‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 48 sur 94 · SET · texte numérisé non relu

SET

défiler, hommes, femmes, ecclésiastiques, jusqu'à ce que nous ayons disparu derrière son autel.

Tous, nous nous accordâmes à remarquer le peu de dignité que ces schismatiques apportent dans la célébration de leurs offices, et comme rien ne sy montre capable d’iuspirer la piété et la dévotion!

Cette partie de l’église a été entièrement taillée dans le roc vif, comme l’attestent ses parois latérales ; et de même que pour le tombeau du Sauveur, on à aussi tranché dans le roc pour isoler celui de Marie du reste de la masse, à l'exception toutefois du côté O. où Le circuit se trouve interrompu.

Le tombeau de Marie forme un petit monument à peu près carré, surmonté d’une petite coupole à peine visible. Ce monument est couvert d’une lourde tapisserie qui ne laisse voir que la corniche à laquelle pendent des lampes nombreuses. A l’intérieur, l'endroit même où reposa le corps de la Mère de Jésus, forme une espèce de banc d'environ trois pieds de hauteur, recouvert en dessus et en avant de marbre blanc. Nous improvisons un détilé pour vénérer ce lieu d’où s’échappa le corps de la reine de la terre, pour aller ceindre la couronne de la Reine du Ciel auprès de son fils. Il était bien juste que ce corps qui n'avait pas connu la corruption du péché, fut soustrait à la corruption de la chair, que celle qui avait été la demeure de la vie, ne put être retenue dans la demeure de la mort. k

Bien que l’Assomption de la Ste Vierge ne soit pas déclarée article de foi, ça été cependant la croyance universelle dès le commencement du christianisme, que celle qui avait donné naissance à l’homme Dieu, qui l'avait porté neuf mois dans son sein, qui l'avait nourri de son lait, ne connut pas la corruption du tombeau.

Marie, après avoir entendu ces paroles de la bouche de son fils adressées à S, Jean : voilà votre mère, se retira avec le disciple bien-aimé dans la maison qu’il possédait sur le mont Sion, et dont on voit encore les ruines. Or, comme le rapporte la tradition, les apôtres, à l'exception de S. Thomas, se trouvaient tous réunis à Jérusalem,lorsque arriva le terme fixéà l'exil terrestre de la mère du Sauveur. L'amour rompit donc le lien qui retenait sa belle âme attachée à son corps. Cette âme s’envola aussitôt dans le sein de Dieu, pendant que son corps demeura sans vie dans la maison de S.Jean. Les apôtres, après

avoir leur à alle mem toujo au de d'eux aussi cécité vue e les ap arriva mont vit la Ciel p ravir ; porter M desa laissa « nous avec el

adossé de chaÿ

M nous fa de leur exciter DOS Cos le moin sionnor

Ce suite; p ner un yeux,

1e nous

e dignité de leurs la piété

ns le roc que pour roc pour on toute-

nt à peu sible. Ce ne laisse mbreuses.

a Mère de

pieds de re blanc.

s'échappa couronne juste que péché, fut vait été la eure de la

hs déclarée selle dès le ait donné mois dans pas la cor-

bouche de etira avec dait sur le comme le lhomas, se terme fixéà pit donc le

Cette âme e son corps tres, après

avoir vénéré ces restes de celle qui pour ainsi dire avait été leur guide depuis l’Ascension du Sauveur, se disposèrent donc à aller les ensevelir dans la grotte où reposaient déjà les autres membres de sa famille, Joachim, Anne, Joseph, etc. Les juifs, toujours animés de haîne contre les disciples du Christ, vinrent au devant du convoi pour outrager la sainte dépouille. L'un d'eux ayant étendu la main pour s’en emparer, cette main fut aussitôt desséchée et tous ses compagnons furent frappés de cécité, On rapporte qu’ils se convertirent tous, recouvrèrent la vue et-s’enrolèrent parmi les disciples.

Le corps fut donc déposé avec le plus grand respect par les apôtres dans le sépulcre qui lui avait été préparé. Or il arriva que trois jours après, comme $S. Thomas descendait le mont des Oliviers pour aller se réunir aux autres apôtres, il vit la Ste Vierge, échappée de son tombeau, enlevée dans le Ciel par une troupe d'anges. Ces esprits célestes, venaient ravir à la terre celle qui appartenait avant tout au Ciel, et porter sur son trône celle que Dieu voulait établir leur reine.

