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et de l'Orient, du Nord et du Midi, pour constater de visu l’ac complissement de la parole de Dieu, pour être témoins de ce miracle perpétuel que chaque pouce de cette terre proclame aux yeux du croyant.
Mais si nous sortons de Jérusalem, ce n’est pas toutefois après lui avoir fait nos adieux, car nous avons encore à fire une connaissance plus intime avec ses différents sanctuaires, à nous laisser pénétrer davantage de cette atmosphère pieuse dont on se sent si agréablement saisi à leur visite.
C'est à l’église de Ste Anne que je porte mes pas pour y célébrer ce matin. Un double motif m'y attirait; d’abord la faveur de célébrer dans la grotte de l’Immaculée Conception, et en second lieu la consolation de vénérer, sur le lieu même de sa naïssance, celle qui à ce titre là même a été donnée pour patronne à ma paroisse natale, à l’église ou j'ai été baptisé, où j'ai fait ma première communion et où j'ai débuté dans les fonctions du ministère sacré. La paroïsse de Bécancour, au diocèse des Trois-Rivières, a pour patronne la Ste Mère de Dieu au titre de sa Nativité, Aussi, avec la permission des Pères d'Afrique, gardiens de ce sanctuaire, je me suis considéré heureux de pouvoir détacher du rocher même, dans la sainte grotte, un fragment notable pour en faire présent à ma paroisse,
Les Pères d'Afrique nous font les honneurs de leur sanctuaire avec une complaisance extrème. Ils poussèrent même la bienveillance jusqu'à m’inviter à prendre la tasse de café avec eux, après la messe ; j'en profitai pour converser plus longuement avec les bons pères et obtenir des renseignements plus complets, tant sur leurs missions d'Afrique que sur lenr établissement de la Vil!.-Sainte,
Revenu à Casa-Nova, je trouve toute la caravane sur pied, prète à partir pour S. Jean-dans-la-Montagne, moins toute fois mon compagnon de route M. Bolduc. Une atta que de diabète dont il avait déjà soutfert ayant menacé de se montrer de nouveau, il avait cru prudent de s’interdire pour le moment l'exercice eu cheval, J’enfourche donc mon docile mulet qui m'avait amené de Jaffa, et nous voilà partis.
Nous franchissons la porte de Jaffa, et, sntre la route à gauche qui nous mène à Bethléem et celle de droite qui con: duit à Jaffa, nous en prenons une troisième au milieu qui aboutit à S. Jean, en passant par Ste-Croix que nous voulons aussi visiter,
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À quelques minutes seulement de la porte de Jaffa, nous passons devant un cimetière musulman, au milieu duquel se trouve la Piscine supérieure, qui est encore appelée Piscine des serpents et Birket-Mamilla par les Arabes. Cette piscine a environ 300 pieds de longueur sur 150 de lirgeur, et 12 à 15 de profondeur. Une église dédiée à Ste Mamilla fut autrefois érigée près de là, on n’en voit plus que les ruines. C’est aussi en cet endroit, à l'extrémité de la vallée de Gihon, que par ordre de David, le grand prêtre Sadoc avec le prophète Nathan sacrèrent Salomon roi, pendant que le rebelle Absolon se faisait proclamer aussi roi à l'extrémité opposée de la même vallée, près de la piscine de la Vierge.
C’est encore en cet endroit, dans ce champ qu'on appelait lechamp du foulon, que 185,000 hommes de l’armée de Rabsacès qui assiégeait la ville à la tête des armées de Sennaché.rib roi des Assyriens, furent frappés de mort dans une même nuit,
Sous les ruines de l’église de Ste Mamilla se trouve encore l charnier du lion, c’est une caverne creusée dans le roc, et qui est ainsi désignée, par ce qu’on dit que du temps de Chosroës, un lion y avait transporté durant une nuit un grand nombre de cadavres de chrétiens mussacrés par le roi Persan.
A quelques pas de la Piscine supérieure, nous laissons nos montures au soin des moukres, pour traverser un champ qui nous sépare de l'établissement du Père Ratisbonne que nous voulons visiter en passant.
Ou sait que le P. Alphonse.Marie Ratisbonne est ce miraculé Juif à qui la Ste Vierge se montra dans une église de Rome, lorsqu'il n’était encore que disciple de l’ancien testament. Aussitôt après sa conversion, il entra dans l’état ecclésiastique. Retiré à Jérusalem depuis plusieurs années, il s’occupe particulièrement de la conversion des Juifs. Riche de biens de famille, il a fondé la maison des filles de Sion à l’Ecce. Homo dont il est encore le chipelain, puis cet établissement de S, Pierre que nous venons visiter, et qui n’est à proprement parler qu’une école d’arts et de métiers, pour offrir des carrières aux orphelins qu’il a recueillis ou convertis, tout en leur donnant l'instruction.
L'établissement est considérable et paraît très prospère. On est étonné surtout de voir les cultures qu'il fuit faire ici sur une montagne qui ne semblait que pierre nue. Le climat
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est si avantageux ici, qu'avec de l’eau on peut presque faire tradil réussir toutes les cultures sur la pierre, il suffit qu’on puisse croix 4 y retetiir quelques pelletées de.terre.
