DE ÉMIS MEME
626 DE QUÉBEC A JÉRUSALUM
Rome; St-André della-Valle.—Le Forum; le Colisée; St-Jean:de-Latran; la Scala-Sancta.— Ste Croix-de-Jérnsalem.—Ste Marie Majeure.-- Les Musées du Capitale. — Eglise de la Conception des Capucine.— Place Navone; église Ste-Agnès.—Eglise S. Charles du Catinari.— Chaire de S. Pierre; la Coupole; Musées du Vatican; Ste Marie in-via-lata du Corso.—Eglise de l’Ara-Cœli des Observants.—St Paul hors-des-murs; les Trois Fontaines.— Elise S-Bonayenture; S-François à Ripa ; Ste Marie du Transtévère ; St-Alexis; Ste Sa. bine. — Eglise des SS. Apôtres des Conventuels ; S. Clément.—Fglise Ste Marie la Neuve; S. Grégoire—SS. Jean et Paul; St-Etienne le Rond.—St André du Quirinal; St Laurent hors-lesæmurs ; Cimetière, —Ste Madeleine; S. Camille de Lellis; S. Louis des Français Ste Marie de-la-Minerve.—Départ.
Rome, samedi 21 mai. —En revenant de St-Pierre, je visite l'église de St-André della-Valle, desservie par les Théatins, Cette église renferme des tableaux de plusieurs grands-maîtres, entre autres les quatre évangilistes du Dominiquin, que l’on voit aux pendentifs de la coupole, et qui passent pour des chefs d'œuvre, Ces tableaux de la coupole occupèrent le célèbre peintre pendant quatre ans, On dit qu’examinant un jour son propre ouvrage attentivement, il laissa échapper ces paroles: “ Cela ne me parait pas si mal” Dans la nef se voient les tombeaux de Pie IT et de Pie III.
On voit au dessous de la chaire la tombe du P. Ventura.
A Rome, il n’y a pas de visites d’églises à faire de midi à 4h., car elles sont alors fermées. C'est le temps de la sieste,et
; St-Jean:de-Latran; e Marie Majeure.-ion des Capucins.— sarles du Catinari.— Vatican; Ste Marie les Observants.—St lise S-Bonayenture; ; St-Alexis; Ste Sa:
8. Clément.—Kglise Paul; St-Etienne le les murs ; Cimetière, Louis des Français
t-Pierre, je visite par les Théatins, s grands-maitres, iniquin, que l'on nt pour des chefs èrent le célèbre nant un jour s0n pper ces paroles:
nef se voient les
du P,. Ventura.
à faire de midi à bps de la sieste, et
les bons Romains se considèreraient comme coupables, je crois, s'ils y manquaient. En passant dans les rnes, on peut s'assurer de suite si les églises sont fermées ou non, sans qu’il soit nécessaire d'en franchir les degrés. L'église est-elle ouverte ? vous voyez un matelas en cuir suspendu sur la porte pour en fermer l'entrée. Vous poussez ou tirez ce matelas et vous péuétrez à l’intérieur. Au contraire l’église est-elle fermée ? vous voyez le matelas relevé à mi hauteur, laissant paraître la porte au dessous. Pas d'admission alors. Ces matelas ont l'avantage de ne faire aïcun bruit pour les entrées et sorties, de rendre le passage plus facile, et d'arrêter les chiens qui voudraient pénétrer dans le lieu saint.
Désirant visiter St-Jean-de-Latran cet après midi, je m'arrête d’abord aux ruines du Forum et au Colisée, en attendant l'heure de l’ouverture des églises.
Contournant le Capitole, j'examine en passant la Roche Tarpéienne, du haut de laquelle on précipitait les coupables de lèze-majesté. Le roc, qu'on ne voudrait certainement pas franchir d’un bond encore aujourd’hui, n’a cependant plus cet aspect horrible qu’on lui prêtait autrefois. On dit que le sol actuellement, n’est pas élevé moins de 46 pieds au bas de ce roc.
Je laisse à droite la Prison Mamertine que j'ai déjà visisitée, et débouche sur la place même de l'antique Forum, lieu où se tenaient les marchés de même que les grandes assemblées. Je passe devant l'arc de Septime-Sévère, qui offre encore des restes imposants d'une hauteur de 69 pieds. Tout à côté ce sont les rostres de la Tribune aux Harangues. C'est là que les orateurs venaient haranguer le peuple. C’est là que Cicéron éprouva tant de fois le pouvoir de son éloquence. Un peu plus loin à droite était le temple de Saturne, et à gauche la Basilique Julienne. La Voie-Sacrée s’ouvrait entre cette basilique et l'arc de Septime-Lévère.
