EDIT
par les Benjamites la femme du lévite d'Ephraïm, ce qui amena la destruction presque entière de cette tribu. C'est encore là que les deux fils de Respha, femme de Saül, ainsi que les cinq fils de Michol, furent crucifiés par les Gaba. onites, pour se venger des massacres que Saül avait faits de leur ville. Il ne reste plus que quelques ruines de l’ancienne ville.
Un peu à l’E. de Tel es-Sôma, se trouve Anathoth, qui était une ville lévitique et la patrie du prophète Jérémie, et à l'O, se voit El-Gib, l’ancienne Gabaon de l’Ecriture. Josué faisant la conquête de la Te: -: Promise, rencontra Adonizédec, roi de Jérusalem, avec quatre a tres rois Amorrhéens, près le Gabaon, et leur livra bataille, Le jour allait se clore laissant la bataille indécise, lorsque Josué co "nda au soleil de s’arrêtez dans sa course, jusqu’à ce que le peuplé de Dieu fut complètement vainqueur de ses ennemis. Cest aussi à Gabaon que Joab, bien qu’il tfnt la corne de l'autel, fut tué, sur ordre de Sa. lomon, par Bananias, par ce qu'il s'était rendu coupable du meurtre d’Abner et qu'il avait pris parti pour Adonias dans sa révolte contre son père. C'est aussi là que Salomon offrit mille victimes en hoiocauste et qu’il obtint de Dieu la sagesse qu'il lui avait demandée (1010 avant J. C.).
Après environ une demi-heure de marche, nous voyons sur une hauteur à droite, Er-Ram, petit village musulman sur l'emplacement de l’ancienne Rama, où Nabuzardan, général de l’armée Babylonienne, reudit à la liberté le prophète Jé. rémie qu’il avait trouvé parmi les captifs (699 av. J. C.).
A une heure de marche plus loin, on entre dans le village d'El-Bireh, l’ancienne Béroth de l’Ecriture, C’est aujourd’hui un village d'environ 800 âmes, tous musulmans. On y voit les ruines de l’ancienne église bâtie là par les Croisés, en souvenir de la douleur que Joseph et Marie éprouvèrent, lorsque reve: nant de Jérusalem et arrivés à Bérath, il s’aperçgurent que le divin enfant n’était pas avec eux.
C'est à Béroth que Baana et Réchab, deux chefs voleurs au service d'Isboseth, coupèrent la tête de leur maître pendant son sommeil, pour la porter à David qui habitait alors Hébron (1055 av. J, C.).
C’est aussi là que la prophetesse Débora rendait la justice au peuple sous un palmier.
Après une vingtaine de minutes de marche, on aiteint
el
dit
raim, ce qui tribu. C'est me de Sail, par les Gabaavait faits de de l’ancienne
hoth, qui était émie, et à l'O.
Josué faisant nizédec, roi de orès le Gabaon, sant la bataille ; s'arrêter dans . complètement aon que Joab, r ordre de Sau coupable du \donias dans sa Salomon offrit Dieu la sagesse
e, nous voyons musulman sur ardan, général le prophète dé av. J. GC.) à dans le village est aujourd'hui s, On y voit les sés, en souvenir t, lorsque reve:
rçurent que le
x chefs voleurs maître pendant Lit alors Hébron
endait la justice
che, on aiteint
DE QUÉBEO À JÉRUSALEM 451
Béthel, l’une des plus anciennes villes de la Palestine. C’est la que Loth, neveu d'Abraham, se sépara de son oncle à cause des disputes survenues entre leurs pasteurs. C'est là que Jacob fuyant la colère de son frère Esau, vit en songe cette échelle mystérieuse communiquant de la terre au Ciel, et dans laquelle les anges montaient et descendaient. Béthel était la patrie d’'Hiel qui entreprit de relever les murs de Jéricho malgré l’'anathème prononcé par Josué.
C’est encore à Béthel que l’impie Jéroboam avait érigé un veau d’or auquel il offrait des sacrifices, et qu’il fut puni sur le champ pour avoir voulu mettre la main sur un prophète.
C'est sur le chemin de Béthel à Jéricho que deux ours dévorèrent 42 enfants qui avaient poursuivi le prophète Elisée de leurs cris insultants.
