LA
646 DE QUÉBEC A JÉAUNALEM
On dit qu’une pieuse dime Romaine était parvenue à garder, une fois, le saint Bambino chez elle; mäis voila que dans la nuit la sainte image s'échappe et s’en va frapper à la porte de sou couvent. Le portier vient ‘“rir, et, à sa grande surprise, il voit le Bambino qui rent . va reprendre sou gite ordinaire,
De Noël à l’Epiphanie, le saint Bambino est exposé dans une crèche sur l'autel de l’une des chapelles de la nef, et là, des enfants de 7 à 10 ans, viennent tous les jours débiter des sermons ou des pièces de vers sur le saint Enfant Jésus.
La cérémonie attire toujours beaucoup de monde ; on aime à entendre ces Bossuet de 8 ans, 9 ans, parler des amabilités de l'Enfant Jésus. Souvent un orateur fémiuin de 8 ans, 10 ans, déoitera avec chaleur un appel à l'amour du divin Enfant, à
tombant à genoux à la peroraison, il récitera une invocation Ati
avec émotion et terminera eu donnant la bénédiction avec toute la gravité d’un Lacordaire ou d’un VMusabré. La sainteté du lieu empêche alors l'auditoire d' ‘er en applaudisse, meuts, mais le mouvement de satis! . qui se manifeste sur toutes les figures, atteste su ffisanment que l’éloquence de l’orateur n’a pas été sans effet sur ses auditeurs,
Notre caractère froid nous porterait peut-être à taxer de futilités de telles cérémonies, mais gardons-nous de les con: damner ; elles ne sont pas sans avoir une portée morale assez importante. Pour être orateur du Bambino, il faut être sage; la sœur qui prépare l’orateur-bambin et l'accompagne, doit aussi être sage; durart trois et quatre semaines dans la famille on s’occupera de la sainte enfance de Jésus, on apprendra et on fera réciter aux enfants les circonstances mystérieuses de l'in: carnation du Fils de Dieu, de sa naissaneë etc. Or, tout cela ne peut manquer de produire son effet dans la famille,
Je ne fus pas peu surpris de voir sculptées dans les dalles mêmes du pavé, plusieurs images de saints, à moitié usées par les pieds des passants.
Le vaste couvent attenant à cette église, et où demeure le Général de l’ordre, est déjà, depuis la suppression des ordres religieux de la part du gouvernement, occupé en partie commis saserne par des soldats, (1}
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(1) On & pu voir par les journaux qu'on voulait démolir l’église et l couvent, pour en faire une place publique où l’on éleverait un monument Victor-Emmanuel. ta
Cet & hyle
tait parvenue à Après mon déjeûner, je prends une voiture pour me rendre ; mais voila que à 8. Paul hors-les murs. Contournant donc le Uapitole, je me va frapper à la Rdirige vers le S,, traverse le mont Aventin pour sortir par la r, et, à sa grande porte St-Paul ou Porte d'Ostie, et continuer ensuite dans la a reprendre sou R'npagne.
On passe sur l’Aventia à côté de l'église Ste Prisque, bâtie sur l'emplacement de la maisou de cette sainte qui fut baptisée par S. Pierre. Près de la porte St-Paul, on voit à droite la pyramide de Cestius, sur le modèle des pyramides d'Egypte, seul monument de ce genre à Rome. Construite en pierre de
» est exposé dans s de la nef, et là, jours débiter des ifant Jésus.
e monde ; on aime des amabilités de n de 8 ans, 10 ans, u divin Enfant, el ra une invocation diction avec toute abré. La sainteté r en applaudisse, qui se manifeste jue l’éloquence de rs eut-être à taxer de s-nous de les con:
ortée morale assez Mers , il faut être sage;}. Enfin nous arrivons À S. Paul, dont l'extérieur des plus. accompagne, doit simples n'annonce rien d’extraordinaire, bien qu’à l’intérieur es dans la familleRtette basilique n’en cède qu’à S, Pierre pour la richesse et la bn apprendra et on Rbrauté, | ystérieuses de l'in: Nous entrons par une porte. latérale qui nous amène dans te. Or, tout celalle transept de droite. Ce qui frappe d’abord, c’est le poli et la la famille, netteté des marbres. On sait que l'antique basilique qui datait ées dans les dallaies premiers siècles du christianisme, a été incendiée en 1823 à moitié usées parQe nouvelle, telle qu’elle est aujourd’hui, a été dédiée par Pie IX en 1854.
