CL EE
384 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
Départ pour la mer Morte.—S. Sabas ; campement sous la tente,—T.a mer Morte.—Le Jourdain.—Plaine de Jéricho.—Fontaine d’Elisée.— Auberge du bon Samarttain.—Fontaine des Apôtres.—Béthanie; tombeau de Lazarre.—Le figuier maudit. —Rentrée à Jérusalem.
Jérusalem, Samedi 9 Avril.—C'est mercredi le 6, qu’à 2h. p.m., nous primes de nouveau nos montures pour nous rendre à la mer Morte.
J'ai hésité un moment pour entreprendre le voyage, une assez forte attaque de bronchite qui me tourmentait depuis deux jours me faisant redouter la fatigue d'une telle course, D'un autre côté, comme ces attaques me reviennent assez souvent, et que d'ordinaire je ir’en débarrasse sans trop de soins, j'ai cru ne devoir pas laisser échapper la seule occasion que je rencontrerais très probablement de voir la mer Morte, le Jourdain, Jéricho, etc.
Mon compagnon, M. Bolduc, qui avait été obligé de renoncer au voyage de $, Jean et de Bethléem, se crut assez bien pour tenter cette nouvelle course à cheval, pensant qu'elle le fatiguerait peut-être moins que la première,
A 2 heures nous sommes donc tous en selle et nous dirigeons vers la porte de Jaffa. Au sortir de cette porle, nous tournons à gauche, laissant à droite les tentes des bédouins qui campent là avec leurs enfants nus et leurs chameauxà mine si disgracieuse, et un peu plus loin, le superbe hôpital
que Jant sons la val jusqu Job.
rive d tion.
N toujou presqi U nous !
quenc décliv faut p monta lorsqu Il rou de ses jaillit grave, stature teur q!
avait r seulerr À!
bifurc:
nous v D.
mais p dans le incliné ( pris de L heureux schismal Construc difice éta l'état ec #40,000.
ente,—T:a mer Je d'Elisée.— 8,—Béthanie; Jérusalem.
6, qu'à 2 h, nous rendre
voyage, une ntait depuis elle course,
t assez sou:
op de soins, becasion que er Morte, le
bbligé de reat assez bien t qu'elle le
bt nous diriporle, nous es bédouins chameaux à erbe hôpital
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 385
que fait construire M. le Comte de Piellat (a); puis enf. jant la vallée de Gihon, et cotoyant le mont Sion, nous passons à gauche de la fontaine de Salomon, pour descendre dans la vallée de la Géhenne, où nous longeons les jardins de Siloé jusqu’à la rencontre du torrent de Cédron, près du puits de Job. Suivant alors la vallée de ce torrent, nous tenons sa rive droite jusqu’à S. Sabas, où nous devrons changer de direction.
Nous cheminons par une route en assez bon état, suivant toujours Le torrent qui se dirige au Sud, vers la mer Morte, presque en ligne droite.
Un petit accident arrivé à notre aumônier, M. l’abbé Baron, nous mit un instant en émoi, dans l’appréhension de conséquences sérieuses. Comme nous descendions une légère déclivité, il était occupé à s’ajuster des lunettes coloriées qu’il faut presque constamment porter dans ces régions du soleil, à montagnes pierreuses nous renvoyant ses rayous de tout côté, lorsque son cheval, par un faux pas, lui fit perdre l'équilibre. Il roula sans connaissance sur le sol, et dans sa chute, le fer de ses Lunettes lui fit une écorchure à la tempe d’où le sang jaillit en abondance. On crut, sur le coup, à un accident très grave, d'autant plus que le brave aumônier, quoique de forte stature, était dans un état de santé très précaire, Mais le docteur qui s’'empressa aussitôt auprès de lui, constata qu'il n’y avait rien de sérieux. Et en effet, après quelques minutes seulement, il put se remettre en selle et continuer le voyage.
Après environ 3 heures de marche, nous rencontrons une bifurcation de la ronte, près de laquelle, sur un petit plateau, nous voyons les tentes qui doivent nous abriter cette nuit,
De ce point à S. Sabas, c'est environ 20 minutes de marche, mais par un chemin fort difficile, étant presque partout taillé dans le roc et souvent sur des pierres nues, plus ou moins inclinées vers le torrent que nous suivons constamment.
(a: M. de Piellat est un noble jeune homme français qui a entre. pris de bâtir ici, à ses propres frais, un hôpital considérable, où les malheureux de toute nation et de toute crayance seraient reçus, Arabes, Juifs, schismatiques, musulmans, ete. Lors mon voyage, les murs de la vaste construction touchaient à leur couronnement. J'ai appris depuis que l'é difice était terminé, et que le générenx fondateur se disposait à entrer dans
l'état ecclésiastique, Cet hôpital, m'at-on dit, ne coûte pas moins de #40,000.
Lo Fre Liévin avertit les dames qu’elles feraient bien de demeurer de suite an campement, que le voyage à S. Sabas serait une marche inutile pour elles, puisque les moines ne permettent pas aux femmes l'entrée de leur couvent. Mais pour qui connait les filles d’Eve, ce n’est pas souvent qu'un simple avis puisse triompher de leur curiosisé ; aussi s’obstinèrent-elles toutes à nous suivre.
Le torrent de Cédron présente ici l'aspect le plus pitto. resquement sauvage qu’on puisse imaginer. Complètement à sec, comme il l’est partout à cette saison, ce n’est à proprement parler qu'une déchirure des masses pierreuses dans lesquelles il a creusé son lit, tant sou enfoncement est profond et ses bords escarpis. Les assises, coupées perpendiculairement, sont le plus souvent en retraite de quelques pieds les unes sur les autres, simulant des corniches dont se servaient les nombreux anachorètes qui vécurent autrefois en ces lieux, pour commu. niquer à ces grottes sans nombre dont on voit encore les ouvertures an dessus du précipice. Il n’y eut pas moins, au Ve siècle, de 14,000 ermites vivant ici sous la direction de $. Sahas, dans cette fameuse laure. Quatre mille avaient leur logement dans le monastère même, et le reste dans ces grottes que nous voyons disséminées sur les deux rives. Un petit mur en pierres sèches, dout on voit encore quelques restes en certains endroits, s'élevait sur le bord de ces galeries du côté du précipice, pour protéger les saints reclus contre les faux pas qu'ils auraient pu faire, lorsqu'ils allaient se nourrir au couvent du pain des forts, recevoir la direction de leur saint Abbé, ou faire provision d’eau à l’unique source qui se trouve dans tout le voisinage.
Les grottes paraissent en général fort petites, et sont sans doute l'œuvre de la main de l'homme. L'ouverture est parfois toute large béante, et d'autrefois elle est en partie fermée par un mur qui ne laisse qu'une très petite porte pour parvenir à l'intérieur. Ou dirait, à la distance où nous sommes, ces nids d'hirondelles que creusent souvent ces oiseaux dans les rives escarpées et sablonneuses des rivages de nos contrées,
Le chemin que nous suivons est le plus souvent sur la pierre nue, ou se poursuit sur une glaise blanche lui faisant suite, Je ne fus pas peu surpris de rencontrer ici, pour la prenière fois, rampant sur cette glaise ou sur les talus pierreux, une quantité prodigieuse de myriapodes de tailfe herculéenne, ne mesurant pas moins de 6 à 7 pouces de longueur
sur | qua:
sabo lope:
au li
vent fissu l'app tours dései main quan
d faire temp avaie visite nous une € tions.
dant atten leur « puis € matiq flexior restes lait d celte €
et ass O dans t ces m sacrés
[el
planté
nt bien de à S. Sabas moines ne vent. Mais vent qu'un ussi 8’obsti-
plus pitto:
plètement à proprement lesquelles il et ses bords ent, sont le nes sur les s nombreux our commu.
core les onpins, au Vle clion de $.
avaient leur s ces grottes n petit mur estes en cer
du côté du es faux pas r au couvent nt Abbé, ou e dans tout
et sont sans e est parfois fermée par parvenir à es, ces nids ns les rives ées, vent sur la lui faisant ci, pour la s talus pierailfe herçue longueur
DE QUÉÉEO A JÉRUSALEM 887
sur un dianètre de plus d’un demi pouce. Îls étaient en telle quantité, que souvent nos chevaux les écrasaient de leurs sabots en marchant. Ils pouvaient faire le pendant de la Scolopendre rencontrée à Bethléem, mais ici c'élaient des Jules au lieu de Scolopendres.
Après guère plus d’un quart d'heure de marche, le couvent de S. Sabas se présente à nôus, comme collé dans une fissure de cette rive escarpée qe nous suivons. Il a toute l'apparence d’une forteresse militaire, mur d'enceinte élevé, tours dominant les environs, etc. C'est qu'isolé dans ce lieu désert, il convient que les moines soient à l'abri des coups de main que les barbares bédouins ont parfois la fantaisie de porter, quand un butin quelconque leur parait de prise assez facile,
Arrivés à la porte du mur d’enceinte, un moine vint en faire rouler les battants sur leurs gonds, et avertir en mème temps les dames qu'elles ne pouvaient passer outre. Elles avaient voulu voir la célèbre laure, elles l’avaient vue, leur visite ne devait pas s'étendre au delà.
