‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 60 sur 94 · NN NN NS NS · texte numérisé non relu

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Coupe transversale à travers les montagnes de la Judée, depuis Jaffa jusqu’au delà de la mer Morte,

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agir en aucune façon sur la capacité du lac Asphaltite. L'Ecri. ture Sainte ne dit pas qu’uu lac a été creusé à l'endroit de ces villes coupables, mais seulement qu’elles furent détruites par le feu du Ciel. Or une pluie de feu et de soufre a pu détruire ces cinq villes, sans changer en aucune façon les limites du lac sur les bords duquel elles reposaient.

J'ai parlé des affluents de la mer Morte.

Qu'on n’aille pas croire en effet que le Jourdain soit le seul cours d’eau qui se déverse dans ce bassin ; car en outre de plusieurs rivières qui se déchargent dans ce fleuve, on trouve encore, sur la rive est, l’Arnon, le Callirhoë, l’'Hamora etc. qui fournissent aussi le tribut de leurs eaux. Cependant, quoiqu'ilen puisse être, il n’en est pas moins certain que le volume d’eau que versent ces affluents dans le bassin prin. cipal n’est pas très considérable. On estime que le Jourdain, à Lui seul, contribue pour 7 milliuns de tonnes d’eau par jour, les autres afluents réunis ne pourraient fournir la même quan. tité. Or uue eau avec une température de 160 à 200 Réaumur et une telle pression que celle de la mer Morte, peut fouruir à l'évaporation saus peine 10 à 12 millions de tonnes journelle, ment.

Différentes observations ont permis de constater que l’eau de la mer Morte n'avait pas partout la mêine densité ni la mène température. [eau doit sans doute se saturer d'autant plus densément des sels qu'elle contient qu’elle se trouve plus rapprochée des masses minérales qui les fournissent. Or ces masses étant inégalement distribuées, de là le manque d'homogènéité dans les diverses parties de l’eau.

Voici, d'après une analyse qui en a été fait», la compositiou de l’eau de la mer Morte, prise à 185 pieds de la surface. Chlorure de sodium (sel marin)..,.,.......,,..... 78 554 Chlorure de potassium (rnuriate de potasse),......., 6 686 Chlorure de magnesium (muriate de magnésie)..... 145,897 Chlorure de calcium (muriate de chaux)....,...... 81,075 Bols de DrOmMS,, 4.00 moon sos pr ten sons n 00600 50 1,374 Sulphate de chaux. sus soso sesoveososesessrose 701

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L'hélice que no's rencontrons en grande quantité avant d'arriver à La mar Morte, est l'Hlix lithonhaga, Conrad. Cette hélice se rapproche beaucoup de la planospira, Muller, par la forme et les dimansions, cependant elle s'en distingue facilement par ses tours de spire qui sont cirénés près des sutures et les taches anguleuses qu’elle porte surtout vers son sornmat ; sa lèvre est réfléchie et son ombilic assez grand est en partie recouvert par la lèvre. CGatte espèce est surtout remarquable en ce qu’elle a pour habitude de se ronger une cavité dans la pierre dans laquelle elle se renferm2. C'est le seul exemple d'un mollusque terrestre qui prend ainsi les hibitudes de plusieurs espèces marines, comme les pholades, les saxifrages etc. Habitant des lieux arides, elle peut demaurer fort longtemps sans prendre de nourriture. Elle clot alors son ouverture non seulement d’un simple diaphragne comm ses congénères, mais d'une véritable cloison plus on moins solide, toute incrustée de carbonate de chaux. Ainsi renfermée, ne perdant presque rien par l’'évaporation, elle paut psrsévérer des mois sans prendre de nourriture ni avoir besoin d'humidité.

Les plantes sur les bords du Jourdain et à La fontaine d'Elisée sont assez nombreuses, mais recueillies en passant sans trop de soins, et plusieurs en dehors de l’époque de leur floraison, leur détermination n’est pas des plus faciles,

Voici la liste de celles dont les spécimens m'ont permis de déterminer l'espèce.

Près de Jérusalem et dans la vallée du Cédron, jusqu’à S. Sabas.

Hutchinsia brevistyla, Crucifère ; sur le Mont Sion.

