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anciens, l'accusa eétn'aitr Hérode mort,
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Hérode qui habitait habituellement Tibériade, où cependant Jésus n'avait jamais mis les pieds, mais dont tous les environs avaient été marqués par quelque prodige ou quelque miracle de sa toute-puissance, désirait ardemment de voir le Sauveur, croyant que pour échapper à ses persécuteurs, il n'hésiterait pas à faire quelque prodige en sa présence. ,
Mais Jésus devant cet incestueux, ce prince cruel et débauché, ne voulut pas même ouvrir la bouche pour répondre à toutes les questions qui lui furent adressées.
Hérode, piqué de ce mépris, renvoya désus à Pilate, après l'avoir fait revêtir d’un manteau blanc pour tourner en dérision sa qualité de roi, le donnant pour un roi de théâtre ou un insensé.
L'emplacement du palais d'Hérode est aujourd'hui occupé par un temple protestant qu'y ont fait bâtir les anglais. Oh ! comme ils ont bien choisi leur place, eux qui protestent contre l'église, qui la proclament dégénérée, absurde et tombée dans l'enfance !
Pilate avait cru un moment être débarrassé de La difficile position où il se trouvait, en envoyant Jésus à Hérode, aussi en le voyant revenir affublé de ce vêtement de dérision, fut-il sérieusement peiné, et résolut.il de l’arracher aux mains de ses accusateurs, confirmé davantage dans la certitude qu'il avait de son innocence.
Ayant donc fait assembler les princes des prêtres et les anciens, il leur dit :—“ Vous m'avez présenté cet homme, l'accusant de soulever le peuple ; je l'ai interrogé devant vous, et n'ai rien trouvé en lui de ce dont vous l’accusiez. De mêne Hérode à qui je vous avais envoyés, ne l’a pas trouvé digne de mort. Je le châtierai donc et le renverrai.”
À ces paroles, la foule montra plus d'exaspération que jamais, et redoubla ses cris en demandant la mort de l'innocent,
Pilate crut alors devoir recourir à un autreexpédient. C'était la coutume que tous les ans, la veille de Pâques, le gouver. neur amnistiât un criminel, Il ordonna donc qu’on lui amenat de La prison Barabbas, un insigne brigand couvert de crimes, et montant les degrés de son tribunal, il demanda à la foule : —Qui voulez-vous que je vous délivre, Barabbas ou Jésus qui est appelé le Messie ? Et-le peuple de crier :—Barabbas.
Or, comme il était assis sur son tribunal, Claudia Procula,
sa femme, qui de la fenêtre de son palais voyait toute la scène Le sous ses yeux, lui envoya dire : “ Qu'il n’y ait rien entre vous fouet à et ce juste ; car j'ai êté horriblement tourmentée aujourd'hui juifs av en songe à cause de lui.” Seule, au milieu de ces juges iniques, Romain de ces fourbes accusateurs, de ces faux témoins, de ces hour. n'était s reaux, une femme payenne trouvait dans son cœur assez de mettre fi force et de tendresse pour prendre la défense de Jésus. nel suce La tradition rapporte que Claudia, touchée de l'excellence alors les de la doctrine de Jésus, avait déja correspondu à la grâce qui Les l'inspirait et s'était attachée secrètement à celui qu'elle appe. cordes, lait le ‘ juste.” Le Ménologe des Grecs la met même au nombre à l'extré des saints. métal, A i : mier cou Pilate demanda donc une seconde fois :— Voulez-vous que la penu é je vous délivre le roi des Juifs ? nébsatitl —Débarrassez-nous de lui, et délivrez Barabbas ? dé —Mais que ferai-je de celui que vous appelez le roi des funeste c Juifs ? sur sa Cl —Crucifiez-le ; crucifiez.le. continue —Eh ! quel mal a-t:il fait ? Je le châtierai et le renverrai ? ne cessèr Et la foule de crier avec plus de force : Crucifiez-le ; cru. des main cifiez-le. La p : o Fe plice, est Pilate voyant qu’il ne pouvait rien gagner, et que la foule dans l'ég s’'exaspérait de plus en plus, se fit apporter de l’eau ; etse on l'expo: lavant les mains devant le peuple, comine pour témoigner de l'annee son innocence : Je suis innocent du sang de ce juste, ditil, autel, L pour vous, c'est votre affaire.” Et la foule répondit : ‘ Que la vénére son sang retombe sur nous et sur nos enfants.” dont il ba Pilate renvoya donc Barabbas délivré de ses chaînes,et D maine livra Jésus aux soldats pour être battu de verges. La flagella. bord de tion était toujours le préliminaire de toute exécution capitale, lèvres sut et Pilate espérait encore que ce supplice pourrait peut être Cet c: apaiser la colère du peuple qui n’en exigerait pas d'avantage dans l'égl Il y avait, à une quinzaine de pas plus à l'est, une pelite srent, et colonne de pierre qni servait au supplice de la flagellation JR "1 fragn Cette colonne n'avait pus tout à fait trois pieds de hauteur, d'Espagne On y attachait le criminel qui se trouvant courbé recevait les DR trouve en
coups avec encore plus de portée. Une pierre carrée, sur he laquelle montait les bourreaux, servait encore à donner plus nérent:
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la scène itre vous ourd'hui jiniques, ces hour.
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DE QUÉBEC A JÉRUSALUM 249
Le Deutéronome défendait de donner plus de 40 coups de fouet à un criminel, et de peur de dépasser ce nombre, les juifs avaient décidé qu'on s’en tiendrait à 39; mais, pour les Romains, le nombre des coups n'était pas déterminé, et ce n'était sonvent que la lassitude des bourreaux qui venait mettre fin au smpplice. Il arrivait parfois aussi que le criminel succombait au milieu de cette torture, et la loi regardait alors les bourreaux comme indemnes de cette exécution.
