‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 57 sur 94 · FOREST · texte numérisé non relu

FOREST

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tentivement certaines chapelles que nous n'avons fait qu'entre. voir en passant.

Laissant à droite le mur et l'escalier du Calvaire, nous passons devant la pierre de l’Onction, et tournant à gauche, nous voyons une pierre circulaire surmontée d’une cage en fer (17), c’est l'endroit où se tinrent les trois Maries pendant que Joseph d’Arimathie et Nicodème embaumaient le corps du Sauveur,

Tout auprès se trouve l'escalier qui monte au couventin' térieur des Arméniens (36), et à côté, la porte de celui des Cophtes (15), car de même que les franciscains, ces schismatiques sont obligés de se renfermer dans la basilique pour y faire leurs offices de nuit et du matin.

Pénétrant alors sous la Rotonde, nous passons trois cha: pelles appartenant aux Grecs, puis deux autres, possession des Cophtes (28), et remarquons à droite, adossée au S. Edicule même, la petite chapelle de ces derniers (23). Pas plus au S. Sépulcre qu’à Gethsémani, les Cophtes ne savent montrer de dignité dans leurs offices. Je les ai suivis une fois officiant ici, et c'était le même manque de décorum que j'avais remar qué dans la grotte de l’Assomption. Mais je n’ettendis pas cette fois l’aspersion des ablutions du célébrant que j'aurais re. çue tout de mème probableinent,

Droit en face de la chapelle des Cophtes, se trouve celle des Syriens (22), qui est fort mal entretenue et qu’il faut tra. verser pour pénétrer dans le tombeau de Joseph d’Arimathie (20).

Joseph d’Arimathie à qni appartenait ce jardin auprès du Golgotha, s’y était préparé un tombeau qu’il donna pour Jésus. D'après la tradition, il s’en serait fait creuser un autre un peu plus loin, et c’est celui que possèdent ‘aujourd’hui les Syriens, Le corps de Joseph ail réellement reposé là ? La chose paraîit fort douteuce, puisqu'on rapporte qu’en compagnie de Lazare, Madeleine, Marthe et de l’aveuglené, il se serait embarqué pour la France, et aurait même pénétré jusqu’en An: gleterre, où très probablement il aurait terminé son existence.

Poursuivant notre marche autour de la Rotonde, nous passons encore plusieurs chapelles et voyons ouvert nn pas sage (29) qui conduit à une citerne commune (20).

Sortant alors de la Rotonde en passant entre deux piliers, nous voyons à gauche l'orgue (41) qui sert aux PP. francis

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Suivant alors le mur de gauche, nous laissons à droite le chœur des Grecs, et passons devant des cabinets (39) communs à tous les occupants de la Basilique.

Passant outre à la Prison de N. S. (47) que j'ai décrite en parlant de la procession des PP., nous trouvons plus loin la chapelle de $. Longin (48) qui appartient aux Grecs, puis celle de la Division des vêtements propriété des Arméniens (49).

J'ai déjà dit que Longin était ce soldat qui perça de sa lance Le csrps de Jésus, et qui au contact du sang qui s’en échappa, recouvra l'usage d’un œil qu'il avait perdu. Ce miracle acheva sa conversion. Longin devint ensuite un disciple du Christ, Longin était Syrien de nation. On vénérait autrefois dans cette chapelle la Ste Eponge et la Ste Lance ainsi que le titre de la vraie Croix. Lors de la prise de Jérnsalem par Chosroës, le PatriceNicétase rencontra un Persan qui emportait ces précieuses reliques ; il les Lui acheta à grand prix pour

les emporter à Constantinople, et de là elles furent plus tard transportées à Rome où elles sont encore aujourd’hui.

L'autre chapelle, qui est aux Arméniens, est celle où les soldats se seraient partagé les vêtements de Jésus. On croit que N.S., suivant l'usage des Juifs de son temps, portait trois vêtements : la chemise ou tunique sans couture, un second vêtement plus long, puis un troisième, qui des épaules descendait jusqu’à terre. La robe sans couture, sur laquelle on jeta le sort, est aujourd'hui à Trèves, dans la Prusse Rhénane, c'est là qu’on la vénère dans certaines solennités. Celle que l'on conserve à Argenteuil en France, el dont on a d'excellentes preuves d'authenticité. serait le second vêtement que portait Notre-Seigneur.

Ces deux chapelles, en forme d'abside, n'ont rien d’ailleurs de remarquable.

J'ai décrit précédemment la chapelle Abvssinienne de Ste Hélène (50) ainsi que celle de l'Invention de la Ste Croix (51), qui appartient aux franciscains. Nous passerons donc outre. De même aussi pour la chapelle Greeque de l'impropère (54).