Nous laissons nos montures, et, franchissant Ka porte, nous descendons un large escalier en pierre pour parvenir à une cour intérieure autour de laquelle se dressent Les construc-
tions.
Les moines, sales, peu maniérés, nous accueillent cependant d'assez bonne grâce, en vue sans doute du baceshish qu'ils attendent, et nous conduisent dans les différentes parties de leur couvent, Nous visitons d’abord le tombeau de S. Sabas, puis celui de S. Jean Dimascène. Comment cs moines schismatiques, ces enfants égarés de l'Eglise, ne font-ils pas réflexion que ces deux saints, dont ils s'honorent de posséder les restes, ne partageaient pas leurs travers, se nourrissaient du lait de la plus pure doctrine, étaient des enfants soumis de
cette église de Rome qu'eux rejettent aujourd'hui ?
Leur égiise, récemment restaurée par les Russes, est belle et assez bien tenue.
On nous montre dans une chapelle, retenus par un grillage dans une fente du rocher, des milliers de crânes, reliques de ces moines qui, au commencement du VIle siècle, farent massacrés là même, lors de la conquête de Chosroës.
On voit auprès du rocher, un palmier qu’on dit avoir été planté par S. Sabas, et qui doune des dattes sans noyaux.
L'arbre, de fait, paraît très ancien, mais montre qu'il pourrait vivre encore longtemps. Les moines lui donnent des soins tont particuliers. On a scellé dans la pierre des barres de fer pour retenir la motte de terre dans laquelle s’enfoncent ses racines, en surplombant presque l’abyme qui s'ouvre au dessous
On nous fait traverser une cour, puis monter un escalier pour pénétrer dans une grotte sur une pointe de rocher qu'on croirait suspendue sur le Cédron, tant la vue de ce point plonge sans obstacle dans le gouffre creusé sous nos pieds, Cette grotte est la grotte du lion, et la petite chapelle qui lui fait suite, celle de S. Sabas.
Un jour que le saint anachorète était sorti, il tronva, à son retour, un lion installé dans sa grotte. Plein de confiance en Dieu, il entre tout de même, et se met à réciter son office, Müis s'étant endormi, le lion le saisit par son habit et le traine au dehors. Le saint réveillé, entra de nouveau et reprit son office. Muis s'étant endormi une seconde fois, le lion le traina encore au dehors. S’adressant alors au lion d’un ton sévère, il lui dit : “n'y at-il pas place pour deux ici ?” et il lui assigne le coin où il doit se retirer. De ce moment, ils conti. nuèrent à cohabiter en paix tous deux dans la grotte.
Remarquons que les lions, qui ne goûtent guère les dou. ceurs de la civilisation, ont cessé depuis des siècles d’habiter la Palestine, bien qu'ils fussent assez communs autrefois pour que David, lorsqu'il n’était encore qu’un berger, ait eu plus d’une fois à leur disputer des pièces de ses troupeaux.
Les hyènes et les chacals sont à peu près les seules bêtes féroces qui habitent aujourd'hui les déserts de la Terre Sainte. Il ne s’y trouve plus guère aussi de serpents venimeux ; les vipères y sont très rares. Les lézards y sont très communs, mais tous incapables de nuire, ne possèdant aucun venin.
Les moines sont au nombre de 25 À 30, Grecs schismatiques, Leur apparence n’a rien qui dénote la piété ou la vie contemplative. On dit qu’ils mènent cependant une vie très austère, pratiquant le jeûne d’un bout de l'année à l’autre, c’est-à-dire ne faisant qu'un seul repas par jour, repas qui consiste le plus souvent en un morceau pain noir avec quelques fèves bouillies dans l’eau.
Serait-tl possible que des gens menant une vie si austère, se trouveraient encore en dehors de la voie, de la seule route qui mène au Ciel ?
sait j digne que, leur 1 dessu Rome les m cier 1 nous aveug à Die qu'il aux y qu'un des cai déser casion lité qu A de not avertit pierre 1
distrib ticiper tente, p lagnes, blanch.
toujour chamea peu plu eux au sont dr côlé, ] chandel sontàn carte pk
il pourrait t des soins irres de fer cent ses raau dessous,
un escalier cher qu'on le ce point
nos pieds, elle qui lui
il trouva, à le confiance r son office, et le traine + reprit son on le traina ton sévère, etil lui as nt, ils conti.
te.
ère les doules d’habiter trefois pour , ait eu plus ux.
seules bètes erre Sainte, imeux ; les S comInuns, in venin.
ismatiques, vie contemrès austère, , C'est-à-dire siste le plus es bouillies
e si austère, seule route
Les mystères de la justice de Dieu sont insondables ; qui sait jusqu’à quel point leur avenglement peut les rendre indignes de sa miséricorde ? Il nous est doux du moins de penser que, profondément ignorants—des auteurs nombreux parlant leur langne, l'ont constaté—l’erreur de Photius est bien au dessus de leur compétence, et qu'ils se tiennent séparés de Rome sans trop savoir pourquoi, sans pouvoir en déterminer les motifs, et sans avoir les lumières nécessaires pour apprécier la voie dans laquelle ils marchent. D'un autre côté. J, GC. nous a dit que si un aveugle se laisse conduire par un autre aveugle, ils tomberont tous deux dans le précipice. . . .Laissons à Dieu à les juger, sachons apprécier le bienfait inestimable qu'il nous a fait de la foi, et prions pour que la lumière brille aux yeux de ces pauvres égarés, afin qu'il n’y ait plus bientôt qu'un seul bercail et un seul pasteur.
Les pauvres moines nous offrent, avant de nous retirer, des cannes qu’ils confectionnent avec les arbrisseaux de leurs déserts ; nous leur en achetons quelques unes, autant pour l’occasion que nous avions de leur faire l’aumône, que pour l’utilité que nous pouvions trouver à ces instruments.
Après toutes ces visites, nous revenons sur nos pas au lieu de notre campement. Avant d'y arriver, le Fre Liévin nous avertit que le chemin étant là fortement en pente, et sur la pierre nue, il serait plus prudent de faire cette descente à pied, pour éviter tout accident. Me fiant au pied sûr de mon docile mulet, seul de toute la caravane, je demeurai en selle ; et de fait, je n’eus rien à appréhender,
Comme nos tentes sont toutes tendues, on nous en fait la distribution sans tarder, et nous commençons de ce soir à participer à la vie du bédouin nomade, qui n’a de demeure que sa tente, pour suivre ses troupeaux dans les vallées de ces montagnes. Il y a cependant cette différence, que nos tentes blanches font contraste avec celles des bédouins, qui sont toujours noires, les couvertures étant en laine ou en poil de chameau, et que dans l'intérieur, nous y montrons aussi un peu plus de confortable ; nous n’en sommes pas réduits comme eux au simple terre-à-terre. Trois lits sur couchettes en fer, sont dressés dans chaque tente, avec chacun un petit pliant à côlé. Près du poteau du centre, une petite table avec un chandelier, un bassin et un pot en fer blanc, serviettes, etc. sont à notre disposition. Chacun attache à ses couvertures une tarte pour qu'on puisse lui donner les mames Le lendemain.
450 bé GUÉSÉO À SÉtbSALEU Nôus s6miñés ici én pleif teftitoitedes bédouins, ét il ya D à à ä peine une quinzaine d’annéés, personne ne $é sérait hasardé à travers ce désert sans être muni d’uné bônne escorte. Plus Fa d'un voyageur ont élé détroussés par ces brigands du désert, | ét bon nombre d’autres ont entendu siffler à leuts orëillés des “He balles lancées de derrière lés rochers qui bordeut l4 routs , Bien qu'aujourd'hui il n'y ait plus semblables dangers à courir, BINÉE les caravares cependant ne font jamais le trajet saus se faire uyes accompagner d'une escôrié, nôñ pas toutefois pour défendrs I notre vie dahs l’occasion, mais pour én impôsér aux farouches fusil pasteurs et leur ôter toute envie d'éxercér là rapine à nos dé. brout pens, comme d’intercepter nos bagaÿes où nous enlever nos la pie êtes durant la nuit. Notre escorte sé composait de deut L scheiks mêmes bédouins, armés jusqu'aux dents, et répondant altièr sur leurs têtes de toute perle que nou$ pôurtions sûbir del ra pin art dé leuis nâtionaux. Aveë le fusil traditionnel qu'ils ne le bri, âfssent jainaïs, ils pôrtaiént encore à la ceinture un pistokt S ét un petit sabre. Ils véillafent tour à tour toute la nuit pout de de arrêter touté intrusion dans lé camp et surtout garder des raide bêtes. d'églis Nous soimés iéi dans ‘une petité plaine entourée de mon. au de: tagnés de tout côté. Pas le moindre air de vent. Aussi là cosur éhaléur est-elle accablante, Nos tentes nous font l'effet de soie, fours, lorsque nôts y pénétrons. frange La veillée fut assez courte, chacun sentant le besoin du 4 À repos ; mais comment dormir avec une telle chaleur ? La plus ES
légère couverture nous embarrasse encore. Disposé par la fatigue, et ma bronchite ne se faisant pas trop sentir, je fs d’abord un bon somme. Mais comme l'air se rafraichit tou jours vers les premières heures du matin, je me réveillai tout à coup saisi par un violent frisson. Je réunis touts mes cou. vertures, y ajoutai encore mes habits, et ne parvins qu'ava peine à me réchauffer. J’allais me rendormir lorsque sonm Je réveil, 4h. La tasse de café qu’on nous servit presque aussitôt mèe remit passablement, si bien que je n’hésitai pa vw instant à me remettre en selle.
monta nous t trace ( flanm sentir la vie.