Marie, voulant donner à cet apôtre qui n’avait pu recevoir desa bouche ses derniers adieux, un gage de son affection, laissa échapper sa ceinture qui tomba sur ce rocher blanc qu’on nous montre à quelques pas de là. L’heureux disciple recueillit avec empressement ce gage précieux qui a été conservé jusqu’à nos jours. Cest à Prato, en Toscane, que se trouve aujourd’hui la ceinture de Marie, et c’est là qu’on la vénère en certains jours avec de grandes solennités.

Nous remarquons à droite, en sortant du saint tombeau: adossé au mur latéral, un autel dans un enfoncement en forme de chapelle, c’est celui des Syriens.

Mais l'office des Arméniens n’est pas encore terminé, il nous faut repasser aux marches mêmes de leur autel, au milieu de leurs cérémonies, et comme la première fois, on ne parait exciter que la curiosité des assistants, plus probablement par nos costumes que par nos allures, car nulle part se fait jour

le moindre mécontentement du dérangement que nous occasionnons.

Cependant nous ne voulions pas encore nous retirer de suite; puisque nous en avions l’occasion, nous voulions examiner un peu ces liturgies étrangères que nous avions sous les yeux. Nous formons donc un groupe au milieu des assistants,

té.

LE

320 D2 QUÉB2O À JÉRUSALEM

pour suivre, peut-être avec plus d'attention qu'eux-mêmes, les cérémonies de l'office.

Pour moi, avec quelques compagnons, je laisse bientôt là les Arméniens, pour passer dans la nef opposée et suivre les Cophtes que je n'avais fait qu'entre voir en arrivant.

Il serait difficile, je pense, de faire des cérémonies religieuses avec moins de décence, plus en cuisine, je pourrais dire,qu'on ne le faisait là.

L'assistance était peu nombreuse, et comme cette nef est totalement obscure, l'éclairage était bien insuffisant, pour un tel espace. Il n'y avait pour ainsi dire que les quelques cierges d’allumés à l'autel pour donner de la lumière, Les assistants au lieu d’être accroupis sur le pavé, comme les Arméniens, se tenaient tous debout.

Nous primes place près de l'autel tant pour voir les choses de plus près, que pour profiter de la lumière qui se trouvait là.

Le prêtre était seul avec un servant, qui, debout à son côté, le servait et répondait à ses versets. Nous voyons sur sa patène son hostie, qui nous parut un petit gateau de pain ordinaire, 11 multiplie ses signes de croix avec une grande précipitation, et débite sa liturgie dans une langue que nous ne comprenons pas.

Arrivé, nous le supposâmes, lé moment de la communion, il partage son hostie et en consomme une partie, puis donne le reste à son servant, non pas en le lui mettant dans la bouche, mais en le déposant sur un voile de soie que celui-ci, debout, tient étendu sur ses mains. Le servant se met aussitôt à mordre dans son hostie en se courbant et en rapprochant le voile de sa bouche, comme le ferait celui qui voudrait manger un biscuit en évitant de le toucher. Il mâAchedongtemps, car il avait au ioins 7 à 8 bouchéés à prendre.

Vient ensuite la communion du calice, puis les ablutions.

Sans nous en apercevoir, voulant toujours voir les choses de près, et poussés par ceux derrière nous, nous remarquons qué nous avons envahi la marche de l'autel et que nous disputons presque l’espace au célébrant. Mais qui le croirait ? Ce prêtre est si accommodant, qu’il nous cède l’espace et recule vers Le coin de l'évangile pour terminer son office.

Il a donc pris les ablutions avec le calice, Il étend alors lés mains jointes ensemble, et le servant les lui remplit d'eau.

