PHILOMÈNE
Le convoi avait à peine touché la gare, que j'étais sur la plateforme pour voir si je.n’y rencontrerais pas quelque figure connue. Mais parmi tous ceux qui étaient [à, per. sonne que je reconnüsse, Je remarque un monsieur suivi de trois dames qui ont l'air de m'examiner un peu soigneusement,—Meis c'est lui ? se disait-on, dépistées par mes habits de laïque et la barbe que je portais.— Philomène ?
Oh! M, Provancher ; voici mon frère avec mes deux
filles.
serrer | machin le plaisi
parfaite de peine tion, les les roses qu'on an garni p mac qui guérir le
Aprè en m'’eflo bres qui pagnon « de cuitu regrettab ligentes 1 comrmnes sances q exotiques reconnaît iections d le plus s nom des | dans ces résultat des besoir recherché
Il ét:
aièces igniez
notre n loiñ
devant qu'elle is sont 4 ans, dont la x pour | passé.
aire un s lieux e viens d votre e vouss sanctit sou- >ujours
h l'oui; racondonné 1i droit
le Ciel
retour.
fais sur uelque à, per:
r suivi igneuar mes nène ?
s deux
filles. Mais hélas ! nous n'avons que le temps de nous serrer la main, et déja le train est en mouvement, Infernale machine, m’exclamai je ; pas même une minute pour avoir le plaisir de renouveler connaissance avec des personnes qui nous sont chères !
Mais que les regards sont éloquents dans ces moments, qu'ils en disent long au cœur sensible ! La gare fuit rapidement derrière nous, j'ai à peine le temps de remarquer les adieux qu'on m'adresse de la main, que je retombe sur mon banc le cœur brisé, et tout entier aux idées noires qui m'obsèdent. Hélas! me disais-je, n'est-ce pas là l'image parfaite de la vie ? Des semaines et des mois de soucis et de peines, pour des minutes de joie ! Partout la contradiction, les contrariétés, la déception ; partout les épines sons les roses ! J'en étais encore à ces sombres réflexions, lorsqu'on annonça Trois-Pistoles, où je savais qu'un buffvt bien garni pourrait au moins satisfaire aux exigences de l’estomac qui commençaient à se faire sentir, s’il ne pouvait guérir les blessures du cœur.
Après le repas, je reprends mon siége dans le char en m'eflorçant de chasser de mon esprit les pensées sombres qui m obsédaient, ce à quoi la conversation d’un compagnon de route ne contribua pas peu, en m'entretenant de cuitures d'amateur auxquelles il se livraitt Qu'il est regrettable, me disais-je, que des personnes si intelligentes n'aient pas au moins une teinte de botanique; comes elles doubleraient et quadrupleraient les jouirsances qu'elles éprouvent dans la culture des plant:s exotiques, si elles savaient en distinguer les familles, reconnaître leurs analogues, et s'appliquer à faire des coliections de genres ou d'espèces, Mais malheureusement le plus souvent, on ue connait pas même exactement le nom des plantes anxquelles on donne ses soins, et le succès dans ces cultures est plutôt le fruit du hasurd ou le résultat d'avis reçus, que la connaissance des aptitudes, des besoins et des soins que requiert telle ou telle plante recherchée,
11 était passé 3 heures lorsque nons touchâmes Ri-
mouski, où, à mon grand regret, je vis l'amateur qui m'avait si agréablement entretenu, me laisser seul à continuer la route.
Bientôt nous touchons Ste-Flavie, et nous tournons Île dos au fleuve pour traverser la péninsule Gaspésienne, Le cheval de fer qui nous entraîne semble redoubler de force à mesure que nous montons sur les hauteurs, et fait fuir derrière nous les quelques habitations que nous rencontrons dispersées çà et là avec une vitesse vertigineuse, A 7 h. 20 m. nous sommes à Campbelton, N, B.; je promène mes regards de toute part sur le trottoir pour découvrir mon compagnon de voyage ; inais en vain. Îl m'attend à la station voisine, pensai-je ; et, en eftet, à Dalhousie, tandis que je le cherchais sur le trottoir de la gare, il était déjà dans le char même à s’enquérir de moi. Nous voici donc associés maintenant pour ne nous séparer qu'à notre retour, lorsque nous aurons fait connaissance avec l'Europe, l'Afrique et l'Asie que nous nous promettons de visiter.
Après quelques instants donnés à la conversation, nons nous installons sur nos bancs de manière à tirer le meilleur parti possible de la nuit que nous avons à passer ainsi, et qu'il nous faudra couper en deux par un changement de char à Moncton.
