RE EE
426 DE QUÉBEO A JÉAÜSALEN
celles auxquelles je suis sujet de temps à autres, même en res. tant tranquille chez moi. Malheureusement nous avions de la pluie presque tous les jours, et l'humidité constante qui régnait dans ma chambre, toute en pierre, plancher, murs, plafond, comme le serait une cellule taillée dans le roc, ne contribuait pas peu à entretenir cette irritation de poitrine dont je souffrais,
Je garde donc la chambre ce matin et ne puis célébrer.
Le Patriarche devant faire son entrée solennelle dans la basilique du S. Sépulcre dans l’après midi, nous nous disposons à y assister. ‘ Messieurs, nous dit notre commandant, nous allons accompagner Mgr le Patriarche dans son entrée solennelle au S. Sépulcre, et voici l’ordre qu’il faudra suivre : im. médiatement après le Patriarche viendra le Bureau, puis MM. les ecclésiastiques, à leur suite les hommes, et enfin les dames de notre caravane”. Mais depuis quand, dis-je à mes confrères ecclésiastiques, un instructeur de cavalerie doit-il avoir le pas sur les prêtres dañs une cérémonie religieuse ? Comme votre doyen je vous tracerai la route, et nous prendrons notre rang, sans égard à la proclamation qu'on vient de nous faire.
Le parapluie sur la tête—car il tombait quelques grains de pluie—nous nous tenons prets, et du moment que nous en. tendons les hallebardes des quatre cavas qui dans ces circonstances précédent le Patriarche retentir sur les pierres du pavé, nous nous rendons à l’angle de la rue que Sa Grandeur doit suivre et enfilons derrière le prélat aussitôt qu'il est passé. Arrivés dans le vestibule de la Basilique, Mgr se revèt des habits pontificaux, les chanoines prennent de même les leurs, et on nous distribue, à nous les ecclésiastiques, des surplis, pour former le chœur, à la suite des chanoines, laissant notre commandant avec ses autres collègues du Bureau, libres de jouer des coudes pour se frayer un passage dans la foule compacte du commun des mortels qui ob$truait tous les espaces libres.
Nous nous rendons d’abord dans la chapelle des Pères franciscains, où nous sommes admis au baise-maiu, puis aussitôt après se fait la procession aux sanctuaires, telle que je l’ai déjà décrite.
Dimanche des Rameaux, 10 Avril, — Quoique enco:ic bien faible, je veux célébrer ce matin et assister à la cérémorie des Rameaux. Je prends donc place aù chœur, en surphs, pour
me en resvions de la qui régnait s, plafond, contribuait je souffrais.
célébrer.
elle dans la 15 disposons dant, nous ntrée solensuivre : im- 1reau, puis et enfin les lis-je à mes lerie doit-il religieuse ?
à nous pren- ’on vient de
ques grains ue nous ences circonres du pavé, andeur doit l'est passé.
se revêt des e les leurs, des surplis, ssant notre u, libres de foule com- 5 les espaces
des Pères -main, puis telle que je
bnco:e bien rémorie des rpis, pour
assister à la Bénédiction qui se fait très solennellement par Mgr le Patriarche lui-même devant la façade du 8. Tom beau.
Une foule compacte, composée en grande partie de schismatiques que la curiosité attire, remplit presque tout l’espace sous la vaste coupole. Une ligne de soldats Tures, sous les armes. entoure le saint Edicule, tant pour maintenir l’ordre dans cette multitude, que pour laisser l'espace libre à la procession qui fait trois fois le tour du saint Tombeau.
Mgr distribue d’abord les palmes, palmes gigantesques, de cinq à six pieds de longueur, aux chanoines, puis an chœur, et ensuite à tous les fidèles catholiques, hommes et femmes. Immédiatement après le chœur se présente le Consul français, en grande tenue, avec son épouse, et à leur suite le reste des fidèles. Malgré tout le disparate qu’offrait la cérémonie, il était vraiment touchant le pêle-mêle que présentait le défilé de cette foule aux pieds du Patriarche, pour recevoir de la main du pontife une branche bénie, une palme, signe de la victoire que la charité chrétienne seule sait assurer sur les mauvais pen. chants de la nature, pour faire de toutes les nationalités un peuple de frères. A la mise élégante et recherchée des dames et messieurs de notre caravane et autres européens, s’entremélaient les haillons déchiquetés de l’Arabe aux pieds nus, avec les voiles blancs dont se couvrent de la tête aux pieds, les filles de la Ville-Sainte lorsqu'elles se moutrent à l'église,
Du moment que j'eus reçu ma palme, j'avisai le moyen de pénétrer à travers la foule pour parvenir à la sacristie afin de célébrer. Je croyais la retraite presque impossible, mais les soldats turcs devinant mon dessein, me frayèrent sans aucune
peine une issue à travers la masse du peuple.