Les fouets dont se servait les juifs étaient d'ordinaire de cordes, mais, pour les Romains, c'étaient des lanières de cuir, à l'extrémité desquelles on ajoutait des osselets ou des balles de métal, Aussi les chairs se trouvaient-elles meurtries dès le premier coup, et si un second venait a frapper au même endroit, la peau était rompue, la chair volait en lambeaux, et le sang ruisselait de toute part, souvent même les os étaient mis à nu.
Jésus, dépouillé de ses vêtements, fut donc attaché à la funeste colonne, et des bourreaux inhumains s'acharnèrent sur sa chair sacrée. Son corps ne fut bientôt qu’une plaie continue ; cependantles bourreaux se relevant les unsles autres, ne cessèrent que lorsque la lassitude leur fit tomber les verges des mains,
La petite colonne de pierre qui servit à cet horrible supplice, est conservée dans la chapelle des Pères franciscains dans l’église du S. Sépulcre ; tous les ans, le mercredi-saint, on l’expose à la vénération des fidèles. Durant le reste de l'année, elle repose derrière un double grillage au-dessus d’un autel, Les pèlerins, par piété, ne manquent jamais de venir la vénérer en la touchant d’un bâton qui est là à cette fin, et dont il baise ensuite le bout. Ce n’est que le mercredi de la semaine sainte, qu’elle est tirée de sa retraite, rapprochée du bord de l’autel, et que les fidèles peuvent appliquer leurs lèvres sur la pierre même qui fut teinte du sang du Sauveur.
Cet colonne qui est en porphyre, était autrefois conservée dans l'église du S. Cénacle. En 1551 les musulmans la brisèrent, et le Custode d'alors, Boniface de Reguse, en envoya un fragment au Pape Paul IV, un autre à Philippe IL roi d'Espagne, et un troisième à la République de Vénise où il se trouve encore dans l'église de S. Marc. Mais la partie la plus considérable fut conservée à Jérusalem, et c’est celle que vénèrent encore aujourd’hui les pèlerins. Cette partie peut mesurer un peu plus de deux pieds de hauteur, sur un diamètre de 12 à 15 pouces. Elle est un peu plus grosse à la baag.
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280 DE QUÉOEC À JÉRUSALEM
On conserve une antre colonne dans l'église de Ste Praxède à Rome ; on tient que cette dernière est celle à laquelle fut attaché notre Seigneur dans la cour de Caïphe. On voit à son sommet l'endroit où était scellé l'anneau qui servait pour y attacher les criminels. Cette colonne est en marbre noir veiné de blanc ; elle est d’un diamètre un peu moins fort que celle de Jérusalem, et mesure tout près de trois pieds de hauteur.
lère station.—Les soldats exaspérés de la patience de Jésus, qui avait triomphé de leur rage en n’ouvrant pas mème la bouche pour exhaler une plainte, le ramenèrent en face du tribunal, et là, le couvrant d'un mantean ronge, pour tourner en déri. sion sa qualité de roi, ils lui enfoncèrent sur la tête une cou. ronne d’épines, lui mirent en mains un roseau pour sceptre, et, fléchissant les genoux devant lui, ‘ salut, roi des Juifs, lui disaient-ils;” par moquerie. Les tortures et les sonffrances n'é. taient pas assez pour l'innocent Jésus, il fallait encore leur joindre le mépris et la dérision.
La couronne se composait d’une bande de jonc d'environ quatre doigts de largeur, plus grande que le diamètre ordinaire de la tête, et autour de laquelle on avait entrelacé des branches chargées d'épines. Cette bande de la Sainte-Couronne est conservée aujourd’hui à Paris dans la Ste Chapelle, que le roi S. Louis fit construire pour y conserver les précieuses re. liques qu’il avait rapportées de Térre-Sainte. Les épines qu’on emplo ya furent celles d’un arbrisseau, une espèce de Nerpron, qui croit encore spontanément dans les environs de Jérusa, lem, et auquel les botanistes donnent aujourd’hui le nom de Siziphus spina-Christi, Linné. J'en ai vu des talles fort vigoureuses près du couvent du Pater sur le mont des Oliviers. Les brancheseffilées portent de nombreuses épines, de longueur moyenne, mais très raides et très aiguës, légèrement recour. bées.
Quant aux épines de la couronne du Sauveur, elles sont aujourd'hui distribuées dans plusieurs sanctuaires où l'on peut les vénérer, L'Eglise de S. Sernin de Toulouse, en possèdè une dans son précieux trésor de reliques, qu’on m'a permis de véuérer, comme je l’ai noté plus haut.
Pilate croyant toucher le peuple par le triste état où se trouvait Jésus, après sa flagellation, reparut de nouveau.— Voyez votre roi, leur dit-il.Nous n'avons pas d'autre rei que Gésar, cria la multitude. (Crucifiez cœælui-ci. :
Mo Jésus, « ne répo me répe crucifie
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Montant alors l'escalier du prétoire, il se fit suivre le Jésus, et seul avec lui, il lui dit: D'où êtes-vous ? Et Jésus ne répondit pas.—Quoi ! dit le gouverneur, vous ne voulez pas me répondre ? Ne savez-vous pas que j'ai le pouvoir de vous crucifier ou de rompre vos liens ?
—Vous n’auriez aucun pouvoir sur moi, répondit le Sauveur, s'il ne vous était donné d'en haut. Et c’est paur cela que le crime de ceux qui m'ont livré à vous est encore plus grand que le vôtre,
Jésus sans doute faisait allusion là à la haine du sanhé. drin qui était encore plus criminelle que la faiblesse que montrait Pilate.
Pilate, malgré cette réponse si peu satisfesante, ne perdit pas encore l'espoir de sauver Jésus, et sortant sur le balcon, il leur montra le Sauveur tout sanglant, la couronne d'’épines sur la tête, en disant: Voila l’homme, EÆcco homo. Cost-à-dire, voyez en quel triste état se trouve celui que vous poursuivez! votre haine n'est-elle pas satisfaite ?—Cru. cifezle, crucifiez-le, cria la foule.— Mais crucifierai-je votre roi ?—Nous n'avons d'autre roi que César, et si vous le renvoyez, vous n'êtes pas ami de César.
