, à quelques lieues de Lonrdes sur la rive droite du Gave, voit chaque hiver un bon nombre d'étrangers qui viennent y jouir de la douceur de son climat,

On m'a raconté plusieurs exceutricités d’un célèbre

yankee qui y lerzent à ple C'est M, Gor York Herald, les faire crev

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forêt pour y ce contrée, il per sans pouvoir s la fin une pan rend directem:

Il trouve à l’in avec sa fille, ( seur une bagn mation de surp en leurs patois, bien que la cor la mère ; c’est prise ; qu’elle € —Mais enfin ?frappée de l’éc Vraiment ?,,, C l'anneau dans li que vous me re Gardez votre a pour de tels ser trouvée, vous n notre chaumière La mère et étranger de rep:

as y consentir, lupéfuites de ce Le soir arri passé ; il exami Qu'il ne pouvait proprictaire, Et uns remarquer (

yankee qui y habite depuis quelqnes semaines, et qui jette are, D l'erzent à pleines mains aux pauvres paysans des environs. vla RS Cest M, Gordon Bennett, le riche propriétaire du Newtle RS York Herald, Il n’a pas acheté moins de 50 chevaux, pour nt à les faire crever les uns après les autres dans des courses pue D presque journalières,

1! n'y a encore que quelques jours, il se rendit dans la les, D forêt pour y chasser le renard. Peu familier avec cette ‘sses D contrée, 11 perdit bientôt sa route, et marcha longtemps nine D sans pouvoir se retrouver, Harassé, épuisé, il aperçoit à

la lin une pauvre chaumière sur la lisière du bois, il s'y cora: M rend directement pour parvenir à s'orienter de nouveau, )00 à 11 trouve à l’intérieur de cette chaumière une femme seule out; avec sa fille, Celle-ci, apercevant au doigt du riche chaset la M seur une bague fort apparente, laissa échapper une exclaques mation de surprise et échangea avec sa mère quelque mots mme Den leurs patois. Que dit-elie, demanda M. Bennett, voyant

bien que la conversation était à son sujet ? — Oh ! rien, fit dans Bla mère ; c’est une enfant.—Mais encore ; elle a paru surds deBnrise ; qu’elle en est la cause 2— Kien, rien, répéta la mère, , fuit Mais enfin ?—Puisque vous tenez à le savoir, elle a été … Jelfrappée de l'éclat de l’anneau qui brille à votre doigt.— ou Vraiment ?,., C’est à toi, dit l'Américain, en faisant passer a l'anneau dans le doigt de la jeune fille, mais à condition quelque vous me remettiez sur la route qui conduit à Pau. —- Gardez votre anneau, dit la mère ; on ne se fait pas payer pour de tels services ; d’ailleurs la ronte de Pau est toute trouvée, vous n'avez qu'à suivre le sentier qui passe devant notre chaumière,

s ont le est ui les ment dans La mère et la fille eurent beau prier le généreux t leur étranger de reprendre son anneau, il ne voulu absolument ité leMpas y consentir, et il s'éloigna en laissant les deux femmes

de allupéfaites de cette rencontre, Le soir arrivé, le mari est informé de ce qui s'était urdesMpassé ; il examine l'anneau, le juge de grand prix, et dit bonu'il ne pouvait pas Le garder, qu’il failait le remettre à son r delroprisctaire, Et sur ce. il prend le chemin de la ville, non ns remarquer que sa fille, tout en obtempérant à la dé-

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66 DE QUEBCO A JERUSALEM

cision de son père, ne pouvait cacher une certaine contra riété.

Arrivé à Pau, ilse rend chez un joaillier pour con. naître le prix du bijou. ‘“Je vous compterai 40,000 francs, dit le joaillier, si vous voulez me laisser cet anneau, car ilest monté en diamants, 40,000 francs ! répéta le paysan ; je voyais bien que c'était quelque chose de pré. cieux, muis j' ne le croyais. pas d'une si grande valeur, Puis reprenant son bijou, il se rend directement à l'hôtel de l'Américain, — Monsieur, dit-il à M. Bennett, voici mn anneau que vons avez donné à ma fille; je vous le rapporte, Nous sommes pauvres, mais nons ne nous faisons jamais payer les services que nous pouvons rendre. D'ailleurs, ajouta-t1l, ma lille doit prochainement se marier, et l’acceptation d'un bijou de si grand prix pourrait peut-être être mal jugée quelque part, — Votre fille doit se marier prochumement * oh! fort bien ; alors elle gardera l’annean, et je ‘engage de plus à pourvoir à son troussean, [it prenant la plume pour écrire quelques mots, il poursuivit: voici un cheque de 10,090 francs pour cette fin.