Le sacristain m'ayant offert Fautel du Séabat-Mater sur le Calvaire, je l’acceptai avec d'autant plus de satisfaction que je n'avais pu encore y célébrer.
Revenu à Casa-Nova, je crus devoir borner là mes excursions de la journée; mon état de faiblesse ne me permettant pas d'en faire davantage.
M. Bolduc, qui, par suite des prescriptions du médecin n'avait pu faire avec nous le voyage de $. Jean dans le désert, est parti seul, après midi, pour s’y rendre à pied (2 lieues). 11 doit revenir demain.
Lundi, 11 Avril.—Je me trouve un peu mieux ce matin et
mr arret lt égliinttesinqniiitietinnt!
LS ds er tien oser téren ere srl entree
je vais dire la masse à S. Sauveur, à l'autel du Saint-Esprit où il y a indulgence plénière. C2 sont les indulgences du Cénacle que Rome a rapportées aux autels de S. Sauveur, depuis que les musulmans ont dépossédé les catholiques du précieux -anctuaire où N.S. institua la divine eucharistie et où le Saint. Esprit descendit sur les Apôtres au jour de la Pentecôte. J'étais à me reposer sur mon lit, l’orsqu’on m'apporta trois lettres qui venaient de m'arriver par la malle. Je reconnus de suite aux timbres qu’elles me venaient du Canada. C'étaient les premières que je recevais depuis mon départ de Québec, le 17 février. Elles étaient toutes couvertes de corrections d'adresses ; c’est qu’arrivées à Paris le lendemain de notre dé. part, elles avaient été expédiées à Marseille, où elles étaient parvenues aussi le lendemain du départ du bateau.
S'il est quelque chose d’agréable pour le voyageur en dehors de son pays, lorsqu'il se voit séparé de tout ce qu'il a de cher, c’est bien les nouvelles directes qu'il en peut recevoir, Aussi me crus-je, après la lecture de ces lettres, tout-à-fait remis de mon indisposition et débarrassé complètement de ma bronchite.
Mardi, 12 Avril.—Malgré ma faiblesse, je ne renonce pas à l'engagement pris la veille d'aller célébrer dans la grotte de Gethsémani. Vers Les 5h., accompagné de M. Dagès qui s'était offert pour servant, je parcours la Voie Douloureuse, sort par la porte St Etienne, coupe la vallée de Josaphat en traversant au fond le torrent de Cédron sur le petit pont qui le couvre, et pénètre à quelques pas au delà sur le flanc du mont des Oliviers, à la sainte Grotte de Gethsémani, où N.S8. souffrit cette agonie qui lui arracha une-sueur de sang, pendant que les trois Apôtres Pierre, Jacques el Jean qu'il avait amenés avec lui, se laissaient aller au sommeil, à un jet de pierre de là, sous les arbres du jardin, dont il reste encore huit témoins de cette scène de près de vingt siècles.
La grotte de Gethsémani est un des sanctuaires où les pèlerins se plaisent davantage à célébrer, par ce que là nous sommes chez nous à l'exclusion de tous les schismatiques, et nous retrouvons la grotte telle qu’elle était au temps de NS. Nul marbre pour en dérober les parois et aucun travail non plus n’en a altéré la forme. Ouil c’est ce rocher même que je touche de la main qui a répercuté la voix de mon Dieu lors qu'il adressait sa prière à son père : “ Mon Père, que ce calice
- Esprit où lu Cénacle depuis que 1 précieux )ù le Saint.