Le trouble s’empara alors de son esprit, il vit les accusa. tions qu’on allait porter à Rome contre lui, la disgrâce, l'exil et peut-être la mort qui s'en suivrait. Cette considération triompha de sa faiblesse, il se sentit vaincu, et montant sur le tribunal, il rendit la sentence.
Le crime de Piiate est sans doute, horrible, révoltant; condamner un innocent, pour conserver ses biens et la faveur de ses maîtres. . Et combien de temps en jouit-il ? Trois années ne s'étaient pas encore écoulées, que ses prévisions qu’il avait cru détourner .par le crime, eurent leur réalité. Accusé, disgracié, il fut dépossédé de sa charge, envoyé en exil dans la Gaule, où l’on prétend que de désespoir il mit lui-même fin à ses jours, On montre encore à Vienne en Dauphiné, une lugubre pyramide qui passe pour le tombeau de Pilate. (1)
Mais ne sommes-nous pas nous-mêmes des Pilates ? Qui que nous soyons, nous avons tous imité le gouverneur Romain, fhaque fois qu’écoutant la voix de la passion, nous nous
(1) L'Eglise d’Abyssinie prétend. que Pilate reconnut son crime et en ft pénitence, et place ce prince pusillanime au nombre de ses saints.
282 DE QUÉBEU A JÉRUSALEM
sommes laissés aller au péché. Nous avons condamné l'inino. cent pour une légère jouissance ou ia possession de biens futiles et périssables!
Et les Juifs qui s'écriaient : “que son sang retombe sur nous et sur nosenfants,” eux aussi ils ont subi la peine de leur crime, Vous avez aimé la malédiction, et la malédiction sera votre partage. Chassés de leur pays, sans patrie, sans gouver. nement, sans rois ni chefs, ils sont dispersés parmi toutes les nations sans se confondre avec elles ; objet du mépris de tous, ils portent sur leur front le signe de cette réprobation qu'ils ont demandée au prétoire de Pilate et qui leur a été accordée!
Après que le Frère Liévin nous eût en quelques mots fait l'historique de la condamnation du Sauveur, nous nous age. nouillämes pour réciter le Pater et l’Ave pour l’inäulgence, et continuâmes vers la Ze Station,
Les lieux précis dans le forum qui faisaient une cour à la tour Antonia où résidait Pilate, ies lieux précis, dis-je, où fut pronoucée la sentence, où Jésus fut frappé de verges, où on le couronna d’épines, où enfin on le chargea de la croix, ne peuvent auourd'hui être déterminés d'une manière certaine, tant les bouleversements qui ont détruit la ville en ont altéré l'apparence extérieure ; cependant la tradition avec les données de l’histoire ne laissent aucun doute sur l'emplacement du prétoire et du lithostrotos. Bien plus, chacun de ces lieux fut désigné dès les premiers temps à la vénération des fidèles par des chapelles qui y furent érigées. De là il suffit pour les indulgences du Chemin de la Croix, de faire les stations dans le lieu désigné sans spécification d’endroit particulier. Espérons que nous verrons bientôt la possibilité, grâcq aux aumônes de la catholicité entière, d'ériger à chaque station, au moins une chapelle où les fidèles pourront se retirer, afin de pouvoir y méditer dans le recueillement sur les souffrances de l’homme Dieu rappelées à notre souvenir par les différentes étapes qui partagèrent sa douloureuse marche au Calvaire. (?)
Il n’y a encore que quelques années, il était impossible de pouvoir s'agenouiller dans les rues pour y faire ses stations; les pèlerins se contentaient de parcourir la voie douloureuse en méditant, tout en ne laissant paraître extérieurement aucune marque du respect qu'ils auraient été tentés de montrer. Mais les armes des puissances chrétiennes ont tant de fois servi à tenir sur pied cet empire vermoulu des Turcs, qui nonobstant
«1 Voir le plan ci-joint.
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menace toujours de s'écrouler, que des princes pieux en ayant donné l’exemple, les autorités musulmanes n’osèrent ensuite y mettre obstacle, même pour le peuple.
Le P. de Damas, en 1868, accompagné d’un antre prêtre et de deux soldats, fit publiqueinent ses stations dans les rues; et lorsqu'il les eut terminées, on lui dit qu'il avait couru un grand danger ; ‘“ je n’en ai aucun mérite, répliqua-til, car j'ignorais que la chose ne fut pas permise.” Aujourd’hui le premier venu peut, sans rien craindre, se livrer à sa dévotion comme il l'entendra, sans qu'on ose y mettre obstacle en aucune façon.
La lère et la 2e station se font donc, tantôt dans la rue, lorsqu'on ne peut pénétrer dans l'intérieur de la caserne turque ni mème dans la cour, et tantôt toutes deux dans l’église de la Flagellation ou celle de l’Ecce Homo.
2e Siiiion.—H@n sortant de la caserne turque, on poursuit la rue qui mène droit à la porte St Etienne qui conduit au Mont des Oliviers ; à 49 pas de l'entrée de la caserne, on voit dans le mur, à gauche, une petite porte de fer qui donne entrée dans l’église de la Flagellation. C'est là, d'après la tradition, qu'eut lieu la sanglante exécution. Cette église fut érigée en ce lieu dès les temps les plus anciens ; usurpée par les Turcs, on voulut la faire servir d'écurie pour y loger les chevaux du Pacha, mais les pauvres bêtes étaient à chaque fois trouvées mortes le lendemain matin. Elle fut alors abandonnée et n'était plus qu’un monceau de décombres, lorsqu'en 1838, [brahim Pacha la rendit aux Franciscains qui la restaurèrent et continuèrent depuis lors de la desservir. Un Père de 8. Sauveur vient tous les matins y dire la messe, et les prètres pèlerins peuvent venir aussi y célébrer autant de fois qu’ils le veulent. Ce sanctuaire ne se distingue par aucun style particulier, mais il possède un caractère de retraite et de recueillement qui plait à toutes les Ames pieuses.