Aussi dessu conte pouve Le pr barbe sentir malgr prêtre Jésusde Ro Pouva Christ a plus Rome pour q un mê Or enfonc musul grand prophèl Re veau 8 suivre porte d l'Agon tout ce Ce

la voyo par un pratiq église, Ce

1èmes, les

bientôt là suivre les

nies relipourrais

tte nef est , pour un es cierges assistants éniens, se

voir les re qui se

à son côté, sa patène ordinaire.

cipitation, mprenons

mmunion, 8 donne le a bouche,

i, debout, t à mordre voile de sa un biscuit il avait au

ablutions.

les choses bmarquons que nous e croirait !

a et recule

étend alors nplit d'eau

Aussitôt, par un brusque mouvement, il élève les mains audessus de sa tête, et nous arrose abondamment de l’eau qu’elles contenaient et que nous recevons ainsi tout surpris et sans pouvoir contenir le fou-rire qui s'empare de notre groune. Le prêtre, après cette aspersion, se lave ensuite la figure et la barbe de ses mains mouillées, puis s'essuie avec une serviette,

Il est impossible de voir s'exécuter ces cérémonies sans se sentir dominé d’un vif sentiment de tristesse. Car après tous, malgré le peu de décence qu’on apporte à ces célébrations. ces prêtres sont véritables prêtres, et c’est réellement le corps de Jésus-Christ qu'ils traitent avec ce sans-façon. Quoique séparés de Rome, ces schismatiques n’ont pas perdu le sacerdoce, Pouvant consacrer validement, n’est.ce pas chez eux que Jésus- Christ se trouve véritablement prisonnier ? Et dire qu’il y en a plus de 100,000,000 de ces schismatiques ainsi séparés de Rome ! Quel motif pour les catholiques de prier instamment pour qu’il arrive qu'il n’y ait plus bientôt qu’un seul bercail et un même pasteur, unwm ovile et unus pastor. (1)

On remarque à droite du tombeau de la Ste Vierge, un enfoncement en forme d’abside, c’est un lieu de prière pour les musulmans. Les enfants de Mahomet témoignent toujours un grand respect pour Marie, comme étant la mère d’un grand prophète.

Remontant le grand escalier, nous nous trouvons de nouveau sur le parvis de l'Eglise, nous touruons à gauche, pour suivre une impasse au bout de laquelle nous voyons une petite porte en fer s’ouvrant sur une grotte ; c’est la Grotte de l’Agonie, où pria Notre Seigneur et où il souffrit dans son âme tout ce que son corps souffrit ensuite.

Cette Grotte est une des plus intéressantes, parce que nous la voyons à découvert telle qu’elle a toujours été. On y descend par un escalier de 6 marches. Elle est éclairée par un trou pratiqué dans la voute, Elle était autrefois surmontée d’une église, qui détruite, n’a pas été rebâtie. 9

Cette grotte, de forme irrégulière, mesure environ 30

nes

(1) Léon XIII, par un bref en date du 21 janvier 1879, a érigée en confrérie LA Sarnre-UNION, ou Association dé prières pour la conversion des schisimatiques. Le billet d'admission représente le Sauveur, les mains liées et en prison ; c’est Jésus-Christ prisonnier au inilieu de schisinatiques, qui ne sont-pas des siens,

pieds sur 26 ; elle renferme trois autels, c'est sous celui du fond que se trouve l'endroit où se tenait N. $. lorsqu'il souffrit cette agonie qui lui causa cette sueur de sang coulant jusque sur le sol, tanquam guttæ sanguinis decurrentis super terram.

Nous remontons l'escalier pour sortir de la grotte, traver. sons de nouveau le parvis de l’église de l’Assomption, et tour. nant à gauche, nous longeons le jardin de Gethsémani que nous ne devons visiter qu'à notre retour ; parvenus à l'angle N.E, du mur du jardin, nous suivons la route qui s'ouvre droit devant nous, se dirigeant à l’est, pour monter sur la montagne des Oliviers.

Le mont des Oliviers, contrairement aux autres qui entourent Jérusalem, comme le mont du Scandale, celui du Mauvais-Conseil, présente un aspect beaucoup plus riant, Ce n’est plus la roche nue qui se montre partout ici, mais un gazon ou des cultures presque sans interruption, avec par-ci par-là quelques arbres, surtout des Oliviers, qui paraissent tous fort anciens et qui affichent aussi le peu de soin qu'on leur donne. Nous savons d’ailleurs que du temps des Croisés, cette montagne était presque entièrement couverte d’oliviers, puisque les sollats francs furent obligés de les abattre en grande partie pour y asseoir leur camp.

La montée quoique raide, n’est nulle part escarpée et n'offre aucune difficulté. ù

A environ 60 pas de l’angle N. E. du jardin de Gethsémani, la route se bifurque, nous prenons la branche de gauche qui est la plus douce et nous voyons à notre droite, à la hauteur du mur en moellons qui borde la route, le rocher blanc sur lequel la Ste Vierge laissa tomber sa ceinture et d’où l'apôtre S. Thomas la vit enlevée au Ciel. Ce lieu est tenu en grande vénération, surtout par les Grecs schismatiques.

