LÉGENDE
Grotte de la Nativite du Sauveur.
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12 Autel sur le tombeau de S''Jerôme
Porte des Chapelles souterraines. | Autel de S'UJoseph. | Autel sur le tombeau des S% | Innocents . | Autel sur le tombeau de S!Æusebe | Autel sur le tombeau de S'%* | fuaude et Eustochie. |
Chapelle dans l'anvienne vellule
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Grave par À. Hausermann et. A. Simon
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étendue considérable de pays où elle répand la fraicheur et la fertilité.
On voit à quelques arpents de là trois colonnes, restes d’une ancienne église, bâtie en cet endroit pour perpétuer le souvenir du baptôme administré par S. Philippe.
En continuant par la même voie, on passe plus loin par Beit-Djalla, qu’on croit être l’ancien Gelmon, patrie d’Achitophel, l'infâme conseiller du rebelle Absolon, qui vint s'y pendre de désespoir. Ce village entouré d’une belle forêt d'oliviers, compte 3,000 habitants, dont 600 catholiques et le reste Grecs schismatiques. (C’est là que le patriarche latin de Jérusalem a son séminaire.
Peu avant d'arriver à Bethléem, la route traverse un cimetière musulman, au milieu duquel se trouve le tombeau de Rachel. C’est une construction d’une trentaine de pieds carrés surmontée d’une coupole, tenue en grande vénération par les musulmans et les Juifs. Les femmes y font des pèlerinages pour obtenir la fécondité.
On lit dans la Genèse que Jacob, revenant de la Mésopotamie, Rachel son épouse mourut à Ephrata, appelée Bethléem, après avoir donné naissance à Benjamin ; et que le patriarche ft ériger un monument sur le tombeau de son épouse, Et c'est ce monument, plusieurs fois restauré, qui aurait renfermé les restes de la mère de Benjamin.
Avant d'entrer à Bethléem, nous nous détournons un peu de la route pour aller visiter la citerne de David. On prétend que le pâtre [saïe, père du roi prophète, avait sa demeure au. près de cette citerne, qui est entièrement taillée dans le roc, Ce fut aussi de l’eau de cette citerne que trois braves de l’armés de David lui apportèrent près de la grotte d’Odollam, pour répondre à un désir du grand roi, n’ayant pas craint de traverser l'armée des Philistins au péril de leur vie, afin de témoigner de leur dévouement à leur maître. Le roi, étunné de leur empressement, rejeta l’eau en disant: A Dieu ne plaise que je boive le sang de ces hommes, qui au péril de leur vie, m'ont apporté cette eau.
Il était près de midi, lorsque nous pénétrâmes dans la cour des Pères franciscains, alors tout encombrée des pierres qu’on y accumulait pour la construction de leur nouvelle église, dont Les travaux étaient tout récemment commencés.
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358 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
La majorité de la population de la cité de David est catho. liv::2, aussi nous nous accordâmes tous à reconnaitre dans la foule qui encombrait les rues, pour être témoin de notre ar. rivée, une physionomie toute différente de celle que nous avions rencontrée jusque là. Ce n’était plus le débraillement et les bouches voilées des musulmanes avec leurs yeux scruta. teurs et effrontés, mais partout des visages découverts et riants, témoignant de la sympathie avec laquelle on nous recevait.
Bethléem a bien l'apparence ordinaire des villes orien. tales, cependant elle n’a pas ce caractère de deuil qu’on recon. nait à Jérusalem. A l'approche de la cité de David, d’où est sorti le dominateur des nations, c’est plutôt la joie qui s'empare du cœur que la douleur comme à Jérusalem. On se sent
"aétré d’une émotion des plus agréables en entrant dans cette petite cité, qui n’est pas la moindre parmi toutes celles de Juda ; cette cité d’où est sorti le soleil de justice qui à illuminé ‘oute: 2: nations, Jésus-Christ notre Dieu, qui nous délivrant de la mort, nous a donné la vie éternelle. Il semble que lat. mosphère raisonne encore de ces paroles des esprits célestes qui se firent entendre ici autrefois à de pauvres gens du peuple, à l’âme droite et docile : “Gloire à Dieu, au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.”
Bethléem est peut-être la seule ville de Terre-Sainte où il n’y a point de mosquée. La Croix ici a repris son ascendant sur le croissant.
Aussitôt que les chambres nous furent distribuées, nous descendîmes au réfectoire pour le diner. Malheureusement le local se trouve trop petit pour notre noïusre, et une douzaine sont obligés de se rendre à une autre chambre où l'on avait dressé une table supplémentaire. Il convenait que les plus jeunes allassent garnir cette nouvelle table ; mais comme le res pect et les convenances pour le prêtre ne font plus guère partie du code de politesse française — j'aurai occasion de le noter encore plus tard — on associa à ces jeunes gens trois prêtres, et parmi eux le doyen d'âge de la caravane,
Bethléem était autrefois une ville fortifiée, mais Ibrahim Pacha, en 1834, fit disparaitre les restes de ses fortifications en rasant le quartier musulman pour le punir de s'être révolté contre son autorité.
Bethléem (Ephrata) est une des plus anciennes villes de la Judée, puisque nous la trouvons déjà fondée 1740 ans avant
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J. C. Une foule de personnages illustres sont sortis de son æin: Elimelech, Noémi, Booz, David, Joseph, l'époux de Marie, Ste Anne, et surtout le Sauveur des hommes. Bethléem le berceau de David et de Jésus! l’illustre cité ne semble.t-elle pas renfermer les deux testaments ?
Bethléem est à 2538 pieds au dessus de la Méditerranée, par conséquent de 198 p. plus élevée que Jérusalem, qui n’en compte que 2340 au dessus du même niveau.