‘côte.
pporta trois fe reconnus a. C'étaient Québec, le corrections de notre déalles étaient
oyageur en ut ce qu'il a sut recevoir, s, tout-à-fait ement de ma
enonce pas à la grotte de Dagès qui Douloureuse, Josaphat en etit pont qui r le flanc du ani, où N.S.
le sang, penn qu'il avait à un jet de
e encore huit
uaires où les que là nous smatiques, el mps de N.$.
travail non même que je on Dieu lors:
que ce calice
passe loin de moi ; cependant que votre volonté soit faite et nou la mienne !” C'est sur cette pierre, ce roc sur lequel je me prosterne aujourd’hui, qu'a coulé cette sueur de sang que les angoisses de l'âme de Jésus arrachèrent à son corps ! Qu'il fait bou se recueillir et prier ici! Mais je suis prêtre, prêtre de Jésus-Christ, et dans un instant je vais faire couler de nouveau rur ce roc le sang précieux qui l’a déjà arrosé autrefois. Puisse la vertu de ce sang sans prix toucher les cœurs de cette foule d'indifférents et d’égarés qui en méconnaissent encore la valeur ; qu’une piété sincère fasse place dans leurs cœurs à œtte simple curiosité qui les porte parfois à visiter ce saint lieu !
La grotte est irrégulière et mesure une trentaine de pieds de diamètre. Une ouverture à jour dans le plafond avec la porte qui s'ouvre sur l'escalier extérieur lui fournissent la lumière nécessaire pour la célébration des saints mystères. Sept à huit personnes, toutes fort recueillies dans leur dévotion, assistèrent à la sainte messe, Je donnai la communion à quatre ou cinq parmi lesquelles se trouvait une religieuse. C'était une fille de S. Joseph de l’Apparition. Arabe de nation, elle avait reçu son éducation à Beyrouth où elle avait fait profession, d’après les détails qu’elle me donna elle-même lors de uotre retour à la ville. Elle parlait très bien le français. Les enfants du désert admis à la profession de la pratique des conseils évangéliques, n'est-ce pas Agar devenant l’égale de Sara ? Esaü recouvrant son droit d’ainesse ? Qu'il est beau ce spectacle de La charité chrétienne qui fait de tous Les enfants d'A. dam de véritable frères, quelque soit leur couleur, leur nationalité, leur degré de civilisation, leurs habitudes de viel L’exergue : Liberté, Fraternité, Egalité, se lit sur tous les édifices publics en France, mais l’égiise catholique seule nous offre le spectacle de son réel accomplissement. Dieu, sans doute, ne fait acception de personne, sous la loi de charité ; cependant, lorsque des habitudes séculaires de barbarie et d'une licence sans frein ont moulé le caractère d’un peuple, ce n’est qu'avec une extrême prudence que l'Eglise se décide à conférer le commandement et Les honnenrs à ces races dégénérées. Les évêques, e1 Chine, ont été les témoins de telles déceptions sous ce rapport, qu'ils en sont veuus à n’admettre au sacerdoce les enfants indigènes qu'après la quatrième ou la cinquième génération depuis la conversion de leurs familles. Les différentes supérieures de communautés reli-
gieuses que j'ai pu consulter sur le sujet, m'ont toutes affirmé | qu’en Orient il fallait de même ne procéder qu'avec une ex- | trôme prudence à cet égard avec les indigènes. Et n'est-ce pas ce que l’on peut observer chez tous las peuples en dehors de la | civilisation ? La nature corrompue de l’homme, en vivant longtemps sans contrainte, prend un tel ascendant, qu’elle devient pour ainsi dire incontrôlable. Nos sauvages du Cana. da, tout bons chrétiens qu'ils soient, malgré leur civilisation apparente, n’ont pu encore fournir de sujets pour le sacerdoce, Ces peuples demeurent toujours enfants dans la pratique de la vie chrétienne, et ne peuvent en remnlir les devoirs que sous le commandement et la surveillance habituelle de chefs sortis de la véritable civilisation.
