WEST MAIN STREE WEBSTER, N
Photographic
Comme on peut le voir, nous comptions neuf prêtres sur le nombre total. De ce nombre, M. le Marquis de Faudoas, M. l'abbé Grautheron, M. Boisard, faisaient le voyage pour la deuxième fois, Mde veuve Boisard, pour la 8e, et Dile Cadot pour la 5e fois, Aussi Dile Cadot estelle connue à Jérusalem, je ne dirai pas comme Barrabas à la Passion, car elle sait faire accorder la consonunance de son nom avec ce qu’exprime la chose, mais comne nne personne qui mérite à tous égards la considération et les prévenances. (1)
Réunis à table au dîner, nous pouvons plus facilement nous compter, et nous constatons, sans peine, que nous composons la plus grande partie des passagers de chambre,
Nous avons avec nous un ministre protestant, missionnaire en Orient, c’est-à-dire, habitant quelque part une villa, où il mange dans le repos, les nombreux écus qu'une société biblique quelconque lui fait toucher tous les trois mois. Aussi, ennuyé de cette solitude et trouvant i4 vie trop monotone en ces endroits, vient-il d’Angleterre se chercher une compagne, pour mettre plns de gaîté à son foyer, et l'aider à passer plus joyeusement sa vie apostolique. ‘En voyant la cour assidue qu'il lui fait et les prévenances constantes dont il l'entoure, voici un révérend, dis-je à un voisin, qui sans doute ne se
prévaudra jamais de la Joi du divorce de son pays? Qui
sait ? répliqua-t-il, les apparences sont souvent trompeuses; d’ailleurs quand on prend l'élan trop fort, l’élasticité ramène souvent en deça du point de départ, La lune de miel quand elle est trop brillante, est souvent de courte durée...
Mais le pont d'un vaisseau est un terrain d'une liberté sans égale, les allures les plus excentriques et les plus étranges s'y coudoient souvent sans qu'il y ait à réclamer, laissons sa révérence jouir en paix de ses doux épanchements, et admirons ensemble la beanté de ce Ciel d'Italie que les poètes se sont tant plus à nous vanter et qui si souvent a soufflé l'inspiration à leur muse,
(1) Je viens d'apprendre par l’un de mes correspondants, que Dile Cadot fait cette année, 1882, son sixième voyage en Terre-Sainte,
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Oh! j'ai ce concert « nos voix et n phère par sa leur éclat, et ce pas là l'hy ventset aux f il était tonjou en commun, €
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La mer est calme et paisible, l'atmosphère est donce et tiède, les étoiles brillent au firmament, mais non avec cette vive scintillation qui les distingue dans nos climats du nord; on dirait qu’elles craignent, par un trop vif éclat, de troubler l'harmonie de lensen:ble. Telles ces toiles de l’école Italienne où domine un moellenx, un ve:louté, sur lequel aucun accident de couleur trop voyante ne vient faire saillie. C'est un calme enchanteur qui nous domine, qui nous absorbe, nons invite à la rêverie, à la méditation, Pendant que je me livre à cette enivrante contemplation, voici que tout à-coun une grande lueur se montre à Orient, des rayons Inminenux font saillie sur le fond bleu du c'el, comme des dards enflammés qui fendraient l'air; et bientôt le disque doré de la June parait sortir de l’eau, en s’élevant peu à peu. La mer s'illumine aussitôt de ces faux, et notre vaisseau, en faisant toujours entendre le paisible ron ror de son hélice, projette au loin de l’autre côté sa silhouette fantastique.
Mais voici l'heure de la prière arrivée. À un signal donné, tous se rendent sur la dunette en arrière, Les têtes se découvrent, les genonx se ploient, et tous répondent à la prière du soir que notre aumônier, d’un ton grave et onctueux, récite lentement, C’est une priere toute militaire ; elle est courte, mais expressive,. Qu'elle était touchante la recommandation qui la terminait! * Prions pour l'Eglise, pour la France, pour l’armée, pour tous ceux qui nous sont chers que nous avons laissés au puys. ” Jit là dessus, tous répondent avec âme à la prière du Seigneur et à la Salutation Angélique, Puis enfin: un De profundis pour nos chers défunts...