L'emplacement du Forum formant une dépression entre les mouts Capitolin et Palatin, se trouve aujouid'hui exhaussé de 24 pieds au dessus de son ancien niveau, de sorte que ce n'est qu'au moyen de fouilles qu’on a pu déterminer et reconnaitre ces anciens monuments,
’avançant toujours sur la place, je laisse à droite l'entrée aux jardins Farnèse qui s'étendent sur le mont Palatin, en face de la basilique de Constautin à gauche. Puis plus loin
encore, c’est à ma droite l’arc de Titus, l’un des mieux conservés, qui fut érigé par le Sénat à Titus en commémoraison de sa conquête de la Judée et surtout de sa prise de Jérusalem. l'an 70. On sait que Titus fut l'instrument dont Dieu se ser vit pour détruire la ville déïcide, tel que le Sauveur l'avait lui même prédit. Cet arc en marbre blanc, présente encore un coup d'œil imposant. On voit dans un bas relief des soi: dats portant les pains de proposition, et d’autres le chandelier d'or à 7 branches du temple de Jérusalem, etc- Vis-à-vis, à gauche, se voit l’église de Ste Françoise Ro. maine, élevée au IXe sièclé sur l'emplacement du temple de Vénus et-de-Rome ; elle est desservie par les Olivétains. On voit encastrée dans la muraille du transept de cette égtise la Æ m pierre sur laquelle s'agenouilla S. Pierre, lorsque Simon je Æ de magicien voulant se faire passer pour un dieu, entreprit de Æ m voler dans l'air, en présence du peuple et de Néron lui-même. Æ 50 Le chef de l'Eglise s’adressa alors à son maître, qui confondit Æ ler l'orgueil de l’imposteur en le précipitant sur le sol où il se tua. Æ bo Les deux genoux de l’apôtre demeurèrent imprimés dans la pierre, comme on peut encore les distinguer aujourd’hui. les
C'est dans la crypte, à l'entrée du chœur, que se trouve le 10( tombeau de Ste Françoise, qui renferme son corps. Dix-huit dat lampes de bronze doré y brûlent sans cesse. lan
Au delà des restes du temple de Vénus-et-de-Rome, je trouve la Meta sudans, fontaine où l’eau retombant sur une vele pierre en forme de cône ayant la l'apparence d’une borne, et où le s les gladiateurs se lavaient après leurs combats dans le Colisée; se
æt plus loin encore, à ma gauche, je vois la base de la statue de Néron. Cette statue d’or et d'argent mesurait 120 pieds de gale hauteur ; mais il n’en reste plus que le socle aujourd’hui, lusq m'as au te des men béles traits que L at à € Mart Mori:
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Tout près de la Meta sudans, se voit l’arc de Constantin, encore bien conservé, présentant trois arcades, avec bas-reliefs rappelant les victoires du grand empereur.
Enfin me voici au Colisée, la plus gigantesque des ruines de l’ancienne Rome.
Le Colisée ou amphithéatre de Flavien, fut construit l'an 72 par Vespasien et dédié en 80 par Titus, le vainqueur de dé. rusalem. De forme elliptique, son grand axe mesure 600 pieds et son petit 500, la hauteur de ses murs 150 pieds.
On sait que les amphithéatres étaient les lieux des spet: tacles qu’on donnait au peuple; c’est là que se faisaient les
les mieux conommémoraison de Jérusalem:
it Dieu se ser- Gauveur l’avait présente encore relief des sol es le chandelier
te Françoise Roent du temple de Olivétains. On le cette égtise la orsque Simon le lieu, entreprit de Néron lui-même.
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mprimés dans la aujourd’hui.
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DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 629
combats contre des animaux et des gladiateurs entre eux. Mais le Colisée eut une autre destination particulière, ce fut de servir, pendant trois siècles, d'arène au martyre des chiétiens. C'est à-dire que lesempereurs, au lieu d'amener des glaliateurs à combattre contre des lions ou des tigres, er présenre du peuple, fiisaient entrer dans l'arène des chrétiens, contre les juels on lançait les bêtes féroces pour les dévorer, C'étaient là les spectacles qu'on mettiit sous les yeux du peuple pour tortifier la hafne qu'il entretenait contre les disciples du Christ, nour étouffer, dès sa naissance, cette religion si ennemie du pige wisme ; mais c'était là aussi que l'enfer se trompait lui même. Eu décimant les chrétiens, il peunlait le Ciel; et le sing les martyrs répandu dans l'arène, était une rosée qui fais uit germ:r de toutes parts la semence de nouveaux chréti-nst Que de milliers de saints qui triomphent aujourd'hui dans le Ciel, sout venus ici, dans cette arène que j'ai sous les y'ax cnerilir leur couronne de la deut des bêtes féroces ou de ia hiche des bourreaux !
Les murs sont partout garnis de galeries où s’asseyaient les spectateurs, qui pouvaient y trouver place au nombre de 100,000. ‘Tout autour et donnant sur le sol, étuient les loges dans lesquelles on tenait les animaux féroces et d'où où les lançait sur Les victimes qu’on leur offrait pour proie.
Cet édifice était sans toit, cependant une 1m nns: 1loile. velarium, servait dans l’occasion à pro'éger les sp 'clateurs contre le soleil ou la pluie.