Un chèque de 10,000 francs avec un anneau de 40,00 francs est sans doute un cadean de noces dont s'accom: moderaient plus d’une villageoise,

Revenus à notre hôtel, nous n’eûmes que Le temps de prendre notre déjeûner qu'il nous fallut prendre congé de notre hôtesse, Madame Soubirous, pour nous rendre à la gare, afin de ne pas manquer le train qui nous conduirait à Toulouse le même soir, Je recommande tout partie ment l'hôtel Soubirous à tous les ecclésiastiques qui auraient accasion de faire un pèlerinage à Lourdes, Les prit sont trèssmodérés, l’accommodernent fort convenable, et les gens très polis et bons chrétiens.

À 10h nous étions de nouveauinstallés dans le convoi pour refaire notre route jusqu'à Tarbes et continuer de À vers le Sud-Est jusqu’à Toulouse et Marseille.

À peine avons-nous laissé Tarbes, que nous tombons en plein pays vinicoie, Partout, à gauche, à droite, ce nt sont que champs de vignes. Les vignerons sout actuelle

ment occupés eux les ceps tc précédente, et pour étre utili: occupées À ré:

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DE QUÉBEU À JÉRUSALEM

ment occupés à la ! dlle de leurs vignes. On voit derrière eux les ceps tont dépouiilés de leur végétation de l'année précédente, et les sarments retranchés rénnis en petits tas pour être ntilisés au foyer. Souvent des femmes sont ainsi ocenpées à réunir ces sarments par tas,

Aucune ville bien remarquable ne se rencontre entre Tarbes et Toulouse, À Naint.-Gaudens, nous corpons de nouveau la Garonne que nous avions à traversée Bordeaux. À 4 heures précises nous entrons dins Toulouse, chef-lieu du département de la Haute-Garonne,

Toulouse est une bien jolie ville, de 115.000 habitants, bâtie sur le bord de la Garonne et traversée par le canal du midi qui fait communiquer PAtalantique avec la Méditerrannée, Toulouse est une ville très ancienne ; on fait remonter à CGalba la construction de son capitole, C'était une ville des plus importantes de Ja Gaule méridionale,

Pour ceux qui ne sont pas des Crésus, Péconomie dans le Voyage est un item très important, Sans vouloir ren nous refuser de ce qui peut nous intéresser, HoUs AVONS, dès le départ de Paris, réglé notre programme, pour diminer les dépenses autant que possthie, Et voici comment nous procédons, En arrivant dans une ville, nous laissons nos malles à la consigne, et he prenant qu'un tout-petit porte-manteau, que nous portons a la main, nous allons faire choix d'un hôtel un pen distant de la gare, pour ètre pas dérangés par le bruit des trains Nous louons des chambres seulement pour la nuit ; ce qui nous coûte d'ordinaire 2 francs, et nous prenons nos repas dans les restaurants, Nous y payons moins cher et avons plus à hotre goût, sans compter l'économie de temps que nous savons fort bien mettre à prolit.

Laissant donc la gare de Toulouse, nous traversons le canal, et nous arrétons à lhôtel de Bordeaux, lun des bremiers que nous rencontrons, Les réparations conves bies à la toilette étant faites, nous nous mettons de suite à la visite de la ville, en longeant la grande place publique jui coupe le canal à angle droit. Notre première visite est

à l'église S, Sernin, si renommée pour ses précieuses res

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liques. Cette église très ancienne et de vastes dimen:sions, était alors (4 heures) remplie de monde, surtout de femmes, pour le salut qu'on y chante à la suite d’un ser. mon. Nons rencontrons le curé à la sacristie qui nous accueille fort courtoisement, nous questionne beancoup sur notre pays, et nous invite à célébrer le lendemain. Ce curé est lui-même rédacteur de la Semaine Religieuse publiée à Toulouse et qui passe pour l’une des plus importantes de la France.