Elle est située sur une montagne s'étendant de l'E. à O., presque en demi-cercle, et tout entourée de vallées fertiles et bien cultivées. Sa population est d'environ 5.500 habitants, dont 3000 sont catholiques, 1,700 Grecs, 700 Arméniens, 15 protestants et environ 100 musulmans. Ses habitants sont actifs et laborieux, leur principal commerce consiste surtout en objets de piété qu’ils confectionnent : chanelets, croix, écrins en nacre, etc., etc.
Presque aussitôt après le diner, nous nous mettons à visiter la ville. Et tout d'abord nous voulons nous rendre à la grotte de la Nativité, que les chrétiens, depuis la naissance du Sauveur, viennent visiter de toutes les parties du monde, Je dis les chrétiens, je pourrais y joindre également les musulmans, car eux aussi tiennent cette grotte en grande vénération et vont y prier.
On peut se rendre à la sainte G:otte par deux voies différentes, l’une par l’église Ste Catherine qui est l’église paroissiale des latins desservie par les franciscains et faisant presque partie de leur couvent, et l’autre par la basilique de la Nativité. C’est par cette dernière que nous nous y rendons.
La construction de la basilique de la Nativité remonte à Ste Hétène. C’est nne vaste construction à 5 nefs, séparées par 4rangées de coionnes monolithes de pierre reugeâtre imitant le marbre. Ces colonnes sont surmontées de chapiteaux corinthiens. Ses murs étaient autrefois décorés de fresques et d'or ; on en voit encore des restes en certains endroits.
On est tristement impressionné en entrant dans cette superbe église, parce qu’à part le chœur qu’on a séparé par une eloison, elle sert aujourd’hui de marché, de place publique. Elle n’a pas de voute, les poutres de la charpente sont à découvert,
Le chœur, qui est ainsi séparé du reste, sert d'église paroissiale aux schismatiques ; mais les franciscains y ont droit
de passage. Ce chœur est exhaussé d'environ 2 pieds au des. sus des nefs, et c'est sous cet exhaussement que se trouve la sainte Grotte.
Nous traversons donc ce chœur des Grecs, et prenons À droite un escalier qui par 6 marches nous conduit dans la Grotte. (a)
La Grotte (1), qui peut avoir 36 pieds de long sur 13 à 14 de large, ne reçoit de lumière par aucune ouverture, et n'est étlairée que par le grand nombre de lampes qui y brülent tonstamment. Les parois sont recouvertes de tapisseries et la plafond est factice. Le pavé est recouvert de plaques dé mar. bre, On voit à druite, en entrant, une abside terminant la Grotte du côté de l'E., et sur le pavé, au-dessous d’une table servant d'autel (5), une pierre de jaspe portant incrustée une étoile d'argent sur le bord de laquelle on lit :
Hic de Virgine Maria Jesus Christus natus est ; Ici, JÉsus-CHrisT EST NÉ DE LA VIERGE Marre.
Oui ! c’est ici qu'a eu son accomplissement le plus grand événement dont la terre ait été témoin depuis son origine! Événement que Dieu lui-même annonça au premier homme qui sortit de ses mains créatrices, que les anciens patriarches ont désiré avec tant d'ardeur, que tous les prophètes ont an noncé, et que le peuple d'Israël a attendu avec tant d’'impatience durant de longs siècles. C’est ici, c'est dans cette Grotte que le Créateur de l'Univers, revêtu de notre humanité, de. vénu notre semblab. , s’est montré pour la première fois aux yeux de l’homme ! Abyme d'amour, mystère d’un anéantissement incompréhensible, confondant la sagesse des plus grands génies, condamnant l’orgueil des superbes, exaltant la simplicité et l’abjection des humbles, des pauvres !
C'est d'ici que cet enfant, dont les bras ne sont pas capables de soulever les langes qui les enveloppent, fera trembler Hérode jusque sur son trône. C'est ici qu’en compagnie du bœuf et de l'âne, il recevra les hommages des rois de la terie ses sujets. Aussi avec quelle douce émotion, les uns après les autres, nous nous prosternons pour appliquer nos lèvres sur l'étoile indiquant le lieu précis où le mystère s'est accomplil
Ici, comme au S. Sépulcre, les schismatiques sont pare
(a) Voir le plan ei-joint.
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uus à usurper sur les franciscains, les véritables possesseurs de ces sanctuaires, la plus grande partie de ces lieux que viennent vénérer les chrétiens de toutes les parties du monde.
Les latins peuvent célébrer dans la Grotte, non toutefois 4 l'autel de la nativité (5), mais seulement à celui des mages (3) à quelques pieds de là, dans une grotte latérale, dans laquelle on pénètre en descendant deux marches. Cette seconde grotte est taillée dans le roc et revêtue de marbre comme la principale. Au fond se trouve un autel à l'endroit même où fut déposé le divin enfant après sa naissance (2 ), là où il reçut les premières adorations des bergers qui veillaient dans la plaine.
Cette seconde grotte peut mesurer 7 à 8 pieds sur 4 à 6 de marge. Près de son entrée se trouve l'autel des rois mages (3), le seul qui appartienne aux latins.
A l'extrémité de la grotte s'ouvre une petite porte (7) donnant dans un couloir qui conduit à diverses chapelles souterraines appartenant aux Pères franciscains, et à la suite desquelles se trouve l'escalier conduisant à leur église de Ste Catherine (14). |
Avant de les parcourir, examinons d’abord un rond dans le pavé près du fond de la grotte (6); c’est là que jaillit miracu. leusement une source qui servit aux besoins de la sainte famille tant qu’elle habita la grotte.