Qu des l'expial rail Sy Nd perposé dont,
À 5'h. nous étions de nouveau en route, à travers des'séh, iers’où paifoisnos bêtes sont'obligées de gravir ou de descendie ‘és rochérs dispôsés ‘en marches plus ou moins inclinées 4h : .
Dr br en de EP à D RRE RL signific toujours'sur la pièrre nue. Duñsicés passages difficiles, nds geule latssons-mos bètés-seidiriger-elles-nômes.;-hubituées à ces sorks ba
tins,étil ya érait hasardé scorte. Plus ds du désert, "s orbillés des etit là route, igers à Courir,
saus se fairé our défendre aux farouches ine à nôs dé.
3 enléver nos sait de deut ét répondant js sûbir dela nnel qu'ils ne re un pistolet e la nuit pout ut garder les
ourée de mon.
nt. Aussi là font l'effet de
le besoin du leur ? La plus Disposé par la D sentir, je fs rafraichit touè réveillai tou buts mes COuarvins qu'ave lorsque sonm servit presque e n’hésitai pas
ravers des'sh, Lu de descendie
8 inclinées à difficiles, 101 éos à ces s0rks
DE QUÉBEC À JÉBUSALEM 39}
de difficultés, elles savent mieux que nous, par quels mouyements elles pourront les franchir sans danger,
Heureusement que le soleil se tient caché et que le temps se trouve relativement frais,
Partout, de tout côté, c'est le désert; ici des sommets de pierre nue, là de petites vallées où croissent à peine de chétives broussailles.
De temps à autres nous voyons un bédouin à cheval, le fusil sur l’épaule, et non loin de lui, ses chèvres et ses moutons broutant les arbrisseaux qui se moutrent dans les fissures de la pierre ou les herbes dans les dépressions des vallées.
Le bédouin, sans avoir l’air féroce, a la démarche fière et altière; cependant la lâcheté fait le fond de son caractère, La rapine à la faveur de la nuit, va mieux à ses dispositions que le brigandage à découvert, l'attaque en pleine face.
Ses habits sont en laine ou de poil de chameau, et celui de dessus, qui est toujours en poil de chameau, d'un tissu raide et grossier, a absolument la forme de nos dalmatiques d'église, avec l'exception toutefois que les côtés sont fermés au dessous des scapulaires qui couvrent les bras. Dans son costume de fète, il porte sur son turban un grand voile de soie, ordinairement à barres jaunes, bleus et rouges, avec frange et glands qui lui descendent jusqu’au milieu du dos.
A un certain endroit, nous découvrons la Mer Morte, qui s'étend bien au dessous de nous,en une nappe de plomb au pied des montagnes de Moab qui la bordent, de l’autre côté. Ces montagnes nous paraissent encore plus désertes que celles que nous traversons. Partout c’est la solitude, la désolation ; nulle trace de vie. Le feu du ciel a passé près d'ici, les vapeurs des flammes qui ont consumé Sodôme et Gomorrhe se sont fait sentir jusqu'ici, dans tous les environs, pour en faire disparaître la vie. C'est à peine si ça et là quelques chétifs arbrisseaux, ou des cigognes égarées, viennent nous faire pressentir que l'expiation des crimes aurait eu son terme, et que la vie pourrail s'y montrer de nouveau. |
Nous trouvons sur une certaine hauteur, des pierres superposées les unes sur les antres eu forme de pains de sucre dont, sans explication, on serait fort en peine d'assigner la signification. C’est, nous dit Le Fre Liévin, pour avetir les musulmans qu'ils,sout ici.en vue de Nébi-Moussa, montagne Baughs qu’on voit à gauche à une certaine distance, et.qus Leg
EN nes LA
PMU PE)
EC
M, Lam mue Ets
ho
Page
392 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
vnfants de Mahomet tiennent en grande vénération, par ce que, prétendent-ils, c'est là que se trouve le tombeau de Moïse,
Cependant nous voyons, par la sainte Ecriture, que Moïse ne put que contempler de loin la Terre-Promise, et qu'il ne traversa pas le Jourdain.
Tous les ans, avec grande solennité, on vienten pèlerinage au prétendu tombeau du grand prophète. J'aurai occasion d'en parler plus loin.
Nous faisons une petite halte au pied d’un certain rocher, dans une petite plaine où se trouve de nombreux fragments d’un calcaire gris-bleuâtre. ‘ Cassez ces pierres, nous dit le Fre Liévin, et vous allez trouver l'intérieur tellement impré. gné de bitume, qu’exposées au feu elles donnent de la flamme,” En effet, la cassure nous montre une teinte noirâtre foncée, toute différente de la surface qu’a altérée la lumière du soleil en évaporant le bitume. Ces pierres ofraient une grande ressemblance avec celles que l’on rencontre sur les bords du lac Huron, tout imprégnées de pétrole, et qui de même aussi donnent de la flamme.
La route que nous suivons traverse, en un certain endroit, une plaine plus étendue que celles que nous avons encore ren: contrées jusqu'ici. Elle ne mesure pas moins d’une quinzaine d’arpents de largeur sur une longueur plus considérable en: core. Le sol, tout-à-fait uni, nous montre ou le sable nu, ou des petits arbrisseaux, en touffes plus ou moins éparses. Nos scheiks profitent de l’accasion pour nous montrer leur habileté comine cavaliers. Ils lancent tous deux leurs superbes chevaux au grand galop à travers la plaine, puis tournant brusquement, ils vierrnent passsr devant nous en allant faire une semblable course de l’autre côté, et répètent ce manège deux ou trois fois, Le coup d'œil qu’ils offraient alors était vraiment pittoresque, Les allures dégagées des coursiers, l'aspect sauvage des cavaliers, avec leurs longs fusils, leurs sabres, la bigarrure de leur accoutrement, les glands de leurs voiles volants au vent, présentaient une silhouette que plus d’un peintre, j'en suis sûr, s seraient estimés heureux de pouvoir rencontrer, comme pouvant fournir le sujet d’un tableau de genre peu commun et toutifait original.
Les touffes d’arbrisseaux sont ici presque entièrement dépouillées de verdure, par une hélice blanchâtre qui se montre en telle quantité, qu’on pourrait en prendre des jointées au
pied ment symé une à
que n décou mais mité, De 4 :
Nau les cit nition consid parait OcCup
A dela | N.
ruisse l'eau < poisso!
verte ( tout sd lourde
dé etlan C'est d salem mont à chas allons
E blable les cai les po L'un 8
par ce que, Moïse.
, que Moïse et qu'il ne
n pèlerinage rai occasion
‘tain rocher, x fragments nous dit le ment impré.
e La flamme.” râtre foncée, ère du soleil une grande les bords du même aussi
tain endroit, s encore rel:
ne quinzaine sidérable en:
sable nu, ou bparses. Nos leur habileté rbes chevaux brusquement, ne semblable ou trois fois.
at pittoresque.
age des cavarrure de leur ù vent, présenbn suis sûr, s& mme pouvant
un et tout-à
tièrement déqui se montre s jointées au
pied de chaque touffe. Souvent les branches se montrent tellement garnies de ces mollusques, qu’elles simulent des grappes symétriques de fruits pétrifiés, Je ne manquai pas d'en faire une ample provision pour mon musée.
Enfin nous voici parvenus au sommet de la dernière cime que nous devons traverser ; la mer Morte se montre à nous à découvert, avec la plaine du Jourdain qui la continue à l'Est; mais à quelle profondeur ! Nous sommes en face de son extré. mité, à l'endroit où le Jourdain verse ses eaux dans son bassin, De 4 à 5 lieues de largeur sur 25 de longueur, elle s'étend du N.au S. C'est à son extrimité S. O. que se trouvait la pentapole, les cinq villes qui fureu consumées par le feu du Ciel en punition de leurs impudicités.
Mais avant d'atteindre sa rive, il nous faut encore descendre considérablement, car du point où nous sommes, elle nous
parait comme enfoncée au pied de la montague dont nous occupons la cime.
Après environ 30 minutes de march3, nous foulons le sol de la plaine du Jourdain, qui borde la mer Morte du côté du N. «ous suivons un sentier dans cette plaine, traversons un ruisseau à travers une épaisse végétation de roseaux, dans l'eau duquel ruisseau nous voyons s’agiter une foule de petits poissons, puis touchons enfin la grève, basse, plate, toute couverte de petits cailloux usés, polis, arrondis.
Le soleil qui jusque 1à s'était tenu caché, brille alors de tout son éclat. Nous nous sentons écrasés sous le poids de la lourde atmosphère que nous avons à porter.