bien conservée, Son intérieur offre aussi une chaubre sépulcrale ornée de peintures très anciennes,
Nous passons plus loin la chapelle du Sauveur, où Plautille, noble dame Romaine, s'était rendue pour voir passer l'apôtre marchant au martyre. S. Paul l’ayant aperçue lui de. mauda sou voile pour se bander les yeux pendant la décollation, lui assurant qu'il lui serait rendu, Et un peu plus loin, la chapelle de la Séparation. 8. Pierre et S Paul, sortis de la prison Mamertine, marchèrent ensemble jusqu'à cet endroit. Pierre prit alors la route du Jauicule, et Paul celle des Æaux Salviennes. Une inscription sur la façade de la jetite chapelle rapporte les touchants adieux que les deux apôtres se firent
et où demeure le L'église est à cinq nefs, séparées par 4 rangées de colonnes de granit du Simplon. Au haut de la nef principale se trouve la confession de S. Timothée, où repose son corps, et un peu plus loin est l'autel papal, sur le corps même de S. Paul, moins atête qui, comme je l'ai noté, est conservée à S. Jean-de.Latran. t démolir l’église et het autel est surmonté d'un double baldaquiu, le premier de verait un monumentiBiyle gothique, eb le second de style reuaissauçce, Quatre co-
bression des ordrés bé en partie comm
tale, elle est recouverte d’une chemise de marbre blanc très :
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lonnes de porphyre rouge supportent le premier, et le second qui lui est superposé est soutenu par 4 colonnes d’albâtre oriental, d’un admirable poli, qu'on croirait presque transparentes, étant à fond jaune avec matbrures brunes. Ces colonnes sont un présent de Méhémet Ali, vice roi d'Egypte, à Grégoire XVI, leur base est en malachite, don de Nicolas ler empereur de Russie, On ne peut imaginer rien de plus riche que celte décoration.
La frise de la grande nef porte en mosaïques, les portraits en buste, de tous le: papes, depuis S. Pierre jusqu'à Léon XIIL Chacun de ces portraits a demandé un an de travail à l'artiste.
Les murs du transept sont incrustés de tables de marbre
sur lesquelles sont gravés les noms des évêques qui ont assisté à la dédicace de la basilique en 1854.
Au fond de l’abside est la chaire papale, d’un travail ad. mirable.
La chapelle du Crucifix, la première à #2uche de l’abside, garde un remarquable crucifix en bois, tenu en grande vénération, et qu'on dit avoir parlé à Ste Brigitte de Suède.
L'église est desservie par les Bénédictins qui ont leur cloître à côté.
Poursuivant ma course, je me rends à une vingtaine d’arpents plus loin, toujours en rase campagne, sans aucune habitation, aux Trois F sntaines, lieu où l’apôtre des gentils reçut la couronne du martyre. Il y a ici un vaste établissement pénitencier tenu par des Trappistes. Comme toute cette campagne était inhabitable en raison des fièvres malignes dues à son humidité constante, on confia en 1868 la garde des Trois Fontaines aux religieux Trappistes. Sur les douze qui s’y fixèrent d'abord, sept furent en moins de deux ans les victimes de la malaria. Muis, comme les braves soldats sur la brèche, de nouveaux était toujours prêts à remplir les vides à mesure qu'ils se faisaient, Les religieux plantèrent un grand nombre d'eucalyptus, arbre de l'Inde, qui croît très promptement dans les lieux humides et qui a la propriéts toute pirticulière d'assainir l'air des environs. Aussi, aujourd’hui, religieux et forçgats, qui sont en très grand nombre, n'ont-ils plus rien à redouter de la terrible malaria. Les Pères fabriquent un élixir des feuilles de cet arbre qu'on dit être un spécifique des plus puissants contre la redoutable maladie.