Mercredi, 13 Avril. —Repletus multis miseriis ; l'homme né de la femme, a dit le saint homme Job, vit peu de temps, et est sujet à une foule d'infirmités. Il ne faut pas avoir vécu longtemps pour reconnaître cette vérité, et j'en trouve en moimême aujourd'hui une nouvelle confirmation. Ranimé hier
\ par les bonnes nouvelles que je recevais du pays, je me croyais parfaitement rétabli; et voici que ce matin, je me trouve plus mal que jamais. Une toux continuelle m’a privé du sommeil de la nuit et je me sens sur la poitrine un poids qui m'écrase. Je me vois forcé de renoncer à la consolation de célébrer ap aujourd'hui.
acl J'ai déjà noté plus haut que la colonne de la flagellation est conservée sur un autel de la chapelle des Pères franciscains, di dans la basilique du S. Sépulcre, et qu’on ne la sort du grillage qui la renferme que le mercredi-saint. Malgré mon état de faiblesse, je ne voulais pas manquer l’occasion de vénérer ve une si précieuse relique. Je me rendis donc à la basilique, dés dans l’après-midi, avec M. Bolduc ; mais qu’elle foule compacte êté remplit toute la capacité de la chapelle franciscaine ! Cest avec grande peine que ceux qui ont pu baiser la sainte colonne, écl qui se trouve sur le bord de la table mème de l'autel, peuvent qu se frayer un chemin pour sortir, et aussitôt de nouveaux étr arrivés se pressent pour remplir le vide qu’on vient de faire. qui Je laissai à M. Bolduc, fort et vigoureux, le soin d'ouvrir le passage en jouant des coudes à travers cette foule, pour de
n'avoir qu'à me glisser à sa suite. Après avoir subi maintes Ses ondulations occasionnées par la marche en sens contraire de ceux qui opèrent leur retraite, nous parvenons enfin au marchepied de l'autel. Mais la marche est haute, la pression plus
es affirmé ec Une ex- V'est-ce pas hors de la , en vivant ant, qu'elle 8 du Canacivilisation > sacerdoce, tique de la rs que sous chefs sortis
homme né le temps, et avoir vécu ave en moianimé hier me croyais trouve plus du sommeil ui m'écrase.
de célébrer
flagellation ranciscains, du grillage mon état de de vénérer a basilique, le compacte aine ! C'est te colonne, tel, peuvent nouveaux ent de faire.
in d'ouvrir foule, pour ubi maintes contraire de fin au marression plus
DE QUÉBRO A JÉRUSALEM 431
forte et les mouvements plus prononcés encore là qu'ailleurs. M. Bolduc a pu avoir son tour et je me vois sur le bord de la marche pret à passer, lorsque survient un courant en seus COntraire qui me recule de 7 à 8 pieds en arrière, M. Bolduc vient à ma rescousse pour m'ouvrir de nouveau le passage, me grimper et me maintenir sur la marche:jusqu’à ce que je puisse toucher de mes lèvres la sainte relique. “Il faut tenir sa dévotion à deux mains, me disait un pèlerin, pour ne pas s’impatienter des bousculements sans fin dans ce tohu-bohu.” Et je suis assez de son opinion. Il faut remarquer qu’il n’y a pas que les catholiques qui viennent vénérer la sainte relique, mais que les schismatiques s’y portent aussi avec peut-être un plus grand empressement et en nombre probablement plus considérable.
À 3 h. P, M. commence l’u':c2 des Ténèbres que les PP, franciscains chantent au S, Sépu.cre. Je n'ai pu y faire qu’une courte apparition, et j'ai remarqué que l'office s’y faisait de la manière la plus touchante; les voix graves des bons religieux, articulans très distinctementla récitation des psaumes et accen-
tuant le chant des lamentations d’une manière tout-à-fait saisissante !
Mais prêtons l'oreille aux paroles de Jérémie, et voyons si
après plus de vingt-cinq siècles elles n’ont pas encore toute leur actualité.
“ Oh ! comment cette ville, autrefois si animée de peuple est-elle maintenant si déserte et si morne ?
“ Comment la Reine des nations, celle que les peuples venaient voir de loin a-t-elle été rendue semblable à une veuve désolée ? Comment la maîtresse de tant de Provinces a-t-elle été faite tributaire de l'étranger ?
“ Pour se sauver de l’'affliction de la servitude, pour échapper à l’esclavage, Juda a quitté sa patrie. Mais le repos qu'il avait perdu, il l’a vainement cherché chez les nations
étrangères ; elles n’ont fait que se lier ensemble pour le persécuter.
