‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 69 sur 94 · FER · texte numérisé non relu

FER

général des armées du roi des Assyriens, lequel, après evoir traversé l’Euphrate, dévasté la Mésopotamie, ravagé Damas et toute la contrée, voulait s'emparer aussi de cette ville et piller toute la Palestine.

Judith était une sainte femme, craignant le Seigneur, veuve depuis trois ans, et d’une grande beauté. Voyant la ronster. nation dans laquelle l'approche d'Holoferne avec ses 120.000 hommes et ses 12,000 cavaliers, avait plongé tout le peuple d'Israël, elle résolut, par l'inspiration de Dieu sans doute, de sauver elle-mème son peuple. Sachant que ses charmes ne seraient pas saus effet sur le cœur de ce barbare conquérant, eile laisse ses habits de deuil, se revê! d’une riche parure, se parfume abondamment, et sortant de la ville suivie d’une ser. vante, elle pénètre dans le camp ennemi, et demande qu’on k conduise au général, Holoferne est charmé de sa beauté: il l’accueille avec empresserment, et commande qu'on ait pour elle les plus grands égards.

La ville qui périssait par le manque d’eau,—larmée ait. geante en ayant interrompu toutes les sources, —étail sur le poini de se rendre ; mais Judith avait demandé qu'on attenii encore cinq jours pour qu’elle pût mettre son projet à exécution.

Holoferne, pour fêter sa belle visiteuse, ordonna un grani festin, et but avec excès. Lorsque les princes et Les serviteurs du général, tous plus où moins assoupis par le vin, se furent retirés, elle demevra seule dans la tente d’'Holoferne. Comme il dormait dans son lit, elle ordonna à sa servante de se tenir prète, se recommanda à Dieu, et détachant l'épée d'Holoferne qui était acrochée à la tête de son uit, elle la tira du fourrean, prit le prince par les cheveux, et, invoquant de nouveau le se cours du Ciel, en deux coups elle lui trancha la tête, servante mit la tête dans son sac, ainsi qu'un rideau du lit que Judith avait détaché, et toutes deux sortirent, traversèrent 1

camp sans être inquiétées, et se rendirent aux portes de la ville

qu’on s’empressa d'ouvrir pour les recevoir. |

Le roi Osias avec tout le peuple d'Israël furent transportés d'une grande joie à la vue de ce triomphe, et reconnurent ht protection visible du Ciel dans cet événement, Celui qui était le dominateur des rois et la terreur des nations, venir ains expirer de la main d’une femme et frappé de son propre glaivel

Judith ordonna qu'on pendit la tête au haut des murailles et que toute l’armée d'Israël sortit de grand matin en faisant grand tapage el poussant des clameurs tomimne pour attaquer

uel, après evoir avagé Damas et tte ville et piller

Seigneur, veuve oyant la ronster.

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les assiégeants. Ceux-ci se lèvent anssitôt et courent à la tente de leur général pour l’inviter à commander la défense, Mais quelle n’est pas leur surprise, de trouver le corps de leur maitre tout couvert de sang et décapité, et de voir sa tête fichée sur les murailles de la ville! La terreur s'empare aussitôt de toute l'armée, et les gorges des montagnes ne sont pas assez vastes pour lui livrer un passage suffisant dans sa précipitation ; aussi les Israëlites en firent-ils un massacre horribie et furent-ils maitres d’un butin des plus considérables,

Nous portons nos regards sur la ville, nous trouvons ses crénaux déserts, ne montrant plus la fameuse tête! Nous nous avançous dans la plaine, et des blés jaunissants, presque à la hauteur de nos chevaux, s’y montrent de outes parts, à 14 place des soldats mèdes, persans, syriens ete. ; cependant, nous n'en admirons pas moir.s cette sagesse insondable de la Divine Providence qui, quand il lui plait, arme la main des faibles pour confondre les superbes et terrasser les ennemis de son nom.