Oh! j'ai toute confiance qu'il était agréable à Dieu ce concert de tous les éléments auquel nous joignions nos voix et nos vœux, La mer par sa placidité, l'atimosphère par sa douce haleine, les astres du firmament par leur éclat, et nous par notre attitude et nos paroles, n’étaitce pas là l'hymne solennelle que celui qui commande aux vents et aux flots exige de toutes ses créatures? Ch! comme il était tonjours tonchant ce moment de la prière du soir en commun,et comme il impressionnait tous les assistants!
Les hérétiques et autres ne partageant pas notre croyance, nous regardaient avec stupéfaction, et plus d’une fois des grecs schismatiques sont venus faire cause commune avec nous en s'agenouillant dans notre groupe,
A 9 heures on nous sert une tasse de thé avec gateaux, après quoi la plupart se retirent à leurs cabines, moins toutefois ceux qui, comme moi, ont des notes à rédiger ou des lettres à écrire, car c’est alors le moment le plus convenable pour le faire.
Vendredi 18 mars. — J'ai l'habitude de me lever d'assez bonne heure. Ce matin, j'étais sur pieds vers les 5 h., après avoir passé une nuit paisible des plus réconfortantes. Voulant avoir plus de lumière, je m'efforce d’abaisser une persienne qni couvrait la petite fenètre de ma cabine. Cette persienne était faite pour jouer dans une coulisse qui la retenait de chaque côté. Mais soit peinture nouvellement appliquée où simplement bois renflé par l'humidité, ellu paraît ne vouloir pas bouger. Les doigts passés entre les planchettes, je redouble mes efforts ; elle cède alors tout à coup, et mes doigts se trouvent aussitôt horriblement écrasés par la rencontre de la fenêtre, sur le bord de laquelle frottaient les planchettes sans presque laisser de jour. (C'est surtout le gros doigt de chaqne main qui a particulièrement soutfert. Les ongles se sont trouvés froissés et meurtris vers leur milieu, et chaque doigt montra de suite à l’intérieur une ampoule de sang noir presque solidifié, La douleur fut si vive, que je crus un moment que j'allais m'évanouir, Et ce n’est qu'après une dizaine de minutes que je commençai à me remettre peu à peu,
Un chapitre de Contrariétés.
Il est parfois, dans le commerce de la vie, un tel concours de circonstances adverses, qn'on serait porté à croire que tout a été réglé pour nous contrarier, tant les affaires sont toutes en désaccord et se présentent à rebours, dans un sens tout opposé à celui qu'on pouvait raisonnablement prévoir. Constatons donc ici quelques unes de ces cir-
constances le début d
Je sui où je doi Halifax.
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DE QUÉBEO À JÉRUSALEM 87
constances fâcheuses qui sont venues me contrarier dès le début de mon voyage,
Je suis à Québec, au matin du 17 février 1881, jour où je dois prendre l’Intercolonial pour me rendre à Halifax, Les annonces des journaux donnent 74 h. pour moment de départ du bateau traversier de Québec. Je pars de St-Roch à 7hh, j'ai donc le temps suffisant pour me rendre. J’arrive au quai du Grand-Tronc, et je vois le bateau déjà prêt à accoster de l’autre côté du fleuve. “ C’est à 74 h. qu'il laisse le quai, me dit un cocher de voiture là présent; peut-être pourriez-vons prendre le bateau de Lévis et vous rendre assez tôt au Grand Tronc pour le départ?” Nous tournons à droite, et, fouette cocher ; vite au bateau de Lévis. Nous arrivons juste au moment où l’on retire la passerelle, Il faut supprimer les adieux aux parents et amis qui m’accompagnent, et sauter de suite sur le pont du bateau qui est déjà en mouvement.
Je refoule les émotions des adieux pour ne m'occuper que de la crainte de manquer le train. Si le bateau allait être retardé par les glaces ?......Que ferait M. Bolduc qui m'attend à Campbellton ? ..….