Le prophète Amos prédit que Béthel serait réduite à rien, et en effet, ce n’est plus aujourd’hui qu’un village d'environ 300 âmes. On y voit les ruines d’une ancienne église qu'on dit avoir été bâtie à l'endroit même où Jacob eut son songe mystérieux.
Béthel possède une des plus belles piscines de la Palestine, alimentée par une source d’eau potable. Au moment où nous y passâmes, sept à huit femmes étaient occupées à laver du linge, une pierre plate leur servant de banc et un bâton ou même un caillou tenant lieu de battoir. En général l’eau est rare en Palestine, mais les gens savent fort bien aussi se dispenser des lavages.
Revenant à la grande route dont nous nous étions écartés pour visiter Béthel, nous poursuivons notre marche à travers un pays qui parait s'améliorer à mesure que nous avançons. La verdure se fait moins rare, la pierre nue se montre moins fréquemment, et en plusieurs endroits, des plaines cultivées ou des collines couvertes de figuiers et d’oliviers nous porteraient à croire que nous ne sommes plus sur une terre maudite, dans le pays de la désolation.
Nous laissons bientôt à droite le village de Taïbeh qu’on croit être l’ancienne Ephrem où Jésus se retira après avoir ressuscité Lazare, lorsque les pharisiens voulaient se saisir de lui, Taïbeth a une population d'environ 800 âmes, dont 150 à peu près sont catholiques et desservis par un prêtre latin,
Nous voyons à gauche le village de Jifna sur une mon-
Ki si
tagne qu'on appelle la montagne du cog. Elle doit son nom à la iégende suivante :
Un habitant de dif: s'étant trouvé à Jérusalem au temis de la Passion, racontait à -on retour ce qui s'y était passé ; coment on avait maltraité Jésus et qu'on l'avait crucilié, Lor:qu’on en vint à dire que ce Jésus qu’on l'avait vu expirer sur la croix était ressuscité le troisième jour, sa femme, qui était alors occupée à plumer un coq, lui repartit : ‘* pour cela, la chose n’est pas possible; quand bien même je verrais le coq que je plume reprendre vie, je n’y croirais pas encore” Et on dit qu’aussitôt le coq lui échappa des mains et quelle ne put le ratiraper que sur celte montagne.
C'est près de dJifua que se trouvait, il n’y a encore que quelques années, un arbre légendaire, un énorme chène-vert, qu'on appelait l'art de la Vierge, par ce qu'on prétendait que la Ste Vierge s'était reposée deux fois avec son divin fils sous son ombrage ; la 1ère fois lorsqu'elle venait de Nazareth, et la deuxième fois rsq: !'2 le perdit en revenant de Jérusalem. Un missionnaire italien, sans respect pour la tradition et les souvenirs pieux, a fait couper cet arbre en 1872 pour l'utiliser comme bois de construction.
Enfin vers les 114 h. nous tombons dans la vallée des voleurs pour nous arrêter à la source Aïn-Haramieh, où nous devons prendre le diner, sous des oliviers, dans un petit champ bordant le torrent.
Nous sommes tous plus où moins harrassés de fatigue, cependant la plus franche gaîté éclate de toutes parts, et distribuës par groupes sous Les arbres, nous dévorons avec l'appétit de rudes travailleurs les quartiers de poulets et les t'auches de mouton que nos Arabes ont peine à nous fournir.
Nous allions finir notre repas, lorsque je vis un pauvre malheureux, âgé. maigre, décharné, tout en haillons et parais sait très faible, chercher timidement dans l'herbe les cuisses de poulet ou les os de mouton que nous y avions jetés, et dévorer avec avidité les tendons ou autres parceiles de chair qui pouvaient encore adhérer à ces restes, puis à la fin rompre ces 08 entre deux pierres, pour sucer.la moelle ou le jus qu'ils pou: vaient retenir encore à l’intérieur. Je lui jette furtivement un morceau de pain, etil s'en emuare avec empressement. Mais nos moucres ayant remarqué la présence de ce misérable, s'en viennent aussitôt le chasser à coups de fouet, Helas ! je
it son nom à
lem au tems r était passé ; vait crucifié, il vu expirer a femine, qui : ‘* pour cela, verrais le coq core” Et on ielle ne put le
a encore que ne chène-vert, on prétendait son divin fils t de Nazareth, nant de Jéruur la tradition en 1872 pour
vallée des voieh, où nous n petit champ
és de fatigue, parts, et dis.
ons avec l'apbts et les t'aus fournir.
vis un pauvre lons et parais “be les cuisses tés, et dévorer chair qui pourompre ces 08 jus qu’ils pou:
urtivement un sement. Mais isérable, s'en et, Helas ! je
DE QUÉBEO A JÉRUSALUM 453
croyais avoir quitté le pays de la désolation, et je reconnais que suis encore dans la terre maudite, la terre qui a bu le sang d'un Dieu, et sur laquelle s'est reposée cette malédiction que ses habitants ort appellée eux-mêmes.