Nous passons divers villages, tantôt à droite et tantôt à gauche de la route, Koufeïr, Djerba, Missilieh etc. A un cerain endroit, nüus passons sur une hauteur qui nous doune vue sur Nazareth mème.

Peu après 9 h., nous sommes à Djenine, village de 3,000 habitants, au pied d’une inoutagne à la tête de la plaine d'Esdrelon, Djenine est réputée l’ancienne Engannim de la Ste Ecriture, où N.S.gué:it les dix lépreux. Nous savous que sur les dix, un seul retonrna sur ses pas pour remercier son henfaiteur, et celui-ci était samaritain, de cette race que les Israëiites destestaient souverainement, avec laquelle ils refusaient toute alliance. Enfants de l'Eglise catholique, seule et unique épouse du Christ, prenons garde que des étrangers, de nouveaux Samaritains, évilant nos infidélités, ne viennent ainsi prendre place devant nous, au festin des noces de :’époux,

Eu partant de Djenine, nons laissons la Samarie pour entrer dans la Galilée,

Nous foulons maintenant la plaine d’'Esdrelon, l'une des plus célèbres et la plus grande de la Palestine, ne mesurant pas moins de 12 lieues de longueur sur cinq de largeur, Au NN. 0. elle se termine à la Méditerranée, à l'E, elle présente trois prolongations, l’une entre le Thabor et l’Hermon, l’autre entre l'Hermon et la montagne de Gelboë, et la troisième entre Gelboë el Djenîne, Plusieurs ruisseaux la sillonnent et entretiennent

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la fraîcheur avec la fertilité, entre autres le Djaland, qui se jette dans le Jourdain et le Cisson qui se rend à la Méditerran. née. Nous voyous par ci, par là, des pièces de blé de la plus venue, mais la plus grande partie du terrain est sans culture, C’est à peine si la cinq centième partie de ce riche territoire porte des récoltes. C’est ici comme partout ailleurs dans les provinces turques, on punit d’exactions exhorbitantes l’habi. tant courageux qui a pris les soins de s'assurer une bonne ré.

colte.

Le sol étant ici plus riche et moins léger que dans les

montagnes, produit toujours, comme dans nos terrains d’alluvions du Canada, qu’on le cultive ou qu’on ne le cultive pas. Mais au lieu des verges d’or et des graminées de chez nous, c'est ici le plus souvent des chardons, mais des chardons monstres, de cinq à six pieds de hauteur, avec des aiguillons d'environ un pouce et à pointe des mieux acérées. J'ai pu apprécier leur qualité piquante en voulant saisir des insectes sur leurs fleurs. Nos montures aussi nous disent par leurs allures qu’elles ont déjà fait connaissance avec la plante redoutable, car partout où elles en voient, elles refusent obstinément de s’y avancer. dJ’en ai remarqué de deux espèces, l’une plus petite, à capitules laineux, c’est le Cirsium eriophorum, l’autre plus élevée, à aiguillons plus longs, à tiges plus grêles quoique fort raides, c’est le Cirsium syriacum. Nous rencontrons souvent aussi, et quelquefois en profusion sur les bords de la route, l’artichant qu’on cultive dans les jardins du midi de la France, Cynara scotymus ; la plante a absolument la même apparence que celles que j'ai vues dans les jardins de Toulouse, Béziers etc. L’artichaut est une espèce de chardon, à feuilles radicales fort grandes, glauques, pennatifides et légèrement épineuses. On sait qu’on la cultive pour ses capitules dont on mange le fond et la base des écailles, lorsqu'ils sont encore verts, frais—comme nous le faisons du céleri —ou diversement apprêtés. On les fait blanchir en les recouvrant de leurs feuilles avant qu’ils ne montent, La saveur qu'on se plait à leur trouver ne mérite pas, suivant moi, les soins de culture qu'ils requièrent,