Cependant la course est rapide, nous touchons bientôt au quai de Lévis. Dès avant d'être accosté, je retiens une voiture, et aussitôt à terre, fouette cocher à la gure du Grand-Tronc. Le gardien de la barrière n’a pas le temps de me remettre le change de la pièce que je lui présente: je la lui abandonne, Le chemin n'est pas beau et des rencontres nous retardent encore. Enfin nons voici à la gare,— Vite, me crie un facteur de la gare. — Quel char fant-il prendre ?—Le dernier en arrière. Une malle à chaque brus, je me dirige donc vers le dernier char, qui se trouve à une certaine distance de celui qui le précède, Craignant de marcher sur la voie, je suis à côté un sentier à peine tracé dans la neige, J'enfonce jusqu'aux genoux, et j'ai peine parfois à conserver l'équilibre avec mes deux malles, bien qu’elles soient assez légères. Enfin j'escalade les marches du char et pénétre à l'intérieur, maugréant un peu cuntre
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les employés de la gare qni se souciaient si peu d’accommoder les voyageurs, mais remerciant Dieu toutefois d’avoir pu, malgré ces contretemps, airiver encore assez tôt pour le train. Et d’UNE !
Le char, bien que chauffé, est est absolument désert, je suis seul. Après quelques instants, arrive une dame seule avec non moins de difficultés que jen avais éprouvées moi-même. Nous nous installons cha:cun sur notre banc et atrendons, Sans donte que par un mouvement de recul, le reste du convoi va venir s'unir à notre char pour l’entraîner à sa suite ? Nous attendons en toute sûreté,
Mais bientôt arrive un employé qui nous cie, tont essoufflé en ouvrant la porte ; ‘“ Que faites-vous donc là. vous autres? Le train va partir et vous allez rester là ; ce char ne part pas!” Et sans plus s'occuper de nous, it s'éloigne à la course, La dame se révolte contre le service de la compagnie et les facteurs de la gare, maïs il n’y a pas à marchander, nous sommes seuls, il faut refaire notre pénible trajet chargés de nos malles, sous peine de manquer le train. Nous patangeons donc de nouveau daus la neige et entrons dans l’autre char juste au moment où l'on donnait le signal du départ, Nous l'avons encore échappé bel, dis-je à la dame, Et de DEUX !
Me voici rendu à Halifax et installé dans le meilleur hôtel dela ville, me dit-on. J'ai pour habitude, lorsque je voyage, d'avoir toujours dans ma malle papier, plumes, encrier, afin de n'avoir rien à requérir lorsque je veux écrire, Je remarque que j'ai oubhé de prendre mon encrier de voyage. Il faut aller m'en pouvoir d’un autre, Je me rends donc chez un libraire et en choisis un qui me paraît des plus convenables. Je l’enfonce dans na poche, et reprends la route de mon hôtel. Arrivé dans ma chambre, je remarque des taches d'encre toutes fraiches sur le plancher, Ce n’est pourtant pas moi qui les ai faites? Je porte la main dans ma poche, et la 1etire toute souillée d'encre. Le contenu entier de mon
encrier s’y retenu par à l'envers reprends 1 javais peu après une rien, dis-je, l'encre; fuit que la fol donne un ne à mon h Remett me dispose bréviaire q tout mouill Allons qu’e de ma poc mes regards le plâtre qu tôt à romp empressé de et se répand service se pi — Voye:
— C'est —Qui h —Une d —Je pa bonche, M Il revin que l'accider cussee à l’éta on remit de blement tou malheurs. E Me voic mal de me roule sur lk
encrier s’y était répandu, bien qu'il fût demeuré fermé, retenu par son ressort. La poche de l’habit est retournée à l'envers pour être lavée autant que possible, et je reprends la rue pour retrouver mon libraire dont j'avais peu remarqué l'enseigne. Je le retrouve enfin, après une assez longue marche, ‘“ Cet encrier ne vaut rien, dis-je, en le lui présentant; il ne retient pas l'encre; faites-en l'épreuve.” Après examen, il rec nnait que la fiole contenant l'encre était brisée. Il m'en donne un autre irréprochable cette fois, et je vretourne à mon hôtel. Et de TRoIS! murmurai-je.