En revenant, nous entrons à l’église du Taur, très ancienne aussi, mais petite ; elle fut bâtie à l'endroit mêine ou S. Sernin fut massacré par un taureau ; de là son nom.

Je remarque que le peuple, par son accoutre ment, paraît beaucoup plus à l'aise ici qu'à Tarbes et à Lourdes. Cependant, comme je l'avais observé à Paris Orléans, Bordeaux, et :., la mise des gens est partout assez simple, et bien au-dessous de ce dévergondage de toilettes qu'on étale dans les rues de Québec et Montréal. Il n'ya pas à se le dissimuler, le luxe prend chez nous un tel dé veloppement chez le peuple, qu'il est devenu une véritable plaie nationale. Il a déjà causé bien des désastres, et il en amènera de plus grands encore, si l’on ne se hâte dy apporter un reméde, d'y mettre un frein. Nos cultiva teurs mènent un train de vie, par leur accoutrement, leurs voitures, leurs habits, sans proportions avec leurs res. sources, Aussi que de biens-fonds sont déjà passés en draps fins, voitures, ameublement, et ces mille colifichets qu'affectionnent tant les personnes du sexe ! Que nou voudrions, pour leur servir de leçon pour leur propre gouverne, leur faire voir la mise simple et peu dispendieus des paysans français, malgré les économies que presque tous savent mettre de côté.

Nous trouvons partout dans les rues le peuple en habits de fête, et ne remarquons nulle part comme à Paris des ouvriers à l'ouvrage.

Le patois qui résonnait sans cesse à nos oreilles à Tarbes et a Lourdes, est ici moins fréqnent, bien qu'on l’entende encore à chaque instant.

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DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 69

Sur la place S. George, nous remarquons une statue colossale de Ste-Germaine de Pibrac, dont le tombeau n’est pas éloigné de Toulouse.

Revenant de nouvesu sur la grande place, nous traversons le pont du canal et faisons une marche de l’autre côté, avant de rentrer à notre hôtel. Je prends en passant sur le pont une nouvelle Sialis infumata, avec quelques autres Névroptères peu remarquables de la division des Trichoptères. Les pruniers, les amandiers sont ici en pleine floraison,

Lundi 14 Mars --Nous allons célébrer à S. Sernin, et profitons de l'obligeance du sacristain pour visiter la crypte et y vénérer les précieuses reliques qu’elle renferme. L'église de S. Sernin passe avec droit pour l’une des plus riches du monde en fait de reliques. Nous y voyons entre autres : une épine de la couronne de Jésus, un morceau de vêtement de la Ste Vierge, le corps du docteur angélique, S. Thomas d'Aquin, ceux de S, Edmond, S. Giles, S. Gandens, martyr, dont on nous montre une mâchoire portant encore une dent, des statues miraculeuses des apôtres, les corps de S. Simon, S, Jude et S. Barnabé ; nous vénérons une partie du crâne de ce dernier apôtre encore bien conservée, le corps de Ste Susanne, etc. Depuis quelques années, nous dit M. le curé, la dévotion à l’apôtre S, Jude s'est développée ici d’une manière toute particulière, et a été récompensée par des faveurs signalées obtenues par son intercession, On nous montre encore une chasuble de $&, Dominique, La mitre et les gants d’un évêque du 4e siècle, dont nous avons oublié le nom, un superbe coffret renfermant un morceau de la table de la cêne, etc., ete

A 10 h., nous reprenons le convoi qui de ce point prend une direction bien plus prononcée vers le sud,

Je remarque de nombreux oiseaux dans les champs, entre autres des cailles et des corbeaux. Partout on est au travail de la terre ; le plus communément c'est avec des bœufs qu’on laboure. Les champs, des deux côtés de la voie, sont partout plantés de vignes. Je fais ici en passant, la connaissance de l'olivier pour la première fois. C’est un arbre à tronc difforme et souvent

de A SIN SRNRRNSNRNRRNeRNERE

70 DE QUÉBEO À JÉRUSALEM

de forte dimension, mais généralement avec une fort Carcassor, belle tête. Sa feuille étroite et pointue ressemble beau. W mille âmes, es coup à celle de nos saules, Sa hauteur ne dépasse pas 20 à D riviere qui pre

25 pieds, sa croissance est très lente et son bois très dur. charge dans la basse et haute

couronnée par cupation des Y

À 4 h. not nous avons un ferme aujourd’ pole de la Gau Les abeilles par aussi les miel:

estimés,

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peu plus consi que traverse ici naissance de R:

meux canal.