Contournant toujours le chœur des Grecs, nous passons

devant une porte conduisant à des chambres sous le Calvaire (65), pour prendre l'escalier (61) que nous gravissons.

Pendant que le Fre L.évin était à donner des explications sur l’antel de la Crucifixion (70),et celui du Stabat-Mater (68), je remarquai à côté, dans une espèce de banc en pierre de taille une ouverture allongée dans la pierre, protégée par un petit grillage en cuivre retenu par un cadenas. Ayant porté la main sur le cadenas, je m’apperçus que le tout se déplaçait; je l’enlève alors pour examiner ce qu'il pouvait y avoir là. Mais l'ouverture est obscure et parait très profonde. Un moine Grec, répondant à mon désir, s’avance alors avec une bougie qu’il enfonce dans l’ouverture, et nous permet de reconnaître la fissure du rocher qui se fendit à la mort de Jésus-Christ, Ici il n'y a ni marbre, ni tenture pour nous cacher le rocher, nous pouvons le voir et le toucher tont à notre aise. Avec quelle émotion nous empressons-nous de lui faire toucher nos objets de dévotion!

J'ai parlé plus haut de la chapelle Grecque de la planta. tion de la Croix. Descendons maintenant le Calvaire par le même escalier qui nous y a conduits, et tournant à gauche en nous dirigeant vers la porte d'entrée, pénétrons dans cette porte (63) que nous voyons dans le mur closant le Calvaire de ce côté; nous nous trouvons alors dans la chapelle d'Adam, qui est une grotte sous le Calvaire même.

La double chapelle du Calvaire, par suite des agrandisse. ments qu’on lui a fait subir, se trouve à reposer aujourd'hui, partie sur le roc même du Golgotha, et partie sur une voute en maçonnerie,

C'est dans la chapelle d'Adam, qui appartient aux Grecs, que se trouvent les tombeaux des deux premiers rois chrétiens de Jérusalem, Godefroid de Bouillon et Baudoin. Melchisédech y aurait eu aussi sa sépulture.

D’après la tradition, M :-Lwédech serait le même que Sem, le fils aîré de Noé, et: üt lui qui s rait le fondateur de Salem, la Jérusalem ac lle,

Noé, en entrant dans l'arche pour se soustraire au déluge, ÿ aurait apporté le chef du premier homme, comme sa plus précieuse relique. Au sortir de l'arche, il aurait confié cette relique à son fils Sem, lequel, après avoir fondé Salem, l'aurait déposée ici. On voit au fond de la chapelle ure excavation grillée qui serait le lieu même où reposerait ce crâne. Le

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rocher en se fendant à la mort du Christ aurait permis au sang du Rédempteur de laver le crâne même du premier cou” pable. Aussi retrouve-t-on ici, derrière le grillage, la même fissure du rocher que nous avons vue plus hautsur le Calvaire, avec facilité de l’examiner encore plus à notre aise.

Le rocher est bien de même pierre que celle que nous voyons dans tout le voisinage ; c’est un calcaire blanchâtre avec quelques nuances de rougeâtre. La fente qui a environ 6à 7 pouces de large, est une véritable déchirure de la masse même, les angles rentrants d’une lèvre correspondant à des saillies de l’autre. Jusqu'à quelle profondeur se prolonge-telle ? impossible de le dire.

Avant de sortir de la basilique, nous remarquons adossées au chœur des Grecs, 2 marches de marbre, longeant la cloison qui l'entoure. Ce sont des restes des tombeaux des rois chrétiens que les disciples de Photius ont fait disparaitre après l’incendie de 1808.

Jérusalem, mardi, 5 avril. —Ce matin, c'est au sanctuaire de la Flagellation que je me rends pour célébrer. Comme je l'ai déjà consigné, ce sanctuaire est situé à main gauche, sur la Voie Douloureuse, et appartient aux PP. Franciscains. La construction actuelle, qui n’a aucun style particuher, date de 1838. Les PP. Franciscains ayant obtenu l'emplacement d’[brahim Pacha, purent élever ce sanctuaire, grâce à la générosité de Maximilien, duc de Bavière, sur les ruines de l’ancien qui datait des premiers siècles du christianisme.

Nous allons dans l’avant-midi visiter les tombeaux des . lois et des juges au nord de la ville.

Nous nous rendons d’abord, par l’intérieur, à la porte de Dimas, et l'ayant franchie, nous trouvons tout auprès la grotte de Jérémie que nous visitons en passant.

Cette grotte qui est peu profonde n’a rien de bien remarquable par elle-mème, si ce n’est son entrée qui n’4 pas moins de 80 pieds de longueur sur une quarantaine de hauteur.