Ayant franchi la porte (7), nous trouvons bientôt à droite la chapelle de $. Joseph (8. L'antel est dédié à la fuite en Egypte, que représente une toile rangée parmi les chefs. d'œuvre, et qui fut peinte à Cologne. Ce tableau est recouvert d'un grillage en fil de fer pour empêcher qu’il ne soit détérioré par les schismatiques, qui passent dessus leurs mains pour les baiser ensuite.
De là, en descendant cinq marches, on pénètre dans la chapelle des saints Innocents (9). Cette chapelle est un peu plus grande que la précédente, et quoique taillée dans le roc, son plafond est soutenu au milieu par un énorme fut de celonne. D’après la tradition, bon nombre de mères, pour soustraire leurs enfants à la fureur des émissaires d'Hérode, se seraient refugiées là, et c’est là qu’en leur présence on aurait massacré ces innocentes victimes. Le tableau de l'autel représente une scène de cet horrible massacre, et sous l'autel se trouve le caveau qui leur aurait servi de sépulture.
Prenant de là une direction au N., on enfile un étroit cou.
loir où l’on rencontre à droite l’autel de S. Eust be de Crémone (10), ce disciple de 8. Jérôme qui vendit ses biens pour aider son maître à fonder un monastère à Bethléem, et qui, après lui avoir succédé comme supérieur, mourut au bont de deux ans et fut comme lui enseveli près de la crèche du Sauveur, en 492.
A l'extrémité de ce couloir, on pénètre dans une autre cha. pelle également taillée dans le roc, comme les précédentes, On rencontre d’abord à gauche un autel érigé sur le tombeau de Ste Paule et de sa fille Ste Eustochie (11). lssue de la noble famille des Gracques et des Scipions, Paule, après la mort de son mari, s’en vint à Bethléem avec sa fille où, sous la direc. tion de S. Jérôme, elle fonda un couvent dont elle devint su. périeure. Sa fille Eustochie lui succéda comme supérieure, et à sa mort, arrivée 15 ans plus tard, elle fut réunie à sa mère dans le même tombeau. Un tableau nous montre les deux saintes d’une ressemblance parfaite avec seulement la diffé. rence d’âge pour distinguer la vierge de sa mère,
En face de cet autel, de l’autre côté de la grotte, se tronve le tombeau de S. Jérôme (12); et adossé à cette chapelle et lui communiquant par une porte basse, se trouva l'oratoire de S. Jérôme (12). C'est là que pendant 38 ans, cette lumière de l'Eglise se tint renfermé, consumant dans l'étude de l'écriture sainte et la défense du christianisme, les heures et les veille, que la direction de plusieurs monastères d'hommes et de femmes pouvait lui laisser libres. Cest là que le saint reclus croyait entendre continuellement résonner à ses oreilles la trompette de l’ange appelant les hommes au tribunal du souverain juge, et qu’effrayé au souvenir de ses infdélités, il saisissait un caillou et s’en frappait la poitrine jusqu’à en faire jaillir le sang.
S. Jérôme mourut en 420. On sait qu'il est l’auteur de
cette traduction des livres saints connue sous le nom de Vul:
gate que le saint Concile de Trente a déclarée canonique.
Il reste encore deux autres souvenirs de S. Jérôme à Beth- |
léem, une salle dans le couvent des Arméniens où l'on pré. tend qu’il expliquait les saintes écritures, et que pour celle raison on appelle l’école de S. Jérôme ; et un oranger dans le jardin des Pères Franciscains, qu’on prétend avoir été planté par le saint. Je ne manquai pas d'en prendre une feuille pour mon herbier,
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Pour nous retirer, nous revenons sur nos pas jusqu’à la chapelle des saints innocents, et tournant alors à gauche, nous prenons l'escalier (14) qui nous conduit dans l’église de Ste Catherine.
Un mot avant de quitter la grotte de la tactique qu’em ploient les schismatiques pour parvenir à s'emparer des sanctuaires que possèdent les Pères franciscains,
Sous un prétexte quelconque, ils font semblant de susciter une émeute, à la faveur de laquelle ils détruisent, détériorent ou enlèvent les objets appartenant aux Pères; et comme ces déprédutions sont souvent sans ressource auprès des autorités Turques, l'or de la Russie surtout aidant, on remplace les objets soustraits par de nouveaux dont on reclame la propriété, et petit à petit on se rend à la fin maître du tout, d’où souvent même on réuissit à expulser complètement les catholiques.
Pas plus tard qu'en 1873, le 25 Avril, au moment où ciuq franciscains étaient à prier dans la sainte Grotte, voilà que tout à coup les Grecs, au nombe de plus de 300, armés de sabres, de fusils et de pistolets, fondent dans le sanctuaire et se mettent à tout briser et à tout détériorer. Les lampes sont enlevées, les tableaux lacérés, les pièces de marbre déplacées, et. Les franciscains veulent d’abord opposer une énergique résistance à ces actes de vandalisme, mais bientôt blessés et mis hors de combats, ils se retirent, et les enfants de Photius ont le champ libre pour exécuter leurs déprédations sacrilèges. Grâce aux énergiques représentations de l'ambassadeur frarçais à Constantinople, on parvint à faire réparer les déprédations commises, mais les objets enlevés ne furent points restitués et aucune indemnité ne vint couvrir les pertes endurées. C'est la doctrine du fait accompli qui prévaut aujourd'hui dans la plupart des gouvernements qui n’dmettent plus Dieu, qui ne comptent plus avec Dieu pour le gouvrrnrment des peuples.