Les émotions du départ que je venais d'opérer, jointes aux cahotements de la route et aux couches peu confortables que nous offrent des bancs de chemin de fer m'a- Vaient à peine permis de me livrer au sommeil, lorsque le conducteur vint crier: Passengers for Halifax must change cars. Il passait 8 h. du matin lorsque nous fûmes installés dans notre nouveau char.
Plus nous avançons, plus nous voyons la neige devenir de moins en moins abondante, si bien que bientôt les champs n’en ont plus que quelques taches, Il se fait jour, et nous voyons à notre droite se développer la baie de Fundy, dont les bords à cet endroit sont fort bas et tout couverts d'une herbe ne recelant aucune trace de neige ; nous voyons même en plusieurs endroits des animaux dans les champs,
Nous hauteurs voyons di entassés
des kalmi
A 10 de suite sommes cariole (!
dans un faire pass
Halifi jolie ville que nous
nous être maintenar pouces de augurer q il fait une plus désag
Nous sommes ac le Grand.
nous déva
Vers :
notre hote est amarr allons avc l'océan ; © sommes le:
de nouve:
prendre co sert à 1 h.
plus honnt inspire de:
pourrions (
() La ca
ai m'atinuer
ons le sienne, ler de et fait us renineuse, B.; je r pour in. Il à Daila gare; i. Nous er qu'à :e avec tons de
n,nons eilleur insi, et tent de
jointes conforr m'a- Lorsque musl fûmes
levenir tôt les it jour, baie de et tout neige ; x dans
Nous perdons bientôt la baie de vue et reprenons les hauteurs, Le terrain nous parait ici fort pauvre. Nous voyons de nombreux pins rouges sortir de blocs de rochers entassés les uns sur les autres, recouvrant en grande partie des kalmias et des andromedes d’assez chétive apparence.
À 10 h. nous entrons dans la gare d'Halifax, et allons de suite nous instailer à l’hôtel de même nom. Nous sommes tout étonnés après nous être fait traîner en cariole (!) à Québec la veille, de nous trouver installés ici dans un Wagon, comme si une nuit avait suffi pour nous faire passer de l'hiver à l’été ou du moins au pri:temps.
Halifax, sans avoir rien d’extraordinaire, est nne assez jolie ville; sa situation parait encore plus agréable lorsque nous la voyons du port.
19. Fév. Nous sommes tout surpris ce matin qu'après nous être promenés sur la terre hier, nous la trouvons maintenant entièrement cachée sous une couche de 7 à 8 pouces de neige tombée dans la nuit, Mais tout nous fait augurer qu'elle ne sera pas de longue durée, car dès 6 h. il fait une pluie battante qui la délaye en une boite des plus désagréables pour les piétons.
Nous allons dire la messe à la cathédrale, où nous sommes accueillis avec une extrême bienveillance par M. le Grand-Vicaire Power, en l'absence de l’Archévêque, qui nous dévance d’une semaine seulement en Europe.
Vers 11h. la pluie diminuant à peine, nous laissons notre hotel pour aller nous installer dans le vaisseau qui est amarré au quai même. C’est l’Hibernian que nous allons avoir pour nous transporter de l’autre côté de l'océan ; c'est un vaisseau sûr, mais peu rapide, Nous sommes les deux premiers rendus ; mais bientôt nous voyons de nouveaux compagnons arriver avec leurs bagages et prendre comme nous possession de leurs cabines, On nous sert à 1 h. un copieux dîner, auquel nous faisons d'autant plus honneur que le fort vent qui soufile de l'Ouest nous inspire des craintes sur la disposition dans laquelle nous pourrions être à l'heure du souper.
(1) La cariole à Québec est une espèce de traineau.
La pluie a cessé de tomber et a fait place à un vent très fort, qui, quoique sans effet sur les eaux de la baie, nous fait présager quelques désagréments lorsque nous n’aurons plus aucune terre pour nous mettre à l'abri, A2h notre vaisseau se sépare du quai, et prend de suite sa direction vers l'Est. Nous prenons plaisir à examiner le paysage des deux côtés de la baie, et nntre palais flottant semble mépriser le vent qui l’assaille de côté, pour prendre une allure tont-à-fait rassurante ; les eaux sont à peine ondulées par ce vent, et notre course est si rapide que, ous voyons plusieurs petites îles que nous passons, s'enfuir derrière nous, comiae si elles avaient le mouvement à notre place.