Quatre-vingt-deux portes donnaient accès dans l’intérieur en s’ouvrant sur les vomitaria ou couloirs circulant dans les galeries. Je pénètre dans l’un de ces couloirs, et je monte jusqu’à la galerie supérieure qu'on apuelait la terrasse, Je m'assis un instant sur le bord du gradin, et reportant m : pensée au temps de Néron et de Dioclétien, je repeuple ces banquettes des spectateurs qui les occupaient alors. J'entends une immense clameur s'élever de toutes les galeries : Les chrétiens aux béles ! Puis, je vois s’'avancer dans l'arène, le calme dans les traits, la figure rayonnant d'avance de la couronne de gioire que bientôt va ceindre leur front : Bustache, un brave guerrier, et à côté de lui, ces illustres vierges de la noblesse Romaine, Martine, Tatiane.et Prisca ; voici même des sénateurs, Julins, Morin; de nobles princes étrangers, Abdon et Sennen ; des vêques, Alexandre, Eleuthère, Ignace d'Antiorhe qui prie les
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siens de ne pas le priver, par lenrs démarches, de la couronne E ; qu'il va bientôt posséder, Je vois les bêtes déchainées fondre KE} dans l'arène, s'élancer sur leurs proies, et quelquefois, comme u frapnées de l'atmosphère de sainteté qui rayonne autour ds , victime, ramper à leurs pieds, et attendre que les victimes elles mômes donnent l’ordre, à ces muets instruments de la
: he » | sagesse de Dieu, de remplir leur mission. Je vois les habits ‘ des virtimes voler en lambeaux, les dents et les griffes acérées
: : . Ü des ours, des lions, des tigres, s’'enfoncer dans les chairs pures à de ces prédestinés ; les os sont mis à nu, le sang coule à flots, Es et, à horreur! ces galeries remylies de spectateurs de tout âge, Æ
k VE de mères de filles ignorant la vertu, éclater en applaudisse. 4 se ments, au lien de s'atterdrir et de se voiler la face !
Mi: les siècles s’'écoulent ; les monstres à figure humaine à qui ont teint l'arène du sang des chrétiens sont passés, en lais. sant une mémoire avilie, souillée, exécrée ; et leurs vic.
en
times règnent à leur tour, De superbes mausolés leur sont érigés, des temples leur sont dédiés, leurs os sont enchassés @ lé! dans les métaux les plus précieux, et portés avec honneur sur “1 les antels, la tyrannie est détrônée, l'enfer est vaincu, ete © Christ triomphe ! La croix du Golgotha est érigée on milieu POS de l'arène même, une foule respectueuse et recueillie envahit de l'enceinte, et jusque sur le podium où siègeait Néron, se la : pressent les spectateurs qui viennent écouter religieusement al et entendre le récit des souffrances du crucifié du Calvaire, dout on recrace les différentes stations (1). biet Mais hélas ! l'enfer vaincu n’est pas encore complètemen D tect désarmé, Voici qu'il suscite de nouveaux Nérons pour persé.
cuter encore les chrétiens. La croix est enlevée de l'arène dulS ogi Colisée ; on n’y fait plus comme autrefois couler le sang dell dan martyrs qui serait un appoint de triomphe pour la religion dufé bro Christ; mais on se contente d'assassiner en secret les 4mes:l tête
ou déchaîne l'imaiété ; on souille «et p'afane les lieux saints! Attendez, tyrans moderues, et tremblez ; le Christ aura encore sou tour.
Je descends enfin de mon lieu d’ohservation, enfile la rue qui me mène droit à St-Jean-de-Latran, et pénètre dans la pre mière des églises de la chrétienté, celle qui a la proéminencs sur toutes les autres, la basilique du Saint-Sauveur, comme
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Cl) De 1730 à 1874, il y & eu un Chemin de Croix érigé dans| ( Colisée. les c
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a face | à figure humaine ont passés, en laisée: et leurs vic nausolés leur sont >s sont enchussés avec honneur sur . est vaincu, et le t'érigée ou milieu recueillie envahit iègeait Néron, se ter religieuserment icifié du Calvaire,
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a la proéminent Sauveur, comme l
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disigné encore la sainte liturgie. C'est là que les Papes, lorsqu'ils étaient libres, venaient prendre possession de leur trône ; cette église étant l’église particulière du pontife Romain (1).
Ce fut en effet le premier temple chrétien érigé À la gloire de Dieu, La religion sortie des caticombhes en 324, monta sur le trône avec Constantin, L'empereur voulut que le premier temple élevé au vrai Dieu, le fût dans son palais mème, qui portait le non de Latrar, Lui-mème commença de ses propres mains l’excavation pour l'édifice, et le Pane Syl. vestre en fit la dédicace, en y plaçant l'autel de bois qui avait servi à S. Pierre et à S. Paul et qu’on y voit encore aujourd'hui.
C'est là que Constantin regnt le baptèine ; et on y conserve encore son bavtistère.
L'Eglise est comme St-Pierre pourvue d'un po tique à 5 entrées, correspondant à autant de portes douuant accès à l’intérieur. La porle de droite est aussi murée, C'est la porte sainte, qui ne s'ouvre qu'aux années jubilaires. C3 portique est surmonté d’une Zogyia d’où le Pape, avant qu'on l'eùt depossédé de ses états, donnait la bénediction wrbi et orbi, le jour de l'Ascension. On voit à l'extrémité gauche de ce portique, la statue de Constantin qu'on dit être son véritable portrait, et a l'extrémité droite, celle de Charlemagne.