Capparis spinosa, Linné ; sur le Cédron. Arbuste de 2 à 3 pieds, à stipules épineuses. Plusieurs prétendent que c’est là la plante mentionnée dans l'écriture sous le nom d'Hyssope. Les Arabes la nomment Asob ou Esof. ŒElle croit souvent dans les fentes des rochers.

Aelia azedarack, Linn. [l m'a été agréable de renouveler con-

naissance avec cet arbre que j'avais rencontré la première

fois, en Floride. Mais là, comme en Egypte et en Palestine,

c’est un importé de Perse. Il forme un joli arbre de 16

à 25 pieds de hauteur, à tronc droit, à feuilles composées,

portant au printemps une profusion de fleurs lilacées d’une

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odeur suave, Son fruit est une drupe tellement dure que les talons des bottes mêmes ne peuvent la briser,

Anagyris fœtida, Lin, C’est un abrisseau de 2 à 3 pieds, à fleurs jaunes papillionacées, avec une tache de brun sur l’éten. dard. Les feuilles froissées répandent une odeur désagréable. Près de Jérusalem.

Melilotus officinalis, Willd. C'est celui que nous cultivons dans nos jardins sous le nom de trèfle d'odeur. On le trouve en certains endroits, comme sur les rochers de Lévis, dans les environs de Montréal, poussant spontanément en deliors des jardins, surtout la variété à fleurs jaunes. Assez commun autour de Jérusalein.

Myrtus communis, Lin. Arbrisseau de 5 à 6 pieds, non encore eu fleurs lors de notre visite, mais facile à reconnaitre par l'odeur agréables de ses feuilles. Rencontré en plusieurs endroits.

Tamarix tetrandra, Pallas. Arbrisseau de 8 à 10 p., à fleurs en longues grappes, en Juillet et Août. Se rencontre surtout près des eaux. Egypte, Palestine.

Styras officinale, Lin. Aliboufier officinal, arbrisseau de 10 à 12 p., à fleurs imitant celles de l’oranger, mais de couleur blanche.

Olea Europæa, Lin. L'Olivier commun, qui est presque partout cultivé en Orient, s’y rencontre aussi à l’état sauvage. C'est un arbre de 18 à 20 pieds, à feuilles opposées, étroites, lancéolées, mucrouées, blanchâtres en dessous, à bois très dur, croissant lentement, mais durant des siècles.

Sur les bords de la mer Morte :

Arunda donax, Lin, Le roseau commun se rencontre dans les ruisseaux se déchangeant dans la Mer Morte.

Allium sativuni, Lin, L'ail commun se rencontre sur les bords du Jourdain.

Erica orientalis. On croit cette espèce de Bruyère différente de la vulgaris, Lin. Dans les vallons des montagnes.

Calatropis procera, R. Brown. Contrairement à nos espèces américaines, cette Ascléniadée est à tige ligneuse, de 6à 8p, à fleurs blanc-rosé. Bords du Jourdain.

Scabiosa stellata, Lin. A fleurs blanches. Bords du Jourdain.

Echium arenarium. Gass. Cette Viperine est bisannuelle, à fleurs petites, violacées, Bords de la mer Morte,

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Mandragora officinarum, Lin. Cette plante contient url poison très-actif. Les Arabes en font usage en médeciue. Joutdain.

Molucella spinosa, Lin. Labiée annuelle, à fleurs violacées, à calice à dents épineuses. Jourdain.

Avena fatua, Lin. Sur lès bords du Jourdain et dans la plainé dé déricho.

Populus alba, Lin. Tràs vigoureux sur les bords du Jourdain.

Salix sifsaf. Les Arabes dounent à ce saule le nom de Sifsaf ; je ne saurais en déterminer l’espèce. Jourdain.

Viütexz agnus-castus, Lin. Gattilier, Arbre au poivre. C'est une Verbénacée à tige ligneuse, de 8 à 10 pieds. Les Arabes lui donnent le nom de Rishrash, et emploient ses graines en guise de poivre. déricho.

Mailva rotundifolia, Lin. Bords du Jourdain.

Zisiphus spèna-Christi, Willd. Le même que celui du mont des Olives,

Eleagnus angustifolius, Lin, Olivier de Bohême, Kakkum des Arabes.

Ce Chalef répand une une odéur des plus agréables lorsqu'il est en fleur. Jéricho.