Il est facile de voir par l’examen des lieux, que la Grotte pouvait offrir à Joseph et à Marie, au refus des hôtelleries, si non le confortable, du moins un abri sûr pour la nuit, dans celte saison qui est assez rigoureuse à Bethléem, vu sa haute élévation, pour montrer assez souvent de la neige sur ss coteaux, Cette grotte est qualifiée d’étable, et de fait elle &ærvait aussi de retraite aux animaux pour la nuit, comme on en voit encore d’autres dans le voisinage. Bethléem étant en
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364 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
partie en amphithéâtre sur la montagne qui la porte, beaucoup de maisons ont ainsi des grottes dans le rocher qui servent de dépenses aux propriétaires. Et qui sait aussi, comme le pen. sent de graves autorités, si cette grotte n’était pas un carayansérail, comme on n'en rencontre encore plusieurs dans ces contrées, où hommes et bêtes peuven ver un refuge dans leurs voyages. Quoiqu'il en puisse être, s’il fant se garder de prêter à la grotte de Bethléem la forme que nous donnons à nos étables dans nos pays du Nord où le bois est si commun et les hivers si rudes, il n’en est pas moins vrai que le Sauveur des hommes est venu au monde dans un lieu nu, désert et pauvre, et que Marie et Joseph n’y ont trouvé qu’un peu de paille pour y déposer le divin enfant et l'haleine de deux animaux pour le réchauffer.
Les parties mobiles de la crèche ont été transportées à Rome, à Ste Marie Majeure. C'est là qu'on les vénère en certaines soleunités. Le divin enfant est représenté dans un berceau d'argent, couché sur de la paille d’or.
C’est aussi dans la même église qu ‘? corps de S. Jérôme, tiré de son tombeau de la grotte, a ét sporté pour reposer près de la sainte-crèche.
Après notre visite de l’intérieur, nous nous mettons en marche pour aller visiter la grotte des pasteurs, qui est à environ un mille dans la plaine.
Comme nous voulons visiter en passant la grotte du lait et l'emplacement de la maison de S. Joseph, et que la route par cette voie n’est pas praticable à cheval, les moukres conduiront nos montures par l’autre route, au bas de la colline, pendant que nous ferons ces visites, et nous les prendrons ensuite pour continuer notre course.
La grotte du lait n’est qu'à quelques pas dans la ville du couvent des Pères franciscains. Nous pénétrons d’abord dans une cour, puis dans une autre, et nous nous trouvons en face d’une porte en fer à jour qui clot la grotte du lait, Cette grotte irrégulière, a bien une trentaine de pieds, son plafond est soutenu par quelques piliers. On y voit un autel au milieu sur lequel les Pères franciscains viennent y dire la messe.
Cette grotte doit son nom à la légende qui suit :
Josephaverti par l’ange des cruels desseins d’Hérode, se retira précipitamment dans cette grotte avec Marie et le divin enfant, pour faire les préparatifs du voyage d'Egypte. Marie en allai-
tant lait :
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tant l'enfant Jésus, aurait laissé tomber quelques gouttes de son lait virginal sur la pierre, et lui aurait communiqué par là la vertu de donner du lait aux nourrices qui en manquent, ou de le restreindre à celles qui souffrent de sa surabondance. De temps immémorial les femmes catholiques, schismatiques, turques, bédouines mêmes viennent prendre de la pierre de cette grotte, qui est crayeuse et friable, la'dissolvent dans de l'eau pour l’avaler, et disent obtenir le soulagement qu’elles demandent à la Ste Vierge.
Nous prenons ensuite un sentier pour desceddre la hauteur sur laquelle est située la ville. Environ à mi-descente, on nous montre, sur un petit plateau dominant la plaine, l’emplacement de la maison de S. Joseph, où il y avait autrefois une église dont on voit encore une partie de l’abside taillée dans le roc.
Quelques-uns prétendent que S. Joseph n’hérita de la maison de son père qu'après son retour d'Egypte, et d’autres veulent qu’il en fût possesseur avant même la naissance du Sauveur, mais que louée à cette époque, le locataire n'aurait pas vonlu le recevoir avec son épouse, lors de leur arrivée pour se faire enrégistrer.
L'emplacement est aujourd’hui libre et inoccupé.
En soulevant une pierre parmi les décombres, je découvris une Scolopendre d’une taille gigantesque, proportionnelle. ment à toutes celles que j'avais vues jusque là. Elle ne mesurait pas moins de 5 pouces de longueur. Je ne manquai pas de la capturer pour mon musée.
Arrivés au bas de la montagne, nous prenons nos montures qui y étaient déjà rendues, pour continuer notre course dans la plaine.
Nous passons bientôt devant Beit-Sahour, village assez bien bâti sur une petite colline pierreuse. On croit que c'était À que résidaient les pasteurs auxquels les anges annoncèrent la naissance du Messie. Ce village a une population d'environ 600 âmes, dont 100 catholiques à peu près, le reste étant des Grecs avec des musulmans. Un prêtre français, du diocèse de Lyon, d’un dévouement peu commun, est parvenu à fonder là, à force de sacrifices et de privations, une petite paroisse catho: lique qu’il administre avec un zèle des plus édifiants. M. l'abbé Morétain s’estime toujours heureux de recevoir les pèlerins qui veulent bien le visiter en passant,
La citerne de la Ste Vierge est ce qu’il y a de plus inté. ressant à visiter dans ce village, par ce qu’elle se rapporte à une légende bien édifiante. La Ste Vierge, un jour passant par là, aurait demandé à boire à un homme qui y puisait de l’eau, et l’inhumain, sans lui offrir le vase dont il faisait usage, aurait répondu: bois. Marie se penche alors au dessus du puits, et l’eau, Ô prodige ! s'élève aussitôt jusqu’au bord de la margelle, pour reprendre son niveau aussitôt que la mère de Dieu se fut désaltérée.
Plus loin nous passons devant un champ bien cultivé, ce champs est celui de Booz, où Ruth la Moabite venait glaner des épis que les moissonneurs, par ordre de leur maître, laissaient tomber à dessein. On sait que Ruth devint ensuite l'épouse de Booz et la mère d'Obed qui fut l’aïeul du roi David.