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Paul. Sa tête, séparée du tronc, aurait fait trois bonds. à chacun desquels aurait jailli une source du sol. Les trois sources sont renfurmées aujourd'hui dans une chapelle et donnent toujours leur eau claire et saine. Les pèlerins ne manquent pas de s'en abreuver. Des bas reliefs en marbre nous montrent à la première, la tête de l’apôtre, conservant encore la vie ; à la seconde, la même tête avec les traits légèrement altérés ; enfin, à la troisième, la mort a fait son œuvre, la vie est décicidément absente, On nous montre aussi la colonne sur laquelle a été opérée la décollation.
Les Trappistes qui tiennent ce pénitencier pour le gouverment italien, s'engagent à planter chaque année des milliers d'eucalyptus, et nul doute qu’ils ne viennent ainsi à assainir toute cette partie de la campagne avoisinant la ville, réputée tellement malsaine, que chaque annnée les bénédictins de S. Paul mème, laissaient leur couvent pendant quatre mois au temps où sévit la maladie, n’y venant que pour les offices de la basilique seulement,
Rome, jeudi 26 mai.—C'est à St-Bonaventure, sur le mont Palatin, que je me transporte ce matin pour célébrer. Je gagne donc le Forum, et prenant la droite, je passe sous l'arc de Titus, pour gravir le mont Palatin par la rue S. Bonaventure, qui me conduit en tournant encore à gauche, nn peu plus loin, dans une impasse où je trouve l’église de S. Bonaventure avec le couvent des franciscains de la stricte observance qui la déservent. C'est là qu’a vécu et qu'est mort S. Léonard de Port-Maurice, ce prédicateur infatigable, cet intrépide propagateur de la dévotion du Chemin de la Croix. Son corps, couservé, repose sous le maitre-autel de l’église, On me permet de célébrer sur le corps du saint, et après la messe je puis l’examiner tout à mon aise. On dirait un vieillu amaigri, plongé dans le sommeil. Décédé en 1751, à l’âge 75 ans, le corps est encore parfaitement conservé, sauf quel. qnes légères réparations qu'on a dû lui faire, nous disent les Pères.
On conserve dans le couvent la discipline en fer dont se sgærvait S Léonard, sa ceinture de corde, son crucifx, cinq de ses lettres, etc., etc.
Après mon déjeûner, je pris une voi'ure pour aller visiter S, François-a-Ripa, de l'autre côté du Tibre, où je m'étais déjà rendu, mais que je n'avais pu visiter par ce que passant midi, la porte était déjà fermée,
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Prenant donc la direction du sud, je passe près du Tibre sur la place Montanara, où se trouvent les restes du théatre Marcellus, bâti par Auguste, qui pouvait contenir 30.000 spectateurs. Il n'en reste plus que deux étages, la ler en partie enfoncé dans le sol est d'ordre dorique, le 2e d'ordre ionique, et le 3e, qui n'existe nlus, était d'ordre corinthien. C'était un modèle des plus parfaits de l'architecture Romaine.
Je traverse Le Tibre sur lee nonts qui le connent à travers l'île S. Barthélémi, et me dirige directem à S. François, à l'extrémité du Transtévère. Comme c’étai, je jour de l'Ascension, j'arrive au moment où se terminait la grand'messe, à laquelle se trouvait une assistance assez nombreuse. L'église est belle et renferme plusieurs peintures de mérite.
L'office terminé, je me rends à la sacristie, et sur ma demande, on me fait visiter la chimbre où se retirait S. François lorsqu'il venait à Rome. Cette chambre est aujourd'hui convertie en chapelle. On me montre, scellée dans le mur, la pierre que S. François se mettait sous la tête pour dormir. L'autel est très riche en reliques des saints de l’ordre. Des planchettes verticales qui forment le retable de cet autel, sont garnies de tablettes chargées de reliques, et au moyen d’un certain mécanisme, lorsqu'on veut les exposer à la vénération des assistants, chaque plarichette se retourne, pour uous laisser voir ce qu'elle porte.
