‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 24 sur 94 · ER GPS EME ET NE · texte numérisé non relu

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Orangers, citronn'ers, grenadiers, palmiers, bananiers, cyprès, muriers, sycomores, etc., le botaniste reconnait de suite qu'il est ici en pleine végétation tropicale, et il cher. che en vain des représentants des productions de nos climats du nord,

Après environ 20 minutes de marche, nous rencontrons une riche fontaine en marbre blanc sur une place ombragée de cyprès et de sycomores. C’est la fontaine d’Abou-N abbout, du nom du gou :rneur de Jaffa, qui la fit construire au commencement ‘': ‘2 siècle. C’est à quelques pas seulement au nord de ce!’ fontaine, dans un vieux cimetière qu'on commence à livrer à la culture, que se trouve les ruines de la maison de Tabithe, cette sainte veuve que ressuscita l’apôtre S, Pierre, comme on le lit aux actes des apôtres.

En ce temps là, disent les Actes, il y avait à Joppé, une femme de grande réputation par sa sainte vie et ses œuvres de charité, du nom de Tabithe. Cette fem:ne étant venue à mourir, on envoya à S. Pierre qui était alors à Lydda pour le prier de venir à Joppé sans délai, Pierre s’y rendit avec les délégués, et arrivés à la maison de la morte, les veuves et les pauvres femmes qui y étaient réunies attendrirent l’apôtre en lui montrant les habits dont elle les avait revêtues et en déplorant la perte de leur bienfaitrice. Pierre après s'être agenonuillé pour prier, dit ensuite à la morte : Tabithe, lève-toi ; aussitôt elle ouvrit les yeux et se mit sur son séant, Et l’apôtre la rendit toute pleine de vie à ses protégées,

On montre des loges sépulcrales dans l’une desquelles la tradition veut que la sainte femme ait été inhumée, et tous les ans, le IVe dimanche après pâques, il se fait Ià un grand concours de peuple pour honorer les vertus de Tabithe et le miracle dont elle fut l’objet.

Laissant à gauche la fontaine d’Abou-Nabbout, nous passons bientôt à droite la 1ère tour. Ces toursou corps de garde ont été érigées en 1860, par le Pacha de Jérusalem Souraya, contre le brigandage des bédouins, Elles sunt échelonnées de distance en distance sur la route de

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DE QUÉBEO A JÉRUSAZEM 197

Jaffa à Jérusalem et occupées chacnne par deux soldats de la troupe irrégulière appelés Bachibouzouks (gendarmes.)

Nous sommes maintenant dans la fameuse plaine de Saron, vantée par le prophète Isaïe. C’est ici que Samson incendia les blés des Philistins en attachant des flambeaux à la queue de renards qu’il lança au milieu de leurs moissons. La plaine qui s'étend de la mer aux montagnes de la Judée, mesure 8 lieues de large sur environ 80 de longaeur. Le sol est une argile sablonneuse des plus fertiles, anssi trouve-t-on tous les endroits non mis en culture couverts d’un riche tapis de verdure, qu'émaillent des fleurs sans nombre, parmi lesquelles dominent surtout l’anémone et la tulipe en certains endroits, Quelle population ne pourrait pas nourrir une telle plaine si elle était de toute patt livrée à une culture intelligente ? Nous passons parfois à travers des blés que nos montures dépassent à peine et dont les lents balancements au souffle du zéphir dénotent le poids qui allourdit leurs épis,

Nous poursuivions tranquillement notre route, lorsqu'un compagnon en arrière de moi, tomba de son cheval, par suite d’un faux pas qu'avait fait l'animal en mettant le pied dans un trou. M'étant retourné pour voir ce qui en était, je ne sais quel mouvement j'imprimai à mes rênes, mais Voila mon animal, que je croyais désormais paisible, qui reprend sa course à reculons, heurtant les miontures qui m'avoisinent ; il se trouve bientôt sur une lourde voiture à trois chevaux qui nous suivait, Arrêté dans sa marche, il se cabre presque verticalement, si bien que le pôle de la voiture vient me frapper entre les épaules en menaçant de me faire rouler sous les pieds des bêtes, Les chevanx de la voiture opèrent aussi un mouvement de recul, et voila le véhicule qui menace de déverser son contenu dans un fossé que nous longions, J’allais être désarçonné, lorsqu'arrive un moukre qui saisit mon animal à la bride et me permet de descendre.— Eh ! nous crie l’arabe, rien de surprenant, vous meneg ce cheval au flet.—Mais que voulez-vous dire?—Vous ne tirez qu'une rêne à la fois.—Mais n'est-ce pas ce qu'il faut

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