Nous rencontrons, à un certain endroit, un homme revenant des travaux de son champ, tranquillement assis sur son bœuf, pendant que sa femme, à pied par derrière, porte la charrue sur son dos! Ce fut un cri général d’indignation dans notre caravane ; plusieurs mêmes voulaient cingler de coups

de cravaches la face de ce tyran qui traitait ainsi sa femme,

Djaland, qui se la Méditerran- > blé de la plus st sans culture, riche territoire illeurs dans les bitantes l’habi- - une bonne ré.

r que dans les terrains d’allue le cultive pas. s de chez nous, s des chardons c des aiguillons érées. J'ai pu isir des insectes lisent par leurs ec la plante reefusent obstinéx espèces, l’une jum eriophorum, iges plus grèles , Nous renconbn sur Les bords jardins du midi lument la même ins de Toulouse, rdon, à feuilles s et légèrement apitules dont on ’ils sont encore ou diversement vrant de leurs qu'on se plait à soins de culture

n homme revént assis sur SON rrière, porte la dignation dans ingler de coups ainsi sa femme:

DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 477

Ah! c’est que la femme, le sexe faible, n’a pu échapper à la servitude que dans la christianisme, sous la loi de grâce. Chez tous les peuples, la femme a été la servante de l’homme, lorsque toutefois, comme chez les payens, elle n’en était pas l'es. clave. La loi du Sinaï avait commencé son affranchissement ; nous trouvons même plus d’une noble figure de femme chez le peuple de Dieu. Cependant le sexe faible n’a pu jouir de son entier affranchissement, n’a pu devenir la digne moitié du sexe fort, que sous la loi de grâce, le code évangélique. Les musulmans sous le rapport de l’asservissement de la femme n’en cèdent en rien aux barbares les plus cruels.

La montagne de Gelboë, que nous voyons à notre droite, est toute cultivée jusque sur son sommet. Cette montagne est célèbre par la bataille qu’y livra Saül aux Philistins etdans laquelle il périt avec ses trois fils Abinadab, Melchisua et Jonathas.

Le pays ici ne se sent plus de la désolation qui règne dans la Judée. Les montagnes sont ou boisées ou cultivées ; les vallées en céréales ou en prairies, sont traversées par des coursd'eau qui y entretiennent la fécondité.

Bientôt nous passons à droite le village de Zéraïn, qui est l'ancienne Jézrahel de la Ste Ecriture.

J'ai rapporté plus haut comment Josaphat, roi de Juda, et Achab, roi d'Israël, montés sur des trônes aux portes de Sa. mârie, avaient fait prophétiser les prophètes de Baal et celui des Hébreux, Michée, sur le sort de la guerre qu'ils allaient porter à Ramoth de Galâad ; que Michée avait répondu qu’Achab ne reviendrait pas vivant de cette guerre. Or, c’est à Jdécrahel que s’accomplit la prophétie. Achab . vait là un palais et Naboth une vigne qu'il ne voulait pas vendre au roi. L'impie Jésabel, la femme d'Achab, fit lapider Naboth comme blasphémateur, pour s'emparer de sa vigne; mais elle ne tarda pas à recevoir, à l'endroit même, le châtiment de son crime.

Car il arriva que pendant qu'Achab combattait à Ramoth contre les Assyriens, Jéhu, général de l’armée de Joram, fils d'Achab, se fit proclamer roi à Samarie et s’avança vers dJézahel, Joram & Ochosias ne sachant ce qui était arrivé, allèrent à sa rencontre, Jéhu perça Joram d’une flêche et jeta son corps dans le champ de Naboth. Ochosias fut de même atteint par ses archers et blessé mortellement. Le nouveau roi fit alors son entrée dans la ville ; Jésabel qui se tenait à une

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Spies

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fenêtre de son palais lorsqu'il passa, lui demanda comment se portait l'assassin du son maître : Jéhu irrité, envoya des archers qui la précipitèrent par la fenêtre ; son corps fut foulé par les chevaux et dévoré par les chiens, tel que l'avait prédit le prophète Elie (876 av J:C.). Jéhu étant maitre de Jézrahel, s’y fit apporter les têtes des 70 fils d'Achab qu’il rangea en deux tas aux portes de la ville.