L'église est à cinq nefs, et offre un coup d'œil imposant, bien qu’en examinant les détails, on recounaisse que l'architecture, en beaucoup d’endroits, n'a pas eu ses règles respectées,
Le baldaquin qui recouvre l'autel papal est de forme ogivale, supporté par quatre colonnes de granit. On conserve dans sa partie supérieure, qui est entourée d’une grille en bronze doré. des reliques des plus précieuses, entre autres les têtes des apôtres S. Pierre et S. Paul.
Dans l’abside, on voit une magnifique mosaïque qui n’est surpassée par aucune autre en grandeur, Son exécution à duré près d'un siècle. Elle représente N.S,., la Ste Vierge, Les 12 apôtres etc. Elle date du XITLe siècle.
Une colonnade règne tout autour du chœur, et en arrière de cette colounade, du côté gauche, se trouve un petit sance. luaire, où, eutre autres reliques, on couserve: la table sur
(1) A la procession du Saint-Sacrement à St-Pierre à la K'ête Dieu, les chauviues de St-Zeau out le pas sur ceux deSt-Pierre mêmes,
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633 DB QUÉBFO À JÉRURALEM
laquelle N, 8. célébra la dernière cène, nn bras de Ste-Hélène, une partie du cerveau de S. Vincent-de-Patil, du sang de 8. Chirles Borroïin'e, la coupe dans laquelle on présenta dn poison à S, Jenn, une partie du vêtement de pourpre dont on revèlit N, S. etc Ou conserve encore diverses autres reliques dans le cloître, mais sur l'authenticité desquelles la Cougré. gation ne s'est nas envore pronorcée, telles sont : la margelle du puits de la Saruaritaine ; la plaque de porphyre sur laquelle les soldats ont tiré an sort la robe de N, S. etc,
Tout près de i# basilique de S. Jean de-Latran, de l’autre côté de la rue, est un édilice où l'on va vénérer la Scala-S'incta, ou escalier du palais de Pilate que N. 8. monta quatre fois du. rant sa passion. (Cet escalier fut apporté à Rome par Ste Hélène. Il est en marbr: blanc et st composé de 28 march s, Où ue le monte qu'à genoux, pour gagner les nombreuses in. dulgences attichées à sa visite. On descend, pour revenir, par l’un des deux escaliers en bois qui se trouvent de chaque côté. Comme le marbre s’usait sous les genoux des pèlerins, on a recouvert les marches de bois pour les protéger.
Arrivé au haut de la Scala-Sancta, on se trouve en face du Sancto-Sanctorum, oratoire parliculier des Papes, qui entre autres reliques renférine un portrait, de grandeur natureile, sur bois, de Notre-Seigneur, qu'on dit avoir été commencé par S. Luc et terminé par les anges. Dans les grandes calamités, on porte le prêcieux tableau en protession à Ste Marie Majeure,
Tout à côté, se trouve nn autre sanctuaire, c'est Le Tricli. nium de Léon If. C2 lieu servait autrefois de réfectoire au Sacré Collège lors de ses réunions à S. Jean désLatran.
Dimanche, 2 mai. —Je retourne ce matin à l'église de 8t Augnstun, pou’ célébrer sur le corps de Ste Monique, mère du grand docteur, patron de cette église.
La coupole de cette église est la première que l’on ait construite à Roine ; elle date de 1580.
C’est dans l’abside de la nef de gauche que se trouve l'autel de Ste Monique, où l’on conserve ses restes dans une urne de vert antique, Comine on garde le S. Sacrement à cet autel, je donnai la sainte communion à une treutaine de personnes.
Après mou déjeûner, j'allai continuer mon excursion de la veille en me dirigeant encôre du côté de S. Jean de-Latran. Je traversai de nouveau le Forum, fis le tour du Colisée, et me reudis à la basilique, J'admirai en passant l'obélisque de
de Ste-Hélène, du sang de 8.
n présenta dn ourpre dont on autres reliques lles la Cougréit: la margelle yre sur laquelle
tran, de l’autre la Scala-S'incta, \quatie fois du- Rome par Ste de 28 march s, nombreuses ind, pour revenir, avent de chaque ux des pèlerins, ‘otéger.
‘ouve en face du ’apes, qui entre ndeur natureile, è commencé par andes calamités, e Marié Mujeure, re, c'est le Triclide réfectoire au +Latran.
à l’église de St onique, mère du
ère que l’on ait
se trouve l'autel ans une urne de nt à cet autel, je le personnes.
1 excursion de la , Jean de-Latran.
ur du Colisée, età
Ant d'obélisque de
la place, qui comme celui de St Pierre, vient anssi de l'Egypte, Cest de Thèbes qu'on l'aurait tiré, C'est le mins élevé de 1ons œux de Rome, ne mesurant pas moins de 141 pieds avec son piédestal. ['obélisque seul mesure 96 p., il est en granit rouge et convert d'hiéroglyphes.
Passant outre, je me dirigeni sur Ste.Croix-de-Jérusalem,
où conduit une large allée, en partie plantée d'arbres. Je fis
renconire dans le trajet d’une troupe de pèlerins Espagnols, au
nombre de plus de 100, qui venaient en chantant des psaumes et des cantiques.