Ÿ I j Les jardins qui ne sont encore pour ainsi dire qu'ébauchés, ce ser î nous montrent déjà une apparence des plus encourageantes, rusale | LT Le Père qui est un viellard encore bien frais, quoique à ici un chevelure de neige, nous accueillit avec une extrême politesse, pour et nous conduisit lui-même dans ses divers ateliers, où les Il jeunes gens se forment au travail: menuisiers, tourneurs, for- vità L gerons, photographes, etc. S'il est un moyen de régénérer noyer l'Orient, ce ne peut être que par les jeunes gens et surtout les peu pr orphelinats qu'on pourra réussir. En arrachant ces pauvres men n indigènes à leurs croyances absurdes, on léur inculquera en permel même temps des idées d'ordre et de travail au moyen des- cyprès quelles on pourra en faire des Citoyens utiles et respectables, quemn Tandis qu'avec les sentiments d'insouciance et d’oisiveté qui dominent partout chez eux, il est presque impossible, en ne ie ji comptant qu'avec les adultes, d'amener ces peuples aux lois et ae Hi k usages de la civilisation. Les Pères d'Afrique nous ont donné représe li: à ce sujet des détails des plus intéressants sur leurs établisse- rapport il ments d'Afrique formés par leurs orphelins ; pourquoi n’adop- Pondro
terait-on pas le même système pour la Palestine? Qui sait si, un jour, on ne verra pas une colonie agricole Canadienne fixée en Terre Sainte, pour former un noyau de cultivateurs, qui avec ce sol riche et ce climat si doux, vivront dans l’aisance et La paix sous ce soleil de l'Orient, au berceau de l’humanité, et au berceau surtout du christianisme dont ils auront l'histoire constamment sous les yeux? Que nos cultivateurs l laissent de côté leur faible pour ce luxe désordonné dont ils je font étalage, et transportent en Orient leurs habitudes de traf vail ét d'honnèteté, leur amour de la famille et leur foi vive, Ik et l’on verra un peuple d’adorateurs nouveaux repeupler la
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' terre de Chanaan, l’on verra couler encore le lait et le miel Ap x dans les champs donnés en récompense à Abraham, Isaac et des aut Jacoh. Que de paroisses riches et prospères ne pourrait-on pas découva form :r avec les plaines de Saron, d’Isdrelon, de Cisson ? Atien- vallée 6
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Nous reprenons bientôt nos montures pour continuer . notre roule.
À environ un mille plus loin, nous laissons de nouveat Ce la route pour visiter le couvent de Ste-Groix, bâti d’après la teresse (
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tradition, à l'endroit même ou l’on coupa l'arbre dont on fit la croix de Jésus.
La construction de ce couvent remonterait au VITe siècle ; ce serait Héraclius lui-même qui, après avoir rapporté à dé: rusalem la vraie Croix reprise à Chosroës, aurait fait construire ici un sauctuaire à l'endroit même où l'on avait pris l’arbre pour cette Croix.
Il y a eu maintes discussions sur l'espèce de bois qui servit à la croix du Sauveur. $S. Antonin veut que ce soit un noyer, d’autres ont prétendu que c'était un chène, il paraît à peu près démontré aujourd’hui que c'était un cyprès, l’examen microscopique des fragments qui nous en restent encore permet de constater que ce doit être un arbre résineux, or le cyprès est l'espèce de conifère qui se rencontre le plus fréquemment en Palestine.
Ce cou vent sert aujourd’hui de séminaire aux Grecs schismatiques. L'église qui a un beau pavé en mosaïques est ornée de peintures à fresque qui s’en vont se détériorant, et qui représentent plusieurs légendes plus ou moins authentiques se rapportant à la vraie Croix. On nous montre sous l'autel l'endroit même où aurait été coupé l'arbre dont on laurait fabriquée.
Nous reprenons nos montures pour continuer notre route par un sentier fort difficile ; il nous faut escalader des montagnes par une route tortueuse, escarpée, raboteuse. Nous atteignons bientôt un endroit d’où l’on découvre la Méditerraunée ; tandis que devant nous nous voyons la chaîne des montagnes interrompue par l'étroite mais profonde vallée du Térébinthe, nous apercevons à droite sur une hauteur Nébi- Samouïil, et plus à l'Est le mont des Oliviers avec une partie de la Ville-Sainte.
Après avoir franchi plusieurs élévations séparées les unes des autres par des dépressions plus ou moins profondes, nous découvrons devant nous, sur un mamelon dominant toute la vallée du Térébinthe, le couvent et le village de S. Jean, l’Aïn- Kârim des Arabes, Nous atteignons d’abord le mur du jardin des Pères et nous le longeons jusqu’à la porte qui donne accès dans leur cour.
Ce couvent, avec ses murs d’enclos, ressemble à une for: teresse du moyen âge. C'est qu’isolé dans les montagnes, il