Comme nous l’avions prévu, nous étions à peine en plein océan, que notre vaissean subissait déjà toute l'influence des vagues soulevées par le vent. Il n’y a pas
encore deux heures que nous avons laissé le quai, que déjà plusieurs ont payé le tribut à Neptune et sont en proie à Mon compagnon a été
tous les tourments du mal de mer.
l'un des premiers à s’exécuter, et ne parait pas devoir en être quitte pour si peu; quant à moi, je résiste encore, mais je vais venir le moment où il me faudra en faire autant. Le tangage se joint au roulis pour nous agiter en tous sens. Sur les 13 passagers de chambre de ce voyage, deux seulement accompagnent le capitaine à table à l'heure du souper, tous ies autres préfèrent l’abstention à toute nouvelle absorption, si toutefois ils n’en sont pas rendus déjà à faire des remises.
Il n'était pas encore 9 h. que nous allions nous mettre au lit, cherchant dans une nouvelle position un adoucissement au malaise que nous éprouvions, Mais à peine étais je descendu dans ma cabine, que je me sens encore plus mal ; je m'enfonce dans mon lit, et essaye de me prémunir contre le roulis qni, quoique ma couche soit fort étroite, me ballotte d’un côté à l’autre, menaçant de me verser par dessus l* planchette assez étroite qui me protège du côté opposé à la cloison, Mais comme il y a déjà quelques années que je suis déshabitué des mouvements du berceau, je n'ai pas subi plus de 2 ou 3 de ces ballotages, que
le cœur 1 que l’acci glisse en me permd sans inco L'estomac remis par demi som et les sons voisines, 1 mettre ; C Dina cher un & me mettre laissant dé pont. Je bée durant le soleil se avec 2 bo pour le dé essayer de A mid titude nord qu'il nous 1 de l'après lame à ch:
vaisseau et chapper pa dessus de :
liquide sem par ce cope ainsi dire & levant en n rabat sur &
à l'assaillant
l'autre, M ces étreinte si elle se ria en le renck
1 vent a baie, > nous
l'abri, e suite iner le dottant rendre À peine e que, )ASSONS, mouve-
eine en ite l’iny a pas ue déjà proie À >pn a été voir en encore, n faire
agiter
de ce à table stention ont pas
mettre bucisseétais je s mal ; contre e balar desu côté nelques u beres, que
le cœur n’y tient et qu’il me fant restituer, Heureusement que l'accident a été prévu, car un vase en fer-blanc, qui glisse en coulisse sur la planchette du bord de ma couche, me permet de m'exécuter sans secours étranger, et aussi sans incommoder personne, étant seul dans ma cabine. L’estomac se trouve soulagé, mais le cœur n’est pas encore remis parfaitement ; c’est à peine si je puis jouir d’un demi sommeil durant le reste de la nuit. Les gémissements et les sons insoiites qui sortent aussi de toutes les cabines voisines, ne sont pas non plus des plus propres à me remettre ; cependant je tiens encore bon pour cette fois.
Dimanche 20 février. — De même que j'avais été chercher un adoucissenent à mon malaise la veille, en allant me mettre au lit, de même en cherchè-je un nouveau en laissant de bonne heure ma cabine pour monter sur le pont. Je le trouve tout couvert d’une neige fondante tombée durant ia nuit. Le vent souffle avec force de l'Ou-<t et le soleil semble vouloir se montrer. Une demi tasse de thé avec 2 bouchées de pain est tout ce que je puis prendre pour le déjeûner ; et au diner, je ne veux seulement pas essayer de prendre quoique ce soit.