Arrivés presque au haut de la montagne, on se trouve dans une légère dépression quisépare le mont Viri-Galilæi de celui de V’'Ascension. La route porte encore ici une bifurcation, une branche se rendant au Viri-Galilæi à gauche, et l’autre au village Arabe de Zeïtoun ou lieu de l’Ascension.

On dit que c’est à cette bifurcation que l’archange Gabriel, comme le rapporte S. Epiphane, aurait annoncé à Marie que dans trois jours elle irait se réunir à son fils dans le Ciel. Îl y avait autrefois en cet endroit un petit oratoire, mais aujourd'hui il n’en reste plus de traces.

Le léens grande

que ce aient d Galilée ont dû l’Ascer graves Notre.

saintes c'est là ancien

santes, de suit mur e ur mi lène la Seigne

La dinaire ment c quée d monta de piec suppor chacui

L’ vénére montai aussi, :

doute, pour e qui res ment, thentic tage, qu’elle plus de

Is celui du d'il souffrit ant jusque lerram.

tte, traver.

on, et tour.

1i que nous ingle N.E, uvre droit , montagne

autres qui e, celui du s riant, Ce il, mais un avec par-Ci paraissent soin qu'on les Croisés, d’oliviers, abattre en

scarpée et

ethsémani, >auche qui a hauteur blanc sur où l'apôtre en grande

rou ve dans de celui de ation, une itre au vil-

ge Gabriel, Marie que e Ciel. Il ais aujour-

Le mont Viri-Galilæi devrait son nom, parait-il, aux Gairléens qui se retiraient là lorsqu'ils venaient assister aux grandes solennités de la ville sainte.

Il n’est pas probable, comme le veulent certains auteurs, que ce soit là que les anges, lors de l’Ascension du Sauveur, aient dit aux assistants stupéflés d’admiration : ‘“ Hommes de Galilée, pourquoi regardez-vous vers le Ciel ?” Ces paroles ont dû sans doute étre adressées à la foule, sur lieu même de l'Ascension. Mais on peut raisonnablement croire, avec de graves autorités, que ce serait là le lieu du rendez-vous que Notre-Seigneur ressuscité donna à ses apôtres, lorsqu'il dit aux saintes femmes : ‘dites à mes frères qu'ils aillent en Galilée, c'est là qu’ils me verront.” Ce mont, dans plusieurs écrits des anciens, est simplement désigné par le simple nom de Galilée.

Comme il n’y a plus là que quelques ruines peu intéressantes, nous nous nous dispensons de les visiter pour parvenir de suite au village de Zeïtoun que nous laissons à gauche. Un mur entourant une cour, près de la porte de laquelle s'élève ur minaret, renferme l'emplacement où fut bâtie par Ste Hélène la basilique qu’elle érigea à l'endroit même.où Notre- Seigneur s’enleva dans les Cieux.

La porte de cette cour, qui s'ouvre du côté de l'O. est d’ordinaire fermée, mais un minime backchih nous la fait facilement ouvrir. Au milieu de cette cour s'élève une petite mosquée de forme octogonale qui abrite l’endroit même où Jésus monta au Ciel. Cette petite mosquée, mesurant une vingtaine de pieds de diamètre, est terminée par une petite coupole que supportent huit arcades soutenues par autant de piliers, flanqué chacun de deux petites colonnes en marbre blanc.

L'intérieur est entièrement nu, et on n’y rentre que pour vénérer le vestige du pied gauche de N. S. qu’il imprima en montant au Ciel. On voyait autrefois l'empreinte du pied droit aussi, mais depuis des siècles elle est disparue, par suite, sans doute, des pieuses indiscrétions des pèlerins qui la dégradaient pour en remporter quelques parcelles. Celle du pied gauche qui reste encore est bien distincte quoique altérée aussi légèrement. Cette altération loin d’inspirer des doutes sur son authenticité, est bien plutôt propre à nous y faire croire davanage. En l’examinant attentivement, on se convainc sans peine qu’elle n’est pas l'œuvre de la main de l’homme, et sielle avait plus de fraicheur et de précision, nous aurions peine à admettre

Page 1