La ville de Jézrahel et de Jéhu n’est plus aujourd’hui qu’un misérable bourg assez mal bâti, qui n’a rien retenu de son anciénne splendeur, |

Nous passons peu après vis-à-vis Djeloud; c’est là que Gédéon, sur l’ordre du Seigneur, munit ses 300 compagnons de trompettes et de vases de terre contenant des lampes, pour aller à la rencontre des Madianites. Sur l’ordre de leur chef, ils sonnèrent de la trompette en rompant leurs lampes, et les Madianites frappés de terreur s’enfuirent en s’entre tuant dans leur précipitation,

Il était près d’une heure lorsque nous traversâmes Soulem (Sunam) pour aller prenfre le diner de l’autre côté, sous un verger de citronniers. C'était la plus longue course que nous eussions encore faite, aussi la plupart des cavaliers étaient ils exténués, rendus, tant par la faim que par la fatigue. Il fallait voir avec quel appétit nous dévorions les quartiers de poulets et les gigots de moutons, et nos moucres avaient peine à suffire à remplir de vin nos pots de fer blanc, tant la consommation en était rapide,

Sunam qui est situé au pied du petit Hermon, est un grand village entièrement musulman,

Les armées des Madianites et des Amalécites, avant leur défaite par Gédéon à Jézrahel, campèrent à Sunam, de même que celle des Philistins avant de combattre contre Saül.

On suit que c'est à Sunam qu’on vint chercher Abisag pour servante au roi David dans sa vieillesse. J'Ecriture re. marque que c'était une jeune fille remarquable par sa beauté ; il est malheureux qu'on ne l'ait pas laissée chez elle pour perpétuer les grâces des formes dans sa patrie, car les Hélènes qu'on ÿ voit aujourd’hui ne se distinguént pas précisément par leur beauté, Notre repas n'était pas encore terminé qu’il en viut une, sale, couverte de haillons, ne ressemblant en rien à Abisag, nous exhiber un enfant fort agile, d'environ trois ans, complètement nu, nous faisant force pantomime avec longue

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kyrielle arabe, pour nous faire comprendre qu’elle désirait des habits pour couvrir le marmot.

Aussitôt le repas terminé, sans se déplacer, chacun éloigne les plats pour s'étendre sur le tapis même nous servant de nappe, sous l'ombre des citronniers, et y faire une sieste que notre extrême fatigue rendait nécessaire,

Avant de nous remettre en selle, nous allons dans le village visiter l'emplacement de la maison de cette sainte femme qui donnuit l’hospitalité à Elisée chaque fois qu’il passait ici ; le prophète pour l’en récompenser, ressuscita son fils qui venait de mourir. Sur la parole du prophète, elle quitta ensuite le pays pour éviter les sept années de famine qui devaient y prévaloir.

Elisée passant un jour à Sunam, une femme considérable de la ville l’invita à entrer chez elle. Après avoir conversé avec le prophète, elle dit à son mari: “ Je vois que cet homme est un homme de Dieu et un saint. Faisons-lni donc faire une petite chambre, et mettons-y un lit, une petite table, un siège et un chandelier, afin que lorsqu'il nous viendra voir, il demeureà” Or, l'enfant de cette femme étant venu à mourir, elle se rendit aussitôt au Carmel pour inviter le prophète à venir ressusciter le mort. Elisée envoya d’abord son serviteur Giési, en lui donnant son bâton pour lippliquer sur le visage de l'enfant. Mais la femme refusa oostinément de partir sans que le prophète ne l’accompagnât. Cédant alors à ses instances, Elisée se rend à Sunam, prie sur l'enfant et le rend à sa mère,

Le petit Hermon que nous laissons à notre droite, est élevé de 1728 pieds au dessus de la Méditerrannée, il est en partie inculte. D'après une légende, Seth le fils d'Adam serait venu s'y établir, tandis que les enfants de Caïn se seraient établis sur les montagnes entre Zéraïn et le Carmel, et ce serait de l'alliance des fils de Seth avec les filles de Caïn que serait sortie cette race de géants que Dieu fit périr dans le déluge.