Jérusalem est à 2610 pieds au dessus de la Méditerrannée, et la mer Morte est à 1316 piels au-dessous de la mème mer ; C'est donc une différence de niveau de 3926 pieds entre Jérusalem et la mer Morte.
Cependant nous descendons de chaval, et attachant nos montures à des troncs d'arbres que la mer, dans les gros vents, à chassés sur ses rives, après Les avoir reçus du Jourdain, nous allons de plus près examiner ses eaux.
Et tout d'abord je suis étonné de leur trouver une semblable limpidité. A 12, 15 pieds, nous distinguons clairement les cailloux du fond. Je trempe mes doigts dans l’eau et me les porte à la bouche. C'est aussi piquant qu’un fort lessif. L'un de no: jeunes campagnons est déjà dans l’eau et y prend
Te Re uen
894 DE QUÉBEO À JÉRUSALEM
ses ébats. Ii n’a aucune difficulté à nager, car il flotte à la sur. face comme un bouchon de liège,
C'est sans doute en raison de cette extrême salure des eaux que les poissons ne peuvent y vivre, Si parfois les cou. rauts en entraînent du Jourdain, ils périssent aussitôt, et Le flot 4 les rejette sur les bords.
| - On a avancé qu'aucun oiseau ne volait au-dessus de ses eaux, mis C’est là une exagération. Nous avons vu des bandes considérables de cigognes la traverser, et de nombreux vau. tours sur ses rives.
Ce qui forme aujourd’hui la mer Morte ou lac Asphaltite était autrefois une plaine des plus fertiles, connue sous le nom de vallée des Bois. Le Jourdain débordant périodiquement sur ses rives, venait w 1épandre la fertilité comine le Nil en Egypte, puis se traçuis au delà un passage à La mer Rouge, ! comme où en peut encore retrouver des traces. | | Bien que le cana! de Suez supprime le détour de la pénin. à sule Africaine, pour la communication de l'Europe avec les Indes, on agite encore la question de renouveler la commuuication de la mer Morte avec la mer Rouge. Où creuserait un RE canal de Kaïfa au lac de Tibériade, par la plaine d’Esdrelon ;
lu différence de niveau amèuerait l’eau de la Méditerrannée en telle quantité qu’elle inonderait toute la vallée du Jourdain, t remplirait la dépression de la mer Morte, et s’'écoulerait ensuite
(ei +4 | pite c Wii vers la mer Rouge, par le nouveau canal que l’on creuserait 4 sant LA travers l'Arabie. Il est ‘out probable que si le projet d'un one | double canal à travers l’isthme de Suez ne se réalise pas, on en une | viendra à celui de la mer Morte, pour satisfaire aux besoins du a commerce.
| offre) l Disons ‘toutefois que ce serait là une entreprise malheu- n'ya rense ét fort regrettable. C2 serait sacrifier les jouissances de tag le, J'intelligence, aux besoins matériels de la vie, On efficerait une | des pages des plus émouvantes de l’histoire de l'humanité, bc: l pour y coter des colis de marchandises ! Le géologne, l'hagio- plus graphe, même le simple chrétien pieux seraient forcés de se veau l dire, en passant sur le lac qu’on formerait de la vallée du toute Jourdain: ‘1 se trouvait autrefais une plaine arrosée d'un proc fleuv., où:se sont déroulés des faits mémorables dans l'histoire leur des peuples,.:où le.grand.acte de la Réilemption de l'humanité priv
Il a:eu plus d’une scène ; mais ces savants en chercheraient «en É vaio ules témoins, Le théâtre aurait disparu comme Les acteurs.
otte à la sur.
> salure des rÉois les cou.
itôt, et le flot
essus de ses u des bandes mhreux vau.
c Asphaltite sous le nom iodiquement mine le Nil mer Rouge,
de la pénin.
pe avec les la commuui.
reuserait un d'Esdrelon ; errannée en u Jourdain, erait ensuite Creuserait À projet d’un je pas, On en k besoins du
ise malheniissances de ja efficerait l'humanité, ue, l'hagioforcés de se la vallée du trrosée d'un us l'histoire l'humanité heraient en
es ACLeuLs,
DE QUÉBEO À JÉRUSALEM 895
Après environ une demi-heure passée à examiner cette met unique en son genre, et à nous choisir parmi les petits cailloux roulés du rivage des souvenirs plus ou moins remarquables de notre visite, nous reprenons nos moulures pour nous diriger vers le Jourdain, qui longeant les montagnes de Moab, laisse presque toute la plaine de ce côté, et dont nous pouvons distinguer le cours par la ligne de verdure qu'il dessine sur ce sol nu ou que ne recouvrent, par-ci par là, que de chétives broussailles.
C’est toujours le même soleil et la même almosphère qui nous alterrent, qui nous écrasent, Après eu:vhrou une heure de marche, nous apercevons la lente qui doit nous abriter durant le dîner, dressée sur la rive même du Jourdait, au pied de grands arbres au feuillage abondant et du plus beau vert, à l'endroit même où N.S. reçut le baptème de S. Jean.
Le Jourdain, qui a à peine 200 pieds de largeur, roulait à pleins bords son eau blunchâtre, avec une telle vitesse, que chaque saillie de la rive, chaque détour dans la direction, produisait des remous plus ou moins considérables dans son courant.
Quel contraste à quelques arpents seulement de distance ! Ici, la verdure, l’ombrage, la fraicheur, lu vie ; là 1e sable nu, brûlant, l’aridité, le désert !
Ce courant vigoureux, profond, impétueux, qui se précipite dans sa course, ces remous à chaque pointe des rives, ces eaux qu'on croirait disposées à devoir bientôt déborder, ces broussailles trempant leurs branches dans l’eau, ces peupliers, saules, etc. prodiguant leur ombrage et abritant de guis oiseaux, tonte la scène me reporte aux paysages que nous offrent partout n6s cours d’eau à travers nos propres forêts. Il n'y a que la pierre blanche et nue que nous montrent les montagnes de l’autre côté, à quelques arpents seulement de distance, et ce soleil tropical que nous avons presque droit au- Gessuüs de nos têtes, qui m'empèchent d'oubiier que je ne suis plus dans les climuts du nord, surtout dans ces pays du nouveaux monde, où une surabondance de vie semble déborder de toutes parts. Cette nature aride, vieillie, usée pour ainsi dire, proclame les générations sans nombre qui ont foulé ce sol de leurs pieds, qui ont enlevé depuis de longs siècles, à cette terre privilégiée, la vigueur de sa première jeunesse,
La plupart de mes compagnons s'empressèrent de se bai.
ER ES e
Een ne
396 DE QUÉOEC A JÉRUSALEM
gner dans le fleuve, aussitôt notre arrivée au campement ; pour moi, redout.nt ma faiblesse ordinaire des poumons, et Les effets d’un rafraichissemtnt trop subit pour la bronchite dont je souf. frais, je me contentai de m’y laver la figure et les mains. Mais les baigneurz: devaient user de beaucoup de précautions, surtout ceux qui ne savaient pas nager ; il n’y avait absolument aucune grève, l’eau était partout profonde, et si rapide qu'il leur fallait presque constamment se tenir aux branchäages pen. dants dans l’eau pour n’être pis emportés par le courant,
Le voici donc ce fleuve du Jourdain que j'ai tant de fois vu mentianné, qui a été témoin de tant de merveilles ! Je me l'étais rer ésenté tout autre. Je croyais le voir comme unede nos rivières aux rives escarpées, au Courant rapide et peu profond, dont les galets et les cailloux font bruire les eaux qu'on. bragent des arbres de haute futaye, et lorsque j’examine ce cours précipité, cette rivière pour ainsi dire sans rives au milieu d’uue plaine, cette végétation vigoureuse à deux pas du désert, il ine faut renoncer à tous mes rèves d’imaginatioi pour embrasser l’exacte réalité ‘sue j'ai sous les yeux.
C'est ici, à cet endroit même, que les Israëlites, après les quarante années écoulées dans le désert depuis leur départ de l'Egypte, traversèrent le fleuve à pied sec, sous la conduite de
Josué. C'est avec délices que je me reportais à trente sièclesen verte de arrière pour être témoin des merveilles qui se sont opéréesici, Je Fleuve voyais tout à coup le courant se fixer comme un mur et l'eau sainte s laisser en aval le lit à sec ; les nombreux enfants de Jacol, sant lei traînant à leur suite le tabernacle avec l'Arche d’Allience, Dieu l’e descendre dans la dépression pour remonter sans difficulté sur «Il l’autre rive. Je voyais Josué, commandant aux lévites de di dns prendre 12 pierres dans le lit du Fleuve, pour les ériger en Marie s mouumént, comme souvenir du miracle que Jéhovah opérait cède à L en leur faveur ; puis, La digue miraculeuse disparaître, et l'eau aussitôt reprendre son cours ordinaire. colombe
En face, de l'autre côté, je voyais le mont :ébo, d'où l'Eterne l'inspiré du Sinaï put jeter un coup d'œil sur cette terre pro: aimé, é mise où il conduisait le peuple de Dieu, mais qu'il ne devait sont opé pas, lui, fouler de ses pieds ; car Moïse mourut sur celte Dar montagne, C’est encore sur le mont de Nébo que le prophète au milie Jéréime, lors de la captivité de Babylone, cacha l'Arche d'Al: des grad liance et l'autel des parfums dans une grotte qu’on ne put tra retrouver plus tard, durant 1
ment; pour etles effets lont je souf.
nains. Mais utions, surabsolument rapide qu'il ichiges pen.
urait,
tant de fois illes ! Je me mme une de > et peu proeaux qu'on.
examine ce is rives au > à deux pas imaginalioi UX.
es, après les ur départ de conduite de nte siècles en )péréesici. Je mur et l’eau its de Jacob, e d’Allience, difficulté sur x lévites de es ériger el ovah opérait hître, et l'eau
Iébo, d'où te terre plo- ‘il ne devait ut sur celle le prophète l'Arche d'Al u'on ne pui
Me
se
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 397
C’est encore ici que le prophète Elie, frappe les eaux de son manteau, et elles lui livrent un passage à sec où il traverse avec son disciple Elisée, pour être plus loin enlevé dans un char de feu. Elie en montant dans les airs, laisse son manteau à son disciple qui s’en sert en revenant pour frapper de même le fleuve et en avoir aussi un passage à pied sec.
