EP ET
312 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
Comme les schismatiques sont soumis aux mêmes règle. ments que les catholiques, ils doivent eux aussi se renfermer le soir dans le saint édifice, d’où il suit que les chants qui se succèdent les uns aux autres durant prestue toute la nuit, permettent guères aux étrangers de s’y livrer au sommeil, Une bien légitime curiosité nous porte d’ailleurs à vouloir juger comment ces malheureux enfants de l'Eglise, séparés de leur chef, s’aquittent de leurs actes de religion, font preuve de leur foi. Dois-je le dire ? à mes yeux, les offices des Grecs et des Arméniens n’inspirent aucune dévotion. Les Grecs ont de belles voix ; ils emploient surtout des enfants qui font un très bel effet dans leurs chœurs ; leurs mélodies sont parfois fort agréables ; mais elles se répètent avec une désespérante monotonie, les sons sont le plus souvent nazillards, et on dirait que ceux qui forment les chœurs n’ont aucun souci de s’accorder ensemble, il y a presque constamment des voix discordantes.
Les chants des Arméniens sont plus graves et moins nazillards, mais sont aussi débités avec une nonchalance, une routine qui ne dénote aucune piété.
Les habits des prêtres sont parfois fort riches, mais quelle légèreté, quel manque de dignité dans la pose de ceux qui les portent.
Quel contraste avec les chants et les cérémonies des Pères franciscains ! Comme ils sont expressifs et touchants ces chants du cloître, surtout dans leur procession du soir aux différents sanctuaires, lorsqu'ils appuient sur cet hic, ici, commémorant les mystère qu’on énonce ! Comme on sent de suite qu'ils viennent de l’âme. La plupart des Pères sont des Italiens, et l'accent particulier qu'ils apportent à la prononciation des paroles liturgiques produisait un effet nouveau pour moiel que je n’oublierai de sitôt.
Après la collation de carême qu’on nous servit là, nous causâmes quelque peu avec les Pères, puis nous nous retirâmes à nos cellules pour la nuit.
Cependant nous ne voulûmes pas nous mettre au lit avant d'aller faire un tour dans la basilique, pour mieux nous rendre compte du saint lieu, et nous pénétrer davantage de la majesté qu’il inspire, dans le seul temps où nous pouvons y trouver le silence et la solitude qui conviennent aux âmes qui veulent s recueillir, les quelques heures de la nuit qui précèdent les offices des schismatiques.
Ar vastes :
Ch:pel ment, éclairé lueur indécis médita
No sommes sonnes, qui s’y nous fa pas les
No le Calv:
tant leu des dor femmes espèces chées pe venus € de l’Arc sur le C
Qu’ même f la voix ( Pierre, ] rites, qt charité tous les mortelle tion se f pr'éjugé lieu del voie, ch;
Ilét aller pre entrer u et une sd tenaient
es règleenfermer ts qui se , la nuit, neil. Une oir juger s de leur re de leur cs et des , de belles 1 très bel rfois fort nte Mono:
dirait que s’accorder rdantes.
pins nazilance, une
ais quelle ux qui les
des Pères ces chants différents mémorant aite qu'ils Italiens, et jation des ur moi et
it là, nous 5 r'etirÂmes
u lit avant us rendre la majesté trouver le veulent se
écèdent les
Armés d’une lampe, nous nous dirigeâmes donc sous leg vastes voutes de la basilique. Nous entrâmes d'abord dans la Chipelle de l’Apparition pour y adorer un instant le S. Sacrement. La sombre chapelle avec ses stalles coloriées n'était éclairée que par l’unique lampe qu’on y conserve et dont la lueur vacillante répandait sur tous les objets une lumière indécise des plus propres à favoriser le recueillement et la méditation.
Nous faisons ensuite le tour de la coupole, et nous ne sommes pas peu étonnés d'y trouver un grand nombre de personnes, étendues sur le pavé, ensevelies dans leurs manteaux qui s’y livrent au sommeil en attendant l'heure des offices. Il nous faut parfois enjamber par dessus ces dormeurs pour ne pas les fouler sou£ nos pieds.
Nous passons devant la pierre de l’Onction, et montant sur le Calvaire, où nous avions cru voir quelques lumières projetant leurs lueurs au dessus du chœur des Grecs, Ici le nombre des dormeurs était encore plus considérable, et quelques femmes couvertes de leurs manteaux y marmottaient des espèces de litanies, auxquelles d'autres assises où même cou
chées paraissaient répondre. Ce sont des schismatiques grecs venus des extrémités de la Russie, de la Crimée, des îles de l’Archipel etc., pour avoir la consolation de passer une nuit sur le Calvaire.
Qu'il serait beau le jour où tant de peuples qu'anime la même foi au crucifié du Calvaire, ouvriraient leurs oreilles à la voix du vicaire de Jésus-Christ, seul successeur véritable de Pierre, pour ne former de leurs différents idiômes et différents rites, qu'un seul concert, qu’un rythme unique, qu’une même charité harmoniserait pour ne former qu’une seule famille de tous les vrais adorateurs. Mais de même que durant sa vie mortelle, le Christ ressuscité permet encore que la contradiction se fasse autour de lui. Chaque nation l'approche avec ses préjugés, ses prétentions, et veut souvent lui dicter la loi au lieu de la recevoir de lui. Domine ut videam, Seigneur que je voie, chaque chrétien ne devrait-il pas s’écrier.
Il était près de dix heures lorsque nous nous décidâmes à aller prendre nos lits, mais avant de le faire, nous voulûmes entrer un instant dans le S. Sépulcre. C'était un silence parfait et une solitude complète ; seules les 43 limpes qui y brûlent, tenaient la place auprès du Dieu ressuscité des adorateurs qui
LO “M I — ‘à p2 ”__ «à Li
ju “1e = Li