Vers les 3h., nous reprenons nos montures pour poursuivre notre route.
Nous avons franchi la limite d'Ephraïm et nous foulons maintenant le sol de la Samarie.
Nous voyons bientôt à droite, sur une hauteur, le village de Seiloun qui est l’ancienne Silo de l’Ecriture, qui fut si cé lèbre autrefois, mais qui, comme toutes les places qui fureut le théatre des gloires d'Israël, à partagé aussi la désolation commune.
Après que Josué eut subjugué les rois nombreux qui se partageaient la terre de Chanaan, il s'établit à Silo ; et c’est là qu'il distribua la terre conquise aux douze tribus d'Israël, C’est là qu'il établit l'Arche d’Alliance qui y demeura 328 ans, jusqu'à ce qu’elle fut prise par les Philistins. Tous les Hébreux se rendaient trois fois par an à Silo, pour adorer Dieu et solenniser ses fêtes.
Silo n’est plus aujourd’hui qu’un amas de misérables ca. banes.
Apres plusieurs montées et descentes par des chemins plus ou moins faciles, souvent parsemés de pierres roulantes, nous touchons au sommet d’une haute montayne, d’où nous avons un magvifique point de vue. Les collines voisines nous paraissent en partie cultivées ou plantées d'arbres fruitiers.
Nous opérons notre descente par une rampe rapide et fort escarpée, et comme nous arrivons au bas, nous apercevons les tentes de notre campement où nous devons passer la nuit, La tache blanche de nos dix tentes tranche agréablement sur la verdure de la plaine où elles sont dressées, et tout auprès se trouve une superbe source s'épanchant dans un large bassin en pierre de taille. C’est la fontaine de Khan-Loubban, dont le village de même nom se trouve à quelques arpents.
Le premier besoin qu’éprouve tous les cavaliers en descendant de cheval, est de s'étendre sur l'herbe pour se reposer les reins, car c’est aux reins surtout que se fait sentir la fatigue. Mais pour nous, ecclésiastiques, il est un devoir que nous
ne pouvons tarder d'accomplir avant que le soleil ne dispa-
raisse de l'horizon, car nous courrions le risque de ne pouvoir peut-être nous en acquitter plus tard. Ce devoir c’est la récita. tion du bréviaire, et l’on sait que dans ces pays du soleil, il n’y a presque pas de crépuscule, que la nuit succède au jour sans presque aucune transition. Chacun prenant donc sont pliant, nous nous groupons d'ordinaire à l’ombre de la tente qui nous offre le plus de chance de n'être point dérangés par les pas. sants, et nous empressons de réciter au moins les matines, car pour les petites heures, dans les chemins ordinaires, il est assez facile de les réciter en marchant.
Notre caravane, quoique un peu moins nombreuse qu'à notre arrivée à Jérusalem, se compose encore de 24 personnes, parmi lesquelles huit ecclésiastiques et trois dames. Ajoutez à cela les drogmans et les moucres pour le soin des animaux, le service des tentes etc., et vous avez un personnel de plus de 35 personnes avec plus de 40 bêtes.
Je fus plus d’une fois étonné du peu de nourriture qu’on donnait chaque jour à nos montures. Ainsi, le soir, c’est en. viron pour chaque cheval ou mv'let une demi botte de foin avec une grande jointée d'orge non vannée, et la même ration le matin. A midi, pendant que.nous prenons notre repas, les pauvres bêtes sont attachées à des pierres sans qu’elles aient rien à manger, à moins qu'il y ait de l’herhe là où nous nous trouvons ; on se contente de les faire boire avant de partir. S'il arrive qu’on traverse quelque ruisseau en cheminant, il ne faut pas laisser boire sa bête. Telle est la manière arabe de traiter leur animaux. Aussi chevaux et mulets sont:ils loin d’avoir la force de ceux de nos contrées, bien qu’ils paraissent s’accommoder assez bien de ce régime. Aucun ne fait étalage, de même que chez les hommes, de graisse superflue, cependant tous paraissent dans un état fort convenable.