Remettant alors à un autre moment mes écritures, je me dispose à réciter mon office Je vais prendre mon bréviaire que j'avais déposé sur mon lit, Mais il est tout mouillé d’une eau sale qui me souille les doigts. Allons qu'est-ce? (Ça ne peut toujours pas être l'encre de ma poche qui serait remontée jusque jà ? ....Je porte mes regards au plafond, et vois une grande tache dans le plâtre qui dégontte de toutes parts, Je sonne aussitôt à rompre les clochettes, et l’on ne paraît pas très empressé de se montrer. Cependant l'eau tombe toujours et se répand «ur ie lit et le plancher. Eulin an garçon de service se présente,
— Voyez; qu'est-ce que cela veut dire ?
— C'est de l’eau qui aura été répandue en haut ? —Qui habite la haut?
—Une dame américaine,
—Je parie que cette eau ne lui est pas sortie de la bonche, Mais courez et réparez au plus tôt.
Il revint bientôt suivi de deux filles qui me dirent que l'accident était dû à une jarre d’eau accidentellement cussee à l'étage supérieur. On changea mon lit de place, on remit de nouvelles couvertures et on répara convenablement tout le dégat. Evidemment, dis-je, je joue de mulheurs, Et de QUATRE !
Me voici maintenant sur le vaisseau, tourmenté par le mal de mer; je pasre presque toute la journée à me roule sut les coussins du salon, Comme il m'avait
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fallu laisser l’habit ecclésiastique pour le voyage, j'avais cru devoir me mettre en honnête bourgeois civil. Donc cols et manchettes en belle toile, ces dernières retenues par des boutons en cornaline montés en or etc. Je remarque que l'an de ces boutons manque à mon poignet. Je le cherche partout, et ne peux le retrouver, J'en avais fait le sacrifice, lorsque le lendemain il me vint à la pensée d'en parler au garçon de chambre, qui aurait pu le retrouver en balayant. “Le voici,” dit-il, en le retirant de sa poche. Je me réjouis d’avoir réperé cette perte, et le remets en place en faisant jouer le ressort qui me parut encore en parfait état,
Mais quelques jours plus tard, à Londres, je remarque de nouveau la même absence, et impossible cette fois de pouvoir fixer le lieu précis de la perte. Allons, me dis-je, ce sera une petite vanité de moins, JIl ne convient pas à un ecclésiastique qui a 60 hivers sur la tête, de jouer ainsi aux lions du jour, Allons-y plus modestement. Et entrant dans la première boutique que je rencontre, j'en achète en nacre montés en faux or qui remplacent les premiers, sans témoigner ceux-là le moindre désir de s'échapper dans les rues. Et de cINQ !
Avec mon habit de drap fin tout flambant neuf, et mes boutons de manchettes de 86 sous, je pouvais encore passer pour un bourgeois honnête à Londres, malgré mon casqne en fourrure, car j'en rencontrais fréquemment dans les rues. Mais rendu en France, à Rouen, lorsque déjà les fleurs commençaient à se montrer dans les parterres, et dans une journée où un soleil brillant alternait avec de légères averses, mon casque en cramer était tout-à-fait hors de mode. Avec ma barbe inculte, mes cheveux longs, et ce casque mouillé par la pluie, pour visiter les églises et les places publiques de la capitale de la Normandie, on allait sans doute me prendre pour un habitant du pôle qu’un accident de ballon aurait tout à coup jeté sur le sol de la France, Mais que faire? mes mailles sont pleines, et je ne veux pas sacrifier ma fourrure; bon gré, mal gré il faut se rendre jusqu’à Paris
où je pour peu surpris accoutreme la rue, afin me rencon les remarc armé,de sa place publi me disais-je
Mais n de pius pr chez le barb per les che nouveau co
—Faite
—Mais —Hé b —Mais un peu de p —Hé bi L’'opéra —$ix fr —Six fr.
—Mais :
barbe parée —Je vo comme vous pommade, je boîte en faye loger dans m —C'est 1 payer.