Cette église fut bâtie pur Ste Hélène, dans les jardins de Varianus, père d'Héliogabale pour plac rles précieuses reliques que la sainte avait apportées de TerreSainte, savoir : une portion considérable de la vraie Croix, deux épines, un clou et le titre au dessus de la Croix avec ses inscriptions. Le clou a environ 6 pouces du long (la pointe lui manque), a quatre arèes avec lu tête role. Ou en délivre des facsinile dans la sacristie. Ces g an les reliques sont exposées au peuple le IVe dimanche de carême, le vendredi saint, et ie 8 mai.
Ou conserve en outre une notable partie de la Croix du bon larron, ainsi que le doigt de $. Thomas qui toucha la plaie du côté du Sauveur.
L: müilreantel sous lequel sont les corps de S. Césaire et 8. Auastase, martyrs, est surmonté d’un baidiquin que supportent 4 colonnes de marbre précieux.
Où voit à gauche la chapelle de Ste Hélène, construite sur la terre du Culvaire que la sainte avait apportée de Jérusalern.
De là, je prrte mes pas à Ste Marie Majeure, où ine conduit une rue, en droite ligne, presque entièrement taillée dans des jardins. Ou peut voir dans des exCavations pratiquées pour le nivellement de celte rue, quelle a été, en certains endroits, l'exhaussement du sol. À 10, 12 pieds de profondeur, où voit des muis presque entiers encore, et tout leclessus rem pli de décombres qui constituent le sol des jardins actuels que l'on cultive. C'est dans les fouilles de ces décomhies qu'on découvre encore si souvent des statues et autres restes de monuments anciens.
Ou sait que la basilique de Ste Marie Majeure est due à un miracle. Uu riche et pieux patricien, au 16e siècle avait résolu de concert avec son épouse, de donner ses biens pour quelque bonne œuvre. Or dans la nuit du 4 au 5 août, la Ste
Vierge lui apparut et lui dit de lui hâtir une église à l'endroit de l'Esquilin qui lendemain serait couvert de neige. Le Pape Libère qui avait eu la même révélation,se rendit sur l'Esquilin le lendemain, et le trouva en partie couvert de neige, malgré les grandes chaleurs qui se font alors sentir à Rome. Dès lors, la construction fut résolue.
L'église est précédée d’un portique supportant une loggia de laquelle le Pape donne la bénédiction Le jour de l’Assomption. ‘Trois portes donnent accès dans le temple, et la 4e à gauche est murée, c’est la porte sainte, qui ne s'ouvre qu'aux années jubilaires,
Au moment où je pénétrai dans le lieu saint, il se chantait une graud'messe à la chapelle Patrizzi, à droite, à laquelle une foule assez considérable assistait, ce qui w’empêchait pas les étrang rs, comme je le faisais moi-mêm:, de poursuivre tout de mèm: leurs visites dans Le reste de l'édifice. J'y rencontrai aussi un évêque américain, suivi d'un secrétaire, qui, comme moi, Le guide à la main, se rendaient compte des diverses chapelles, tubeaux et statues dir saint lieu,
C'est dans une chapelle à droite qu’on conserve la sainte. Crèche de Bethiéem, qu'on n'expose à la vénération du peuple qu'une fois par année, au jour de Noël. C’est 1 aussi que se trouve le corps de S. J:roma, qu'on a d+ mêine rapporté de Bathléem pour ne pis le séparer de la saint:-Crèche qu’il avait tant vénérée durant sa vie, Pius loin, à droite, se trouve ia chapeile Sixtine, dans laquelle se conserve le S. Sacrement, et où l'on garde aussi le corps de S. Pie V., exempt de corruption, Pie V était un dominicain, de la famille Ghislieri, La sainte dépouille est exposée a la vue du peuple seulement le 5 mai chaque année, jour de sa fève.
Les fresques de la voute de l’abside, représentent les diffé. rents my-tères sujets de fêtes particulières en honneur de la Ste Vierge. Sous le maître autel est la confession de S. Mathias, exécutée par les soins de Pie IX. ,
Faisant face à la chipelle Sixtine, du côté gauche, est la chauelle Pauline où Borghese, érigée par le Pape Paul V. C'est sans contredit la plus riche de toutes les chapelles de Roine, C'est dans cette chipelle que se trouve l'image la plus parfaite de la Ste Vierge, peinte sur bois prr S. Luc, Cette image est l'objet d’une vénération toute particulière, que de nombreux miracles u'out pas peu servi à favoriser. L'autel qui est au
ise à l'endroit ige. Le Pape sur l'Esquilin reige, malgré »me. Dès lors,
ant une loggia r de l’Assompnple, et La 4e à s'ouvre qu'aux
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J'y rencontrai re,qui, comme les diverses cha-
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té gauche, est la e Pape Paul V.
les chapelles de à l'image la plus ue, Gebte inige jue de nombreux utel qui est ul
dessous consisie en une urne de lapis-lazuli élevée sur trois marches d2 marbre blanc, Un entiblement à frise d'igate est supporté par des colonnes de jaspe orieutil à cannelures dorées, avec bases #t chapiteaux de bronze doré. Les piédestaux des colonnes sont aussi en agate. La sainte image, qui est peinte sur bois de cèdre, repose sur nn fond d2 lapis-lazuli encadré d’améthiste avec marches de vermeil enrichies de rubis, 1’êmeraudes, de topazes et de grenats, Ce cadie est soutenu par 7 anges dorés, et l'hirmonie de l’ensemble produit un effet correspondant à la richesse de ses diverses parties.