“ Les rues de Sion pleurent leur solitude ; personne n’y vient plus, personne n’accourt plus aux solennités du temple ! Ses portes sont brisées, ses parvis déserts, ses prêtres dans la
douleur ; et ses vierges vêtues de deuil, gémissent dans l’amertume,
“« Ses ennemis l'ont terrassée, et se sont gorgés de ses richesses, parce que le Seigneur, irrité de ses iniquités, dans sa justice et sa colère l'avait condamnée.... Ses enfants encore tout petits ont été emmenés captifs, frappés et rudoyés par l'ennemi.
Jérusalem ! Jérusalem ! convertis-toi au Seigneur ton Dieu !”
O Jérémie, de la poussière de tes chairs écartelées par la scie au pied de Sion, porte tes regards sur le mont du Mauvais Conseil et de là sur le Golgotha, et tu trouveras une réponse à toutes tes interrogations. Au plus criminel des forfaits, il fallait une expiation sans pareille !
Bon nombre de pèlerins nouveaux nous arrivent aujourd’hui, pour assister comme nous aux cérémonies de la semaine sainte. Ce sont entre autres : quatre trappistes que nous avions déjà vus en Egypte. Leur supérieur est un abbé mitré, portant anneau et croix pectorale ; il a droit aussi à la mitre en officiant, C’est un homme de fort bonne mine et des plus aimables. Je renouvelle connaissance avec un de ses Frères que j'avais, par hasard, rencontré à Québec quelques années auparavant, Puis c’est un M. Actou, anglais, avec sa dame et un jeune comte Russe du nom de Boutourline ; un M. Lodge, Irlandais catholique, avec sa femme qui est protestante. Cette dame qui est encore protestante, avait épousé en premières noces un veuf de sa religion ayant quatre enfants,et tout en persévérant dans son erreur, elle avait fait en sorte que son mari et l’un de ses fils, ministre protestant, se fissent catholiques avant de mourir. Quant à elle, elle était encore là, convaincue de l'exactitude de nos dogmes, et différant toujours de les embrasser, C'est un mystère dont elle seule avec Dieu, je pense, a Le secret. Elle fait avec nous la visite des sanctuaires avec beaucoup de dévotion, prend part à nos prières, distribue de larges aumônes aux pauvres, et se pourvoit d'objets de dévotion, mais ne paraît pas encore disposée à ouvrir les yeux à la lumière qui brille à ses yeux et qu’elle reconnaît être la véritable.
Parmi ces nouveaux arrivés se trouvait encore unM. Asgian, prêtre Arménien uni, qui avait été secrétaire du car dinal Assouu lorsqu'il était patriarche de Constantinople. Par. lant bien le français, il me donna des détails qui m intéressèrent beaucoup sur les différents riles orientaux dont il avait fait une étude spéciale, Ce monsieur regrettait beaucoup de ne pouvoir
rgés de ses ités, dans sa fants encore ‘udoyés par
seigneur ton
telées par la du Mauvais ne réponse à s forfaits, il
ivent aujourde la semaine e nous AVIONS mitré, portant mitre en offiplus aimables.
es que j'avais, s auparavant.
n jeune comte landais catho- > dame qui est noces un veuf rsévérant dans i et l’un de ses ant de mourir.
l'exactitude de hisser. C'est un e secret. Elle beaucoup de arges aumônes mais ne paraît ière qui brille
encore un:M.
‘étaire du Car antinople. Par:
intéressèrent l'avait fait une de ne pouvoir
célébrer dans le S. Sépuicre, Rome n’autorisant là que Île rite latin.
Un autre personnage dont je fus aussi très heureux de faire la connaissance, fut M. de Lévis-Mirepoix, un petit cousim de notre baron de Lévis, ie vainqueur des Buttes à Neveu, celui qui tira le dernier coup de canon pour conserver le Canada à la France. Mais par sa mère il nous intéresse encore davantage, puisqu'il descend des Laval-Montmorency, famille de notre premier évêque que lEglise, nous en avons l'espoir, placera bientôt sur nos autels. Ce mons'eur, jeune encore, nous parut houime de fort bon commerce, et quoique avec des manières distinguées, rien ne dénote en lui la prétention ni ette morgue qu’affichent si souvent les nobles pour pallier les défauts de leur cuirasse sous le rapport de l'éducation et des connaissances. Il me dit qu’il entrelenait l'espoir de visiter le Canala prochainement, et qu’il soupirait après le moment où il pourrait mettre ce projet à exécution.