Une autre plante avec laquelle je fais encore connaissance est l’artichaunt, Cinara scolymus, Linnée ; c’est une plante de la famille des Composées, à fouilles radicales grandes, épineuses, pennilobées, A plusieurs stations, de notre fenêtre même du char, j'en remarque de superbes carrés dans des jardins; ses grandes feuilles à bords lobés et sinueux s’étalent sur le sol en rosettes monstrueuses, montrant déjà an centre la tête qui commence à s'élever. Je ne connaissais l’artichaut que pour en avoir vu des têtes sur les marchés de Paris. Un certain jour, à table d’hôte dans un hôtel, j'entends une gaie fille d'Eve crier à ses compagnes, qui croquaient avec grande avidité un certain légume verdâtre nouveau pour moi qu'elles eussent à prendre garde, qu’elle venait de trouver un ver dans son artichant, Je voulus en goûter, en y joignant le sel, comme je le voyais faire aux autres —Comment trouvez-vous ça ? me demanda mon voisin —Détestable, répondis-je; la saveur est presque nulk, et ça n’a rien du piquant du céleri. Et, de fait, j ne m'explique l'affection qu'on paraît lui montrer que par ce goût pour le vert que font voir ceux qui ont été mis au sec depuis trop longtemps. Ce ne sont ni les feuilles, ni les tiges qu'on mange dans l’artichaut, mais uniquement les écailles qui forment l’involucre, et qui par la culture deviennent fort épaisses, charnues et plu ou moins tendres.

Nous pours Est et passons Agde, les Onglo puis assez long terrannée, mais emps en temps avait empêché

fondant à l’horiz mer. Enfin à 6.4 bord même de 1

A Ségula, distance de 18 lieues de Toulouse, nous par Cette qui cc sons la hauteur des terres entre l'Atlantique et la Méffne ville forte et diterrannée, errain est ici trè

À midi, nous passons à Castelnandary, petite ville dfangue de terre 9,000 à 10,000 âmes, bâtie sur le canal du midi; c’est wlhau, de la mer chef livu d'arrondissement ; et à 1 h. 17 m, nous descen dons dans la gare de Carcassonne,où nous avons 20 minutes

J'aime à c1 ue, n'a pas to pour le ditter. proclamerais rie

fort )eau- 20 à dur.

conc'est icales tions, e sue les à nons- 1ence Ir en ertain gaie rande moi, ouver

Carcassonne, qui compte aujourd’hni une vingtaine de mille âmes, est une ville très ancienne, bâtie sur l'Aude, rivière qui prend sa source dans les Pyrénées et se décharge dans la Méditerrannée. Cette ville est divisée en basse et haute, cette dernière partie occupant une colline couronnée par un château et des tours qui datent de l’occupation des Visigoths.

A 4 h. nous descendons dan: la gare de Narbonne, où nous avons un arrêt de 10 minutes. Cette ville, qui renferme aujourd’hui 16,000 habitants, était autrefois la métropole de la Gaule Méridionale qu'on appelait Narbonnaise. Les abeilles paraissent cultivées ic’ sur ne grande échelle, aussi les miels de Narbonne sent-ils particulièrement estimés.

À 5 h. nons passons à Béziers, où nous avons encore un arrêt de 15 minutes, (Cette ville qui nous paraît un peu plus considérable que Carcassonne, est bâtie sur l'Orb que traverse ici le canal du midi. Béziers est le lieu de naissance de Riquet, celui-là même qui construisit ce fameux canal.

Nous poursuivons toujours notre route vers le Sud. Est et passons les stations de Villencuve-les-bains, Vias, Agde, les Onglous etc. qui n’ont rien de remarquable. Depais assez longtemps déjà nons avions vue sur la Méditerrannée, mais un ciel chargé de gros nuages, qui de emps en temps nous donnaient (l’abondantes averses, nous avait empêché de la distinguer plus tôt, les nuages conoudant à l'horizon leur couleur avec celle des eaux de la mer. Enfin à 6.41, nous entrons dans la gare de Cette, sur le bord même de la mer.