A quelques arpents plus loin, nous arrivons à nne espèce de verger entouré d’un mur en pierre sèche et presque tout planté en oliviers. C'est à l'extrémité de cet enclos que se trouve la grotte des pasteurs ; c’est-à-dire que c’est là que les bergers qui veillaient à la garde de leurs troupeaux, entendirent la voix de l’ange leur annonçant la naissance du Messie,
4 Or, il y avait auprès, dans la plaine, des bergers veillant à la garde de leurs troupeaux. Tout à coup une grande lumière frappa leurs regards. Ils furent saisis de crainte. Maisun ange se montrant à eux, leur dit : ne craignez point; c’est que je viens vous annoncer une grande nouvelle. A l'heure même, ce Messie que vous attendez depuis si longtemps avec tant d'impatience, vous est né dans la cité de David. Voicila marque à laquelle vous le reconnaitrez: Vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. C'est cet enfant qui est le fils de David, le Messie que vous attendez, celui qui doit vous délivrer de vos ennemis.” Puis une foule d’autres anges se joignant à celui qui venait de parler, ils s’enlevèrent dans les airs en chantant: “ Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne vo: lonté.”
Lorsque ies anges se furent retirés dans le Ciel, les bergers se dirent l’un à l’autre : allons nous enquérir de ce qni vient de nous être annoncé. Puis traversant la plaine, ils gravissent la montagne, pénètrent dans la grotte, et trouvent le divin Enfant avec Marie sa mère, et se prosternant à ses pieds, ils lui offrent les premiers leurs adorations. Puis s'en
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DE QUÉBEO A JÉRUSAZEM 367
retournent comblés de joie et de consolation et proclamant partout les merveilles dont ils venaient d’être témoins.
Les rois et les grands reposent au sein de la mollesse et de l'aisance ; les prêtres et les docteurs de la loi qui scrutent les écritures, sont plongés dans le sommeil ; les sacrificateurs mêmes du temple jouissent du repos de la nuit, pendant que s'accomplit l'événement qu'ils appelaient de leurs désirs les plus ardents, et c’est à de pauvres et simples bergers, que la nouvelle en est en premier lieu donnée, c’est eux qui sont appelés avant tous les autres à aller présenter leurs hommages à leur roi et à leur Dieu. O douce et belle simplicité de l’homme des champs, que ton humble vie est précieuse et estimable, puisque le Seigneur prend soin luimême de te distinguer ainsi! Qui pourrait ne pas te rechercher et demeurer insensible à tes charmes !
Ste Hélène axait fait construire une église avee un couvent à cet endroit même, et jusqu’en 1818 que les Grecs s’emparèrent de ce sanctuaire, les franciscains y faisaient des offices.
C'est même par eux qu'ont été plantés les oliviers qu’on voit encore dans l’enclos.
La chapelle actuelle des Grecs est une chapelle souterraine dans laquelle on descend par 21 marches. On croit que c’est la crypte même de l’église construite là par Ste Hélène.
Nous reprenons nos montures à la porte de l’enclos et en moins d’une demi-heure, nous sommes à la porte du couvent des franciscains.
Nous r’avons pas été peu surpris, en remontant la montagne, de trouver une bande de gamins, grimpés dans des figuiers qui bordent la route, pour manger les fruits encore tout verts et nous en offrir dans l'espoir d’en retirer quelques paras. Partout en Orient c’est un sans-gêue dont on a peine à se faire une idée dans nos pays, où la propriété est si recherchée et si rigoureusement conservée. On dirait qu'ici chacun est maître partout, Si ces allures extra-libérales peuvent parfois avoir quelques inconvénients, il faut reconnaître que souvent aussi elles sont fort accommodantes. C’est en vertu de cette liberté d'action presque illimitée, dès qu’elle ne devient pas nuisible notablement, qu’on peut faire le chemin de la Croix dans les rues de Jérusalem, même en s'agenouillant, sans qu'on nous moleste en aucune façon, et souvent même sans qu’on nous remarque,
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368 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
Ceux qui ne se trouvent pas trop tourmenté; par la fatigue et qui ne se proposent pas de faire le voyage d'Hébron, gardent leurs montures pour aller visiter de suite la Fontaine scellée (Fons signatus), le jardin fermé (Hortus conclusus) et les vasques de Salomon qui sont à environ quatre milles de Bethléem.
La descente de la colline sur laquelle est bâtie Bethléem est fort raide de ce côté, plusieurs préfèrent l’opérer à pied; le chemin à la suite est aussi tortueux et difficile.
Nous rencontrons, comme sur la route de Jaffa, une tour ou corps de garde où se tiennent quelques : .ats pour garder les eaux et la route d'Hébron.
À quelques arpents plus loin, nous apercevons la construction qui surmonte la fontaine scellée, ainsi nommée par ce qu’étant fermée, tout le monde ne pouvait y pénétrer. Une bougie à la main, on descend par un escalier de 26 marches dans une chambre souterraine, voutée à plein ceintre; au milieu de cette chambre est un bassin où l’eau vient se jeter et d’où elle s'échappe par un aqueduc. A cette première chambre en est adossée une seconde dans laquelle les eaux les plus limpides s'échappent du rocher pour se réunir dans le bassin de la première, et ainsi réunies, prendre l’aqueduc pour passer par Bethléem et parvenir jusqu’à Jérusalem, à la mosquée d'Omar, distance d'environ quatre lieues.
