‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 53 sur 94 · FES · texte numérisé non relu

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a eu plus d’une fois dans le passé, à résister aux attaques des bédouins et autres musulmans.

Comme nous devons non seulement prendre le dîner ici, mais encore y passer la nuit, l’on nous distribue des chambres, et aussitôt, en attendant l’heure du repas, nous nous rendons à l’église, bâtie sur l'emplacement même de la maison de Zacharie.

L'église est à trois nefs séparées par des piliers et surmon. tée d’une rotonde dont le tambour est percé de fenêtres. Le pavé est en carreaux de marbre de différentes couleurs, et les parois recouvertes de tuiles faïencées d’un très bel effet, Quoique église paroissiale, elle est de dimensions assez res. treintes, car sur les 700 âmes qui composent le village d’Ain. Kärim, les catholiques en réclament à peine cent.

A l'extrémité de la nef de gauche, on descend par un escalier dans la grotte de S. Jean-Baptiste. Cette grotte faisait autrefois partie de la demeure de Zacharie, et c’est là qu'est né le plus grand des enfants des hommes. Nous allons les uns après les autres vénérer sous l’autel l'endroit précis de la naissance du saint Précurseur,puis avec quelle satisfaction nous chantons le Benedictus Dominus Deus Israël, à l'endroit même où la bouche de Zacharie délivrée de son mutisme, fit entendre pour la première fois ce chant inspiré du Ciel. * Et tu puer propheta Altissimi vocaberis..…... Et toi, petit enfant, tn seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies; pour donner aux peuples la science du salut, pour la rémission des péchés...”

On voit sous l’autel des médaillons en marbre blanc re. présentant diverses circonstances de la vie du 8. Précurseur, d'une fort belle exécution ; ce sont des présents de la famille royale de Naples.

Après le dîner, nous reprenons nos montures pour aller visiter dans le désert la grotte de S. Jean-Baptiste, qui est distante de plus d’une lieue.

Tout d’abord nous passons à la fontaine de la Vierge, qui fournit de l’eau à tout le village. Les chrétiens l'ont ainsi nommée par ce que sans doute Marie a fait usage de cette eau pendant les trois mois qu’elle passa chez sa cousine Elizabeth. Puis nous nous rendons au sanctuaire de la Visitation, où Marie vint visiter sa cousine. Car Zacharie avait ici, en dehors de la ville, sa maison de campagne.

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On voit sur la paroi de droite de ce sanctuaire une relique dont la légende est fort touchante et des plus respectables, si toutefois elle n’est pas d’une authenticité incontestable. (C'est l'empreinte, dans le rocher, du corps du S. Précurseur, lorsqu'il n'était encore âgé que de quelques mois.

Au temps où tous les rochers des environs retentissaient des gémissements des mères qui, avec Rachel, pleuraient leurs enfants qui n'étaient plus, par suite du massacre ordonné par Hérode, Elisabeth qui s'était retirée avec son enfant dans sa retraite du désert, voyant arriver les archers du tyran, et ne sachant comment soustraire son enfant à leurs recherches, l'aurait placé sur le rocher pour lui chercher une retraite. Mais voici que le rocher, moins dur que le cœur d'Hérode, s’amollit tout à coup etlaisse pénétrer dans sa masse le précieux dépôt. L’empreinte de l'enfant est parfaite et ne laisse aucune trace du travail de la main de l’homme. Mais c'est ici mêmeque le Messie qui n’était pas encore au monde vint apporter le salut au S. Précurseur et à sa mère, et que celle qui était déjà la mère de Dieu chanta dans le transport de sa joie, pour la consolation de sa sainte cousine, les faveurs, les grâces dont le Très-Haut l'avait comblée : Magnificat anima mea Dominum. Fecit mihi magna qui potens est. ... Et celui qui a fait de grandes choses, qui a renfermé la divinité dans le sein d'une vierge, qui a rendu fécond le sein stérile, ne pouvait:il pas amollir le rocher pour cacher son précurseur, celui qui devait marcher devant lui ?

Que le récit que nous fuit l'Evangile de cette sainte visite est touchant et instructif ! Avec quelle attention nous en fimes ici la lecture, pour entonner ensuite le Magnificat,en nous efforçant de nous mettre en union de sentiments avec celle qui le chanta pour la première fois et celle qui éprouva la première les heureux effets de la visite du Sauveur des hommes.

En sortant du sanctuaire de la Visitation, nous continuons notre route à pied pour aller rejoindre nos montures, que les moukres ont fait avancer au delà d’un précipice que forme la montagne dont le sentier sillonne le flanc. Le chemin est ici si étroit et la rampe si escarpée, qu'il est plus prudent de passer cet endroit à pied, car un faux pas d’une monture pourrait avoir les conséquences les plus funestes en entraînant dans le précipice.

À quelques arpents de là, nous passons à droite un ter-

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