La vonte de la coupole représente dans ses fresques le triomph: de La Mère de Dieu, pour la venger des attaques de Nestorius et autres hérétiques qui sont venus après Lui,
Revenu à ma pension, je ne fus pas peu agréab'ement surpris de trouver la chambre voisine de la mienne, qu'occupait M. Bolduc, en possession d'un autre compatrio e qui venait d'arriver, C'était M. Engène Hamel. notre peintre Canadien. Je profite des connaissances que M. Hamel avait dejà de Rome pour faire plusieurs visites ‘vec lui, entre autres celles des musées du Cupitole et du Vatican. Nous commençons cet après-midi par ceux du Capitole.
La place du Canitole porte au milieu nne statue équestre de Mirc-Aurèle, en bronze, très ancienne, que Michel-Ange con sidérait lui même comite un chef-d'œuvre. Les trois palais qui composent les bâtisses du Caniïoe ainsi que les musées qu'ils renferment, appartenaient aux Papes ; mais depuis l’usurpation ils sont devenus proprié.és des usurpateuts.
Je n’entreprendrai pas roême de donner un rési'mé de tout ce que contiennent ces précieux musées, tableaux, statues. bronzes, portraits elc, je renvoie le lecteur, de méme que 4 visiteur, aux guides spéciaux qui nous donnent le sujet de chaque pièce.
Lundi, 28 mai.—dJe vais célébrer ce matin, cez les Capu-: cins, à la place Barberini, Comme c'était la fête du B, Crispin, dont ils ont le corps conservé, j'avais espoir de pouvoir véiébrer à l'autel même de ce Bienheureux ; mais malhetireusement une grand'messe qu'on y chantait, puis nn évêque qui arriva au moinent où je croyais pouvoir avoir mon tour, me forcèrent
un à renoncer à ce dessein. Je m'en déiommageai en célébrant
sur Le corps de 8. Félix de Cautalice, autre saint Cupucin, et
: dent la chapelle du côté de l'évangile est directement opposée à celle du B. Crispin.
L'église de la Conception des Cipucins n’est qu'à ne sente nef, mais présente un coup d'œil imposant. Elle renferme des tableaux de grande valeur, dont quelques uns sont réputés d's chefs-d'œuvre, entre autres le S. Michel terrassant Le dragon du Guile et le S. François en extase du Dominiquin.
Malgré les messes nombreuses qui se célébraient à l’antel du B. Crispin, je pus tout demême vénérer le corjis encore intact du Bienheureux et l’examiner de près. Il repose sous l'autel. Les lèvres entre ouvertes laissent voir deux dents. Il n'a nullement l'apparence d’un eadavre, on dirait un viellard qui dort ou qui viendrait de mourir, et cependant il y à déjà plus de 151 ans que son âme s’est envolée de ce moude, Si barbe, non très énaisse. est à peine grisonuante, Le bienhon reux frère est mort à l’âge de 62 ans, Ouvrier cordonnier dans le monde, il entra encore jeuue chez les Capucins, et se fit remarquer par la pratique de toutes les verlus religieuses dont il dounait l'exemple, et par sa lendre dévotion pour la Ste Mère de Dieu.
On nous montre dans le cloître la cellule que le Bien.
heureux occuna pendant 40 ans. C’est un cube de 63 p. en tout sens. Les parois se composent de roseaux fixés à des pièces de bois et enduits de mortier. On les a revètues d'un grillage en fer pour les conserver,
Je ne voulus pas me retirer sas visiter le cimetière des bons Pères qui se trouve au rez-de-chaussée de leur établisse. ment, et dont j'avais entendu plus d’une fois parler, On dit que l'espace pour Les fosses sépucrales étant tout rempli, à la mort des religieux, on retire les restes des plus anciens pour leur donner la place. Mais par une idée assez bizarre, on s'est servi des os des morts pour en faire des nrnements pour ce lugubre lieu. La voute, les parois, sont partont ornées d'os humains disposés en rosaces, en guirlandes, en niches etc, E dans ces niches, que couronnera souvent un chapelet de crâues, on verra un squelette revêtu de l'habit de l'ordre, le crucifit à la main, dans l'attitude de la prière ou du sommeil, Plu sieurs de ces squelettes ont des portions de chair attachées à deurs os, comme de l2 barbe au menton, des caeveux au crâne etc. ‘C’est à tout prendre un véritable musée de la mort.
La place Barberini en face du couvent porte une magri
tement opposée
st qu'à une serie Île renferme des sont réputés d's assant le dragon diquin.
ébraient à l'autel le corps encore , Il repose sous r deux dents. Il dirait un viellard endant il y a déjà e ce moude. Sa nte. Le bienhen r cordonnier dans Capucins, et se fit s religieuses dont otion pour la Sle
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DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 637
fige fontaine à son centre. Un Triton souffle dans une conque marine dont il fait jaillir une superbe gerbe d'eau.