Naaman, chef de l’armée de Bénadad, roi de Syrie, était couvert de lèpre ; par ordre d’Elisée, il vient se baigner sept fois dans le Fleuve, et obtient sa guérison.
Mais les enfants de Jacob ont peuplé de toutes parts la terre de Chanaan, malgré leurs infidélités sans nombre, ils ont vu le bras de Dieu constamment étendu pour les protéger et les rendre victorieux de leurs ennemis ; ils ont vu l’accomplissement des promesses que les prophètes ont annoncées à kraël, moins toutefois la plus importante. Mais voila que de tout côté Le peuple se précipite vers le Jourdain, car le dernier de ces prophètes y fait entendre sa voix. Cette voix qui résonnait dans le désert du Térébinthe, évoque maintenant les échos du Jourdain : “ Faites pénitence, car le royaume des Cieux est proche. Rendez droits les sentiers de votre Dieu. ”
Et des montagnes de Juda à celles de Moab, la plaine est couverte de masses émues qui s'empressent de descendre dans le Fleuve pour recevoir le baptême de Jean. Jean verse l’eau sainte sur le front de tous ceux qui se présentent en confessant leurs péchés. Mais tout-à-coup il s’arrête ; l'esprit de Dieu l’a éclairé.
“ILen est un au milieu de vous dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses souliers, s’écrie-til. “ Le fils de Marie se présente, et Jean se récuse dans son humilité. Il cède à la fin à l'invitation. L'eau coule sur la tête du juste : et aussitôt le Ciel s'ouvre ; le Saint-Esprit sous forme d’une colombe vient se reposer sur le nouveau baptisé, et la voix de l'Eternel retentit dans les airs : “ Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez-le.” Et c'est ici même que ces mervelles se sont opérées !
Dans les premiers siècles du christianisme, on avait érigé au milieu du Fleuve une grande Croix de bois soutenue par des gradins en marbre, ceux qui venaient y recevoir le baptème où en renouveler les promesses, se tenaient sur ces degrés
durant la cérémonie.
Il ne reste plus rien aujourd’hui en cet endroit pour com, mémorer les faits remarquables qui s'y sont accomplis, sinon la disposition de la rive de chaque côté, et une espèce de coupe dans la chaine des montagnes de Moab, pour montrer que le passage du Fleuve offrait moins de difficultés ici qu’en wut autre endroit des environs.
Nous prenons notre diner sous le feuillage des arbres de la rive en nous abreuvant de l'eau du Fleuve qui, quoique légèrement blanchâtre, est excellente à boire.
Aussitôt le repas pris, je me mets à la recherche de plantes et d'insectes, parmi les arbustes qui couvrent la rive, et j'en fais une provision assez abondante,
À deux heures et demi nous reprenons nos montures pour aller passer la nuit à la fontaine d'Élisée, lieu de notre campement, c’est-à-dire que nous avons à traverser toute la plaine de déricho, quatre lieues, plaine très fertile, autrefois très florissante, théâtre de nombreux événements consignés dans la Sainte Ecriture, et aujourd'hui presque complètement déserte,
Après environ un quart d'heure de marche à travers un fourré d'arbres et d’arbriseaux, nous laissons la dépression du bassin du Jourdain, pour entrer dans la plaine proprement dite, où le sol gazonnant est plus où moins parsemé de taches de sable nu incrustées de matières salines y formant des croutes blanchâtres plus où moins consistantes,
Nous marchons encore une heure, puis nous passons le torrent Nahr el Keit, qui est le Garith de la Ste Ecriture, où le prophète Elie se cacha par ordre de Dieu et fut nourri par un corbeau. La vallée de ce torrent fut appelée, après Josué, Vallée d'Achor, parce que c’est là que Achan ou Achor fut lapidé, pour avoir désobéi à l'ordre donné de ne rien s’approprier du butin fait à Jéricho. Le lorrent est bordé d’une belle lisière de verdure.
A sept où huit arpents plus lois, nons rencontrons un renflement de terrain qui n’est autre que le tertre qu'ont formé les ruines de l’ancienne ville de Galgala, où Gilgal de la Ste Ecriture, dont on ne voit plus que les restes d’une ancienne église et des petites pierres régulièrement découpées qui ont servi à des mosaïques,
Galgala est le premier lieu de campement du peuple de Dieu dans la Terre-Promise, C'est là que Josué érigea en monument les douze pierres qu'il avait tirées du lit du Jourduin
en € verse VIE
( le th:
que € quel enfan que f ans rl tout ] pluie époqr peupl Samu offert
et pris qui l'e que tt épée a ainsi t
issan!
A Jdérich la font dérich embel auquel prince frère, 4 les pri deuil massac
Qt détails Cents,
At père ;
j pour com.
nplis, sinon ce de coupe atrer que le i qu’en tt
es arbres de ui, quoique
1e de plantes rive, et j'en
ontures pour e notre Cam:
ute la plaine ‘efois très flognés dans la nent déserte, à travers un lépression du
proprement mé de taches formant des
18 passons le criture, où le 1ourri par un après Josué, bu Achor fut rien s’approé d’une belle
trons un renqu'ont formé lgal de la Ste une ancienne ipées qui ont
du peuple de érigea en MO t du Jourduin
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM. 399
en commémoraison du miracle qui leur avait permis de traverser ce fleuve à pied sec.
Ste Paule vit ces douze pierres au IVe siècle, Arculphe au Villes vit aussi, renfermées dans une église dédiée à S. Michel,
Que d'évènements cette ville qui n'existe plus fut autrefois le théâtre ! C’est là que la manne cessa de tomber, C'est là que demeura pendant six ans l’Arche d’Alliance, jusqu'à ce qu'elle fut transportée à Silo. C’est là que Josué circoncit les enfants d'Israël nés depuis leur départ de lPEgvypte. C’est là que fut tué Eglon, roi de Moab ; que Samuel venait tous les ans rend . la justice au peuple ; que Saul fut reconnu roi de tout Israël. C'est alors que Samnel obtint du Seigneur de la pluie et du tonnerre, au temps de la moisson, bien qu'à cette époque il ne pleuve jamais en Palestine, pour prouver au peuple qu'il avait mal fait de demander un roi, et que le même Samuel annonça plus tard à Saul sa réprobation pour avoir offert des sacrifices au mépris de sa défense.
C’est encore à Galgala qu'Agar, roi des Amalécites, vaincu et prisonnier, fut amené devant Samuel. Prévoyant le sort qui l'attendait : “ Est ce donc ainsi, Ô mort cruelle, s'écriatil, que tu vas me séparer de tout ce qui west cher ?—Comime ton épée a ravi aux femmes leurs enfants, Ini repondit Samuel, ainsi ta mère restera sans enfants parmi les femmes” Et saisissant son glaive, ii lui trancha la tâte,
À environ une demi-lieu plus loin, nous rencontrong Jéricho, non pas la Jéricho ancienne, qui était située pres de la fontaine d’Elisée, mais la Jéricho actuelle, où plutôt la Jéricho d'Hérode, celle que ce prince fit recoustruire, qu'il embellit d'un hyppoärome, d'un amphithéâtre et d’un chateau auquel il donna le nom de sa mère Cypros. C'est là que ce prince cruel fit périr le Grand-Prètre Aristobule, son beaufrère, Agé de 18 ans ; qu'il fit massacrer son fils Antipater, et les principaux de son royaume, afin qu'à sa mort il y eut un deuil général, Cette boucherie est un des plus horribles massacres que mentionne l’histoire,
Qu'on me permette d'emprunter ici à l’abb? Rivailand les détails si émouvauts de la mort du meurtrier des S.ants-Iuno- Cents,
Antipater avait levé l’étendard de la révolte contre son père ; vaincu et prisonnier, il est enfermé dans un cachot à
Jéricho, à côté du lit où son père, rongé de la lèpre, se tord sous les étreintes de la douleur en attendant la mort qui ne peut tarder de venir le saisir.