Nous voyons à gauche Afouleh, qui serait l'ancienne Aphec où Bénadad, roi de Syrie, perdit 100,000 hommes en combattant contre Achab, roi d'Israël.

Je remarque parmi les herbes qui bordent la route, une plante de nos jardins, qui l'emporte sur toutes ses voisines ici, sinon par la délicatesse et la grâce des formes, du moius par sa taille et son éclat, C’est la passerose, Althœa fruteæ, à fleurs roses, simples, très granides, s'élevant de quatre à cinq pieds à

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480 DE QUÉBEU À JÉRUSALEM

travers des pierres au pied d’un rocher. Tout auprès mais, dans un endroit plus humide, je trouve encore une autre plante de nos cultures, c’est le céleri, Apium graveolens, qui monte aussi à quatre ou cinq pieds. Mais une plante qui m’a surtout frappé par son aspect insolite, c’est l’'Orobanche, Orobanche lævis, dont les gros et longs épis s’étalaient au milieu des gra. minées. C’est une plante décolorée, jaune-paille, de 15 à 18 pouces de hauteur, sans feuilles, celles-ci étant remplacées par des écailles ou des bractées, Ses fleurs irrégulières et son port lui donnent une certaine ressemblance avec quelques espèces d’Orchis.

Bientôt se montre à notre droite le mont Thabor, avec son sommet arrondi, et en face de nous les montagnes de la Galilée, derrière les premiers replis desquelles s'abrite Nazareth.

Nous traversons d’abord un petit torrent à sec, et un peu plus loin, sur un pont un autre plus grand ; ce dernier est le Cisson, qui lors de la défaite des Chananéens par Débora et Barac, roula dans ses eaux les cadavres des soldats de Sisara, général des Chananéens, dont plus de 10,000 venaient d'être massäcrés.

Nous tournons à gauche et touchons presque au pied des montagnes qui bordent la plaine à notre droite. Nous remar. quons une gorge profonde, à côtés presque perpendiculaires, c’est la montagne du Précipice; c’est là que les Nazaréthains voulurent précipiter N. S. pour s’en défaire, et qu'il leur échappa sans qu'ils püssent le voir.

Enfin nous nous engageons dans un sentier en zigizags pour faire l'ascension de la montagne ; comme pour l’ascen. sion des bords du Térébinthe, nous voyons notre file se replier en serpent sur la pente de la montagne, et présenter parfois le coup d'œil le plus gracieux. Nous voyons souvent les ca. valiers dont les montures sont plus alertes, couper droit cer. taines courbes de la route pour dévancer leurs compagnons, et former ainsi des cordes aux arcs que décrivent les autres.

Parvenus à la partie supérieure de la gorge que nous suivons, nous laissons à gauche le village de Yafa, qui est l’ancienne Japhieh de la tribu de Zabulon, patrie de Zébédée père des deux apôtres Tacques et Jean. Et presque aussitôt s'étale devant nous Nazareth, couchée sur le flanc d’une colline creusée en demi-cercle,

Il était 4 4 h. lorsque nous descendîmes sur la place de Casa-Nova, où deux Pères franciscains vinrent nous recevoir.

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1abor, avec son 8 de la Galilée, [azareth.

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sur la place de nous recevoir.

DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 481

Nazareth.—Eglise de l'Annonciation; Me ]

| nno nsa-Christi; éoli

unie (synagogue); église maronite ; Et Chile a DU Vierge.—Fontaine de la Vierge. ds

Nazareth, Samedi 23 Avril. — Aussitôt arrivés À Casa-N on nous distribue les chambres, et nous nous Re Mo à l'église de l’'Annonciation que desservent les Pères f se cains et qui est aussi l’église paroissiale des latins. Te

Nous n'avons qu’à traverser la rue qui longe l’hospice et nons nous trouvons dans une cour sur le flanc de ré li Pour en atteindre la porte, qui est dans le portail, il At passer par une porte en fer grillée séparant obts cour d l place mème de l'église. L'église est à trois nefs diode de gros piliers en pierre. Nous sommes frappés de la pro jeté qui règne partout dans le temple saint. Le pavé A pièces de marbre blanc et rose est du plus bel effet, Droit S face de l'autel principal, débouche l'escalier qui rene grotte de l’Annonciation, et de chaque côté s'ouvre un . ki . qui conduit au chœur formant comme un second étage s a pavé. L’escalier du milieu, qui n’a pas moins de 15 do : nous conduit d’abord dans la chapelle de l’ange, qui “ti “ droit même où se trouvait la sainte Maison qui est dndhat à Lorette en Italie (1). Cette chapelle qui s'étend an

om 4 i sur ent à l'escalier, mesure 30 pieds de longueur sur 13 de lar.

qi et est l'endroit même où se trouvait la maison qu’habi NES et Marie avec le divin Enfant, et qui est maintenant srette. Le côté de l’épitre porte au autel dédié à $S, Joachim

(1) Je ferai en son lieu l’histoire de cette translation.

taie à

ANUS Le Aer NN De PR el

sn SE note

et à Ste Anne, et le côté de l’évangile un autre dédié à l'ar. change Gabriel. Au milieu, dans un enfoncement de deux marches encore plus bas, se voit l'autel même de l’Annoncia. tion. Sous la table de cet autel, une pièce de marbre blanc, de quelques pouces au dessus du sol, porte incrustée la croix de Terre-Sainte, et sur la paroi du fond, on lit cette ins. cription : Hic Verbum caro factum est, Ici, le Verbe s’est fait chair”. C'est là même que se tenait Marie, lorsque l'ange, qui était dans la maison contiguë à cette grotte, la salua par ces paroles : “ Je vous salue, Marie, pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous concevrez et enfanterez un fils qui sera appelé Jésus, et qui sera ce Messie qu'Israël attend avec tant d'impatience et qui règnera éternellement sur la maisou de Jacob.”

C'est donc ici que le mystère insondable de l'amour de Dieu pour les hommes a eu son accomplissement, Que le Verbe de Dieu, en tout consub;stantiel à son Père, est descendu du Giel pour se revêtir de notre chair, se faire notre semblable! Qu'une créature humaine est devenue la mère d’un Dieu! Aussi, avec quelle émotion nous allons, les uns après Les autres, appliquer les lèvres sur la croix incrustée dans le marbre, et avec quelle dévotion nous récitons le pater et l’ave pour parti. ciper à l’indulgence |

Comme toujours, le Fre Liévin nous fait l'historique du lieu.

A Nazareth, comme à Bethléem et en beaucoup d’autres endroits de l'Orient, on sait tirer parti des grottes naturelles ou factices pour en faire des demeures. Souvent une construction est érigée au devant, et la grotte sert alors de retraite plus intérieure. Et c’est ainsi que les choses étaient ici disposées. La sainte maison, dont on nous montre murée la porte qui donnait sur la rue, n’était séparée de la grotte que par un étroit passage. Voila comment l’ange a pu se tenir dans La maison pour parler à la Ste Vierge qui était dans la grotte,

Resterait un argumeut contre cette explication dans l'es calier qu’il nous à fallu descendre pour parvenir dans la grotte. Mais un examen des lienx et l’histoire de cette église nous donnent du tout une explication des plus satisfaisantes.