Le souper se prend sous la grande tente avec beaucoup d’entrain et de fort bon appétit, et, aussitôt, sans laisser la tente, on fait en commun la prière du soir, courte, mais expressive. “ Prions pour l'Eglise, pour le Pape, pour la France, pour tous ceux que nous avons laissés au pays qui nous sont chers, et pour nos frères défunts.” Oh! sans doute que le Dieu infiniment bon, infiniment riche en miséricorde, doit lui prêter une oreille attentive à cette prière du pauvre pèlerin, harassé de fatigue, s’échappant de sa tente dressé peut-être sur les cendres de quelques uns de ses ais, peut-être aussi sur des décombres où sa justice a exigé autrefois une expiation.
s0r vel
not
ver Ga Ha
du droi cha
don port son
sacr pens (192:
de ne pouvoir c’est la récitau soleil, il n’y > au jour sans nc sont pliant, tente qui nous és par les pass matines, Car res, il est assez
ombreuse qu'à > 24 personnes, mes. Ajoutez à es animaux, le 1 de plus de 35
urriture qu'on > soir, C’est eni botte de foin la mème ration otre repas, les s qu’elles aient
où nous nous vant de partir.
heminant, il ne nière arabe de ts sont-ils loin w’ils paraissent ne fait étalage, flue, cependant
avec beaucoup sans laisser la purte, Mais expour la France, qui nous sont doute que le icorde, doit lui pauvre pèlerin, sé peut-être sur -être aussi sur e expiation.
‘“ Messieurs, dit le commandant, demain matin le réveil
sonnera à 4k h., à 43 on nous servira le café, et à 5h., à cheval.”
Vers les 9 h. les lumières sont partout éteintes dans les tentes, tout rentre dans le silence dans le camp, tous se livrent au repos, moins toutefois les moucres qui veillent à tour de rôle à la garde des bêtes, et qui pour se distraire, s'étaient avisés de nous régaler de leurs chansons arabes. Ils ne continuèrent pas longtemps avant de recevoir un ordre formel de nous épargner leurs agréables mélodies.
Jeudi, 21 Avril.—Dès les 5 h., nous étions tous en selle, le temps était magnifique et assez frals.
Nous poursuivons la vallée des voleurs (Haramîeh) pour traverser le torrent sur un pont vers son extrémité.
Les Samaritains n’ont jamais joui d’une très bonne répu. tation, et cette vallée, en forme de défilé entre deux hauteurs doit sans doute son nom aux exploits de quelques habitants du pays sur des voyageurs trop confiants ou peu en état de se défendre. Cependant aujourd’hui le règne des brigands est à peu près passé, et l’on peut s'y aventurer en tout temps sans aucune crainte.
Après une quarantaine de minutes de marche nous passons devant Sâouieh, où un énorme chêne-vert offre sous sa verdure un lieu de repos des plus agréables aux caravanes | Mais comme ni hommes ni bêtes ne sont encore fatigués, nous passons outre.
Continuant toujours dans la même direction, c’est-à-dire vers l’E., nous découvrons bientôt devant nous le sommet du Garizim, et plus loin, tout-à fait à l'horizon, la cime du grand Hermon que nous voyons couverte de neige.
Enfin, après environ 2h. de marche, nous sommes au pied du Garizim, et nous nous détournons un peu de la route, à droite, pour aller visiter le Puits de la Samaritaine, dans le champ de Jacob.
Une superbe plaine, circonscrite par de riantes montagnes, dont les monts Garizim et Hébal semblent être les piliers de la porte vers le nord, forme ce champ où Abraham, avec Sara son épouse, venu de Haran, vint dresser sa tente et offrir un sacrifice au Seigneur, qui lui apparut et lui promit en récom-
pense de sa piété qu'il donnerait cette terre à sa postérité (1921 av. J. C.).
LA
re sers rt
La, arte BTS
rss
NEA eee 2
Jacob, deux siècles plus tard, revenant de la Mésopotamie, acheta pour cent agneaux, ce même champ, aux enfants d’'Hémor, père de Sichem. C’est ici que vint Joseph, de Mambré près d'Hébron, pour trouver ses frères qu'il ne rencontra qu'à Dothaïn et qui le vendirent à des marchands Ismaëlites se rendant en Egypte.