‘ Antipater, dit Hérode, est un rébelle, un indomptable : qu’il disparaisse. C'est une vipère ; qu’il finisse par les vipères.” Et sur ce, son esclave Cingus, va appliquer sur les lèvres du prince plongé dans le sommeil, des vipères qu'il tenait renfer. mées dans une calebasse,
Le prince se réveilla excité par les piqures, et quelques quarts d'heure après il expirait dans des convulsions de rage et de désespoir.
Hérode en dictant ses dernières volontés, quelques jours auparavant, avait ordonné à tous les principaux membres des familles princières d'Israël, de se réunir à Jéricho.
“Ces enfants de Jacob, dit l’abbé Rivalland, copiant presque textuellement Flavius Josèphe, accoutumés depuis longtemps à tout redouter de la férocité du roi, réunis dans l’hippodrome, se demandaient entre eux à voix basse quel pouvait être le but d’une pareille convocation ; mais c'était le secret d'Hérode et nul autre que lui n’eût pu répondre à cette question.
‘“ Que faisait cependant le sombre monarque ? Couché sur son lit de douleur, pâle,-les y. *x vitrés, la bouche écumante, en proie aux plus horribles souffrances, il venait d’expulser brutalement, dans un moment de fureur, les mé: decins qui attendaient, dans une chambre voisine, leur arrêt de mort.
“ La vue d’'Hérode n’inspirait à ceux qui l’approchaient qu’un dégoût mêlé d'horreur. Sa bouche hideuse, déjà contractée par le froid de la mort, ne s'ouvrait que pour vomir l’imprécation e* le blasphème. Le tigre pris au piège, le lion acculé au fond de son antre ne lancent pas de plus terribles regards, ne font pas entendre de plus féroces hurlements que le bourreau de Bethléem, au moment de sa cruelle agonie.”
Salomée, Archelaüs, Alexas et Achiab entouraient le lit du moribond.
“Je ne veux pas mourir, s’écriait l’Iduméen, en se tordant comme un possédé sur sa couche : non, j: ne le veux pas !.… Ne suis-je donc plus le roi, le seigneur, le maitre d'Israël? Votre santé m'appartient, il me la faut, entendez-vous ? Vite vite, donnez-la moi, ou je vous fais crucifier au sommet de la
tou bea
avec inor l'esp
estf à sai non, la vi renfe cœur trans peup |
son p (T:
le mo [T penda ceci p ingral tranck droma afin q la mid
avec s
mes 0 digne “
recou
(1 frère P} Sauveu le voit,
pre, se tord 10rt qui ne
Lomptable ; es vipères.” s lèvres du nait renfer.
et quelques ns de rage
lques jours 1embres des nd, copiant més depuis réunis dans basse quel ais c'était le ndre à cette
1e ? Couché bouche écus, il venait eur, les mé- , leur arrêt
a pprochaient e, déjà conpour vomir iège, le lion blus terribles rlements que e agonie.” bient le lit du
en se tordant veux pas Le tre d'Israël ?
z-vous ? Vite ommet de là
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 401
tour Antonia, pour que vos corps servent de pâture aux corbeaux et aux vautours !
— Calmez-vous, mon frère, répondait Silomée, en essuyant avee :* mouchoir de fin lin la sueur visqueuse dont était inouu. 2 front du monarque. La science n’a pas encore perdu l'espoir de vous sauver. Courage et confiance !
— Du courage, alors que l'impuissance de la médecine est pus claire que le jour! De la confiance quand déjà la mor4 a saisi sa victime de ses mains froides et décharnées !..., Non, non, plus d'espoir ! Je sais que ma dernière heure est venue ; la vie s'échappe goutte à goutte de ce vase fragile où elle était renfermée.... Mais ce qui me désole, ce qui me déchire le cœur, ce n’est pas la mort, non.... c'est la joie, ce sont les transports d’allégresse avec lesquels elle sera saluée par le peuple Juif...”
Puis avec un svarire sinistre et terrifiant, il commanda à son petit-fils Alexas d'approcher.
“ Prends une ‘"ille de papier revêtue de mon sceau, dit le monarque, et écris :
“ Ma volonté est que le peuple Juif, après m'avoir détesté pendant ma vie, me pleure quand je serai mort. Et comme ceci parait invraisemblable, par suite de la haîne que ce peuple ingrat m'a vouée malgré tous mes bienfaits, j'ordonne qu’on tranche la tête aux treize mille Juifs renfermés dans l'hippodrome de Jéricho, aussitôt que j'aurai rendu le deruier soupir, afin que leurs familles, en pleurant leur mort, pleurent aussi la mienne.
“ Que vous semble de mon expédient ?
“Je veux que mes ordres soient accomplis, Je le veux!
—Vous serez obéi, Seigneur, répondit Arehélaüs (1) avec sévérité.
— Merci, mon fils ; cet empressement à faire exécuter mes ordres annonce que le règne de mon suocesseue sera digne du mien...
“Tout à coup le monarque rejeta bien loin de lui ce qui le recouvrait, et d'un bond neræux, il s'élança de son lit au
(1) Hérode-Archélaüs, celui qui après avoir enlevé la femme de son frère Philippe fit trancher la tête à S. Jean-Baptiste, celui qu revêut le Sauveur d'nn mauteau de dérision pour le renvoyer à Pilate ! Come on le voit, la suite de son règne n'a été que l'éeho de ses débuts.
Lie LA rides
ris
pis
Sc a RSA SA ARE
402 DB QUÉBEO A JÉRUSALEM
milieu de l'appartement ; trop faible pour se tenir debout, il chancela un instant et tomba sur le parquet, en poussant un sourd rugissement,
“ Archélauüs, Alexas, Achiab et Salomée se précipitèrent pour le relever ; mais il les repoussa d'un geste furieux,
“ Son visage était devenu plus affreux que jamais ; se5 paroles n'étaient plus qu'un son rauque et inintelligible: tout son corps tremblait, comme si un froid intérieur lui eût glacé le sang; une sueur abondante ruisselait de tous ses membres : il est évident, suivant la remarque de l'historien Josèphe, que la vengeance divine s'étenduit sur lui, en punilion de ses cruaulés inouies.
“# Cependant Salomée s'était hâtée d'appeler les médecins ; mais, quand ils arrivèrent, Le secours de la science était inutile : l’Iduméen venait de rendre le dernier soupir, ”
Telle fut la fin de cet Hérode, à qui l’histoire décerna le titre de Grand : il fut grand, en effet, autant par les crimes dont il se souilla en foulant aux pieds les lois divines et humaines, les droits sacrés de la nature et du sang, qu’en érigeaut des mouuiments plutôt pour satisfaire son orgueil que pour le bien de son peuple.
Ses funérailles eurent lieu à Herodium, près de Bethléem, avec une pompe inusitée.
Détruite et rebâtie, Jéricho devient un évêché sous les croisés. Les Carmes, les Bénédictins et le Baziliens y avaient leurs couvents respectifs. :
Rasée de nouveau en 1840 par Ibrahim Pacha, Jéricho n’est plus aujourd’hui qu'un misérable groupe de cabanes, où 200 à 300 hédouins, à l'aspect le plus sauvage, y trouvent une retraite. Quatre bachibouzouks, qui occupent un vieux château en ruine, servent à y maintenir (plus ou moins) l’ordre.
Jéricho, aujourd'hui Rihha, a été appelée la viile des Palmiers; on n’y en voit plus un seul aujourd’hui, bien qu'il serait facile de les y faire croître. Sa plaine si fertile, si productive autrefois, par les cours d’eau qui la sillonnent, est aujourd'hui déserte, Que lui manque-til pour la livrer de nouveau à l’exploitation ? uniquement un gouvernement iniel ligent et éclairé. Sur les bords d’un désert immense, où vivent des peuplades nombreuses à peu près sans lois, ce serait offrir à ces brigands un appas trop facile, avec le gouvernement actuel, que d'aller mettre à leur portée des cultures abondantes
ou de seule] n'est
ce ric là rot et sul mont.
avoir Zac loger que d'
M sans r soleil récha til le je do quelq:
séleve “Auj enfant et san
Aer dlac se trot cienne
végéta ques à tagnes plus fa
N 15à 2 fond à travers limpid Certain formée dues n
debout, il oussant un
“écipitèrent lieux,
jamais ; s83 ntelligible :
eur lui eût le tous ses l'historien punilion de
;s médecins ; tait inutile :
» décerna le ‘les crimes vines et hu- ’en érigeaut que pour le
e Bethléem,
é sous les às y avaient
ha, déricho cabanes, où ouvent ue eux château brdre.
la viile des i, bien qu'il tile, si prolonnent, est a livrer de ement iniele, où vivent serait offrir uvernement abondantes
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 403
ou des troupeaux nombreux, aussi se contente-t-on d’y cultiver seulement un peu de blé avec du doura et des pastèques, qu’on n'est pas encore toujours sûr de récolter.