Dès les premiers siècles de t’ Eglise, Nazareth fut en véné-

‘ation parmi les chrétiens à propos du mystère de l’Incarnation qui s’y était accompli. Coustantin avait fait ériger une mug-

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nifique basilique sur l'emplacement même de la maison de la sainte Famille. Cette église, détruite en 1263 par Dokdar, fut reconstruite par les Pères franciscains eu 1620. C'est en déblayant le terrain pour cette construction qu’on découvrit les fondements de la maison de Lorette qui, le 10 Mai 1291, avaiz tout-à- coup disparu de l'endroit. Cette dernière église ayant été plusieurs fois saccagée et réparée, les Franciscains, en 1730, obtinrent un firman les autorisant à la reconstruire, mais à condition que cette réédification fût terminée avant le retour des pèlerins musulmans qui étaient déjà partis pour la Mecque, c'est-à-dire en moins de deux mois. On fut donc obligé d’asseoir la nouvelle construction sur les décombres de l’ancienne construction, n'ayant pas le temps de les enlever pour déblayer la place. Et voilà comment il se fait que le pavé de l’église actuelle se trouve ainsi exhaussé au dessus de la chapelle de l'ange et même du terrain avoisinant, comme on peut le voir en face de l’église.

On voit à gauche de l'autel un fut de colonne pendant du plafond ; c’est un reste d’une des colonnes de la primitive église. On a posé au dessous un autre fragment de fut pour empêcher que les visiteurs ne se heurtent la tête sur celui du haut. Toutefois on a pris soin de maintenir l'interruption pour ne pas laisser eroire que cette pièce suspendue eut besoin

de support, le plafond qui la retient ne paraissant nullement eu souffrir.

À droite de l’autel se tronve une porte donnant communication dans la chapelle de S. Joseph. Celle-ci n’est séparée de là première que par un mur en maçonnerie, et est aussi comme elle taillée dans le roc. Elle porte un autel, adossé à celui de lincarnation, dédié à la Fuite en Egyp'e.

Au fond de cette chapelle, on monte par un escalier de 12 à 13 marches dans un autre appartement, auquel on donne le nom de cuisine de la Ste-Vierge, et qui probablement aussi lui servait aux usages domestiques. Un couloir aussi taillée dans Le roc, met cette dernière pièce, en communication avec la sacristie,

Remontés dans la nef de l’églis', notre commandant nous donne l'avertissement suivant: “ Maintenant, messieurs, vous pouvez vous retirer, les membres du Bureau vont aller saluer le supérieur du couvent”,

Revenus à Casa-Nova, je fis observer aux ecclésiastiques pré-

sents, que reçus par des religieux, il convenait, en notre qualité d’ecclésiastiques, d'aller présenter nos hommages au supérieur, nonobstant le congé que venait de nous donner notre com. mandant. Et tous partagèrent mon avis. Je demandai donc à un frère de nous conduire à la porte du supérieur, car bien que le couvent soit contigu à l’église, nous ne savions par quelles portes et quels escaliers il nous fallait passer.

Comme nous montions les escaliers, nons rencontrâmes les membres du Bureau, avec les dames de notre caravane— avec les filles d'Eve, les avis de retraite ne sont pas toujours favorablement accueillis—qui opéraient leur retour. Nous les croisâmes sans rien leur dire et allâmes frapper en leur présence à la porte du Supérieur. Nous lui dîmes qu’en qualité surtout d’ecclésiastiques, nous croyions de notre devoir de venir lui présenter nos hommages. Quoique parlant peu le français, étant italien, le Supérieur nous reçut très poliment et voulut bien nous dire que comme franciscain, il ne faisait que remplir une obligation en nous donnant l'hospitalité.