Jeudi saint, 14 avril.—Bien que je ne remarquasse aucun mieux sensible daus mon état, j'ai pu, ce matin, aller eoinmunier avec les autres, sans toutefois assister à l'office entier, car commencé à 5% h. il ne s’est terminé qu'après 10h. C'est en face du S. Sépulcre qu’a officié Mgr le Patriarche, La consécration des saintes huiles avec une nombreuse communion du peuple ajoutaient encore à la longueur de l'office,
Un nombreux clergé revêtu de riches habits sacerdotaux, le splendide tabernacle d'argent ciselé que l’on érige devant la porte du Saint-Edicule, les sons majestueux de l'orgue des Franciscains qui remplissent toute la capacité du vaste édifice, ajoutés à la dignité qu’apporte les Patriarche en s'acquittant des fonctions sacrées, tout contribuait pour ajouter à l'office une solennité exceptionnelle des plus touchantes, La foule qui se presse toujours autour du Saint-Edicule me parut aussi plus paisible que d'ordinaire.
Rien de plus édifiant de voir presque la totalité de cette foule s'approcher de la sainte table au moment de la communion ; et comme elle était bien propre à nous donner une idée de cette autre foule que vit l'apôtre S. Jean au pied du trône de Dieu, ex omni tribu, lingua et natione ! Ici aussi toutes les nationalités se confondaient. C’étaient des français, des anglais, des espagnols, des italiens, des arabes, des grecs, des polonais etc., et quant aux costumes c'était une bigarrure à défier toute description. Ici ce sont les filles arabes aux pieds nus, avec leur
434 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
voile blanc sur la tête, coudoyant des élégantes d'Europe à la mine la plus recherchée ; là ce sont des Syriens, des Maronites, des Cophtes aux costumes aussi variés dans leurs couleurs qu’originaux dans leur forme. Ge sont encore : des Frères des Ecoles Chrétiennes avec leurs rabats blancs sur leurs robes de bure noire, des Sœurs au costume semi religieux à couleurs sombres contrastant avec le blanc que portent les filles du pays, etc. [Il serait difficile, je pense, de trouver ailleurs une foule présentant semblable mosaïque.
Dans l'après-midi, à 14h. aussi a lie le lavement des pieds au $S. Sépulcre, et à 3 h. l'office des ténèbres comme la veille.
Vendredi-Saint, 15 Avril.—S'il nous était permis de choisir le temps et Le lieu où il nous plairait de recevoir la maladie, je conseillerais aux pèlerins de ne s’y laisser aller qu'après avoir fait leurs adieux aux arabes, car ce sont bien les plus maussades serviteurs qu'on puisse rencontrer. Le médecin m'’ayant hier prescrit un bouillon Liébig (essence de bœuf), je descendis au réfecioire pour demander de l’eau chaude et du sel. Ayant retardé quelques minutes pour retourner à ma chambre, je trouvai sur ma table,en y arrivant, une théière pleine d’eau bouillante avec une salière, Le garçon, me dis-je, va revenir sans doute apporter une tasse, un bol, un vase quelconque avec une petite cuiller. dJ’attends donc ; mais rien ne vient, Je retourne au réfectoire après une dizaine de minutes, et j'en trouve la porte fermée. Je me vois forcé de renoncer à mon bouillon, car avec quel instrument retirer la gelée de la boîte et dans quel vase la délayer ensuite dans l’eau ? Je n'avais absolument rien.
Lorsque je vis, après une couple d'heures, qu’on devait commencer à faire les préparatifs du souper, je retournai au réfectoire où je trouvai mon arabe—Mais comment ? vous m'avez apporté une théière d’eau bouillante avec du sel et sans vase ni ustensile quelconque pour faire le bouillon ?—Mais, vous n'avez demandé que cela.—[Imbécile, vous est-il venu à l'idée que je pouvais boire de l’eau bouillante à même un bec de théière ?
Vous ne sauriez croire, me dit le directeur de Casa-Nova, quel trouble nous avons avec ces serviteurs inintelligents | Aussi les bons Pères, malgré leur bonne volonté, se voient-ils le plus souvent dans l'impossibilité d'apporter auprès des malades les soins que requerraient leur état.