C'est près de déricho que se trouviat la maison de Zachée, ce riche publicain, qui, perdu dans la foule qui se pressait sur la route pour voir arriver Jésus de Nazareth dont la renommée et surtout les miracles faisaient tant de bruit dans le pays, monta sur un sycomore, parce qu'il était de petite taille, pour avoir un meilleur point de vue. Jésus l'apercevant, lui dit : “ Zachée, descendez, parce que c'est chez vous que je veux loger aujourd’hui” On murmura fort dans la foule, parce que Jésus choisissait de préférence la maison d'un pécheur.
Mais les cœurs dociles ne peuvent s'approcher de Jésus sans ressentir les doux effets de sa présence ; les rayons du soleil ne peuvent frapper une terre ameublie sans qu’ils ne la réchauffent, Aussi Zachée, sincèrement converti, se présentatil le lendemain devant le Seigneur en lui disant : ‘“ Seigneur, je donne la moitié de mon bien aux pauvres, et si j'ai fait quelque tort, je rends le quadruple” C'était du premier coup Sélever à la perfection de la loi. Aussi le Sauveur répliqua til : “Aujourd'hui cette maison a reçu le salut ; voici un véritable enfant d'Abraham, car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.”
Aenviron un mille de déricho, en se rapprochant toujours de la chaîne des montagnes de la Judée qui bordent la vallée, & trouve la fontaine d’Elisée, à côté de l'emplacement de l’ancienne Jéricho.
La route, en cet endroit, est presque partout à travers une végétation bien fournie de broussailles entremèlées de quelques arbres, les sources qui s’échappent du pieds des mon:tagnes et qui sillonnent le sol y entretenant une fraicheur des plus favorables à la végétation.
Nous rencontrons d’abord la fontaine d’Elisée, ruisseau de 15à 20 pieds de large, que nous voyons sortir du roc au fond d’un bassin en pierre de taille, pour tracer sa route à travers la plaine jusqu’à la mer Morte. L'eau est des plus limpides et peut avoir de 12 à 15 pouces de profondeur dans certains bassins, Tout auprès, sur une belle éminence arrondie, formée par les décombres mêmes de l’ancienne ville, sont tendues nos tentes pour notre compement de cette nuit.
à ui] }
On sait que les eaux de cette fontaine étaient autrefois amères, et qu’elles furent purifiées par Elisée. “ Apportez-moi, dit le prophète, un vase neuf et mettez y du sel.” Puis s'étant rendu à la fontaine, il jeta le sel dans l’eau en disant : “ Voici ce que dit Jéhovah : J'ai purifié cette eau, et la mort et la stérilité n’approcheront plus d'elle.”
La Jéricho, dont nous folons du pied actuellement les de. combres, est la ville Chananéenne la première dont Josué fut obligé de faire le siège. Sur l’ordre du Seigneur, il ordonna aux lévites de faire sept fois le tour de la ville en sonnant us la trompette. Et à la septième fois, les remparts s’écroulèrent d'eux-mêmes. Les Israélites pénétrèrent aussitôt dans la ville et en massacrèrent tous les habitants, à l'exception d’une seule femme, Rahab, qui avait caché les espions que Josué avait envoyés avant d'entrer dans la Terre-Promise. La ville fut détruite de fond en comble, et Josué prononça alors cette ter. rible malédiction : “ Maudit soit devant le Seigneur celui qui entreprendra de la reconstiuire ; que les fondements tombent sur son premier-né et les portes sur le dernier de ses enfants,”
Pendant le règne d'Achab, Hiel, de Béthel, ressentit les effets de cette malédiction. Ayant entrepris de relever les for.
tifications de la ville, comme il en jetait les fondements, il perdit le premier-né de ses enfants, Abiram, et le dernier nommé Ségub, comme il en mettait les portes.
En attendant le souper, pendant que quelques uns tentent de se baigner dans la foutaine ; mais que dis-je se baigner ? ce n’est qu’en interceptant le courant de leur corps qu’ils forcent l’eau à les submerger ; tandis que ces hydrophiles jouent ainsi au canard dans ce ruisseau, je m'écarte daus les broussailles à la chasse des insectes et à la reconnaissance de plantes dont la plupart étaient nouvelles pour moi, du moins quant à leur détermination spécifique. Mais que d'obstacles dans ce fourré ? Sans les chemins que des vaches paissant dans ces broussailles y avaient tracés, il n'eut été impossible de pénétrer à travers, tant la végétation était compacte et les épines aboudantes. Presque toutes les plantes sont ici épineuses, arbrisseaux, arbustes, lianes et jusqu’à certains arbres même.
Comme nous sommes ici au pied de la montagne de la Quarantaine, c'est-à-dire de la montagne où N. S. jeüna 40 jours et 40 nuits, après quoi il fut tenté par le démon, on peut, quand on se sent la volonté et la force suffisante, faire l'as:
travers Ve Quaraï tion, À jeûne.
en cha tiques, cellule De plus di parfois rocher, montré “ i vo que vo ta n'ad seul, ” Cet du rest chapell On une (re Dok, qu moulins
vaitalo
dont il à heur de Simon ]} dessein
Apr
jt autrefois portez-moi, Puis s'étant nt: ‘ Voici mort et la
ent les de.
it Josué fut il ordonna sonnant uv écroulèrent ans la ville d’une seule Josué avait La ville fut rs cette ter.
ur celui qui nts tombent es enfants.”
ressentit les ever les for.
dements, il t le dernier
uns tentent baigner ? ce w’ils forcent
roussäailles y travers, tant es. Presque x, arbustes,
À faire l'as.
cœnsion de cette montagne. Pour l’entreprendre, il faut non seulement avoir bon pied bon œil, mais encore n'avoir rien à redouter du vertige, car le sentier, en certains endroits, passe sur des pointes de rochers surplombant le vile à une très grande hauteur. Aucun de notre caravane ne parut disposé à tenter cette ascension ; nous nous contentâmes de nous rendre au pied de la montagne, pour l’examiner de plus près.
Le mont de la Quarantaine s'élève à environ 1500 pieds au dessus de la plaine, et sa face, de ce côté, est très escarpée, étant perpendiculaire en plus d’un endroit, de sorte que le sentier, pour parvenir à la cime, doit faire plus d’un détour à travers les pointes les plus saillantes.
Vers les deux tiers de la hauteur se trouve la grotte de la Quarantaine, c'est-à-dire la Grotte même où, d’après la tradition, Notre Seigneur aurait passé les quarante jours de son jeüne. Cette grotte, dès avant les croisades, a été transformée en chapelle et est aujourd’hui occupé: par les Grecs schismatiques, On trouve dans le voisinage un grand nombre de cellules qu'occupèrent autrefois de saints anachorètes.
De ce point à l'endroit de la tentation, la montée est encore plus difficile, le sentier étant à peine tracé, et si raide qu’il faut parfois s'aider des mains pour contourner certaines pointes de rocher, La Tentation est l'endroit mème d’où le démon aurait montré tous les royaumes de la terre à N.S. en hui disant : “Si vous voulez m'adorer, je vous donnerai tous ces royaumes que vous voyez.” Sur quoi N.S. lui répondit : “il est écrit : tu n'adoreras que le Seigneur ton Dieu et ne serviras que lui seul, ?
Cet endroit est au sommet d’un mamelon qui se détache du reste de la montagne, et qui porta aussi autrefois une chapelle avec des cellules d’ermites dans son voisinage.
On peut aussi, du pied de la montagne, aller visiter, à une trentaine d’arpents plus loin, une célèbre fontaine, Aïn Dok, qui se répand dans la plaine, et fit marcher autrefois des moulins à sucre pour l'exploitation de la canne que l’on culti-
L vaitalors. Il y eut aussi auprès de cette fontaine une forteresse,
dont il reste encore des ruines, C’est là que Ptolémée, gouver-
neur de Jéricho, fit massacrer durant un festin, son beau-père
Simon Machabée avec ses deux fils Matathias et Judas, dans le dessein de s'emparer du pouvoir.
Après le souper, les bédouins de la plaine, au nombre
se Rate ere :
PR ER RE nn
A p” Ÿ. dj Z, L Vs 4 .
Y' y €<Ÿ e 7. j ” €N ee VS PAS ) 4 «< 8?
5 O 333 : 32::; à , 8 us Il om 25 eÙ =] <4 S HE 2 Ë Si N eu ES ? N 3? à là A 3 AN À À LR Cl N D À. Pe, À N Ÿ Été
de Para cd rs ct Mars ra
d’une trentaine environ, hommes, femmes et enfants, viennent nous donner une soirée de leur façon, en vue sans doute du backhish qui devait sensuivre.
Ils se rangent en cercle autour d’un chef qui parait com. mander les mouvements. Ce chef, armé d’un petit sabre, fait de tels mouvements, manie si lestement son arme, qu'à tout instant je pensais qu’il allait se blesser ou blesser quelqu'un de la ligne. Ce sont des sauts et des prostrations sans fin, avec une certaine cadence que des frappements de mains servent à déterminer. Je n'ai jamais vu danse plus insignifiante et exécutée par des êtres moins intéressants. Hommes et femmes ont des figures rebutantes, des yeux de fauves, et semblent faire parade de la saleté des guenilles qui les couvrent à peine Aussi n’en eus-ije pas besoin longtemps pour me rassasier de leur spectacle, et fus-je un des premiers à aller me mettre au lit, ce que me commandait d’ailleurs l'épuisement où je me trouvais par suite de mon insomnie de la nuit précédente et la marche de la journée.