Cette qui compte un peu plus de 20,000 habitants, est ane ville forte et un port de commerce très important, Le errain est ici très bas, car la villa même est bâtie sur une

Bangue de terre qui sépare un immense étang, celui de

l'hau, de la mer même,

J'aime à croire que Cette. telle que nous l'avons ue, n’a pas toujours la mêmu physionomie, car je la proclamerais rien moins qu'agréable. C’est avec le para-

pluie sur la tête, et en pataugeant dans la boue que nons avons pu la visiter, car la pluie augmenta encore après notre arrivée, La seule chose qui mintéressa particulièrement fut des paniers remplis d’un petit bivalre que je remarquai à plusieurs portes d'hôtels, Ce bi. valve, de forme régulière, est court, bor:bé, presque sphérique, avec côtes sub-épineuses sur les côtés. Je l'ai trouvé excellent, et pour moi, bien préférable aux huîtres ordinires, Son nom scientifique est Venus verrucosa, Lin. de la famille des Vénérides ; on lui donne ici le nom de clovisse.

Nous traversons sur un pont un large canal bordé des deux côtés de quais couverts de futailles de vin, car il s’en fait ici une exportation considérable, et allons prendre notre gîte au centre même de la ville, à l'hôtel de la Souche, aussi modeste de ton que de nom, mais du reste servi par des gens crès civils et fort comploisants.

Mardi 15 Mars.—Le vent, ce matin, tient encore du Sud-Est comme la veille, et le temps est couvert quoique sans pluie, Nous prenons à la gare notre billet directe. ment pour Marseille, où nous devons arriver à 8.55 h, p.m, nous payons 14.85 fr. pour le trajet, Nous traversons de nouveau le grand étang du Thau, et prenons nne direc tion presque parallèle avec le bord de la mer. Partout les terres sont très basses et presque entièrement couvertes de vignobles. À 11; nous passons Montpellier, et à 1153h nous descendons à Lunel, où nous prenons le dîner. 1 1.6 h. nous coupons le bras principal du Rhône en fac d'Arles, dont le nem nous est devenu familier par le ma tyre de son vénérable archevèque, au massacre des Carme lors de la grande révolution, et enlin à 4 h. nous entron dans la gere de Marseille,

Nous nous dirigeons de suite à l'hôtel du Petit-Louvre qu'un aimable et fort respectable compagnon de routl nous avait particulièrement recommandé. Cet hôtel, su un exellent ton, est situé sur la Cannebière, la principal .ae de Marseille, et à quelques pas seulement de l'hôti du Grand-Louvre, où le comité de direction à Paris var lait nous diriger, mais dont nous avions lieu de suspel

ter le tarif et 1:

pagnons de rot ment plus tard imposer, malgr Mercredi, 1 pour prendre « jours que j'ai.

13 en vaisseaux en différents en connu le repo un peu fatiou( du Vaisseau, s louveau me to a toujours été où j'ai été me M. Bolduc, qu tions, m’a fourn livré de mon in Marseille e nort sur la Méd population est qui est sa rne gifiques boutid nuel qu’on yrer rue s'élève à pe dont elle est pet constitue l’ancie tée, Nous profi niers préparatif achetons de gra ë:r.; elles sont i a réflexion des

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venus, il faut fa Yétements pour avertis que les s font tri s incom d'occasion ; nons Louvre, où l'on

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ter le tarif et la bonne administration. Et de fait, nos compagnons de route qui s’y étaient arrêtés, se plaignirent fortement plus tard de plusieurs surcharges qn'on avait su leur imposer, malgré la réduction apparente de leurs prix.