C'est là que le poète des lamentations, en face des ruines de sa patrie, devant les décombres des demeures après la dispersion de leurs habitants, aurait exhalé ses plaintes, tantôt d'une voix douce et attendrissante, et tantôt d'une voix mena- Gante et terrible, ‘* Quomodo sedet sola civitas plena populo.... Comment estelle devenue solitaire, cette ville si peuplée ?

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330 DE QUÉBEC A JÉXUSALEM

Mes ennemis, en me voyant, ont secoué la tête. Est-ce donc là cette ville d’une beauté éclatante, la joie de tonte la terre?” A quelques arpents seulement de la porte de Damas, on voit sur la gauche, dans un champ cultivé, des débris considérables, Ce sont les restes de l’église de $. Etienne, que les RR. Pères Dominicains viennent d'obtenir (1) sour y fonder un hospice pour les pèlerins de langue française, qui voudraient prolon. ger leur séjour dans la Ville Sainte au delà des quinze jours d’hospitalité que nous offrent les PP. Franciscains,

C'est là que l’Impératrice Eudoxie, épouse de Théodose, avait aussi son tombeau qui était d'une grande beauté, d'aprhs la tradition.

A près d’un mille plus loin, nous rercontrons de vastes souterrains qu’on appelle les tombeaux des Juges. Mais il est fort douteux que ce lieu ait jamais servi à la sépulture de per. sonnages marquants. Ce sont, il est bien plus probable, des carrières d'où l’on a tiré la pierre pour les constructions de la ville, pour le Temple de Salomon peut-être, et que l’on a en. suite converties en grottes sépulcrales.

Plus rapprochés de la ville, nous trouvons d’autres sou. terrains qu’ou appelle les tombeaux des Rois. Geux-ci ne laissent aucun doute sur leur véritable destination, toutefois, on serait dans l'erreur, si on allait rapporter ces sépultures aux rois de Juda ; David, Salomon et plusieurs de leurs succes. seurs eurent leurs sépultures sur le Mont Sion, les autres en des endroits déterminés de la terre d'Israël, comme le constate l'écriture, Mai: ce qu'il y a d’incontestable, c’est que ces sépultures dont la richesse dénote la haute destination, furent préparées pour des personnages remarquables. L'opinion la plus probable est qu’elles furent construites par Hélène, reine d’Adiabène, et par son fils Isate, qui s’y firent ensevelir, On croit aussi que plusieurs personnages Romains de distinction, qui moururent durant le siège de Titus, eurent aussi là leur sépulture.

Après nous être munis de bougies, nous descendons un large escalier de 22 marches taillées dans le roc. Nous fran: chissons alors une porte à plein ceintre pour nous trouver dans ne cour ou entrée d'environ 30 pieds carrés et presque autant de hauteur, le tout taillé dans le roc vif, La fagade devant laquelle nous nous trouvons est ornée d’une frise portant des

(1) Mai 1883.

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O1 pénètre d’abord dans une vaste chambre, puis dans cinq ou six autres plus petites à la suite les unes des autres, dans lesquelles on voit des sarcophages ornés de ciselures rean2rquables. Ces chambres communiquaient les unes aux autres par des portes de pierre, dont on en voit encore une en place qui roule sur ses pivots.

Nous opérons notre retour en revenant à la porte de Damas pour nous rendre à Casa-Nova.

Tout le terrain que nous avons parcouru se trouve aujourd'hui en pleine campagne, mais du temps de Titus, il faisait parte, presque en entier, de la ville. C’est sur ce même terrain que le comte de Flandes et le Duc de Normandie avaient leurs positions, lors du siège par les croisés.

Nous allons dans l'après midi, faire une visite aux ateliers et magazins des Pères franciscains.

Les bons Pères, nn seulement veillent à la garde des sanctuaires, évangélisent le peuple, se livrent à l'éducation de là jeunesse ; mais ils ont encore des ateliers considérables, dans lesqueis des Frères, devenus maîtres dans leurs branches respectives, apprennent divers métiers sux Arabes chrétiens : b:langerie, forge, menuiserie, imprimerie, etc. Il ne leur manque, des diverses industries, que celle qui, suivant moi, répondrait le mieux aux besoins actuels du peuple et produirait les plus heureux résultats, je veux dire des établissements agricoles. Mais peut-être aussi que de tels établissements ne s'accorderaient pas avec les constitutions de ces bons religieux. Conserver la foi orthodoxe, l'enseignement infaillible de l'église du Christ au berceau mêm: du christianisme, donner l'exemple, aux divers peuples qui les environnent, non seulement de l'ouservation des préceptes de la foi catholique, mais même des conseils évangéliques. pour mener une vie plus par faite, tel est avant tout le but principal de leur mission. Eiles divers ateliers qu'ils entretiennent ne deviennent, on pourrait dire, que par accident, des boutiques d'apprentissage, pour les ouvriers qu'ils sont obligés de s'adjoindre.