À midi nous sommes à 236 milles d'Halifax, par la latitude nord 43°,29. Le vent va toujours croîssant, et bien qu’il nous favorise dans notre course, vers les 4 heures de l'après midi il se déchaîne en véritable tempête, La lame à chaque instant s'élève en colline sur le flanc du vaisseau et déferle sur le pont qu'elle balaye en aliant s’échapper par l'autre côté. Plus de terre en vue, le ciel audessus de nos têtes, et l’abime sous nos pieds. L'élément liquide semble furieux de se voir braver dans sa puissance par ce copeau qui se balance à sa surface, en défiant pour ainsi dire ses efforts pour le perdre. Tantôt le flot s’élevant en monticule comme pour lui barrer le passage, se rabat sur son avant qu'il inonde complètement, et tantôt
à l'assaillant obliquement, il le couvre presque d’un bout à
l'autre, Mais toujours la nef métallique se débarrasse de ces étreintes, et se balance sans dévier de sa route, comme si elle se riait de ces vains eflorts, — Mais, capitaine, dis je en le rencontrant, c'est une véritable tempête que nous
chti SES
18 DE QUÉBEU A JÉRUSALEM
avons là ?— Yes, it is; but no danger ; all is right.—Pour me rassurer davantage j'interroge les stewards. N'y a-t:il pas de danger, nous avons un vent de tempête ?—Du danger ? nous nous occupons fort peu de ce temps là, nous; nous en avons vu bien d’autres.- Ces réponses suffisent pour m’enlever toute crainte; et de fait, je trouvais que j'avais bien assez à résister aux étreintes du mal de mer: sans avoir à trembler encore de peur en vue du danger. Mais la cloche du souper nous appelle bientôt à table, et je fais un effort pour m'y transporter. C’est un vacarme affreux dans tout le salon, à chaque mouve. ment du vaisseau c’est un cliquetis de verres, assiettes et autres ustensiles dans les cases qui les retiennent captifs, à faire croire que tout va se briser. Les tables sont toutes partagées en petits carrés par des planchettes destinées à retenir les plats; mais ces barrières sont encore insuffsantes ; pas d'autre moyen de garder le bouillon ans son assiette ou le thé dans sa tasse, qu: d'enlever ces vases de la table et de les retenir à la main, en choisissant les instants les plus favorables pour se Les porter à la bouche, J'avale avec efforts quelques bouchées de bœuf, mais je suis aussitôt forcé de quitter la table pour :iler les re. mettre. Me sentant ensuite moins tourmenté, je reviens vers la. fin du repas pour avaler quelques gorgées de thé, et je vais de suite me mettre au lit. Le tangage et le roulis sont toujours affreux, nos chambres sont froides et humides, et je suis si abattu, que malgré le vacarme d'enfer qui se fait partout, je me livre au sommeil comme si rien n'etait.
Lundi 21 février.—Ce matin vent N. N. Est, par con. séquent debout, mer assez calme avec un beau soleil. Mon estomac semble me dire que j'ai reçu Le baptême du marin, et que désormais je n'aurai plus à m'occuper des mouve-
ments de la mer. Aussije mange au déjeüner avec tout l'appétit que fait naître un long jeûne, et je ne me sens en aucune façon in‘omimodé. La gaîté revient parmi les passagers, et nous tâchons par la lecture, le jeu de carte, et l'inspection des vaisseaux que nous rencontrons de temps à autre, de rompre la monotonie du temps qu'il nous faut passer ici Je suis tellement ha-
jour, aved pont, en prémunir plaisir à jours le v peut en morceau « le disput mi@i nous
À midi lat 24 heures.
amène une la veille,
Mercre 0. N. O. ; à heures.
Jeudi :
paisible, , heures; à.
de la trave stream, aus Pour la pr hublots du sur le pont
Vendre 500 48 ; 244
Samedi soleil; latit:
Diman milles dans
Lundi :
213 milles d
-Pour y a-t-il u dannous ; ffisent is que > mur iger.
ntôt à C'est nouvettes et captifs, toutes inées à insuffians son ases de les insouche.
f, mais les rereviens de thé, e roulis amides, qui se l'était.
ar con- JL, Mon marin, mouveec tout ne me revient ure, le 18 renbnie du nt ha-
bitué aux mouvements du vaisseau maintenant, que n’en tenant aucun compte, je ne manque jamais de faire chaque jour, avec mon compagnon, de longues promenades sur le pont, en nous enlaçant les bras l’un de l’autre pour nous prémunir contre les chutes, Souvent aussi nous prenons plaisir à examiner une fonle de goëlands qui suivent toujours le vaisseau, à la recherche de tout comestible qui peut en tomber. !l nous suffit d'abandonner un simple morceau de papier au vent, pour en voir de suite 3 à 4 se le disputer, tant qu'ils n'en ont pas reconnu la nature, A mi@i nous sommes à la latitude de 44°, 28, et comptons 262 milles dans les dernières 24 heures.
Mardi 22 février —Vent S. E, très fort ; mer fort agitée. À midi latitude 46° 03, nous comptons 202 milles dans les 24 heures. Vers 2 h., le vent redouble d'intensité et nous amène une nouvelle tempète encore plus forte que celle de la veille.
Mercredi 23 février — Mer encore houleuse; vent O.N. O.; à midi latitude 48° 15 ; 238 milles dans les 24 heures.
Jeudi 24 février. — Vent N. N.E,. mais beau soleil; mer paisible. A midi latitude 50° 08 ; 252 milles dans les 24 heures ; à 1220 milles d'Halifax, par conséquent à la moitié de la traverse. Nous sommes ici en plein milieu du golfe stream, aussi la température est-elle des plus agréables. Pour la première fois depuis notre départ, on ouvre ies hublots du salon. A 10 h. du soir, nous sommes encore sur le pont à respirer l’air tiède de ce courant équatorial.