On regarde comme des merveilles de l’art les aqueducs actuels de nos villes, qui vont chercher les eaux à quelques milles de distance. Que doit-on donc penser de cet aqueduc dont la construction remonte a plus de 3,000 ans, et qui ne mesure pas moins de quatre lieues, à travers des montagnes el des vallées sans nombre, et par un niveau changeant à chaque instant ? Ici c’est le roc vif qui est creusé pour escalader une hauteur, et là des ouvrages considérables en maçonnerie pour protéger le conduit contre la pression des eaux dans les vallées et les dépressions. Cette pression, extraordinaire en certains endroits, nécessite de fréquentes réparations, mais le conduit n’a jamais cessé depuis plus de 80 siècles, de fourni: son eau à Bethléem et à Jérusalem. Oh! avec ses richesses et la sagesse qu'à sa demande le Seigneur lui avait accordée, c'était encore un homme de génie que le fils de David!
A peu de distance et un peu plus bas, se trouvent les
vasques ou étangs de Salomon. Ce sont trois immenses bas sins se déversant l’un dans l’autre sur le flanc d’une montagne,
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destinés à recueillir les eaux durant les pluies. Dans ces pays du soleil, où les sources sont d'ordinaire peu communes, on se sert, dans les villes, des terrasses des maisons pour recueillir les eaux durant les pluies et les conserver dans des citernes profondes taillées dans 1: roc. Mais dans les campagnes, n'ayant pas cette ressource, on ne peut recueillir les eaux qu’en construisant des bassins où vasques sur les endroits en pente pour pareillement les conserver dans des citernes.
Les vasques de Salomon devaient être une merveille dans leur temps. Ce sont de vastes bassins de 200 à 300 nieds sur 20 à 30 de profondeur en partie taillés dans le roc ec en partie soutenus par des murs d’une solidité à toute épreuve, construits avec des pierres énormes. Ils étaient d’abord destinés à fournir des eaux au jardin du roi (Hortus concluses) et à se réunir aussi à celles de la fontaine scellée pour lalimentation de laqueduc.
Le jardin fermé (Hortus conclusus) qui falsait les délices de Salomon, est à environ un mille et demi plus loin. Ou est tout étonné de rencontrer tout à coup, au milieu de ces montagnes pierreuses, une vallée à végétation luxuriante, avec une culture si soignée. C'est que la chaleur concentrée de l'endroit, jointe à l'humidité qu’entretienneut les eaux, permet de faire jusqu’à cinq récoltes de légumes dans la même année. Aussi arbres fruitiers, légumes, fleurs, tout dénote-til une vigueur de végétation tout à fait extraordinaire.
Le jardin fermé est aujourd’hui la propriété d’un M. Meshullam, autrefois juif et maintenant protestant, qui est en frais de se faire une fortune uniquement avec les cultures de son jardin,
Le jardin fermé se trouve au pied d’une colline célèbre dans l'écriture, c’est celle d’Etam.
Après la division entre Roboam et Jéroboam des royaumes d'Israël et de Juda, le roi de Juda fit corstruire la ville d'Etam sur la colline de même nom. Cette ville est aujourd’hui remplacée par le village d'Eurtase, qu'Ibrahim Pacha fit raser en 1834, par ce que ses habitants se refusaient à payer le tribut.
C'est dans une grotte de cette colline que se réfugia Samson après avoir incendié les blés des Philistins dans la plaine de Saron, Les Philistins ayant menacé les Israëlites de saccager leur pays s'ils ne leur livraient Samson, celui-ci conséntit à se laisser lier pour être livré. Mais arrivé au milieu des ennemis,
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370 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
il rompit les cordes neuves avec lesquelles on l’âvait garotté, et saissaht une mâchoire d’âne qui lui tomba sous la main, il en tua mille Philistins et mit le reste en fuite.
Nos visites terminées, nous reprenons nos montures pour rentrer directement à Bethléem.
Arrivés à la porte du couvent, nous allons de suite visiter l'établissement de Don Belloni, qui n’est qu’à quelques pas plus loin.
Don selloni est un ancien prêtre, chanoine du S. Sépulcre qui tient à Bethléem un orphelinat et une espèce de collège in. dustriel sur un très bon pied. IL possède aussi dans la campagne une ferme considérable qu’il fait exploiter en partie par ses orphelins, pour les initier à la pratique de l’agriculture et les habituer à une vie régulière de travail et d'économie.
Son collège, d’érection toute récente, et dont il projette des agrandissements tout prochains, présente déjà une construc. tion considérable. Nous ne fûmes pas peu surpris en arrivant d’être reçus par une fanfare formée par les élèves du collège et de l’orphelinat. Leur bonne tenue, leur mise soignée, leurs manières policées, contrastaient étrangement avec les allures de ceux de leur âge que nous voyions partout courir les rues.
Nous trouvâmes aussi réunis là les membres de la Société S. Vincent de Panl que ceux de notre caravane, faisant partie de la même société en Francs, avaient invités a s’y rencontrer, pour se faire communication de leurs œuvres et opérations ré ciproques. Oh! quelles sont admirables les œuvres catho: liques, qui nous tont trouver des frères, animés de la même charité, poursuivant le même but, dans tous les pays du monde, jusque parmi les bédouins du désert! Si la langue est souvent impuissante pour se faire comprendre, les yeux parlent en son lieu, et la communauté de sentiments sait se faire com: prendre du cœur.
À 5h, nous assistons dans l’église Ste Catherine à un salut solennel du S. Sacrement qui remplace les vêpres pour le peuple dans ces contrées, puis nous passons au réfectoire pour terminer par le souper une journée de visites qui n'en cédait en rien à celles qui l’avaient précédée en intérêt et en précieux renseignements.
Bethléem, lundi 4 Avril, —Comme il n'était pas possible que tous Les prêtres de la caravane célébrassent à l'autel des mages,
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DE QUÉBEO À JÉRUSALUM 371
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A 7h., nous reprenons nos montures pour opérer notre retour à Jérusalem.