Je passe en revenant par la fontaine de Trévi, la plus belle et la plus abondante de Rome. Neptune, entouré de tritons et de chevaux marins, s’'avance majestueusement à travers les écueils. A côté se trouvent les statues de l’Abondance et de la Santé, Catte fontaine est alimentée par l’eau de l’Acqua Vergine, qui alimente aussi les fontaines des places Farnèse, d'Espagne et de Navone.
Si la fontaine de Trévi est la plus abondante, celle de la place Navone est bien la plus grande, puisqu'elle est formée de trois fontaines Gistinctes, qui toutes trois rendent l’eau à travers
des rochers percés, des statues et autres ornements qu'elles portent,
Tous les matins se tient sur la place Navone un marché aux légum:s et aux fruits, et tous les mercredis celui des comestibles et autres objets d2 toute sorte.
C’est au côté O. de la place Navone que se trouve l'église de Ste Agnès que je ne voulais pas manquer de visiter. L'église est en croix grecque et ornée des marbres les plus riches.
La légende de Ste Agnès est des plus intéressantes, On
sait que cette sainte eufaut souffrit le martyre sous Maximilien Hercule, l’an 394,
Agnès n’était encore qu’une enfant de 13 ans que distin: guait encore plus ses vertus que sa beauté remarquable. Rencontrée un jour en revenant de l'école par le fils du proconsnl, celui ci l’aima et voulut l’'épouser. Mais la jeune vierge qui était déjà fiancée à l'époux des ânes chastes, rejeta avec dédain cette proposition. Quelques temps après, ce jeune homme tomba sérieusement malade; son père attribuant cette maladie au chagrin qu'avait causé à sou fils le refus de la jeune fille, se la fit amener, dans l'espoir de la gagner à revenir sur sa première décision ; et pour l'y engager davantage il lui fit de magnifiques promesses. Miis Agnès demeura inflexibie, ‘“ Je ne puis, dit-elle, violer la foi que j'ai jurée à mon époux”. Le proconsul en fureur, répliqua : “ choisis; ou sacrifie sur le champ à Vesta avec nos vierges, ou je te ferai jeter au lupanur”, Je ne sacrifierai point, dit la jeune fille, et le lupanar me rendra vierges comme il m'aura reçue ; car l'ange de mon époux fait la garde autour de mon corps pour qu'il reste im-
maculé.
Alors le proconsul la fit dépouiller et conduire aux lieux infâines., Mais voilà qu’à mesure qu'on lui enlève ses habits, ses cheveux poussent de toutes parts et la couvrent comme d’un vêtement. Arrivée dans la caverne. iimpure, elle trouva l’ange du Seigneur qui l’illumina de son auréole et la couvrit d’une tunique blanche comme la neige.
Or le fils du proconsul arriva près d'elle avec d’autres jeunes gens, ceux ci frappés du miracle s'éloignèrent en louant Dieu Mais le malheureux jeune homme ayant voulu s’appto:..:r d'elle, toinba raide mort. Le proconsul sen vint alors tout » ‘rues, demander à la jeune fille commet il était mort? f''uoux dout il voulut souiller l'épouse l’a frappé et Vatue, Si iu le ressuscites, dit le père, nous croirous que ce n’est pas toi qui l'as tué. Agnès s'étant mise en prières, le jeuue hoinimne ressuscita et confessa Jesus-Christ, ;
Les prêtres des idoles se mirent alors à crier que c'était uue enchanteresse, ne sorcière qui charmait les esprits. Le preonsul redoutant la colère du peuple, La livra avec tristesse au vice-procousul Aspasius et s'éloigua. Celui-ci la fit jeter dans un bucher; mais la flamme se divisa et s’écarta sur la foule sans toucher à la jeune vierge. Asbasius transporté de
fureur ordonna alors qu'on lui enfouçât un glaive dans le cœur, Et c'est ainsi que le Christ s’unit à son épouse, dans les noces sanglantes du martyre,
Au bout de huit jours, comme les parents d’Agnès pleuraient autour de son sépulcre, ils voient tout-à-coup une foule de jeuues vierges, revêtues de cyclades tissues d'or, passer au milieu d'une grande lumière, avec Agnès au milieu d’elles, ayant à sa droite un agneau plus blanc que la neige. Agnès s'adres-ant alors à ses parents, leur dit: ‘ Vous ne devez plus ne pleurer comme une morte, mais réjouissez-vous, par ce que j'ai été reçue avec ces compagnes dans les demeures lumineuses, et unie à celui que j'ai aimé sur laterre”. Et c’est en mémoire de celte vision que tous les. ans, à la fête de Ste Agnès, ou béuit de petits agneaux de la laine desquels on fabrique les pallium que les Papes envoient aux Patriarches et aux Archevêques comme symbole de leur autorité.
