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472 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
s’étalaient du côté de la pente, s'engagea de ce côté là, et se trouva bientôt à plusieurs pieds au dessous de la route. Un moucre descendit aussitôt pour le rejoindre, mais vainement essaya-t-il à le faire remonter sur le chemin qui se trouvait coupé presque carré et à une assez grande hauteur. Enfin, après plusieurs coups de bâton et en l’appuyant de son épaule à l’arrière-train, il parvint à le remettre sur la route. Voulant alors lui faire payer le trouble qu’il lui avait causé, il le saisit par la bride et lui administra plusieurs coups de poing par la tête avec force gros mots arabes qui, sans doute, devaient être fort insultants, car ils semblaient lui venir des profondeurs du ventre. Plusieurs se mirent alors à crier à l’arabe d'arrêter, qu’il allait de nouveau jeter l'animal dans le précipice. Mais mon voisin qui connaissait mieux les allures arabes pour avoir déjà fait le même pèlerinage, “laissez faire, ditil, vous aller voir ce qui va arriver ”. Le moucre s'approche alors plus près de l'animal, et lui lance un crachat à la figure, avec un gros mot que je ne compris pas, mais que je jugeai n'être pas une aménité. Sa colère était alors satisfaite, et il s’appaisa aussitôt
Je reconnais bien que cracher à la figure est une injure des plus révoltantes, pour les hommes, mais comme les che. vaux en Orient ne se servent pas plus de mouchoirs qu'en Occident, je ne vois pas beaucoup en quoi ils peuvent se trouver embarrassés de porter un crachat arabe sur leur nez.
Nous traversons des plantations d'arbres vers le bas de la descente, puis nous parcourons la plaine, toute en gazon et parsemée de quelques ruisseaux, jusqu’à la rencontre d'un vaste bassin en pierre qu’alimentent de 12 à 15 pouces d'eau üne source surgissant à son extrémité ; c’est tout auprès que sont tendues nos tentes.
Toute la plaine est couverte d’un épais gazon dans lequel domine, à l'endroit où nous sommes, l'orge sauvage, hordeum
jubatum.
Les arabes, on le sait, ne sont pas très particuli es règles de la propreté, mais je ne pensais pas qu’ vaient pousser si loin ce mangne de précautions. M'étar rendu au
bassin de la fontaine, je vis clapoter dans le bassin même ci à six chevaux que nos moucres y amenaient les uns après 6 autres pour les faire boire. En même temps arrive l’un de n0$ cuisiniers qui emplit un vase là même où les chevaux venaient de troubler l’eau.—Et que voulez-vous faire de cette eau ?— C'est pour votre café.—Mais, c’est à peine croyable ; vous allez
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nous faire boire de cette eau sale? — Regardez, elle coule.— Oui, elle coule, mais au lieu de la prendre à la tête du bassin oùelle est pure, vous prenez de celle que les chevaux ont troublée. Versez votre vase, et prenez en de la nette.
Mon homme s’exécuta d'assez mauvaise grâce.
J'allais me retirer, lorsque je vis trois femmes venir du village de Jéba qui était tout près, portant des cruches sur leur tête pour faire provision d’eau. Je m’arrête pour voir comment elles allaient procéder.
Comme elles sont nu-pieds, elles entrent de suite dans le bassin, ayant de l’eau à mi-jambe. Elles renversent leurs cruches sur le côté pour y laisser pénétrer l’eau avant de les emplir; puis se lavent les jambes et les pieds ; et sans se déplacer, dans l’eau même qu’elles viennent de souiller, elles emplisent leurs vases et s’entre aident pour se les placer sur latète. J'étais tout étonné, car je croyais toujours qu'elles allaient verser cette eau pour en prendre à la tête de la source mème. Mais je vis bien qu'elles n'avaient pas plus de scrupules de faire usage de l’eau même qu’elles venaient de souiller, que nos moucres de s’en servir pour notre café.
Vendredi, 22 avril—l à fait pendant la nuit un vent si fort, qu'à chaque instant nous pensions que nos tentes allaient nous laisser à découvert, Cependant, ce matin, l’apparence est des plus rassurantes, et à 5 h. nous sommes tous en selle,
Si nous en: avions le temps, nous nous détournerions à gauche, pour passer, non loin de notre route, par Dothaïn, où les enfants de Jacob gardaient les troupeaux de leur père, et où ils vendirent leur frère Joseph à des marchands Ismaëlites se rendant en Egypte. Mais nous sommes en retard, il faut procéder par la route la plus directe.
Nous poursuivons donc notre marche, le plus souvent
des plaines ou gorges de montagnes, et quelquefois aussi en franchissant les hauteurs mêmes.
Vous apercevons bientôt à notre gauche, la ville de Sanour couronnant un plateau se détachant du reste de la montagne et isolé presque tout autour, comme forteresse pour la garde de la plaine de même nom qui s'étend au devant. La ville est encore entouré de murailles flanquées de bastions, et peut contenir environ 2,000 habitants.
Sanour est l’ancienne Béthulie de la Ste Ecriture. C’est À que Judith, 654 ans avant J, C., coupa la tête à Holoferne,
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