Europe à la s Maronites, rs couleurs 8 Frères des urs robes de x à couleurs les filles du ailleurs une
avement des ss comme la
ais de choisir a maladie, je w’après avoir ns maussades m'ayant hier descendis au u sel. Ayant à chambre, je > pleine d’eau je, va revenir blconque avec ne vient. Je nutes, et j'en
oncer à mon ée de la boîte
? Je n'avais
qu'on devait retournal au ment ? vous du sel et sans Lllon ?—Mais, est-il venu à à même un
e Casa-Nova, intelligents | , se voient-ils r auprès des
Comme à chaque nuit le frisson me revenait, le médecin me donna hier soir une petite dose de laudanum, ce qui me fit passer une nuit plus tranquille ; et quoique un peu plus faible ce matin, je me sentais l'estomac beaucoup plus libre, et croyais voir que mon malaise allait s’en aller décroissant graduellement.
L'office ce matin commence à 7 h. et se célèbre sur le Calvaire. Si partout cet office est touchant et expressif, il a bien davantage ce double caractère lorsqu'il est célébré sur le Calvaire, à l'endroit même où s’est opéré le mystère dont l'Eglise évoque le souvenir.
“# Ecce lignum crucis, voici le bois de la croix auquel a été attaché celui qui fut le salut du monde.” Et c’est ici mème que s'est opéré ce mystère! ‘“ Venez; prosternez-vous el adorez !”
Peu ap. cs midi, les pèlerins, toujours guidés par le Frère Liévin, et iccompagnés du Père Frédéric, se rendirent au Prétoire pour faire Chemin de la Croix dans les rues mèmes que Jésus parcourut chargé de son fardeau. A chaque station le P. Frédéric, dont on a pu admirer l’éloquence en Cana‘a, fit une exhortation des plus touchantes, si bien que des larmes d'attendrissement et de repentir coulèrent à plus d’une reprise. Arrivés au S. Sépuicre, l'office patriarcal des ténèbres était déjà commencé, et ce fut dans la chapelle franciscaine que se termina le Saint exercice.
Suivre Jésus portant sa Croix, le vendredi-saint, dans les rues mêmes de Jérusalem, est un bonheur qu’il n’est pas donné à tous les chrétiens de pouvoir jouir, aussi tous les pèlerins sempressèrent-ils d'en profiter et ne comptèrent-ils pour rien la fatigue éprouvée, en comparaison des douces émotions qu'ils y avaient renconcontrées.
A7h.du soir nous nous rendons de nouveau au S. Sé-
pulcre pour la procession aux sanctuures qui prend aujourd'hui un caractère tout particulier.
La procession, pour ce jour, se borne à sept sanctuuires, à chacun desquels se fait un sermon dans une langue différente, Nous nous réunissons d’abord à la chapelie franciscaine où lou nous distribue des cierges, puis nous passons à l’autel de l’Apparition de Jésus à Madeleine, où se fait un sermon en italien. De là nous passons à la chapelle de S. Longin, où
nous entendons un autre sermon en grec molerne ; vient ensuite l'autel de la Klagellationu avec un sermon en polonais,
La procession monte de là au Galvaire et se rend à la chapelle de la crucifixion. Ici, on apporte un mannequin de grandeur naturelle, qu’on attache à une croix, à l'endroit même où N. Sauveur se laissa clouer par ies bourreaux. En face de Jésus ainsi étendu sur la croix, un religieux fit en allemand un discours avec une très vive déclamation, et qui parut fortement impressionner ceux qui pouvaient le com. prendre.
On passe ensuite à l’antel de La Croix, et là, le Christ est élevé en Croix à l'endroit mène, dans le trou même où reposa autrefois le bois sacré, Le P. Léon, directeur de Gasa-Nova, s'adressa alors à la foule en français, et fit couler des larmes de tous Les yeux.
Après ce discours, Joseph d’Arimathie et Nicodème se présentent. Des échelles sont appliquées à la croix. Avec des tenailles on arrache le clou de la main gauche, et le bras se rabat aussitôt contre le corps. On arrache de même le clou de la main droite et celui des pieds, et le corps du Christ, retenu par des linceuls, est religieusement descendu et étendu sur le pavé.
La procession se rend ensuite à la pierre de l’onction, qui est richement illuminée, et sur laquelle le Christ est étendu. Alors un religieux s'adresse à la foule en arabe, et parait vivement impressionner la masse qui l'écoute. De là on transporte la sainte effigie au S. Sépulcre,et là, c'est un Père espagnol qui s'adresse à ses compatriotes,
Gommencée à 7 h., il passait 10 h. lorsque la cérémonie fut terminée, et tout le temps, il fallut °: tenir debout, ni chaises, ni bancs ne se trouvant dans ces sanctuaires.