Mercredi, 16Mars.—Enfin nous voici rendus à Marseille pour prendre de nouveau la mer. Il y a aujourd’hui 28 jours que j'ai laissé Québec ; de ces 28 jours j'en ai passé 1% en vaisseaux, 9 en chemins de fer, et 7 dans les hôteis en différents endroits. Comme on le voit, je n'ai guère connu le repos durant tout ce temps ; aussi je suis un peu fatigué et nourris l'espoir de me reposer à bord du vaisseau, si toutefois le mal de mer ne vient de nouveau me tourmenter. Ma santé, depuis mon départ, a toujours été excellente, à part ces deux derniers jours où j'ai été menacé d'une attaque de dyssenterie ; mais M. Bolduc, qui est un homme de beaucoup de précautions, m'a fourni des gouttes qui m'ont en peu temps délivré de mon indisposition.

Marseille est une bien jolie ville, possédant un bon nort sur la Méditerrannée, à l'Est du golfe de Lyon. Sa population est d’environ 360,000 âmes. La Cannebière, qui est sa rue principale, me rappelle Paris par les magmifiques boutiqnes qui la bordent et le mouvement continel qu'on yremarque., La partie de la ville où s'étend cette re s'élève à peine de quelques pieds an dessus des quais dont elle est peu éloignée, mais la partie au Nord-Est, qui constitue l’ancienne ville, est bien plus élevée et accidentée. Nous prolitons de cette journée pour faire nos derniers préparatifs de voyage, tout en visitant la ville, Nous achetous de grandes lunettes brun-foncé que nous payons ë:r. ; elles sont indispensables en Orient pour préserver de ia réflexion des rayons solaires, puis un chapeau de paille

[de riz que nous payons 8.60 fr. car, comme on nous en a pré-

venus, il faut faire la plus grande part au blanc dans nos rétements pour ces contrées, Comme on nous avait aussi avertis que les selles arabes qu'on nous fournit en Orient sont tri s incommodes, nous avions acheté à Paris 2 selles d'occasion ; nous allons les recevoir à l'hôtel du Grand- Louvre, où l'on nous les avait adressées, Nous payons 16

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francs pour leur transport, paree qu'il avait fallu Les expédier par grande vitesse, Les selles mêmes nous coûtaient 52 francs chacune,

Nous faisons à ce même hôtel la connaissance de la plupart de nos compagnons de pèlerinage. C’est d’abord notre Président, M. de Coniac, chef d'’escadron de cava: lerie, notre aumônier, M. Baron, ancien aumônier militaire, qui a fait la guerre de Prusse, a passé quatre mois et demi sur le territoire Allemand comme prisonnier de guerre, a été pris ensuite par la Commune, condamné à mort et dé: livré comme par miracle, etc. etc, Nous allons dans l'après: midi fair. en corps, une visite à l'Evêque, Mgr Robert, C'est un homme d’une cinquantaine d'années environ, d'une forte stature, d’un abord assez facile, mais qui parais sait un peu embarrassé de notre présence. La rencontre de deux prêtres canadiens a paru lui fournir presque exclu sivement la matière des quelques paroles qu’il nous a adres. sées. Il nous à parlé surtout de Mgr Bourget, qu'il av: connu dans l’un de ses précedents voyages.

De l'évêché nous sommes passés à la nouvelle cathédrale, maintenant en construction, et qui terminée, sera l’une des plus belles de la France. Elle est dans le style roman, il y a déjà 1400 colonnes de placées, et on doit y en mettre encore plus de 400, Le dôme de la coupole est à 240 pieds de hauteur. Des marbres de toute couleur et de toute pro: venance s'y rencontrent en quantité.

Mais il est une visite qu’il me tardait de faire à Mar. seille, et pour laquelle j'aurais sacrilié volontiers l'in spection de la ville, c’est celle de l’un de mes correspoi: dants depuis plusieurs années, un confrère en entomologie, Je dirais plus exactement de trois confrères en histoire naturelle ; car bien que je n’eusse échangé de cor respondances qu'avec M. Aucey, je savais que M, Abeille aussi un entomologiste, et M. Ancey, fils, un conchy: liologiste, habitaient sous le même toit, Aussi dès les 8 h. de l'après midi, je me rends au No. 66, grande rue Marengo, pour y rencontrer mes naturalistes, Mais, à déception ! aucun des trois ne se trouve alors à la maison; et le soir même nous devons avoir une assemblée des

membres de nc du diocèse, q ciales, surtout donc ma carte un bien vif ch:

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près du port, je quelque acqu ces coquilles n’ niches, et à de:

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