À 16 pas plus loin, on voit à droite, devant le côté Nord de la caserne, les traces visiblen d'un escalier ; c'est là que reposait la Santa Scala qui a été transportée à Rome, que N.S,. monta quatre fois avant sa condamnation, et au pied de laquelle on le chargea de la croix.
La croix de Jésus a été divisée en parcelles répandues aujourd’hui dans toutes les parties du monde catholique ; la plus grande portion qui en reste, est conservée à Rome, dans l'Eglise de Ste Croix de Jérusalem où l’on va la véuérer.
Cette croix, qui mesurait 15 pieds de hauteur avec nne traverse de 8 pieds, avait un diamètre d'à peu près 8 pouces, C'est l'opinion des plus graves auteurs que lorsque Jésus la porta, la traverse n’était pas fixée au montant principal, mais allignée avec ce montant et liés l’une à l’autre avec des cordes,
Il y a eu à maintes reprises des discussions sur l'espèce de bois qui servit à la croix du Sauveur. L'inspection des parties conservées permet de constater que c'était un bois résineux, et l'examen microscopique de son tissu le rapporte au Cyprès commun, Cypressus fastigiata, De Candolle ; elle était par conséquent très lourde, car on sait que tous les bois résineux à l’état vert sont toujours pesants. On prétend que l'arbre fnt coupé à environ trois milles à l’ouest de Jérusalem, à l'endroit occupé par le couvent des grecs schismatiques de Ste Croix, qu'on va vénérer à ce titre, en se rendant à S. Jean in Montana.
De la Santa Scala, nous retournons sur nos pas ; nous repassons devant l’église de la Flagellation à notre droite, devant l'entrée de la caserne à notre gauche, et à environ 114 pas, nous passons sous l’arc de l’Ecce Homo qui enjambe sur la rue, On voit encastrées dans cet arc deux pierres de marbre blanc, acquises autrefois avec de grandes difficultés ; on prétend que l’une de ces pierres était sous les pieds de Pilate lorsqu'il rendit l’inique sentence, et l’autre sous les pieds de Jésus. A droite se trouve l’église de l’Ecee Homo, où les pieuses filles de Sion tiennent un orphelinat et où chaque jour, après l’éléva, tion, elles chantent de leurs voix d’anges, avec une mélodie des plus touchantes, par trois fois, l’invocation : Pater, ignosce tlis, non enim sciunt quid faciunt (Mon Père, pardonnez leur, car ils ne savent ce qu'ils font), pour la conversion des restes dispersés des enfants d’Israel. Nous pénétrons dans cetie église pour y faire les prières de notre 2e station, le chargement de la Croix.
On voit en arrière dé l’autel un mur brut renfermant une arcade plus petite que celle de la rue, mais lui faisant suite. Nul doute qu’une semblable ne se trouve de l’autre côté de la rue dans la caserne turque, de manière à former une arche à trois baies dont celle du milieu plus grande que celles des côtés.
Plusieurs auteurs ont vaulu voir dans cette arche le plateau.du haut duquel Pilate aurait montré Notre-Seigneur à la foule après sa flagellation, aussi portetil communément le
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nom d’Arche de l’Ecce Homo. La chose n’est pas impossible, mais demeure encore douteuse. Ce qu'il y a de certain c’est que la consiruction de cette arche, du moins dans sa partie supérieure, n’est pas de date si ancienne ; il pourrait se faire aussi qu'elle aurait été réparée postérieurement comme le témoignent ces pierres encastrées dans ses pieds-droits. Ce qui demeure certain aussi c’est que cet endroit est bien le lieu du lithostrotos. Lors de la construction de l’église de l’Ecce Homo, on découvrit à 44 pieds sous terre, de grandes dalles, qui n'étaient autres que celles qui pavaiert l’atrium du prétoire et qui lui avait fait donner son nom de gabbatha ou lithostrotos, c’est-à-dire pavé de pierre.
83e Slation.—Nous sortons de l'église pour continuer notre marche dans la même direction. La rue va en suivant ici une pente assez prononcée jusqu'à sa rencontre avec celle venant de la porte de Damas. C'est le flanc du Bézétha qui s'étend dans la vallée du Tyropéon.
La descente était autrefois beaucoup plus raide qu'elle ne l'est aujourd’hui, car la rue de la porte de Damas longe le ravin qui existait autrefois entre les monts Bézétha et Acra, ce ravin étant aujourd’hui en partie comblé par les décombres qui s’y sont accumulés lors de la destruction de la ville. La tradition veut qu’au temps de Notre-Seigneur il y eut là une espèce de cloaque ou de bourbier, qu’on ne pouvait franchir après les pluies qu’en mettant le pied sur une pierre qu’on avait placée au milieu; ce serait contre cette pierre, que NotreSeigneur, épuisé par les tortures qu'on venait de lui faire subir, serait tombé de défaillance.
On voit dans les ruines de Pompei de semblables pierres à tous les coins de rues, destinées à éviter aux piétons la peine de descendre des trottoirs pour couper une rue transversale,
Laissant donc l’hospice Autrichien qui fait le coin à droite, nous tournons à gauche dans la rue de Damas, et près de la construction qui fait l’angle de ce côté, nous voyons couché un fut de colonne brisé, c’est là l'indication de la 3e station, où Jésus tombe pour la 1ère fois.
C'est ici que celui qui s'était chargé des péchés du monde, épuisé par la flagellation et les tourments dont on l'avait abreuvé toute la nuit, roula dans la boue, ne pouvant plus porter le lourd fardeau dont il était chargé. Celui qui porte l'univers succombe sous le poids d’une croix! Ah! c'est que sur cette
croix étaient déposés tous les crimes qui se sont commis sur la terre et dont se rendra à jamais coupable la malice humaine,
Ici nous nous agenouillons sur un beau sable fin qui tapisse la rue; cette toilette inusitée était due à la présence du Prince Rodolphe d'Autriche qui, comine je l’ai dit plus haut, était entré dans la ville Sainte quelques quarts d'heure seule. ment avant nous. La dévanture de l’hospice était mème encore couverte d’un riche tapis.