Avec un climat aussi avantageux que celui de la Pales. tin, où l’on peut, pour ainsi dire, amener la pierre même à

se Dé QUÉBEO À SÉNUBALEM

produire, qué ne férait pis uné colonie ägticôlé, de gens à ti@urs simples, à habitudes rangées, durs : travail, et habitués à ne compter que sur le sol pour les divers besoins de la vie? Viennent nos rudes laboureurs Canadiens, qu'ils aillent s'implanter là,et nous verrons surgir, sous leurs pas, des villages prospères, riches même, dans ces endroits où règne la misère ätjourd'hui, et où cependant la vie est si facile. Et profitant de leur exemple, les élèves surtout dés orphelinats, appren. droit d'eux à renoncer à leurs habitudes d’oisiveté, et à ne plus escompter la charité des étrangers pour se procurer les nécessités de la vie, qu'un travail modéré et intelligent leur procurerait si facilement,

Les divers ateliers nous montrent, dans chaque branche, dés ouvriers fort habiles, En fait d’ébénisterie surtont, on nous fait voir divers objets qu'il serait difficile de surpasser. Des Cadres d'images, des crucifix én bois d'olivier, incrustés de plaques de différentes couleurs, forment des pièces réellement remafquables, tant sous le rapport de l'exécution, que sous celui du bon goût et de l'apparence, On nous exhibe aussi des enfants-Jésus en bois, du plus beau,.modèle et parfaitement exécutés, Muis quoique bénits dans la Grotte de Bethléem, on nous dit que c'était à Naples qu’on les sculptait. Nous voyons eutore de superbes couronnes d’épines du Ziziphus spina Christi (du mème arbrisseau qui a fourni les épines pour la couronne de Jésus), qu’on dépouille de son écorce et qu'on tresse en couronnes. Mais c'est surtout en fait de chapelets qu'on re. Marque une variété presque sans fin, depuis les noyaux d'olivier jusqu'à la nacre et aux agates, pour accommoder tous les goûts.

Comme tous ces objets sont bénits et indulgenciés, et que pâr conséquent ils ne peuvent plus entrer dans le commerce, où ie nous les fait payer que juste le prix de reviént, pour ne pis léur faire perdre leui bénédiction.

Jérusalem, Mercredi 6 Avril.—C'est à l'Ecce-Homo que € matin je porte mes pas pour y célébrer,

Commé je l’ai déjà noté, cette église appartient au couvent des Filles de Sion dont elle fait partie. Les filles de Sion ont leur maison mèré en France, Ellés doivent leur création at P. Théodoré Ratisbonne, lé frère de celni qui dirige actuelle rent Celles de Jérusalem, Les bonnes sœurs ont sous leurs

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DE.QUÉBEO À JÉRUAATEM 383

soins un grand nombre de jeunes filles juives converties et autres chrétiennes qu’elles instruisent et forment à la vertu.

Tout se fait à l’Ecce-Homo, comme dans nos convents les mieux régiés. Les élèves, partie en costume du pays et partie à l'Enropéenne, savent observer l’ordre et font étalage d’une tenue propre et très convenable. La plupart me parurent posséder de fort jolies voix. La prière surtout qu’elles chantent chaque jour après l'élévation, pour demander la conversion des Juifs, est vraiment touchante. ‘* Pater, ignosce illis, quia nesciunt quid faciunt. Mon Père, pardonnezleur, car ils ne savent ce qu'ils font.” Ces paroles, répétées par trois fois avec ane mélodie des plus expressives, par des voix pures et douces comme celles des anges, et à Jérusalem, sur la voie Dorloureuse, à deux pas du Calvaire, s'emparent spontanément de l'âme et nous communiquent une émotion des plus attendrissantes.

L'église qui est assez petite est À trois nefs, mais les latérales sont très étroites. Les colonnes divisant ces nefs portent des chapiteaux en bronze de l’ordre Corinthien.

C'est du côté de l’épitre, en arrière de l’aut:l, que se voit le pied droit de l’arc de l'Ecce Homo qui enjambait sur la rue, avec l'arc collatéral du côté du nord, Ges deux arcs ont été remplis en maçonnerie pour en assurer la conservation, mais laissent voir distinctement ce qui a été ajouté aux restes anciens conservés.

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