Jacob sur son lit de mort légua ce champ à son fils Joseph en sus de son héritage (1689 av. J. C.). Joseph, en mourant avait fait promettre à ses frères de rapporter ses os dans la terre de ses pères. Aussi les Israëlites en quittant l'Egypte eurent-ils soin d’emporter les os du patriarche pour les enterrer dans sa terre de Sichem, qui avait été son propre héritage. Nous voyons encore, à quelques arpents à l'E. une enceinte en carré avec une maçonnerie au milieu en forme de dos d’âne et blanchie à la chaux, c’est le Tombeau de Joseph, dont la tradition s’est toujours conservée.
Nous laissons donc un instant nos montures, pour visiter le puits de la Samaritaine, qui fut autrefois renfermé dans une église. Il appartient maintenant aux Grecs schismatiques, qui l'ont fait entourer &’'un petit mur d'enceinte, mais qui n'étant pas entretenu, laisse plus d’une brèche par où il est facile de pénétrer. Le tout forme un petit tertre, dû sans doute aux décombres de l’église qui abrita autrefois le puits.
Nous ne nous assîimes pas sur la margelle du‘puits, car elle à disparu depuis longtemps, et nous ne trouvâmes non plus aucune Samaritaine venant y puiser de l’eau; mais nous nous étendîmes sur l’herbe tout autour et nous rappelâmes avec plaisir le touchant épisode dont ce lieu fut le théatre, comme le rapportent les évangilistes.
On sait que Jésus s’en allant en Galilée avec ses apôtres, s'arrêta près de ce puits pour s’y reposer, pendant que les apôtres étatent allés à la ville pour y acheter de quoi manger, Or il arriva qu’une femme Samaritaine vint au même moment pour puiser de l’eau. Et Jésus lui demanda à boire —Comment, vous qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine; puisque les Juifs n’ont aucun commerce avec les Samaritains.—Si vous saviez quel eft celui qui vous demande à boire, vous lui en auriez demandé vous-même Mais comment pourriez-vous en puiser, vous n'avez aucun vase et le puits est profond ?—Je vous aurais donné une eau vive, et quiconque boit de cette eau n'aura jamais soif, car elle demeurera pour lui une fontaine jaillissante jusque daus la vie
Mésopotamie, aux enfants >h, de Mambré rencontra qu'à
Ismaëlites se
son fils Joseph , en mourant ses os dans la ttant l'Egypte ur les enterrer opre héritage.
, une enceinte forme de dos e Joseph, dont
ès, pour visiter
ermé dans une
jsmatiques, qui ais qui n'étant
il est facile de
sans doute aux
ts.
e du‘puits, Car âmes non plus ais NOUS 7OU$
ppelâmes avec
héatre, comme
ec ses apôtres, hdant que les quoi manger, même moment à boire —Con-:
à boire, à moi cun commerce celui qui vous vous-même.— n'avez aucun lonné une eau is soif, car elle que daus la vie
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 457
éternelle. — Seigneur, donnez moi de cette eau, afin que je n'aie jamais soif et que je ne vienne plus ici pour en puiser.—Allez, et appelez votre mari.—Je n'ai point de mari.— Vous dites vrai ; vous avez eu cinq maris et celui que vous avez maintenant n’est point votre mari.—Seigneur, je vois bien que vous êtes vraiment prophète; nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous dites, vous, que c’est à Jérusalem qu'il faut adorer.— Femme croyez-moi ; vous adorez, VOUS, Ce que vous ne Connaissez point, nous, nous adorons ce que nous connaissons, par ce que le salut vient des Juifs—Je sais que le Messie c'est-à-dire le Christ, vient, et lorsqu'il sera venu il nous ap* etes toute chose.—Cest moi qui vous parle qui suis le essie.
Et la femme s’en étant allée, dit à tont le monde : venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'avais fait; ne seraitce pas Le Messie ? Et beaucoup vinrent entendre Jésus et crurent en lui.
Jésus avait appelé des princes étrangers à son berceau, et voici que maintenant il vient apporter le salut aux ennemis de sa nation; la voila donc la véritable héritière des promesses, l'église catholique qui ne fait acception ni de nationalités, ni de temps, ni de lieux ; croyez à sa parole, à son enseignement, et vous êtes de ses enfants.