4e Station.—Nous suivons la voie de Dimas, allant du Nord au Sud, l’espace d'environ 40 pas, où nous voyons à notre gauche une petite ruelle à l'entrée de laquelle eut lieu lu ren. contre de Jésus avec sa très sainte Mère, qui fait le sujet de la 4e station. Ja mère de Jésus avait été témoin des infâmes traitements qu'on avait fait subir à son divin fils au prétoire; éloignée de lui sans doute par la foule et peut-être aussi écartée par les gardes, elle voulait cependant le voir encore et l’approcher de plus près, et c'est dans ce but que, pénétrant par cette petite ruelle qui venait du prétoire, elle était venue se poster là sur son passage. Comme il fallait qu'aucune douleur ne fut épargnée au Sauveur des hommes, Dieu permit que le fils de Marie, condamné à mort, chargé de l'instrument de son supplice, couronné d'épines, maltraité par des bourreaux inhumains, fit là la rencontre de sa tendre mère. De mème que les rayons de lumière en se réfléchissant dans un miroir, se mul: tiplient etdoublent leur intensité, ainsi en fut-il des deux cœurs de Jésus et de Marie à cette rencontre. La douleur en se réfléchissant de l’un à l’autre redoubla d'intensité à tel point que la tradition veut que la mère de Jésus en perdit connaissance.
Ste Hélène avait fait construire en cet endroit une magnifique église qu’on désignait sous le nom d'église du Spasme de la Ste Vierge.
Les Arméniens catholiques sont parvenus depuis quelques années à faire l'acquisition des emplacements de la 8e et de la 4e station, et s'occupent actuellement à y faire construire des sanctuaires où les pieux fidèles pourront entrer pour y faire avec plus de recueillement les méditations de ces deux stations,
Ste Hélène avait fait placer devant l'autel de cette église la dalle sur laquelle se tenait la Ste Vierge ; cette pierre fut ensuite placée au dessus de la porte de l’église que les Franciscains avaient fait construire sur le S, Cénacle, mais cette deruière église fut Aétrüite par les musulmans de même que
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de ce plaise qui se
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s Franis cette ne que
celle de la voie de Damas, et la précieuse reliqne fut perdue pour les fidèles. Des fouilles récemment pratiquées pour les constructions des Arménieus, ont mis à découvert un pavé en mosaïque qu’on a tout lien de croire être celui de Notre Dame du Spasme ; la poursuite de ces fouilles permettra sans doute de jeter de nouvelles lumières sur cette question.
6e Station.—Nous continuons encore la rue de Damas environ 25 pas, et nous arrêtons à l'angle gauche d’une rue allant à l’ouest, c'est-à-dire reprenant la direction vers le Calvaire. C'est l'endroit de la 5e station, où Jésus est aidé par Simon le Cyrénéen. L'endroit de cette station est désigné par une petite excavation dans une pierre du mur de la maison qui fait l'angle de cette rue. Les Juifs, par haine contre les chrétiens, se plaisent souvent à profaner en la souillant crachats, cette pierre qui sert ainsi d’enseigne aux chrétiens.
La route, en changeant de direction. de descendante qu’elle était, devient de ce point ascendante. Jésus, à bout de force, était incapable de porter plus loin son fardeau sur cette rampe ascendante, les soldats craignaient même qu'il n’expirât dans la route, lorsque voyant un jardinier traversant la rue suivi de ses deux eufants et portant un paquet de branches qu'il rapportait du lieu de son travail, exigèrent qu’il aidât Jésus à porter sa croix. Ce Simon était de la Syrie d'Afrique où un grand nombre de Juifs avaient été déportés. Quelques-uns veulent que ce Simon se soit converti et soit le même que ce Simon le Noir dont font mention les Actes des Apôtres. Ses deux fils Rufus et Alexandre furent aussi du monde des premiers chrétiens.
Nous venions à peine de nous agenouiller pour la récitation des prières, que nous fûmes obligés de nous relever pour livrer passage à un convoi de mulets et de chameaux qui venait de se joindre à d'autres déjà arrêtés par notre encombrement de la rue, Toutes les bêtes avec leurs conducteurs défilèrent tranquillement les unes à la suite des autres, sans qu'on manifestât aucun mécontentement ; on sembla même au contraire, respecter le motif qui nous faisait agir.
Suivant cette rue qui se dirige à l’ouest en montant, nou voyons à 94 pas plus loin, un fragment de colonne encastré
dans le pavé à gauche, c’est l'indication de La maison de Véronique.
6e Station.--Jésus, aidé par Simon, montait péniblement cette nouvelle rue, toujours harcelé et maltraité par les soldats, lorsqu’en face de ceite maison, une femme suivie de sa fille, malgré les archers et les soldats qui veulent les répousser, pénètre jusqu’à Jésus ; “ permettez, dit-elle en s'agenouillant, que j'essuie la face de mou Seigneur,” et elle lui présente le mouchoir que les femmes portaient alors, comme le font en. core les Syriennes, sur la tête et autour du cou. Jésus prend le voile, s'en essuie la face, et le remet à la femme qu'il re. mercie par un regard ; la jeune fille veut présenter au Sauveur le vase qu’elle tenait rempli d'un vin réconfortant que sa mère avait préparé, mais les soldats la repoussèrent en même temps que sa mère.
Cette femme était Séraphia, femme de Sirach, l’un des membres du Sanhédrin ; de concert avec Nicodème et Joseph d'Arimathie, Sirach avait tenté de sauver le Divin Maître devant Les princes des prêtres.