Solanum Sodomeum, Lin. C’est la fameuse pommé de Sodome sur laquelle tant de voyageurs nôus ont fait des récits fabuleux. C'est un fruit rémpli de cendres, disent les uns, uné gälle pléine de déjections d'insectes, prônent les autres. La Morelle de Sodomne est un petit arbrisseau de 3 pieds, à rameaux tortueux garnis d’épines droites, dilatées à leur base, Le fruit, d'environ un pouce de diamètre, est jaunâtre puis passe au noirâtre, il est comme la tomate sa voisine, rempli de graines fines qui, desséchées, ressemblent à une poussière grossière, Fontaine d’Elisée.

Il est un autre fruit sur les borls de la mer Morte que je n'ai point vu et que je serais assez embarrassé pour ramener à son genre et à son espäce, d'après ce qu'on m'en a rapporté. On lui donne aussi le nom de pomme de Sodome. De la grosseur d’une moyenne figue, il est rempli de graines portant Chacune une longue barbe soyeuse, aussi douce que la soie, qui peut aussi se filer, mais qui est peu consistante, Ce doit être probablement une Asclépiadée.

L'Oscar que j'ai failli aussi à déterminer, est, je pense, une Solanée, ligneuse et épineuse, de 8 a 12 pieds. Son fruit est jaune taché de rouge, à suc âcre et caustique, l’intérieur en est spongieux.

Eufin reste la fameuse rose de Jéricho que tous les voya. geurs mentionnent, mais qui ne se rencontre pas à Jéricho. La Jérose hygromètre, Anastatica hierochuntina, Lin., ou rose de Jéricho, est une Crucifère annuelle, qui croît dans les déserts de l'Arabie, au sud de la mer Morte. Après la florai. son, la plante se dessèche, et les rameaux se repliant en dedans, elle forme une boule presque parfaite. Si le vent vient alors à la détacher du sol, elle roule souvent à de très grandes dis. tances pour aller}y répandre ses graines. La plante étant très h ygrométrique,du moment qu’elle sent l'humidité, ses rameaux s’amollissent, s’étalent, ses capsules se gonflent et laissent échapper leurs graines. C'est bien là une disposition des plus admirables de la Providence pour la diffusion des plantes, Mais il ne faut pas croire, comme l'ont avancé maints auteurs, que la plante à l'humidité reprend sa végétation. Etant an. nuelle, sa révolution est terminée lorsqu'elle a donné ses graines, bien que ses rameaux demeurent toujours àhygrométriques.

Telles sont les plantes que j'ai ainsi pu recueillir en passant; il y en a une foule d’autres qu’un séjour un peu plus long et des recherches plus suivies m’auraient permis de ren. contrer, mais il ne m'était pas possible de le faire alors.

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La Semaine-Sainte, à Jérusalem.—Entrée du Patriarche au S° Sépulcre ; le Dimancha des Rameaux ; les Ténèbres ; le Jeudi-Saint; le Vendredi-Saint; le Samedi.Saint; Pâques.—Emimaus.

Jérusalem, samedi 9 Avril. — J'étais tellement épuisé à mon retour de la mer Morte hier, que je dus rester au lit tout l'après midi. Le docteur que je vis vers le soir voulait même que je le gardasse pendant quelques jours; mais je me con. tentai de garder à peu près ma chambre, ne me permettant qu'une courte visite à quelque sanctuaire chaque jour. Une dose de quinine que me prescrivit le médecin le soir me soulagea passablement de ma fièvre, mais je restai toujours avec une grande irritation des bronches; une toux des plus fatigantes me tourmentant presque constamment.

Malheureusement je n’étais pas le seul à souffrir. Mon compagnon, M. Bolduc, se sentit repris d’une attaque de diabète dont il avait déjà souffert, mais dont il croyait s’être débarrassé sans retour, si bien que le médecin crut devoir lui interdire l'exercice du cheval et qu'il dût de suite renoncer au voyage de Galilée qui ne peut se faire qu’à cheval. On me sollicita vivement de prendre la même détermination, mais je m'y opposai fermement, espérant que dans la dizaine de jours qui nous séparait encore du moment du départ, je pourrais me débarrasser de ma bronchite qui n’était guère plus grave que

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