‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 77 sur 94 · PET PP SE RTE RE · texte numérisé non relu

PET PP SE RTE RE

552 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM

un livre qui sera sa lumière de tous les instants et la consolation de ses vieux jours,

Beyrouth est située sur une pointe s’avançant d'à peu près deux lieues dans la mer sur la ligne commune du rivage. On pourrait dire qu’elle forme à elle seule deux villes, l’une européenne et l’autre orientale. Ici, ce sort de belles rues macademisées où roulent de superbes équip et là ce sont des rues étroites, sans pavés, malpropres, en partiesicouvertes, où les étalages des marchands sont exposés à l'extérieur. Elle possède aussi des faubourgs où se trouvent de superbes villas.

L'hôtel d'Orient où nous sommes descendus est sur le bord de la mer même, tout près de l'extrémité de la pointe ; aussi de nos lits entendous-nous dans la nuit le flot s’abattre sur le rivage.

Beyrouth possède un excellent port qui est aujourd’hui le plus considérable du pays de l’ancienne Phénicie, c’est l’entre. pôt de Damas et d’une partie de la Mésopotamie. Sa population est d'environ 90,000 âmes, dont 60,000 au moins sont chrétiens.

Je vais dire la messe ce matin chez |‘ res Capucins, qui desservent la paroisse latine de la ville, ‘ompte environ 12 000 âmes. L'église, sans être très vaste, est propre et bien entretenue. Je rencontre là un prêtre Maronite et le curé des Syriens qui venaient aussi y célébrer.

Nous allons en corps visiter les Sœurs de Nazareth, dont le couvent occupe peut-être le plus beau site de la ville, couronnant une éminence qui domine tout le port et le reste de la cité. Les bonnes Sœurs tiennent ici un pensionnat sur un excellent pied.

Nous passons de là chez les Sœurs de Charité que dirigent les Lazaristes, Ces Sœurs ont ici un établissement des plus considérables, pensionnat, orphelinat, dispensaire, etc. Gomme je l'avais fait à Nazareth, je ne me contente pas des quelques renseignements qu’on nous donne ainsi en passant, et je retourne seul dans l'après midi pour avoir de la Supérieure des détails plus précis.

La Supérieure, Sœur Gélase, est française et habite Beyrouth depuis 36 aus. Elle est actuellement âgée de 78 ans. Dès les premiers mots échangés avec elle, je reconnus de suite une intelligence supérieure et des mieux cultivées dans celte énuérable fille de St Vincent de-Paul,

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Le pensionnat compte actuellement 65 élèves, et l’externat, divisé en 13 classes, en compte 665. Une école normale donne l'éducation à 24 élèves, et, ajoute la Sœur, lorsque le cours est fini, on les envoie enseigner dans le Liban, mais c’est encore à nos charges qu’elles demeurent, tant pour la nourriture que pour l'habillement. Elles avaient alors 12 classes ainsi à leurs charges dans les villages, donnant l'instruction à 710 enfants.

Elles tiennent encore un hopital de 38 lits, où les malades de toute nationalité et de toute religion sont reçus, en outre d'un dispensaire où il ne se donne pas moins de 58,000 consultations ou traitements durant l’année. Ilarrive parfois que jusqu’à 600 et 700 malades se présentent au dispensaire dans une seule journée. Elles vont encore soigner les malades à domicile et recueillent les enfants trouvés, dont le nombre varie de 80 à 100 par année. Elles ont deux ouvroirs où 60 élèves viennent y faire des apprentissages. Elles donnent à diner chaque jour et des vêtements à plus de 100 enfants.

Mais c’est surtort sur l’orphelinat qu’elles reposent le plus d'espérance, par ce que ces enfants leur appartenant, elles les forment à une vie chrétienne et régulière qui en amène un certain nombre à embrasser la vie religiense, et dispose les autres à former des mères de familles chrétiennes capables d'élever convenablement leurs enfants,

Il n’est pas rare, dit la Sœur, de trouver attachés à notre porte, le matin, des enfants de 4 à 5 ans que leurs mères dénaturées sont venues abandonner là pour s’en débarrasser afin de pouvoir se remarier. Ce sout le plus souvent des deuxièmes ou troisièmes femmes des polygames musulmans qui setrouvent sans ressources par la mort du mari, et qui ne pouvant trouver à entrer dans un autre ménage à cause de leurs enfants, emploient entre autres ce moyen pour s'en défaire. Et, ajouta la Sœur, il ne nous manque que des ressources pour doubler et tripler le nombre de nos orphelins, car on vient nous en offrir tous les jours.

—Combien avez-vous de Sœurs avec vous, demandai-je ? —Trente.

—Trente seulement ! et vous suffisez à toute cette besogne ? —Nous nous multiplions dans l'occasion, et Dieu aidant, nous croyons répondre aux besoins de notre position.

—Mais il vous faut des ressources considérables pour faire face à tant d'œuvres si dispendieuses ?

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