Cette cérémonie, malgré tout l'intérêt qu’elle parait offrir à la foule, nous parut à nous, gens du nord, d’un à propos un peu douteux. Sans vouloir la condamner, parce que nous ne savons pas jusqu'à quel point elle peut être avantageuse aux orientaux, nous pensons qu’elle ne conviendrait pas à nos populations. Nous préférons, nous, soumettre notre foi aux mystères qu'elle nous propose tout couverts de leurs voiles, sans vouloir en donner ainsi des représentations sensibles Sans aui doute qu’il w’en est pas ainsi avec les peuples
d” pe
de mi
ba:
Ma tab
jou d'h lon gra pas:
fere jeu:
che:
cor!
rejo on € mer tant Pou dans tout allu:
triar Ils.e et le très
qu'ét vrir ( trou sistar ce qu de LE encor cette
Dépo
erne ; vient | polonais.
nd à la cha:
nunequin de à l'endroit rreaux. En gieux fit en ation, et qui lient Le com-
le Christ est ne Où reposa > Casa-Nova, :r des larmes
Nicodème se ix. Avec des ,et le bras se me le clou de Dhrist, retenu étendu sur le
l'onction, qui st est étendu.
+ parait viveon transporte Père espagnol
la cérémonie
ir debout, ni
ires.
e parait offrir à propos un que nous ne ntageuse aux it pas à nos
notre foi aux leurs voiles,
bns sensibles.
les peuples
DE QUÉBEC A JSÉRUSALUM 487
d'Orient, et que chez eux, ces démonstrations extérieures peuvent produire de très précieuses impressions.
Samedi-Saint, 16 Avriz L'office patriarchal se fait ce matin devant le S. Sépulcre ; il conimence à 6 h. Quoique un peu mieux, je ne crois pas pouvoir y assister,
Je vais, dans l'après-midi, faire quelques stations dans la basiliqu- Je suis tout surpris de la trouver remplie de monde. Mais quel triste spectacle |! le temple saint est converti en véritable place publique.
Cdinme les schismatiques se trouvent cette année de huit jours'èn r'etard pour la célébration de leur pâque, c’est aujourd'huila vei!le de leur dimanche des rameaux, et de toute part l'on est à faire les préparatifs de la solennité. Des femmes en grand nombre tressent des palmes qu’elles offrent en vente aux passants ; On va et vient, parlant tout haut, comme on le ferait dans la rue. Je vois des enfants qui se livrent à leurs jeux ordinaires, se poursuivant, criant, comme s'ils étaient chéz'eux ; j'en aperçois même qui sont grimpés jusque sur les corniches des galeries, défiant leurs compagnons d'aller les y rejoindre. Il faut que la dévotion ici soit chacun pour soi, et on attendrait en vain l'édification de ses voisins. Ce recueillement, ce silence, cette absence de mouvements qui nous plaisent tant dans nos temples, sont choses inconnues aux orientaux. Pour eux, les démonstrations extérieures, souvent assez bizarres dans leur expression, s’allient avec les émotions intérieures, si toutefois ils en éprouvent, ce que ne dénotent nullement leurs allures et leurs gestes.
Mis voici qu’au imillieu de ce tapage se présente le patriarche grec avec son clergé, pour faire son entrée solennelle. Ils entourent la pierre de l’onction, multipliant les aspersions et les encensements. Leurs ministres sont revêtus d’habits très riches, maïs je cherche en vain le solennel, la majesté qu'étalent nos cérémonies religieuses; je m’efforce de découvrir quelque part des indices de piété et de dévotion, et n’en trouve point, pas plus dans les officiants que dans les assistants, Mais coriment pourraient-ils montrer extérieurement ce qu'ils ne possèdent pas à l’intérieur ? Ces rameaux desséchés de l'Eglise catholique, seule véritable épouse du Christ, tiennent encore, il est vrai, au tronc principal, mais sans en recevoir cette sève qui vivifie, anime et fait produire des fruits, Déposaut leur orgueil, qu’ils viennent faire lg soumission au