L'enclos du puits, quoique évidemment formé de dé. combres, est cependant tout couverte d’herbe, eu égard sans doute à l'humidité que ce sol peut encore soutirer. L'entrée du puits n’est pas très grande, et il se trouve aujourd’hui en partie rempli par les cailloux que presque tous les voyageurs y jettent pour s'assurer s’il contient encore de l’eau. Il y en avait encore un peu au moment où nous le visitâmes.
On donne généralement Naplouse pour Sichem ou Sichar de la Ste Ecriture. Cependant, le Frère Liévin pense que l'an. cienne ville n’était pas exactement au lieu de la ville actuelle, I y a sur le flanc du Garizim même, des ruines et un petit viilage qui seraient l'endroit précis de l’ancienne ville, Cette version s’accorderait mieux avec le récit de l'Evangile qui fait venir les femmes de la ville pour puiser de l’eau au puits lorsque la ville est éloignée d’une vingtaine d’arpents et qu'il y à d’autres sources plus rapprochées.
La plaine de Naplouse, où nous noustrouvons, est une des plus fertiles et des mieux cultivées de la Palestine. Si le gou-
+4 és ï 4] È "A ÿ
458 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
vernement turc ne punissait pas, par das exactions révoltantes ceux qui veulent tirer du sol les richesses qu'il contient, la Samarie deviendrait bientôt un pays d’abondance. La pierre nue des montagnes a disparu ici pour faire place à la verdure; les collines aux mamelons arrondis nous montrent des cultures des plus prospères ; les montagnes étalent sur leurs flancs des arbres fruitiers allignés en files des plus gracieuses ; des sources nombreuses, s’'échappant parfois en cascades des hauteurs, répandent partout la fraîcheur et la fertilité; mais le proverbe “ partout où un musulman met le pied suit la stéri. lité,” a son application ici comme ailleurs. Plus un fellah donnera de soins à ses champs et produira de récoltes, et plus il sera pressuré, dilapidé, pillé par les représentants de l'au. torité turque.
La plaine de Sichem a une forme des plus gracieuses. Cir. conscrite de tous côtés par des montagnes, on voit au N. les monts Garizim et Hébal se séparer comme pour lui former un col. Nul doute que dans les âges géologiques ces sommités furent réunies, et que par suite de quelque bouleversement elles furent divisées pour livrer cours aux eaux que réunis. saient dans le bassin les hauteurs qui se courbent tout autour, Le Garizim au N. O. et l’'Hébal au N. E. terminent, chacun de son côté, une chaîne qui se continue de part et d’autre, et comme ils sont, chacun, plus élevés que le reste, on serait porté à croire à l’œuvre de géants, qui, ayant creusé le col de la dépression, auraient accumulés les débris enlevés sur chaque extrémité.
C'est ici, dans cette plaine, que Josué, après s’être rendu maître du pays, s’acquitta de la grande solennité prescrite par Moïse. Ayant placé au milieu l'Arche d’Alliance entourée des prêtres, des lévites et des anciens, il offrit sur l'Hébal des ho. locaustes et. des victimes pacifiques pour le salut du peuple. Puis, divisant tout d’Israel en deux groupes, il plaça six tribus au pied de l’Hébal et les six autres au pied du Garizim. Les lévites alors élevant la voix, prononcèrent des malédictions contre ceux qui violeraient la loi, et des bénédictions sur ceux qui l’observeraient. Et tout le peuple répondit : Amen.
Nul endroit ne pouvait convenir davantage à l'assemblée de tout un peuple. La plaine offre ici un vaste enfoncement, et les flancs des monts Hébal et Garizim présentent des amphithéatres où des miliers de personnes pouvaient se grouper,
L'Hébal est à 2650 pieds au dessus de la mer, et le Garizim
; révoltantes 1 contient, la e. La pierre à la verdure; trent des culir leurs flancs acieuses ; des ades des hauilité; mais le | suit la stéri.
lus un fellah coltes, et plus tants de l'au-
racieuses. Cirvoit au N. les lui former un ces sommités ouleversement X que réunis at tout autour, nt, chacun de et d'autre, et este, on serait eusé le col de
enlevés sur
bs s'être rendu prescrite par e entourée des Hébal des ho:
ut du peuple.
laça six tribus arizim. Les s malédictions tions sur Ceux Amen.