Vendredi 25 février.— Vent fort, E. S. E.; latitude 500 48 ; 248 milles dans les 24 heures ; 1468 d'Hahifax,
Samedi 26 février. — Vent très fort, E. S. E., froid ; beau soleil; latitude 58° 01; 225 milles dans les 25 heures.
Dimanche 27 février.— Vent E.; latitude 53° 42 ; 146 milles dans les 24 heures ; 1839 milles d'Halifax.
Lundi 28 février.—Vent E.; soleil ; latitude 54° 23 ; 213 milles dans les 24 heures; 2052 d'Halifax,
RE 46
Losdt ES tenait brand der a a nr one”
DE QUÉBEC A JÉURSALEM
Mardi 1er mars—Vent E. N. E. ; beau soleil. Grande joie à bord vers 9 h., nous distinguons les côtes d'Irlande qui nous paraissent presque toutes blanches de neige, Un vieux marin du bord nous dit qu'il n’a as vu cela depuis 18 ans. Nous entrons dans l'après midi dans le Loch Foyle pour déposer les malles à Moville, lesquelles, par ce moyen, parviendront à Londres 15 à 18 heures avant notre arrivée,
Mercredi 2 mars.—Nous avions calculé pouvoir débarquer à Liverpool vers les 10 h. a. m., mais nous avions compté sans la brume qui nous força dans la mer d'Irlande à ralentir considérablement notre marche, et même en arrivant, à l'interrompre parfois entièrement ; c’est à peine si nous voyions à 50 pas devant nous. Vers les 8 h. nous voyions déjà distinctement les côtes de l’Ecosse, mais cette brume nous enveloppa bientôt pour faire disparaître toute terre à nos regards,
Les vaisseaux dans la brume doivent à tout instant faire jouer leur sifHet afin d'éviter les collisions ; mais plus nous avancions, et plus nombreux devenaient ces sons de tous côtés. Nous n’avancions qu'à marche fort lente, lorsqu'un petit vapeur à notre droite nous cria d’avoir à nous garer d’une rencontre que nous allions faire. C'était un gros steamer américain qui venait à toute vapeur en sens contraire, Les ordres sont aussitôt donnés de part et d'autre et la vapeur renversée. Les matelots effarés sont partout aux manœuvres, les commandements se répètent impérieusement, mais nous croyions la collision inévitable, tant les vaisseaux étaient poussés l’un vers l’autre. Nous étions à prendre nos précautions contre le choc, loïsque nous voyons la rencontre s’opérer sans se toucher, en laissant à peine un pied de distance entre les deux steamers. Les prières de nos nombreux amis qui nous avaient promis leur concours ont sans doute forcé le Ciel à nous sauver de ce danger, aussi est-ce de tout cœur que nous répétâmes un fervent Deo Gratias.
Il était 4$ h. p. m. lorsque nous mîmes le pied sur le quai de Liverpool, Le prisonnier qu'on élargit après une longue détention, ne jouit pas, je pense, d’une plus grande satisfaction en reprenant sa liberté, que le voyageur
impatient terre de :
Com Londres, moins de étions tra milles à |
Si no nous touc nous voyt ombragés, laboure, o les semen
A 9h ayant parc en 5 heure installés à indiqué.
rrande rlande , Un lepuis Foyle noyen, rrivée, débaravions rlande me en à peine h. nous is cette ‘e toute
instant is plus sons de te, lorsà nous tait un
oïsque en laisamers.
promis sauver répé-
sur le après
impatient, qui après 11 jours de mer, foule de nouveau la terre de ses pieds,
Comme un train express laissait Liverpool à 5 h. pour Londres, nous passons directement du quai à la gare, et moins de 20 minutes après notre débarquement, nous étions transportés sur le sol britannique à une vitesse de 40 milles à l'heure.
Si nous ne sommes pas encore entièrement en été ici, nous touchons au moins au printemps. C'est à peine si nous voyons quelques taches de neige dans les endroits ombragés, partout on est aux travaux des champs ; on laboure, on bêche, on prépare de toute part le sol à recevoir les semences qu’on veut lui confier.
À 9 b. précises nous entrons dans la gare de Londres, ayant parcouru les 200 milles qui la séparent de Liverpool
en 5 heures seulement, et 10 minutes après nous sommes
installés à l'hôtel Holborn & Viaduck qu'on nous avait
indiqué.