Séraphia était l’amie de la mère de Jésus, et lorsqu'à l’âge de douze ans Jésus demeura dans le temple au milieu des docteurs, Séraphia lui avait dès lors envoyé chaque jour sa nourriture dans une humble hôtellerie en dehors de Jérusalem, Et lorsqu'elle vit Jésus portant sa croix, son amour et le désir de servir son Divin Maître lui communiquant une force sur. naturelle, lui firent oublier la faiblesse de son sexe pour braver la rudesse des soldats et satisfaire sa piété,
La mère avait baisé le voile en le reprenant des mains du Sauveur et l'avait caché sous son manteau en le serrant sur son cœur pour rentrer chez elle. Revenues à la maison, les deux pieuses femmes fondirent en larmes par suite du triste spectacle qui avait frappé leurs regards. Mais quelle ne fut pas leur surprise, lorsqu'étendant le voile, elles y virent imprinée la face du Sauveur, toute couverte de sueur et desang, telle qu’elles venaient de la voir. Auraient-elles pu soup: çonner que leur piété serait sitôt et si extraordinuirement ré. compensée, (C'est en souvenir de ce miracle que le nom de Séraphia fut changé en celui de Véronique, qui signifie: vrrie image.
Ce voile était trois fois plus long que large, et d’un tissu de fine laine. On le conserve à Rome, etoh peut encore y voir quelques traces de l'empreinte qu'il porta autrefois.
7e Station—La rue monte toujours, et à 25 pas plus loin,
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onarrive à un passage obscur, à l'extrémité duquel se rencontre une rue transversale ; c'est l'emplacement de l’antique porte judiciaire, ainsi appelée, par ce que cette porte conduisait au lieu des exécutions, et que c'était là qu’on y affichait les sentences des criminels, car du temps de Notre-Seigneur, : ici se trouvait le mur qui déterminait l’enceinte de la ville. Immédiatement en face, se voit encore la grosse colonne de pierre grise, sur laquelle, d’après la tradition, Pilate avait fait attacher la sentence de mort portée contre Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Les Fransciscains ont acheté cette colonne et y ont érigé un petit sanctuaire, car c’est là le lieu de la 7e station où Jésus tomba pour la deuxième fois.
Ou dit que là aussi se trouvait un enfoncement qui se changeait parfois en bourbier, que Jésus, gourmandé par les archers, roula dans ce bourbier, et que Simon irrité de l’inhumanité des bourreaux, menaça d'abandonner son office.
O vous, qui avez à souffrir de la sévérité du ‘art ou dela malice des hommes, cessez de vous plaindre. Celui qui supporte l’univers succombe sous le poids de ses misères, et c’est pour acquitter la rançon dont nous, coupables, devrions être seuls chargés.
8e Station.—Nous franchissons ce qui fut autrefois la porte judiciaire et nous continuons la rue dans la même direction jusqu’à l’espace de 38 pas, où nous trouvons sur le côté gauche, dans le mur du couvent schismatique grec, une pierre qui
indique l'endroit de la 8e station, où Jesus consola les filles de Jérusalem.
Ce qui aujourd’hui se trouve une rue de la ville, était alors en pleine campagne, en dehors des murs, et touchait à la
base même du golgotha ou montagne du crâne, lieu ordinaire des exécutions.
IL était défendu de verser des pleurs et de témoigner aucune sympathie aux criminels marchant au supplice. Muis l'amour des saintes femmes l’emporta sur la défense et sur les injures auxquelles elles s’exposaieut de la part d’une foule impie et furieuse. Ne pouvant satisfaire leur empressement à compatir aux douleurs de leur maître et à lui témoigner leur sympathie dans les rues étroites que remplissait le cortège, elles s'étaient sans doute réunies au pied du Golgotha, dans
dans un lieu plus vaste, pour se mettre sur son passage et jouir encore une fois de sa vue.
Tous coux qui s’approchèrent du Sauveur avec un cœur docile ne s'en retirèrent jamais sans quelque faveur. L'hé. morrhoïsse s’en retourne guérie de son infirmité pour avoir seulement touché la frange de sa robe. Simon, qui accepta sans aucun doute avec grande répugnance l'obligation d'aider Jésus à porter sa croix, en regut la grâce de sa conversion, Séraphia mérita de remporter empreinte sur son voile, l’image de son maître. Les filles de Jérusalem qui se pressent en pleurs sur son passage pour lui donner au moins un regard de pitié et de sympathie, n’en recevront-elles pas aussi quelque grâce particulière ?
Jésus voyant leur douleur, voulut bien leur accorder un regard d’attention, et elles méritèrent de recevoir de sa bouche une consolation et un avertissement :—Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais plutôt sur vous-mèmes et sur votre ingrate patrie. Je vois venir sur elle les maux cui seront le châtiment de son crime. Heureux alors les seins ‘ui n'auront pas conçu et les mamelles qui n'auront pas allaité. Alors on dira aux montagnes : tombezsur nous, et aux collines : écraseznous, car si le bois vert, l’inuocent, est ainsi traité, qu’en seratil du bois sec ?”
Hélas ! 40 ans ne se seront pas encore écoulés que les oreilles qui avaient entendu ces paroles en virent l'exécution. Titus vint mettre le siège devant la ville et la réduisit à une telle famine, que des femmes en vinrent jusqu’à se nourrir de la chair du fruit de leurs entrailles. Des milliers de personnes se réfugièrent dans les souterrains des montagnes qui portent la ville et auraient été heureuses d'être écrasées de suite sous le poids de leur masse; mais vains désirs, les montagnes ne s’'émurent pas, les coliines ne. les écrasèrent pas ; la faim dé. cima peu à peu ses victimes, et le fer et le feu fit à la fin dis paraître ce qui restait de ces cruels déicides ; les murailles de la ville furent renversées, et ses constructions détruites de fond en comble, si-bien qu'il n’en resta pas pierre sur pierre.
9e Station.— Jésus poursuivait péniblement sa route, il était parvenu au pied même de l’'éminence du Golgotha, mais la fatigue et l'épuisement se faisant sentir de plus en plus, et les soldats irrités de la lenteur de la marche le harcelant davantage, il tomba pour la troisième fois accablé sous son far: deau.
