ETATS
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fusion est à son comble; le voile qui cachait le saint des saints se fend depuis le haut jusqu’en bas ; le sacriüce est interrompu, les prêtres ne sachant plus ce qu'ils font, tani la terreur qui les domine est intense. Seuls les amis du Christ se réjouissent de voir dans cette perturbation de l’ordre naturel, une nouvelle confirmation de leur foi.
13e Station.—En descendant du Calvaire, droit en face de l'entrée actuelle de la basilique, se voit une large pierre au dessus de laquelle brûlent des lampes nombreuses et fort riches, C'est la pierre de l’onction, sur laquelle on déposa le corps du Sauveur pour le préparer à la sépulture.
Cependant la mère de Jésus avec ses deux sœurs Marie mère de Jacques et Salomée, Jean et Marie Madeleine, sont toujours au pied de la Croix, ne sachant comment ils pourront obtenir le corps de leur maître, pour le soustraire à la sépul. ture des infâmes, lorsque Joseph d’Arimathie et Nicodème, qui n'avaient pu sauver Jésus devant le Sanhédrin, occupés de la méme pensée, se rendent, auprès de Pilate et lui demandent si hardiment le corps dun crucifié qu’il n’ose le leur refuser, I! s'étonne qu’il soit déjà mort, et doune les ordres sollicités.
Les criminels attachés à la Croix n’y étaient souvent rete. nus qu'avec des cordes. On les laissait s'épuiser dans cet horrible position, et on précipitait ensuite le moment de leur mort en leur rompant les jambes avec des barres de fer. On vient donc mettre ainsi fin au supplice des larrons ; mais pour Jésus, lorsqu'on vit qu'il était déjà mort, on jugea inutile de li rompre les jambes, Cependant l’un des gardes des Juifs, Lon. gin, rempli alors de fureur et de haine contre le Christ, mais qui devint eus uite un saint et un martyr, saisit sa lance et en perça le côté droit du Sauveur. Il en sortit de l’eau et du sang, qui jaillissant sur la figure du garde, l'inondent et lui rendent la vue parfaite, de louche et faible qu’elle était auparavant,
Joseph et Nicodème munis du permis de Pilate, achètent donc 100 livres d’aromates et se rendent au Calvaire pour pro. céder à l’ensevelissement du corps du Sauveur, Des échelles sont appliquées à la Croix, les clous sont arrachés et le divin corps est descendu respectueusement dans des draps et reçu par Marie et ses Compagnes. Où le transporte sur La pierre au bas du Calvaire, et on laisse à sa sainte Mère le soin de lui laver la figure et la liberté de contempler encore une fois l'ob. jet de toute son affection et de son amour,
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DE QUÉBXO A JÉRUSALEM 269
Madeleine qui avait arrosé les pieds de son maître des larmes de son repentir, vieut alors les arroser des larmes de son amour ; elle ne cesse de les baiser, de les mouiller de ses pleurs en les essuyant de ses cheveux.
Les saintes femmes ont rempli leurs pieux devoirs, le corps du Sauveur est purifié de ses souillures, il repose sur ia pierre, enveloppé dans son linceul et couvert d’aromates. Maries après avoir couvert sa figure de baisers, lui enveloppe enfin la tête de son voile, tandis que Madeleine consent à peine à se des. saisir de ses pieds sacrés. Jean, Joseph et Nicodème se dis. posent à le transporter dans le sépulcre neuf que Joseph avait fait creuser dans son jardin tout auprès. Il fallait se hâter, car le jour déclinait, et les corps des suppliciés ne devaient pas rester exposés le jour du Sabbat.
Le Seigneur avait ordonné dans le livre du Lévitique que, lorsqu'on trouverait le corps d’un homme assassiné sur le che min, on assemblerait les principaux de la ville et des bourgades voisines, et que tous étendant la main sur le cadavre, prononceraient le serment suivant : “* ffanus nostræ non effuderunt sanguinem hune. Nos mains sont pures de l’effusion de ce sang.” Le corps de Jésus est étendu sans vie devant nous ; cherchons le coupable. Judas, peu avant sa mort, a proclamé qu'il ne voulait avoir aucune part à ce déïcide. Pilate se lave les mains et se proclame innocent du sang de ce juste. Hérode n'a pas voulu porter de sentence. Pierre a reconnu sa faute bien avant le supplice, et s’est retiré pour la pleurer. Où est donc le meurtrier ?.... Qui de nous pourrait étendre la main, et jurer qu’il n’a pris aucune part à cette mort? Oh! approche, pécheur, contempie cette victime, et comprends l’'énormité de ton crime.
14e Station.—Le corps de Jésus est enfin transporté à une trentaine de pas plus loin dans le sépulcre que nous pouvons encore vénérer aujourd'hui. Oui! les marbres précieux qui recouvrent aujourd’hui le saint Edicule dérobent à nos regards le rocher même qui a reçu et abrité le corps de Jésus pendant trois jours |
Une garde est mise à la porte, une pierre énorme en ferme l'entrée ; mais le corps du Sauveur glorieusement ressuscité ne connaitra rien de ces obstacles. L'ange s’assiera sur ces trophées pour dire aux saintes femmes : Suri'exit non est hic,
Il est ressuscité, il n’est plus ici.” si