C'est au côté droit de la chapelle de Ste Agnès que se trouve l'escalier qui conduit à la chapelle inférivure, qui était autrefois le lupanar même où la sainte fut exposée. Dans le premier appartement, qu’on rencontre à gauche, qui est celui-là même
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où Agnès fut gardée par l’ange, se trouve un aut:l où un bas relief nous la montre revêtue de sa chevelure, Vis à vis est une grande salle. et au delà deux autres plus petites, la première est la prison où la sainte fut gardée quelque temps, et la seconde l'endroit où elle fut brûlée et décapitée,
On voit lans le pavé des restes des anciennes mosaïques qui ornaient ce lieu, qui depuis de longs siècles est converti en chapelle.
Je passe delà à l'église de S. Charles a-Catinari qui est une des plus belles de Roine par la noblesse de ses p'oportions. La coupole qui la termine est une des plus vastes. C’est aux pendentifs de cette coupole que se trouvent ces peintures du Dominiquin considérées comme des chefs d’œuvie, mais qui, malgré tout leur mérite comme œuvres d’art, seniblent là déplacées, n'être pas en leur lieu propre. Car, après tout, les représentations dans les églises doivent être calulées pour élever l’Ame à Dieu et inspirer la vertu, et on ne voit as bearcoup que ces allégories puissent atteindre ce but.
L'artiste à voulu symboliser les quatre vertus qui ont jar ticulièrement distingué S. Charles. Il a représenté la Force, par une jeune fille qui dompte un lion ; la Tempérance, par deux enfants qui mêlent de l’eau an vin; la Justice est couronnnée par un enfant, elle tient un sceptre en main, comme signe d'autorité, et elle presse d’une manière égale le lait de ses deuxseins pour marquer son impartialité ; enfin la Prudenre voit à ses pieds le temps, symbole de celui qui attend.
Ce sont là des bizarreries d'imagination dins lesquelies un artiste peut trouver à déployer son talent d'exécution, mais qui ne peuvent guères porter à l'édification.
Comme c’est au bureau du Cardinal Vicaire qu’on obtient des reliques, je vais y présenter ma supplique appuyée de la recommaudation du Cardinal Siméoni. Mais qui l'aurait cru ? Je soulève uue tempête à propos de cette supplique. Il n’y à que les Italiens pour pouvoir ainsi faire des tunpêtes daus des verres d’eau! Qu'y avait-il donc ? Le voici:
La supplique portait bien la signature du Cardinal Si. méoni, mais le sceau n’y était pas,
Comme je devinais plutôt que je ne comprenais ce qu'on voulait me “ire, je fais venir un jeune abbé employé à ce bureau, avec lequel je prenais le diner presque tous tes jours au restaurant, pour m'expliquer nettement la chose.
il vous faudrait, me ditil, avoir le sceau du Cardinal Siméoni aves sa signalnre.æ—Je Cardinal se rend à ma demande
en appuyant ma supplique, appose sa signalure et me remet le papier, est-ce que ce n’est pas suffisant ?-- Vous auriez dû en sortant faire apposer le sceau par l’un des jeunes secrétaires.— Mais qui m'a jamais parlé de cette formalité? Remarquez donc que ce 1'est pas le Cardinal qui fait la demande ? mais moi; qu'est. il besoin de son sceau ? Est ce que ce n’est pas là sa si. gnature ? On doit la connaître ici? Me soupçonnerait-on cou. pable de faux ?—Retournez à la Propagande et faites mettre le sceau par un secrétaire.— Je n’en ferai rien. Je comprends que lorsque un étranger sort du cabinet du Cardinal avec un papier i ni de sa signature, les secrétaires n’ont aucune objection à y joindre le sceau. Mais je serais mal vu, je pense, si, venant de la rue, j'allais réclamer cette formalité, Je préfère renoncer à Ma aande,
Après de longues explications en italien entre le premier à qui je m'étais adressé et mon jeune abhé, celui-ci se tonrnant vers moi: suivez-moi, dit-il, nous allous trouver M, N. qui arrangera probablement l'affaire.
Nous passons dans plusieurs chambres, et nous trouvons par hasard dans l’une d’elles le Cardinal-Vicaire, Monaco-La- Valetta, à qui l’on explique l'affaire, et qui la résout d’un mot, en signant la feuille lui-même,
Je retourne porter cette feuille au premier à qui je m'étais adressé, tout étonné qu'on eût fait tant Je tapage pour une formalité de ce genre. Je ne counaissais pas encore parfaite. ment les aliens.
Rome, mardi 24 mai.—Je me dirige à St-Pierre pour célébrer ce matin, teuant surtout à le faire à la chaire de S. Pierre même,
Dans la concavité de l’abside, se trouve un autel dédié à la À
Ste Vierge et à tous les saints Papes, et c’est au dessus de cet autel que se trouve la précieuse chaire, ouvrage du Bernin, Elle parait soutenue par quatre figures représentant quat:e des principaux locteurs de l'Eglise : deux de l'Occident, S. Ambroise et S. Augustin ; et deux de l'Orient, 8. Athanase et S. Jean Chrysostôme, C'est dans le trône magnifique que soutiennent ces personnages qu'est renfermée la chaire ème dans la quelle s'est assis le prince des apôtres. Tout le monument est en bronze doré, el ne pèse pas moins de 219,161 livres ; ila coûté 107,551 écus.