Il y avait autrefois en ce lieu un hôpital desservi par des bénédietins. C'était là que se retirait S. François, lorsqu'il venait à Rome, pour se livrer au soin des malades. Sur sa demande, on construisit cette petite cellule pour lui servir de retraite où il pût se reposer et se livrer à ses méditalions. On voit au dessus de l'autel, un portrait de 8. François peint du temps de son vivant. Le vaste couvent attenant à l'église est aujourd'hui converti en caserne et occupé par des soldats.
De St-François je me dirige sur Ste-Marie du Transtévère,
Il y avait en ce lieu, du temps d’Auguste, une espèce d’hopital pour les soldats invalides, Oril arriva un jour qu’il sortit du sol tout-à-coup une source d'huile si abondante, qu’elle se répandit jusqu'au Tibre. Les chrétiens ne manquèrent pas de voir, plus tard, dans cette source d'huile se montrant subite. ment au milieu du quartier des juifs, l'annonce de la naissance du Christ, qui est l'oint du Seigneur par excellence, Aussi s'empressèrent-ils, dès qu'ils le purent, de s'emparer du lieu
près du Tibre
tes du théatre nir 30,000 spec- ) ler en partie ordre ionique, en, (C'était un ine.
unent à travers | $. François, à jour de l'Ascengrand'messe, à reuse. L'église rite.
e, et sur ma deretirait S. Franest aujourd'hui dans le mur, la e pour dormir.
ie l'ordre. Des e cet autel, sont au moyen d'un à la vénération our uous laisser
desservi par des ançois, lorsqu'il alades. Sur sa ur lui servir de éditations. On rançois peint du nt à l'église est des soldats.
du Transtévère, ne espèce d’hojour qu'il sortit lante, qu'elle se hquèrent pas de ontrant subiteà de la naissance sellence, Aussi smparer du lieu
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pour ÿ ériger un oratoire qu'ils consacrèrent à la Reine du Giel.
Des 63 églises dédiées dans Rome à la Sle Vierge celle-ci est la plus ancienne ; et mème il est probable que c’est le pre. iier temple consacré à la Mère de Dieu, puisque son érection témonte à l'an 224, un siècle avant la conversion de Constantin.
L'église qui est très riche en marbres précieux renferme aussi des peintures remarquables. Les marches qui conduisent au sanctuaire sont en porphyre, et tout auprès, à draite, est une ouverturé grillée dans le pavé avec l’orifice en marbre blanc, et portant cette inscription : Fons olei. A côté de cette inscription, on voit fixée dans le pilier la pierre qu’on attacha au cou du Pape S. Calixte, pour le précipiter dans le puits où il consuma son martÿré. Ati dessus de cette pierre on eu voit une autre teinte du sang de Ste Dorothée.
Les restes des Saints Calixte, Jules et Corneille, tous trois Papes, reposent ici suus la confession.
Sous le portique, on voit sur la façade une mosaïque représentant ies vierges sages et les vierges foiles, avec la Vierge- Mère donnant le sein à son divin enfai:t, au milieu, et plus bas, l'inscription latine ! * Occupée par le soldat émérile, je suis le grand hospicé ; occupée par Marie, je m'appelle plus grande et je le suis ; alors je répauds de l'huile, emblème de la grande miséricorde du Christ naissant, et maintenant je la donne à ceux qui la demandeut,”
Prenant de là la via Lungurelta qui conduit directement au Ponte-Rotto, je traverse ce pont, et tournant à droite, je me vois sur la place della Bocca della Veritu, où se trouve une église circulaire avec colounade ; cette égise était autrefois Le temple de Vesta, aujourd’hui c’est Ste Marie del sole. Prenant de la Le flanc du mont Aventin, je me trouve, comme la veille, en plein désert, c’est-à-dire au milieu de jardins ou de:lieux couverts de décombres.