Je fis d’abord un bon somme, mais voici que, comme la nuit précédente, je me réveille au milieu de la nuit avec le frisson. Je m'en veloppe de mes couvertures et réussis à peine à me ré chauffer, sans to::tefois pouvoir me rendormir,
A 4t h. sonne le réveil. Je me sens de la fièvre et très faible. J'ai espoir que la tasse de café chaud va me remettre ; mais point. J’en avale avec peine une gorgée et me sens porté à vomir si je voulais en prendre davantage. Cependant il nous reste encore six bonnes lieues de montagnes à franchir pour revenir à Jérusalem. Je ne sais trop comment je pourrai supporter cette fatigue.
M. Bolduc se sent aussi fort mal disposé, mais plus heu: reux que moi, il a pu prendre son café, et s’est'senti réconforté,
A6 h. nous sommes tous en selle, Contrairement à la veille, le soleil brille de tout son éclat dès son lever ; le parasol sur la tête, nous cheminons dans la plaine, au pied des montagnes durant l’espace d'environ une couple de milles,
Nous passons dans la plaine l'endroit où N. S. guérit l’'aveugle de Jéricho. Comme N. S, sortait de la ville, un aveugle qui mendiait sur le bord du chemin, apprenant que Jésus de Nazareth approchait, se mit à crier : “ Jésus, fils de David, ayez pitié de moi” Les autres importunés de ses cris, voulaient le faire taire, mais Jésus lui dit : “ Que voulez-vous
trai
Met pate
sitô gno Capa
viennent doute du
irait comsabre, fait qu'à tout quelqu'un 3 fin, avec servent à ifiante et et femmes blent faire t à peine issasier de mettre au , où je me cédente et
comme la uit avec le ssis à peine mir.
bvre et très b remettre ; e sens porté dant il nous nchir pour pourrai Sup-
is plus heuréconforté.
ement à la ; le parasol d des monles.
, S. guérit la ville, un prenant que Jésus, fils de de ses cris, voulez-vous
que je vous fasse ? ” [l t’appelle, dirent ceux qui l’entouraient, aie confiance, lève-toi. ‘ Seigneur, dit l’aveugle, que je voie.—Va, lui dit Jésus, ta foi t'a guéri.” Et aussitôt il vit et suivit Jésus dans le chemin.
Nous voyons plusieurs vautours dans la plaine, les jeunes gens de notre caravane leur tirent des balies de revolver, mais sans succès.
Nous traversons de nouveau le torrent Nahr-el-Kelt que nous avions déjà rencontré en laissant le Jourdain, et peu après, nc 48 laissons la plaine pour nous engager dans les montagnes. Nous suivons presque constamment une ancienne voie romaine, qu’il serait encore assez facile de rendre carossable comme elle l'était autrefois, mais qu’on a abandonnée depuis longtemps sans aucun soin d'entretien.
A 73 heures, nous étions à l'hôtel du bon Samaritain. Un Arabe habite ici une grotte avec sa tamille et offre aux passants de l’eau et des oranges. La tradition place ici la parabole de Y'Evangile,
Un homme attaqué par des brigands avait été laissé à demi-mort près de la route. Un prêtre le vit et passa outre ; de même aussi un lévite. Mais un Samaritain le voyant, fut touché de compassion ; il bande ses plaies, y verse de l'huile, et le mettant sur sa monture, il le transporte à l'hôtellerie. Al commande qu'on en ait bien soin, et le lendemain, il paye toutes ses dépenses. Jésus s'adressant alors au docteur de la loi qui l'avait interrogé, lui dit : ‘ lequel, du prêtre, du lévite, ou du Samaritain est le prochain de ce malheureux ?—Celui qui a été compatissant pour lui.—Va, dit Jésus, et fais de même,”
Je n’a vais rait la rencontre d'aucun voleur pour me maltraiter j n avais aucune plaie à panser, cependant j'avais peine à ne tenir sur ma monture, tant j'étais épuisé,
Mais Jésus est encore ici pour soulager ceux qui souffrent. Mettant pied à terre, nous nous agenouillons pour réciter le pater et lave pour l’indulgence attachée à ce lieu, puis je m'assis un instant à l'ombre, et mangeai une orange. Et voici qu’aussitôt, je me sens tout réconforté, j'enlève à tous mes compagnons la crainte qu'ils avaient conçue que je ne fusse pas capable d'opérer mon retour.
Nous nous remettons en marche, toujours à travers les
408 DB QUÉBBO A JÉRUSALEM
montagnes, montant ou descendant, et une heure et demie plus tard, nous étions à la fontaine des Apôtres,
Cette fontaine, qui présente une fort ancienne construction en pierre de taille, livre une eau claire et excellente. On croit que c'est là la fontaine du Soleil, sur les limites des tribus de Juda et de Benjamin. Son nom lui vient sans doute des stations qu’y auraient faites les Apôtres dans leurs nombreux voyages à Jéricho, car c’est la seule fontaine qu’on rencontre sur la route.
Tout auprès se trouve aussi un vendeur d’oranges, où je ne manquai pas d'en prendre encore une, bien que je n’eusse plus rien à appréhender pour mon retour.
Nous gravissons de ce point une moutagne à pente fort raide, et arrivés au sommet, nous voyons Jérusalem et Bé. thanie.
On voit au S. le village d'Abaudise, qu’on croit être le Bahurim de la Ste Ecriture.
Quelques arpents plus loin, nous nous détournons de la route, pour aller voir à gauche la pierre du colloque, c'està. dire, l'endroit où se tenait Marthe, lorsqu'elle eut ce colloque avec Jésus.
—Seigneur, si vous eussiez été ici, notre frère ne serait pas mort.
—Votre frère ressuscitera.—Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour.
C'est moi qui suis la résurrection et la vie : celu qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra. Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais, Croyez-vous cela ?
—Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu-vivant qui êtes venu en ce monde.
Marie, appelée par sa sœur, vint à son tour aux pieds du Sauveur, lui témoigner le même regret :
—Seigneur, si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort.
Jésus la voyant pleurer, ainsi que ceux qui l’accompagnaient, fut touché de compassion,
—Où l'avezvous mis, dit Jésus ?
—Seigneur, venez et voyez,
Et Jésus se levant pour les suivre, pleura,
lemie plus
mstruction , On croit 8 tribus de doute des nombreux 1 rencontre
nges, Où je e je n’eusse
\ pente fort dem et Bé-
croit être le irnons de la
que, C'ésteà- , ce colloque
ère ne serait
suscitera au
blu qui croit uiconque vit ela ?
hrist, le Fils
aux pieds du
ne serait pas
ni l’accompa-
Nous avons récité le pater et l'ave pour gagner l’indulgence attachée à ce lieu, allons maintenant à la suite de Jésus de Marthe et de Madeleine au tombean de Lazare.
Nous tournons à droite, et suivant la rue en arrière des maisons de Béthanie, nous nous arrêtons devant une porte basse donnant sur un mur peu élevé au dessus terre, C'est là qu'a reposé Lazare pendant trois jours, et c’est là qu’à la parole de Jésus, la mort a laissé échapper sa victime,
Munis de bougies, nous descendons par un escalier en pierre dont les marches usées sont assez difficiles, dans une petite chambre d'environ 12 pieds carrés, où les franciscains viennent, à certains jours, célébrer, en payant un backshish au musulman qui se dit propriétaire du lieu, Cest dans cette chambre que se tenait N. S. lorsqu'il a commandé à Lazare de sortir du tombeau.
En descendant encore quelques marches, on se trouve dans une autre petite chambre qui est celle où Le corps même de Lazare reposait. Comme la pierre du rocher se décompose ici assez facilement, sous l’action des agents atmosphériques, ces deux chambres sont voutées et revêtues de maçonnerie,
Il y eut autrefois une église et un couvent sur le tombeau de Lazare ; on en voit encore quelques ruines.
Béthanie, où N. $. est allé tant de fois, car c'était ordinairement dans la demeure de son ami Lazare qu'il allait passer la nuit, lorsqu'il faisait ses prédications dans le temple de Jérusalem, Béthanie n’est plus qu'un petit bourg d'environ 300 habitants, tous musulmans.
A une couple d’arpents environ du tombeau de Lazare, se trouve l'emplacement de la maison de Simon le lépreux. C'est là que Madeleine, c’est-à-dire Marie-Madeleine, la sœur de Lazare, vint répandre sur les pieds de Jésus, pendant qu'il était à table, un parfum précieux, acte que les assistants voulurent blâmer, mais que Jésus loua fort. ‘“ Vous aurez toujours des pauvres parmi vous, mais pour moi vous ne m’aurez pas toujours, Elle a d'avance parfnmé mon corps pour la sépultures Et je vous dit que partout où sera prêché l’évangile, ce que celle-ci vient de faire sera raconté à sa louange.”
Il y eut autrefois un oratoire érigé en cet endroit, mais aujourd'hui il n’en reste plus rien, si non les pierres qu’on a utilisées pour le mur qui clôt l'emplacement qu’on a livré à la culture,
tn 9 ie om enr ne