‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 32 sur 94 · PRES · texte numérisé non relu

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12e Station.—A quinze pieds au nord-est de l'endroit où Jésus fut attaché à la Croix, se trouve l'autel des Grecs schis. matiques qui occupent la partie nord du Calvaire. On voit sous cet autel une plaque d'argent avec une ouverture cireulaire au milieu, et c'est là que fut plantée la Croix du Sauveur,

La Croix chargée de sa victime fut donc élevée de terre et transportée par les bourreaux à l'endroit où elle devait être plantée. Des cordes fixées aux bras servent à la retenir de part et d'autre. Le pied de l'arbre est appliqué sur le bord du trou, des bourreaux s’y appuient ponr le retenir, pendant que d’autres tireut sur les cordes pour l’élever de terre, La croix prend enfin la position verticale, et s'enfonce violemment dans la profondeur du trou. Toutes les plaies du Sauveur se rouvrent sous l'effort de cette secousse. Celles de la couronne d'épines inondent son visage de sang, sa barbe en est toute imbibée, son corps en est couvert, de ses mains et de ses pieds par tent des courants qui teignent le pois de la Croix et dont s'imprègne même le sol !

Des pièces de bois enfoncées dans le sol servent à main. tenir la Croix en équiiibre.

Les croix des larrons sont ensuite érigées l’une à droite et l’autre à gauche.

Des cris insultants se firent alors entendre ; ce sont les bourreaux qui n'hésitent pas à ajouter l’insulte à tous les mauvais traitements qu'ils ont prodigués à leur victime. Ce sont les pharisiens qui s’applandissent de leur victoire, et ajoutent le blasphème à leur cruelle inhumauité : 4 Si tu es le fils de Dieu, descends maintenant de la Croix.” (C’est une multitude égarée, dont les passions ont étouffé la voix de la conscience : « Toi qui peux détruire le temple de Dieu et le rétablir en trois jours, arrache-toi donc maintenant à ton supplice.’ C’est la voix du larron de gauche qui ajoute le blasphême à son impiété: “ Situ es le fils de Dieu, sauve-toi, toi-même, et sauve-nous avec toi.” -

Mais en même temps des voix pieuses et plaintives se mélent aux cris impies et tumultueux. Voix de la Mère de Dieu, carelle était là debout auprès de son fils. L’autel à gauche de celui de la crucifixon indique le lieu où elle se tenait. Voix des saintes femmes, qui mêlent leurs gémissemonts et leurs plaintes aux souffrances de leur maître. Voix des

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Voix du larron de droite, qui réprimandant son compagnon, proclame l'innocence de Jésus et lui fait cette prière : “ Seigneur, souvenez-vous de moi, lorsque vous serez dans votre royaume.” Sa foi eut de suite sa récompense : ‘ Aujourd’hui même, lui dit le Sauveur, vous serez avec moi en paradis.”

Le silence et la stupeur ayant succédé aux cris furieux de la multitude, on entendit retentir les trompettes qui dans le temple annonçaient l’immolation de l'agneau pascal figuratif, Plus d’un, svns doute, se rappela alors ces paroles de Jean. Baptiste da: Le désert : “ Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui efface les péchés du moude.”

Il était environ midi lorsque Jésus fut élevé en Croix, et de ce moment le temps commençe à s’assombrir. Les ténèbres allant toujours s’augmentant, une partie de la foule s'était retirée, Cependant la Mère de Jésus, quelques autres saintes femmes amies du Sauveur, avec lapôtre S. Jean, se tenaient toujours au pied de la Croix. C’est alors que jetant les yeux sur sa sainte mère, Jésus lui dit en montrant l’apôtre S. Jean : “femme voilà votre fils” ; et à celui-ci, eu lui montrant Marie : “voilà votre mère.” Quel glaive ne fut pas pour le cœur de Marie ce cruel adieu !

Cependant les ténèbres vont toujours s’épaississant, la ter. reur se répand partout. La nature mème insensible semble se préparer à une commotion inusitée. Jésus se plaint à son Père : mon Père, pourquoi m'avez-vous abandonné.” Puis il ajoute : “ J'ai soif” Aussitôt l’un des soldats met au bout d’un roseau une éponge trempée dans du vinaigre, et la présente aux lèvres de Jésus. Mais Jésus n’en voulut poiut prendre, Et bientôt poussant un grand cri: ‘ tout est consommé,” dit-il, et inclinant la tête, il expire !

Au même instant la nature entière entre dans une telle commotion qu'on dirait qu’elle touche à sa dissolution. Le soleil se voile la face ; la terre tremble jusque dans ses fondements ; le rocher du Golgotha se fend jusqu’à sa base, en séparaut le mauvais larron du Christ ; les morts laissent leurs sépultures et se montrent errant dans les rues de Jérusalem. Le centenier de garde au Calvaire, s’écrié dans sa terreur : *“ cet homme est vraiment Le fils de Dieu!” Dans le temple, la con-

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