Nous repassons devant le tombeau de Rachel,et un peu plus loin nous laissons à gauche un établissement considérable couronnant une hauteur, c’est l'Hôpital des Chevaliers de S, Jean, sur la hauteur de Tantoure. Cet hôpital est sous le pro. tectorat de l’empereur d'Autriche.
Presque vis-à-vis, de l’autre côté de la route, se trouve le champ des pois chiches, dont le nom se rapporte à une double légende,
Les uns veulent que ce soit ce champ qui ait produit les pois chiches dont se servit Jacob pour ravir à son frère Esaü son droit d’ainesse.
D'autres prétendent qu’un jour Notre-Seigneur passant par là, vit un homme qui semait des pois.—Que sème:tu là, lui demanda le Sauveur ?—Des pierres, répondit l’homme en se moquant de lui.—Et bien, tu moissonneras des pierres.—Et le temps de la moisson arrivé, l’homme ne trouva dans son champ que des petits cailloux ayant la forme de pois chiches.
Les mêmes cailloux en auraient-ils produit d’autres, d’année en année, ou le moissonneur aurait-il négligé de les
| recueillir avec soin, toujours est-il que le champ en est encore
passablement garni.
Un peu plus loin, nous passons devant le couvent des Grecs schismatiques de S. Elie, Mar-Elias, que nous laissons à droite. Ce couvent est bâti sur les ruines de celui qu'Héraclius avait érigé là au VIIe siècle.
De l'autre côté du chemin, vis-à-vis le couvent, on voit dans la roche, presque à fleur de terre, l'empreinte du corps du prophète Elie, qui est encore bien distincte.
Le prophète Elie ayant fait mettre à mort les prêtres de Baal, la reine Jésabel promit de s'en venger. Il prit donc lu fuite et vint en ce lieu où il se coucha pour se reposer sous un génévier. Pendant son sommeil, voila qu’un ange du Seigneur. l'éveille et lui dit : “Prends et mange.” Elie regarde, et voit près de lui un pain cuit sous la cendre et un verre d’eau. Il mange, boit et s'endort de nouveau. L'ange l’excite une seconde fois et lui dit : ‘ Lève toi et mange, car il te reste un
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grue
grand chemin à faire.’ Elie se leva, laissant l'empreinte à son corps dans le rocher, mangea et but, et fortifié par cette nourriture, il marcha pendant 40 jours et 40 nuits jusqu'à Horeb, la montagne de Dieu.
De ce point on voit Bethléem et Jérusalem ; la route entre les deux villes est bien meilleure que toutes celles que nous rencontrons ailleurs, aussi est-elle praticable rour les voitures.
Nous passons à gauche devant l’endrott de la rencontre de l’ange avec le prophète Habacuc. Le prophète s’en allait porter à manger à des moissonneurs, lorsqu'il rencontra un ange qui lui dit : ‘ Portez ce que vous avez là à Daniel qui est dans la fosse aux lions, à Babylone.—Seigneur, dit le pro. phète, je ne connais pas Babylone, et ne sais où est cette fosse,” L'ange le prenant alors par les cheveux, le transporta à la fa. çon des esprits à travers les airs, à Babylone, au dessus de la fosse où se trouvait Daniel au milieu des lions. Habacuc s'é. cria : “ Daniel, serviteur de Dieu, voici le dîner que le Sei. gneur vous envoie.” Il laissa tomber son dépôt, et l’ange le ramena aussitôt à l'endroit où il l'avait enlevé.
À quelques arpents plus loin, on voit à droite, sur le bord du chemin, le puit des mages.
Les mages, en entrant à Jérusalem, avait vu disparaître l'étoile qui les avait guidés jusque-là. Mais après leur entrevue avec Hérode, ayant repris leur chemin, ce serait a cet en. droit, d’après la tradition, que l'étoile leur aurait apparu de nouveau pour les conduire jusqu’à la crèche.
Ce pnits n’est pas une source proprement dite, mais une citerne qui s'emplit de l’eau des pluies qu’elle retient.
Nous entrons bientôt dans la vallée de Raphaim qui est fertile et assez bien cultivée. C’est là que David battit deux fois les Philistins.
Il y avait autrefois tout près de la route, non loin d'ici, un térébinthe qu’on tenait en grande vénération, parce qu'on prétendait que la Ste Vierge s'était reposée sous cet arbre lorsqu'elle se rendit au Temple avec son divin fils pour la cérémonie de la Purification. Le propriétaire du champ le ft couper, pour empêcher que les pèlerins, dans leurs visites, n'endommageassent ses moissons,
Enfin à une vingtaine d’arpents plus loin, laissant à droite le mont du Mauvais-Conseil, et à gauche la cité ouvrière de Montefñori, nous pénétrons dans la ville par la porte de Jafa.
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Visite plus particulière au S. Sépulcre.—Chapelle d’Abraham.— Chapelle d'Adam, deS. Longin, de Ste Hélène, de S. Jean, de l’Invention de la Ste Croix.—Messe à la Flagellation.— Visite aux tombeaux des rois. —Messe à l’Ecce-Homo.—Départ pour la mer morte.
Jérusalem, mercredi 6 avril.—Arrivés le 4 à midi de Bethléem, nous consacrons l’après-midi à visiter plus en détail les chapelles de la basilique du S. Sépulcre et quelques autres qui lui sont contiguës.
Le parvis de la basilique est entonré sur ses trois faces de chapelles appartenant toutes aux schismatiques, à exception de celle de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Toutes ces chapelles ont été enlevées aux latins, ou construites sur les débris de celles qu’ils y possédaient auparavant. Mais aucune ne renferme rien de bien remarquable, soit sous le rapport de l'architecture ou de la décoration, soit par les reliques dont elle a la garde.