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mais aujourd'hui des constructions sont venues interrompre la route, et pour la continuer, il faut revenir sur ses pas jusqu'à la 7e station, et prendre là la rue à droite qui se dirige vers le sud ; à 25 pas dans cette rue, on remarque à droite, deux colonnes debout provenant des anciens propylées de ia basilique bâtie par Ste Hélène sur le S. Sépulcre. Montant alors une petite éminence formée par la voute d’une maison et des débris de tout genre, on passe à travers une espèce de marché pour arriver au bout d’une impasse en face de l'évêché Cophte schismatique ; on voit encastré dans le pied droit de la porte de cette demeure, un morceau de fut de colonne debout qui est l'indication de la 9e station, où Jésus tombe pour la 8e fois.
L’évangile ne mentionne pas ces différentes chutes de Jésus portant sa croix, mais combien la tradition n'est-elle pas vraisemblable de nous montrer ainsi le Sauveur succombant sous le poids de la fatigue, de l’épuissement et des mauvais traitements,
10e Station.— Pour pénétrer dans l’église du S. Sépulcre, où se trouve renfermé aujourd’hui endroit des quatre dernières stations, il nous faut revenir sur nos pas jusqu’à la rencontre de la rue que nous avons laissée se dirigeant vers le sud, suivre cette rue dans la même direction, l’espace d'environ 20 pas, puis lournant alors à droite, on suit une rue qui nous
mène à une petite porte donnant directement sur le parvis de la basilique.
Arrivés à la porte de la basilique, nous fûmes bien surpris de la trouver fermée, Après information, on nous dit qu’elle serait bientôt ouverte pour donner entrée au prince Rodolphe, qu'on attendait de minute en minute, et que nous pourrions entrer à sa suite. Bon gré, mal gré, il fallut bien se soumettre aux dispositions de MM. les Turcs et attendre, sur ce parvis, où nul objet faisant projection sur le pavé de pierre ne pouvait nous servir de siège, ainsi debout, pendant plus d’une heure, que le Prince arrivât. Il se montre à la fin avec sa suite, précédé de six cavas qui font retentir le pavé en le frappant de leurs hallebardes ; une garde d'honneur de soldats Turcs qui attendait comme nous sur le parvis lui présente les armes, et nous pénétrons dans la basiiique à sa suite,
Mais force nous fut d'interrompre là notre Chemin de la Croix, parceque l’heure de la procession que les Pères francis-
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cession le Prince venait pour assister—était arrivée. Nous ajournâmes donc la terminaison de notre pieux exercice, pour prendre part à celui qui allait incontinent se faire,
Je continuerai cependant ici ines explications sur le Chemin de la Croix, pour ne parler qu'à la suite de la procession dé l’intérieur du lieu saint,
Comment était disposée la sainte montagne du Calvaire au temps de Notre-Seigneur ? Il serait difficile de le dire d’une manière rigoureusement exacte, car les constructions d’Adrien, de Ste Hélène et autres en ont altéré grandement l'apparence extérieure, et couverte aujourd’hui de constructions, il est tout à-fait impossible d’en prendre une vue d'ensemble.
Le nom de Golgotha (crâne) donné à la sainte montagne, vient, suivant quelques uns, de sa configuration ; son sommet dénudé ressemblant à un crâne. Suivant d’autres, Adam, notre premier père, aurait eu sa sépulture en cet endroit, ou du moins son crâne y aurait été déposé; la croix du Sauveur au. rait été érigée directement au dessus, et le rocher en se fendant à la mort du Christ, aurait permis au sang qui s’échappa de la croix pour laver les crimes de tous les hommes, de toucher en premier lieu le crâne du premier coupable. Notre foi n’est nullement concernée dans l’une ou l’autre de ces deux versions, et notre piété peut également tirer parti de l’une et de l’autre.
Une religieuse allemande, morte en odeur de sainteté en 1832, Sœur Anne-Emmerich, a vu en révélation toutes les scèues de la Passion, et raconte ainsi la crucifixion du Sauveur. Son récit n’a sans doute aucun caractère d'authenticité ; cependant il n’a rien que l’histoire ou l'examen des lieux, même en notre temps, ne puisse contredire.
“ Le Golgotha domine la ville entière, sauf les hauteurs de Sion et de Bézétha, mais il est placé de telle façon qu'on l’aperçoit aisément de ces deux points saillants, Son sommet, de l'étendue d’un manège ordinaire, est une plate forme circulaire, protégée par un terrassement peuélevé. Du côté de la ville, la pente est rude et l’aspect sauvage. A l'opposé un chemin assez doux en facilite ies abords. Les cavaliers se sont arrêtés sur ce chemin. Les fantassins du centurion sont échelonnés autour du rocher où sur la plate-forme, selon les exigences du service. Plusieurs gardent les deux larrons qu’en n'avait pas fait monter faute d'espace, et qui, étendus sur
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le dos et les bras attachés aux traverses de leurs croix, attendaient sur le penchant de la montagne, à l’endroit où le chemin prend la direction du sud. Une foule assez considérable, des gens du commun, des étrangers, des domestiques, des esclaves, des payens, des femmes, tous gens qui ne craignaient pas les souilures légales, s’étaient placés antour de la clôture, d'autres étaient sur les collines voisines, leur nombre s’augmentant sans cesse de gens qui, des campagnes prochaines, se rendaient-à Jérusalem. Au sud, sur le mont Gihon, était un camp d'étrangers venus pour la Pâque ; beaucoup d’entre eux regardaient à distance, d’autres s’approchèrent du Calvaire.
“ Il était environ onze heures quand Jésus arriva à l’endroit où il devait être crucifié, Les bourreaux ayant repoussé Simon, tirèrent le Sauveur au moyen de leurs cordes; ils déta chèrent les pièces de la croix et les rapprochèrent l'une de l'autre. Quel triste spectacle présenta alors le Sauveur, debout à l'endroit même où il devait être mis à mort, pâle, meurtri, défiguré, sanglant ! ‘ Viens, lui dirent-ils, viens, roi puissant, nous allons prendre la mesure pour ton trône.....” Il se plaça luimême sur la croix; et si l’état auquel il était réduit, lui eut permis des mouvements plus rapides, les bourreaux n'auraient pas eu besoin d’user de violence pour l’étendre comme ils le voulaient. Ils le couchèrent donc sur l'instrument du supplice et marquèrent les endroits où s’arrêtaient ses pieds et ses mains.