à l’assemblée enfoncement, ntent des amnt se grouper, ,etle Garizim
à 2700. Les pèlerins font souvent l'ascension de ce dernier, dont l'accès est assez facile. On sait que cest là que, sous la direction de Manassé, fut érigé un temple destiné à devenir le rival de celui de Jérusalem, pour perpétuer le schisme des Samaritains (332 av. J. C.). Ce temple fut plus tard dédié à Jupiter lp et enfin détruit par Hircan (environ 130 s av. d, C.). :
On peut voir sur le mont les ruines d’une église qu’on y bâtit autrefois en l'honneur de la mère de Dieu, et sur son flanc, l'endroit où les Samaritains vont encore chaque année célébrer leur pâque en offrant des sacrifices,
Comme nous nous trouvions en retard avec notre programme, nous n'entreprîimes point l’ascension du mont. Avant de nous retirer, nous jetons un coup d'œil sur Salem, qu'on voit à l'E. Cette ville est mentionnée dans la Ste Ecri. ture pour avoir été traversée par Jacob arrivant de la Mésopotamie avant qu’il eut dressé ses tentes dans la plaine.
Nous retournons à la route principale, dont nous nous étions écartés pour visiter le puits de Jacob, et laissant à l’O., 1 pied du Garizim, le village de Bâlatah, qui est l’ancienne ‘outha où Abraham avait offert un sacrifice à Jéhovah sous un chène, nous nous dirigeons directement au N. pour entrer à Naplouse après une quinzaine de minutes. Nous traversons la ville par une rue qui la coupe de part en part, pour nous rendre sous un verger de noyers et d'oliviers où nos moucreg sont à préparer notre diner. Comme il n’est que 104h, nous laissons là nos montures pour rentrer de nouveau en ville afin d'en faire une visite plus minutieuse.
Naplouse, Sichem de la Ste Ecriture et Nablos des indigènes, passe pour une des plus belles villes de la Palestine. Ses maisons blanches, en effet, la plupart à plusieurs étages, avec la ceinture d’oliviers qui l'entoure, lui donnent un air de coquetterie fort agréable. Mais malheureusement elle ne peut plaire que par sa silhouette, et à partsa rue principale que nous avons traversée et où sont rangés ses bazars, elle est d’une malpropreté révoltante. Ses rues sont toutes fort étroites et la plupart voutées ou couvertes de nattes, si bien qu’en bien des endroits il fait à peine assez clair pour éviter les ordures qu'on rencontre partout.
Nous allons d’abord faire visite au curé catholique qui possède une congrégation d'environ 100 âmes sur une popula
ni RAT pr VUE ROMANE NE ee PRE LT ee
460 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
tion totale de 16,000 habitants, le reste se composant de Samaritains, de Juifs orthodoxes, de grecs, de musulmans etc.
Après avoir parcouru de nouveau le bazar, nous nous rendons à travers des rues impraticables, à une synagogue Sa. maritaine, pour voir la copie du Pentateuque que l’on y con. serve.
Ce manuscrit ne compte pas moins de vingt-trois siècles d'existence, puisqu'il remonte au règne de Manassé (420 av. J. C.); voi”i quelle en fut l’origine.
Salmanazar, roi d'Assyrie, 677 ans av. J. C., s'étant rendu maître de la Samarie, emmena en captivité sur les bords du Tigre, les dix tribus qui, avec Jéroboam, s'étaient séparées du royaume de Juda. Illes fit remplacer par une colonie cuthéenne qu'il tira du pays des Mèdes. Or les cuthéens étaient idolâtres. Une peste sérieuse étant venue à sévir dans la nouvelle colonie, et leurs dieux d’argiles se refusant à écouter leurs prières, ils allèrent demander au roi d'Assyrie des sacrificateurs juifs, retenus parmi les captifs, pour fléchir Jéhovah, afin d'obtenir la cessation du fléau. Et ces sacrificateurs apportèrent le Pentateuque écrit en charactères hébreux. Après la captivité de Babylone, les Israëlites ayant adopté les caractères chailéens, les Samaritains se refusèrent à adopter ces caractères étrangers pour la langue hébraïque. Mais, fait bien digue de remarque et preuve convaincante de lexactitude de nos livres saints, C'est que, bien que les Samaritains, dans leur religion, aient fait un affreux mêlange des pratiques idolâtres avec le culte de Jéhovah, leur Pentateuque, livré à l'examen des savants les plus experts dans ces langues anciennes, a été trouvé en tout conforme au texte de la version conservée par les captifs de Babylone, ils ne diffèrent l’un de l’autre que par la forme des caractères. C’est comme si l’on écrivait du français en caractères arabes.