Les Grecs, les Arméniens et les Cophtes se partagent ces différentes chapelles,
Toutes celles du côté gauche appartiennent aux Grecs (a). Ce sont la chapelle de S. Jacques (2), celle de $. Jean et de Ste Marie-Madeleine (3), celle des 40 martyrs (4). Comme au-
cune ne présente d'intérêt particulier, nous nous dispensons de les visiter.
La construction (6) la plus rapprochée de la basilique, est
(a) Voir le plan.
un reste de l’ancien clocher que les croisés avaient fait ériger là ; on a été obligé plus tard d'en abattre la partie supérieure pour éviter les accidents qu'auraient pu causer les pierres qui s’en détachaient.
Si nous portons maintenant nos pas vers la droite, nous trouvons d’abord le couvent de S. Abraham (6)-qui appartient aux Grecs. Nous passons par un couloir peu éclairé et gravissons un escalier pour entrer dans l’église des 12 Apôtres qui se trouve au dessus de ce couvent. Cette église, assez bien en. tretenue, n’a rien de particulièrement remarquable. On nous montre, à côté, la chapelle du sacrifice d'Abraham ; les Grecs prétendent que ce serait là que le père des croyants se serait disposé à immoler sou fils. De graves autorités cependant s’opposent à cette tradition. Deux fresques sur les murs nous montrent : l’une Loth fuyant de Sodome que consume le feu du ciel, et l’autre les préparatifs du sacrifice d’Isaac. L'endroit précis aù aurait été préparé le sacrifice est indiqué par une mosaïque dans le pavé portant un vase en argent devant lequel on brûle des cierges.
Vient à la suite du couvent Grec, la chapelle Arménienne de $. Jean (8), puis celle de S. Michel (9), qui appartient aux Cophtes.
En avant de cette dernière se trouve la toute petite cha. pelle de Ste Marie l'Egyptienne, qui appartient aussi aux Grecs Le miracle opéré sur le lieu même en faveur de cette grande sainte mériterait bien qu’on en distinguerait davantage l'en. droit.
On sait que la pécheresse Marie s'était embarquée à Alex. andrie avec des pèlerins qui s’en allaient à Jérusalem vénérer la vraie Croix, qu'Héraclius avait reconquise sur Chosroës. Ne pensant à rien moins qu’à poursuivre ses désordres, la curio. sité la porta à vouloir pénétrer dans le temple avec les fidèles qui allaient y satisfaire leur dévotion. Mais qu’elle n’est pas sa surprise, lorsqu’arrivée sur le seuil du saint lieu, elle se sent empêchée d’y entrer par une main invisible. Comprenant
alors que ses crimes et sa disposition actuelle la rendaient in: digne de toucher la Croix sur laquelle Jésus-Christ avait répandu son saug pour le salut des pécheurs, elle se tourne devant une image de la Ste Vierge qu’elle voit peinte sous le portique, et fait vœu que si elle lui permet de vénérer la croix de son divin Fils, elle renoncera à ses désordres et embrassera le genre de pénitence qu'il lui plaira de lui indiquer,
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comm que le mand messe yretoi ces mo cheress bon re l'anime Er on voit un esce porte.
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DE QUÉBEC A JÉRUSALUM 375
Elle se présente de nouveau à la porte, et ne rencontre plus d'obstacle. Elle baise le bois sacré en l’arrosant de ses larmes, puis revenant devant l’image de la mère de Dieu: “Que voulez-vous que je fasse, maintenant, dit-elle?” Elle entend alors une voix secrète qui lui dit : ‘ passe le Jourdain, et là tu trouveras la paix.” Elle fait donc une confession générale de sa vie criminelle, se nourrit du pain des forts, traverse le Jourdain, et s'enfonce dans le désert qui est au delà,
Il y avait 35 ans qu'elle était dans ce désert, n'ayant de commerce qu'avec le Ciel par sa pénitence et ses prières, lorsque le saint prêtre Zozime en fit la découverte. Sur sa de. mande, il lui apporta la sainte communion, et lui fit la promesse de revenir l’année suivante à la même époque. Zozime yretourna un an après, et trouva le cadivre de la sainte avec ces mots écrits sur le sable : “ Enterrez ici le corps de ta pécheresse Marie” Un lion se présenta aussitôt pour aider le bon religieux dans son pieux office, et dans la fosse creusée par l'animal, il déposa religieusement le corps de la sainte.
En portant nos regards sur le mur même de la basilique, on voit adossée à ce mur une chapelle à laquelle on monte par un escalier découvert partant du parvis même, tout près de la porte. C’est la chapelle franciscaine de Notre-Dame des Sept Douleurs (11).
Cette chapelle était autrefois un porche par lequel on pénétrait sur le Calvaire. Mais depuis qu’on a isolé la basilique, ou du moins fermé toute issue avec l'extérieur on n’a plus laissé à cette chapelle de communication avec l'intérieur, que par la fenêtre grillée qui donne vue sur l'endroit où Jésus a été attaché à la Croix. Cette chapelle possède de superbes vitraux et un autel très ancien. Comme son entrée est à l'extérieur de la basilique, on peut aller y célébrer sans compter avec les bonnes dispositions de messieurs les Turcs.
Avant de pénétrer dans la basilique, examinons encore deux points du parvis qui rappellent le martyrs de deux vénérables franciscains. Le premier de ces martyrs est Marie de Portugal, Tertiaire, qui fut brûlée vive en haine de la foi. Le second est le frère lai Cosimo, franciscain, qui donna aussi s vie pour confesser la foi. Les pieds de l’une et de l’autre restèrent longtemps imprimés dans les pierres du parvis, à l'endroit où ils souffrirent la mort, du côté de l'Est.
Pénétrons maintenant à l’intérieur et examinons plus at.
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