‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 76 sur 94 · SE TRES · texte numérisé non relu

SE TRES

Beyrouth; l’église des Capucins ; les Sœurs de Nazareth; les Sœurs'de JE Charité ; les Jésuites; les Maronites.—Nos compagnons de route; [Ii pl manque de respect pour le prêtre; nos adieux.

Beyrouth, mardi 3 mai.—Tout le monde avait un tel besoin

{h de repos à notre arrivée, que l'après midi n’a été consacré qu'à "9 | (Hi) nous remettre de nos fatigues.

Al | | C’est quand on commence à jouir du repos que d'ordinaire vil fl on s’aperçoitdavantage de la fatigue éprouvée. Dans la marche, des à || l'impossibilité de s'arrêter jointe à l'excitation du moment, font tot IN souvent qu'on ne se rend pas bien compte de ce que l’on plu éprouve, mais lorsqu’après avoir chevauché durant douze jours Mé par des chemins difficiles, escaladant des montagnes escarpées tré ou descendant dans des gorges profondes, rôtissant sous le Siq soleil, couchant sous la tente où souvent l’on a à se plaindre du éto

refroidissement de la nuit lorsque la chaleur du soir était étouffante, lorsqu'après avoir résisté à toutes ces souffrances, l'hi douze jours durant, on se trouve tout à coup dans un hôtel où ori, | tout le confort désirable est à notre disposition, c’est alors qu’on ché | peut plus exactement juger de la fatigue supportée. Aussi ce et 1 1h matin entend-on des plaintes de tout côté: mal de reins, veu (l membres raidis, jambes endolories etc. ets se

(4 Les indulgencas attachées à la visite des Lieux-Saints sont | extraordinaires, mais disons aussi que parmi toutes celles que

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l'Eglise accorde, il en est peu qui coûtent davantage à ceux qui veulent les obtenir ; et si les douces émotions, les saintes inspi rations, la consolante satisfaction d’une bonne œuvre accomplie n'étaient là pour nous soutenir, il est peu de pèlerins qui auraient le courage de poursuivre jusqu’au bont, lorsqu'une fois ils auraient entrepris le laborieux voyage. Car il y a à souffrir, à souffrir constamment et à souffrir beaucoup. Souffrances sur mer, souffrances sur terre; souffrance à table, souffrance au lit ; souffrance dans l'entourage, souffrance dans les serviteurs, souffrance dans ses habitudes ; souffrance dans sa liberté, il à fallu en faire le sacrifice dès le début, il n’y a plus à choisir, il faut bon gré mal gré suivre le courant. Souffrance de la bourse, souffrance du corps. On est parfois à se demander si l'on n'aurait pas mieux fait de rester chez soi, et si l’on n'aurait pas pu employer plus utilement l'argent que l’on dépense dans de tels voyages. Mais toujours la réponse vient sans se faire attendre. Les émotions que l’on va chercher là sont d’un ordre À part, d’un prix inestimable. Demandez à tous ceux qui ont fait le voyage, si jamais ils l'ont regretté ? L'’exempie de personnes faibles physiquement, à ressources assez bornées, qui le font pour la troisième, la quatrième fois (1), est là pour réponse.

Disons aussi que, pour l'instruction, il ne peut y avoir de voyage plus profitable.

Vous allez fouler de vos pieds la terre classique de la ci. vilisation, le coin de terre qui fut le berceau des sciences et des arts, où germa dans le génie de l'homme la semence de toutes les découvertes modernes qui étonnent aujourd’hui les plus hautes intelligences. Vous allez sillonner ces eaux de la Méditerrannée, aborder aux ports, traverser ces mêmes contrées que les héros d'Homère, de Virgile et des autres classiques que vous avez étudiés, ont illustrés de leur noms et étonnés de leurs exploits!

Mais surtout, vous allez voir de vos yeux les taïlainx de l'histoire du monde, ou plutôt de l’histoire de l’homme : son origine, ses faiblesses, sa régénération, ses infidélités et ses châtiments; son oubli du devoir et son abandon du Créateur, et la miséricorde infinie de celui qui tout en le châtiant, ne veut cependant pas qu’il périsse. Oui, pour le chrétien pieux, et surtout pour le prêtre, visiter les Lieux-Saints, c’est ouvrir

(1) Dile Cadot, âgée de 77 ans, faisait son cinquième pêlerinage avec nous en 1881, et l’a encore répété en 1882.

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