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où je pourrai la placer en lieu sûr, Aussi ne fus-je que peu surpris de voir quelques gamins, étonnés de mon accoutrement, prendre la course pour me dévancer dans la rue, afin de pouvoir m'examiner plus à leur aise en me rencontrant, Je continue ma route, sans paraître les remarquer, avec la gravité du philosophe grec armé,de sa chandelle pour chercher un homme, sur la place publique, en plein midi. Cependant et de six! me disais-je tout bas.
Mais nous voici arrivés à Paris à 9 h. du soir, Rien de pius pressé, aussitôt notre souper pris, que d'entrer chez le barbier-coiffeur le plus voisin, pour me faire couper les cheveux, afin d'aller de suite me pourvoir d’un nouveau couvre-chef,
—Faites vite, dis-je au coiffeur, je suis très pressé !
—Mais il faudrait vous parer aussi la barbe ? —Hé bien ! faites.
__Mais il vous tombe de petites écailles des cheveux, un peu de pommade ferait très bien ?
—Hé bien! mettez-en.
L'opération terminée, combien, demandai-je ?
—$Six francs cinquante.
—Six francs cinquante pour une coupe de cheveux ?
— Mais il y a, à part la coupe, la parfumerie 1f, la barbe parée 1 f,, une boîte pommade 8.50 f., en tout 6,50,
—Je voulais simplement avoir les cheveux coupés comme vous avez coutume de le faire; tant qu'à votre pommade, je n’en veux point. Que ferais-je de cette lourde boîte en fayence, qui se ferme si mal, et que je ne pourrais loger dans ma malle ?
—C'est votre affaire, mais vous en avez usé, il faut la payer.
Et de sept! murmurai-je en comptant les 6.50f,, mais ce sera une leçon pour une autre occasion.
Enfin me voici sur le Scamandre, où je m’écrase
me
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horriblement les doigts dans une persienne, Et de HUIT! pouvai-je me dire dire, mais cette fois c’est plus sérienx que tount ce qui a précédé La perte des ongles va nécessairement s'en suivre, Le docteur, en m'enveloppant les doigts de bandes imbibées de teinture d'arb nica, m'a fait une calin à chaque main qui m'oblige LD à les tenir tonjours gantées, en veillant continuellement à 1 éviter tout heurt on toute rencontre qui augmenterait encore la douleur que j'éprouve constamment.
Je ne fus pas peu surpris, en montant sur le pont ce matin, de voir la terre tont près de nous. C’est l’île de Corse, le lieu de naissance de Napoléon [er, que nous avions
| 4 $ à notre gauche. Le terrain m'en parut fort accidenté ; ce-
| pendant une agréable verdure se montrait de toute part
| | sur les collines et les rochers que je distingnais très dis-
Il tinctement.
| Parmi les dames de passage avec nons, je vois un 7 costume de religieuse que je n'avais pas remarqué lors de
| l’'embarquement, Mais quelle n'est pas ma surprise, lorsque ee | se tournant de mon côté, je constate que c’est une figure africaine, et du plus beau noir. Mon étonnemeut redou- | ble encore lorsque je l’entends parler un français fort élé. hi gant et reconnais en elle une fille d'esprit et d’excel- |
ne | lente éducation. Sœur Véronique est une tourière des | Carmélites du Mont des Oliviers, qui était venue en France Wa | pour les affaires de sa communauté, Quoique au teint du | | plus bel ébène, la bonne sœur n’a pas une figure désa- | Ê
grénble, et par ses manières et ses prévenances, elle sut plaire à tont le monde durant le trajet. Elle se montra surtont empressée à soigner les dimes atteintes du mal de mer, et à pourvoir aux besoins des enfants quasi abandon-
Î | nés par suite de l’indisposition de leurs parents, Elle me 10 dit que née dans l’intérieur de l'Afrique, elle avait été | k | amenée à Alexandrie à l'âge de 8 ans, qu’elle reçnt là son
éducation chez les Sœurs, et plus tard se fit religieuse ct fut envoyée à Jérusalem.
Un autre passsager, bien digne aussi d'attirer l'atten- |
tion, fut M. de Lesseps, ce roi des déserts Egyptiens, MO how omrie
«y ” ; | Phrates 4
PALESTINE « a larger Scale
| | mon homrie netalt pas plus 10rt en geographie qu'en re-