Je passe devant Ste Sabine, et me rends de suite à S. Alexis, que je veux d’abord visiter,
On sait que cette église fut bâtie à l'emplacement même de la maison du sénateur Euphémianus, père de S. Aiexis,
lexis, après avoir été uni en mariage Contre son gré, abane donna le soir même de ses noces son épouse, pour aller se livrer plus librement aux œuvres de piété en Orient, Revenu plus tard. à Rome, et inconnu de tous, il fut reçu par Euphémianus
comme un pauvre à qui par charité il offrait l'hospitalité. Le saint demeura ainsi 17 ans dans la maison de son père, sans être reconnu de personne, Sa retraite était le dessous d’un escalier où il passait les nuits presque entières dans la méditation et la contemplation des choses célestes. Etant venu à mourir, on trouva dans sa main gauche un écrit qu’elle ne voulait pas laisser aller, et aussitôt on enteudit dans diverses églises une voix criant : “ Cherch:z le saint qui prie pour le salut de Rome”; puis; ‘°c’. dans la maison d’Euphénianus qne vous trouverez le saint qui priera pour Roine”. Le Pape avec l'empereur et une suite nombreuse s'étant rendus dans 11 maison du Séna. teur, on trouva le mort tenant encore son papier. Le Pape lui ayant commandé au nom de Dieu de céder ce papier, le mort le laissa aller. Et quelle ne fut pas la surprise de tous, lorsqu’ou y lut que le pauvre mort était Alexis, le fils mème d'Eu. phémianus, qui avait ainsi vécu pauvre durant 17 ans dans la maison de ses pareuts, sans être reconnu ni de son père ni de sa mère, ni mème de celle qui un jour lui avait été donnée pour épouse,
Où nous montre, au bas de la nef de gruche, l'escalier de S. Alexis, qu’on a recouvert de gaze pour la soustraire aux indiscrétions des pieux pèlerins ; et vis-à-vis, de l’autre côté, le puits daus lequel le saint puisait de l’eau pour se désaltérer,
Le corps du saint avec ceux de S. Boniface et de Ste Aglaé, reposent sous la confession, dans l’église souterraine,
L'ég'ise est desservie par les frères Soinasques, dont S. Jérôme Eumilieu fut le fondateur. Les frères y tiennent une école pour les jeunes aveugles.
Retournous maintenant sur nos pas. Nous avons trouvé S. François sur la rive droite du Tibre, il faut trouver S. Do. miuique sur la rive gauche, car il semble que Dieu n’a voulu donner la mission à ces deux apôtres des temps modernes, qu’en les envoyant, comme les premiers, deux à deux. On ne peut pour ainsi dire trouver S. Français quelque part, sans trouver vis-à-vis S. Dominique. L'un nait dans la péninsule Italique ; l’autre dans le péninsule Ibérique. Tous deux re: çoivent la mission du Ciel de régénérer le monde qui se perd. Le premier s'en va pieds nus, ceint d’une corde, disant aux riches du monde : regardez-moil et il prend l'or et le jette par la fenêtre. Aux charnels et sensuels il dit: voyez! et il se roule daus des épiues où se déchire la chair avec sa disciyline.
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de qui se perd.
de, disant aux "et le jette par oyezl et il se ; sa discipline.
Aux orgueilleux du monde, recherchant les honneurs, il dit: je ne veux être que le serviteur de mes frères ; je ne mérite que mépris, je suis le dernier des hommes. Et cependant Dieu le tient en telle prédilection, qu’il en fait une copie de
son Fils bien aimé, il imprime sur son corps les sacrés sligmates de sa passion.
Le second, nourri de la science, porte la parole devant le peuple ; et montrant le chapelet, il dit aux masses : voici l'arme, voici letalisman qui vous assurera, sur notre nature corrompue,
les victoires dont mon frère François vous met l'exemple sous les yeux.
Nous avons vu François avec sa corde et ses pieds nus, dans l'abside de la basilique St-Pierre ; et vis-à-vis, de l’autre côté, S. Dominique avec son chapelet.
Nous avons trouvé $S. François à St-Blaise-a-ripa ; nous
allons trouver S. Dominique à Ste Sabine, qui fut à proprement parler le berceau de son ordre...
L'église, précédée d’un portique, est à trois nefs séparées par 24 colonnes cannelées, de marbre de Paros, à chapiteaux corinthiens. On voit au bas une pierre sur laquelle S. Dornie nique s’agenouillait pour passer une partie des nuits dans la prière : et on nous en montre une autre qu'on dit lui avoir été lancée un jour par le démon. Sous la confession, se tronvent les corps deS. Alexandre, Pap», de $, Evence et de S. Théodule,
prêtres, puis eux de Ste Sabine et de sa gouvernante Sérapie, toutes deux martyres.