“ Ensuite ils le conduisirent à 60 pas de là, vers le nord, à une caverne creusée dans le roc, et qui avait servi de cellier ou de citerne ; ils en ouvrirent la porte et l’y jetèrent si brutalement que, sans la protection de son Père, ses genoux se seraient brisés contre la pierre.
“ Les bourreaux commencèrent alors leurs derniers préparatifs. Au milieu de l’espace circulaire qui forme le sommet du Calvaire, est une partie également circulaire et plus élevée de quelqués pieds. Ce fut là qu'ils creusèrent les trous destinés à recevoir les croix. Ils placèrent à droite et à gauche celles des deux larrons ; elles étaient plus basses et plus grossièrement travaillées. Celle du Sauveur s’éleva au milieu.
“ Scène odieuse! Ceux-ci préparent les clous et les marteaux, ceux-là dressent les échelles, d’autres se distribuent le travail, On cloue à la croix le support des pieds ; on y pratique des trous et des entailles. Tous crient et blasphèment.
4 Cependant quatre bourreaux s'étant rendus à la caverne
où l’on avait enfermé le Sauveur, l’en tirèrent de la façon la plus brutdle. Durant ce dernier emprisonnement, Jésus avait demandé à son Père le don de force, et il s'était encore une fois offert pour les péchés de ses ennemis. Les bourreaux en le ramenant au Calvaire, lui prodiguèrent encore les coups et les outrages ; les peuples les regardaient faire et insultaient à la victime ; les soldats romains restaient froids et indifférents, uniquement occupés à maintenir l’o"dre. Enfin Jésus fran. chit le terrassement qui séparait le sommet du reste de la colline.
‘ Quand les saintes femmes le virent passer, elles don. nèrent de l'argent aux bourreaux et les prièrent d'offrir de leur part à leur maitre, une boisson généreuse et cordiale qu’elles lui avaient préparée. Cœurs magnanimes! qui célébrera dignement leurs louanges ! Lorsque tout le monde abandonne Jésus, elles, dominant la faiblesse naturelle à leur sexe, bravant la foule et s’exposant à tout, sont parvenues au Calvaire où elles se déclarent franchement les servantes du condamné.
D'après les coutumes d'alors, les dames de Ia noblesse se réservaient le privilège de préparer elles-mêmes le brenvage destiné à assoupir les sens des patients et à leur rendre la souffrance moius sensible. Mais lorsqu'il s’agissait d’un crime exceptionnellement abominable, et c'était le cas, disent les pharisiens, la ville fournissait la boisson narcotique. Les saintes femmes eurent le courage de protester. Malheureusement, elles eurent aussi la douleur de voir les bourreaux, après avoir reçu leur argent, boire le vin et présenter au Sauveur le fiel et le vinaigre, officiellement envoyés.
“On se hâta d’arracher le manteau qui couvrait les épaules du Sauveur. On lui ota la tunique sans couture, tissée par les mains de la Sainte-Vierge, et qui avait grandi avec lui. Encore une fois on lui enleva brutalement la couronne qui rendait difficile son dépouillement, et on la replaga de manière à produire de nouvelles blessures.
“ Le Fils de l’homme parût alors aux veux de ses ennemis, couvert de sang et de plaies. Durartt la marche, ses vêtements de laine s'étaient collés et raidis sur sa chair meurtrie. On les arracha violemment, et les plaies de sa poitrine restèrent à découvert. Ses épaules cruellement déchirées laissaient voir
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Jésus, dépouillé de ses vêtements, le corps tout convert de plaies, de contusions et de flétrissures, est là assis sur une pierre, saignant de toutes parts, dans les tourments de la plus cruelle agonie. Et nous, la moindre souffrance nous irrite, dans la maladie, l'impatience se montre aussitôt qu'on retarde à nous servir. Enseignement sublime! Futil jamais leçon plus éloquente ?
lle Station.—Sur le sommet même du Calvaire, tout près de l'endroit où la Croix fut plantée, se trouve un autel auquel j'ai eu le bonheur de célébrer ce matin même, comme je lai noté plus haut, C’est là que la Croix fût étendue sur le sol et que Jésus y fut attaché.
Jésus obéit à l’ordre qu’on lui donne de s'étendre sur l'autel de son sacrifice avec autant d’empressement que le lui permettait l’état de faiblesse où il se trouvait. I/un des bourreaux lui tire le bras droit sur la traverse de la Croix, un autre lui étend la main au dessus du trou pratiqué dans le bois, et un troisième lui appliquant dans la paume la pointe acérée d'un énorme clou, à tête arrondie, l’y enfonce à coups redoublés d’un maillet de fer. Les muscles sont déchirés, et les veines rompues font jaillir le sang avec violence à chaque coup.
On assujétit de la même façon le bras gauche à l’autre branche de la Croix, le tirant avec effort pour amener la main au dessus du trou préalablement percé.
Cette extension des bras en ligne horizontale ayant eu pour effet de faire ramasser le corps en soulevant les genoux, on applique des cordes aux pieds pour les amener au support où ils doivent être cloués. Les bourreaux irrités de ce contretemps, éclatent en blasphèmes et en malédictions. Sa poitrine parut alors se déchirer sous le poids de cette traction. Les
clous sont enfin enfoncés dans les pieds et le crime est con: sominé !
Pécheurs qui que vous voyez, les coups de marteaux qui retentirent sur le Calvaire, entremêlés aux tendres gémissements de l’homme-Dieu, n’auront-ils pas d’écho dans votre cœur ? Hommes délicats, sensuels, immortifiés, venez ici apprendre à souffrir. Il faut donc que la souffrance soit bien
précieuse, pour qu’on l'ait ainsi prodiguée à notre maître !
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