Comme nous traversions la cour extérieure en nous reti rant, nous apercûmes les membres du bureau sur la terrasse du couvent, nous invitant à aller les rejoindre, Notre com. mandant regrettait peut-être un peu de vair que nous pouvions parfois nous passer de ses services? Nous ne jugeâmes cependant pas à propos de nous rendre à son invitation ; ce bureau qui savait si bien nous écarter quand il lui plaisait de le faire, pouvait fort bien aussi se passer de nous pour se livrer à ses agréments.

Comme la caravane doit le lendemain se rendre à Tibériade, distance de huit lieues, il est réglé que le départ aura lieu dès les 5 h. du matin, un prêtre devant se conserver à jeûn pour donner la messe aux voyageurs sur le Thabor. Ce pendant, avec l’abbé Baron, l'abbé Gautheron et quelques autres, qui souffraient plus ou moins de la fatigue, nous con: vinmes de les laisser partir pour n’effectuer notre départ que vers midi, devant nous contenter de voir le Thabor en passant à ses pieds, sans en faire l’ascension. Mais il arriva que pour avoir voulu retrancher de notre programme, nous pûmes ajouter à nos jouissances. Non seulement nous ferons l'ascension du Thabor, mais nous y coucherons et pourrons y célébrer le lendemain. Nous dûmes cet avantage à un jeune Comte polonais de la fsuite du prince Rodolphe, qui, s'étant séparé du prince

a notre qualité s au supérieur, er notre comlemandai donc ieur, car bien le savions par asser.

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notre départ que habor en passant arriva que pour s pûmes ajouter 1s l'ascension du

+ célébrer le len-

Comte polonais séparé du princé

à Jérusalem, voulut se joindre à nous pour visiter la Galilée plus en détail.

Samedi, 23 Avril.—Peu après 56 h. ce matin, je me rendais à l'église pour célébrer. Je ne fus pas peu surpris de voir près de la porte, avant d'entrer, une vingtaine de babouches étalées là; c’étaient les chaussures des personnes qui étaient déjà entrées pour entendre la messo. Par respect pour le saint lieu,

on ôte sa chaussure pour y pénétrer, marchant à pieds nus sur le marbre du pavé.

Sur ma demande, on me permit de célébrér à l’autel même de l’Incarnation, Avec quel attendrissement, quelle douce émotion, je répétai alors les paroles de la sainte liturgie. ‘ Et incarnatus est de Spiritu Sancto, et homo factus est ! Verbum caro factum est, et habitavit in nobis ! Par l’opération du Saint-Esprit, le Fils de Dieu s’est fait homme. Le Verbe s’est fait chair et il a habité par nous! C’est ici même que le Verbe de Dieu a laissé le ciel pour se renfermer dans le sein de Marie, et c’est

ici qu’à ma parole il va de nouveau descendre du Ciel et se renfermer dans ma poitrine ?

Comme toutes les fatigues et les tribulations du voyage sont vite oubliées dans ces moments de pieux mouvements et de saintes émotions !

En même temps que ceux qui, comme moi, avaient retardé leur départ à l'après-midi se rendaient à l’église pour la célébration des messes, le reste de la caravane se mettait en route pour le Thabor.

Mon servant de messe, un élève des Frères, parlant passablement le français, s'étant offert de me conduire dans les différents quartiers de la ville, je me mets de suite à cette visite, mon cicerone quoique jeune m'inspirant toute confiance. Nous nous rendons d’abord à l’église des Grecs catholiques qui est bâtie sur l’emplacement même de cette synagogue où Notre Seigneur expliquant un texte d’Isaïe le concernant, fut pris d'une telle aversion par ses compatriotes, qu’ils résolurent de

le traîner à la montagne tout auprès pour le précipiter de la hauteur.

D: là nous passons à l’église des Maronites, où se célébrait un office dans le moment. Les choses me parurent s’y faire avec beaucoup de dignité. Les ornements sacerdotaux étaient riches et de bon goût. Au lieu d’un pupitre pour porter le missel, c'était un coussin qu'on avait mis à sa place, et c’est

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