Rendus à la porte de la synagogue, il fallut parlementer avec le gardien pour en avoir l'accès. D'abord il fallait dé. poser les chaussures (les bottes); la chose était facile, On demandait en outre 10 francs par tête; c'était exhorbitant, Mais nous n'étions pas saus compter sur l'extrême cupidité de ces gueux-là. Aussi, après bien des disputes, et menace de notre part de renoncer à l’exhibition et de nous retirer sans donner une seul sou, fut-il convenu qu'on nous apporterait le manuscrit sous le portique, et que tout en gardant nos bottes,
ils où
ail
siè
ma ils lise bea jou pou mal Con:
offr Gar les € du dem
ils tend rend
sant de Samanans etc.
er, nous nous synagogue Saue l’on y con
gt-trois siècles inassé (420 av.
s'étant rendu ir les bords du nt séparées du ne colonie cuithéens étaient sévir dans la ‘usant à écouter ssyrie des sacriéchir Jéhovah, acrificatetirs ap iébreux. Après it adopté les Cant à adopter ces , Mais, fait bien l'exactitude de jsains, dans leur tiques idolâtres livré à l'examen auciennes, à été n conservée par l'autre que par écrivait du fran-
lut parlementer vd il fallait débtait facile. On ait exhorbitant, me cupidité de s, et menace de ous retirer sans 8 apporterait le ‘daut nos bottes,
DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 461
puisque nous n’entrerions pas dans leur temple, nous leur payerions 10 francs pour toute notre bande,
Le manuscrit est sur une bande de parchemin de plusieurs verges de longueur, sur environ 10 à 12 pouces de largeur, Chaque extrémité de cette bande est fixée à un rouleau, et ces rouleaux retenus verticalement par des trous dans une planche en haut et en bas, nous permettent de parcourir tout le manuscrit d’un bout à l’autre, en les faisant rouler sur eux-mêmes, un rouleau se grossissant à mesure que l’autre diminue, et les colonnes passant successivement sous les yeux du lecteur. Il n'y a nialinéa ni ponctuation, et les caractères, fort petits, sont tellement rapprochés partout, qu’on dirait le manuscrit com. posé d’un seul mot fantastique et presque sans fin,
Les Samaritains forment une tribu unique dans le monde, tibu microscopique pour ainsi dire, puisqu'elle ne dépasse pas aujourd’hui 400 4mas. Jamais elle n'a quitté Naolouse, jamais elle ne s'est alliée à d’autres nations ; presque externins> à plusieurs reprises, elle s’est vue s'atfaiiblissant de siècle en siècle, et ne sera plus bientôt qu'une race fossile dont le lieu de son origine rappellera seul le souvenir.
J'ai dit plus haut qu'elle a été son origine, Après l1 cap. tivité de Babylone, les Samaritains voulurent parlage: avec les enfants d'Abraham l'honneur de reconstruire Le temple ; mais rejetés de Jérusalem comme des payons et des idolâtres, ils se décidèrent à construire le temple du Garizim pour rivaliser avec celui du Mor'ah, en splendeur, en richesse et en beauté ; et de cette époque date cette haine invétérée qui a toujours séparé les juifs des Samaritains, Ua juif convaincu d'avoir pour ami un Samaritain, méritait l'exil Manger avec un Samaritain, accepter de lui un verre d’eau, un ser-ice quelconque, constituait un délit, Tandis que pour le Temole on recevait Les offrandes des payens, on refusait celles des alorateurs du Garizim ; leur témoignage comptait pour rien, Voila pourquoi les apôtres s'étonnèrentide voir Jésus s'entretenir avec La femme du puits de Jacob, et celle-ci dire au Sauveur: comment me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine ?
Honnis et rojetés de tous, mème des Juifs avec lesquels ils partagent la croyance à un messie futur dont ils at: tndent leur délivrance, les Samaritains ont constamment rendu haine pour haine à tous les autres peuples, Longtemps is ont pratiqué le brigandage et se sont rendus redoutables
ir SOS
arms et