On nous montre dans le couvent attenant à l'église la
chambre de S. Dominique, ainsi que celle de S. Pie V, qui était aussi un dominicain.
Au dessus de l'entrée de celle de S. Dominique, on voit une peinture représentant S. Dominique, S. François et S. Ange, Carme, avec l'inscription latine qui suit : ‘ Ecoute, toi, qui viens ici: judis dans ce lieu, les saints hommes Dominique. François et Ange, carme, passèrent les nuils dans de pieuses veilles et de célsles conversations”. Sur l'autel est le portrait de S. Dominique.
D'autres saints habitèrent encore le même monastère, entre autres : S. Thomas d'Aquin, S. Hyacinthe, S. Ceslas etc.
On me montra dans le jardin un oranger planté par S, Dominique. Il est entouré d’une caisse de pierre, mais se montre encore plein de vigueur, portant fleurs cL fruits chaque
année, Je ne manquai pas d'en prendre, avec la permission du Père qui me conduisait, quelques feuilles pour mon herbier,
Ou a, du cloître, une maguifique vue de Rome. C’est en face de Ste Sabine que se trouvait le pont où Horatius Cochlès s'est immortalisé en le coupant en présence de l'ennemi.
Rome, vendredi 27 mai.—Je me rends ce matin à l'église des SS. Apôtres, au pied du Capitole, pour y célébrer. Cette église appartient aux Frères-Mineurs Conventuels ; c’est là que réside le Général de cette branche de l’ordre.
Je désirais célébrer sur le corps de Ste Eugénie, cette célèbe martyre du ITle siècle, mais comme l’église a été incendiée en 1871, elle n'est pas eucore entièrement réparée, et l'autel de S. Antoine où se trouve le corps de Lx martyre était occupé par des échafauds, Je célébrai en conséquence à Pautel S. François.
Sous la confession se trouvent les corps de S. Philippe et S. Jacques, qui, perdus depuis 1300 aus, n'ont été retrouvés qu'en 1873. On attribue la fondation de cette église à Constantin, aussi lot doune-t-on le nom de basilique Constanti. vienne. On voit dans la chapelle S. François le tombeau de Clément XIV, qui appartenait à cette branche de la famille franciscaine. Les Papes Sixte IV et Sixte quint appartenaient aussi à la même branche.
Vers les 2 h. de l’apres-midi, un orage sérieux, tonnerre avec une pluie extraordinaire vint faire suite à la chaleur étouffante que nous avions depuis le matin. Ayant promis à M. Huberdean d'aller prendre le souper avec lui, à sa rési. dence au Boa-Pasteur de la rue S Jean de-Latran, sitôt que l'orage fut passé, je me dirigai donc sur la place de Vénise pour prendre l’onmmbus allaut dans cette direction. Mais voilà qu'avrivés eu face du Colisée, nous trouvons, par suite de l'ohstructiou des égoûts, toute la rne S. Jean-de-latrau changée en uu véritable canal, ou plutôt en un torrent, ear l’eau couvrant tous les trottoirs. descemdait en bouillonnant comme dans un véritable rapide. Les chevaux craignent d'avancer et ne vont qu’au petit pas. Je me laisse emporter au delà du Bon Pasteur, jnsqu’à la hauteur de S. Clément, où les trottoirs étaient découverts. Je laisse là l’o:unibus et teute de descen. dre la rue sur la partie découverte des trottoirs, mais voici que des portes cochères, à un niveau un peu plus bas, viennent iulutercepter le passage. de vois alors M. Huberdeau sur le
trott berd il lui vena par d Rom ] que ne sa grâce conde érigé fut le A nomb plus p le no:
ouvre
permission du mon herbier,
ome. C’est en ratius Cochlès ennemi.
in à l'église des r. Cette église st là que réside
génie, cette célise a été incensut réparée, et a martyre était :quence à Pautel
le S. Philippe et it été retrouvés e église à Consique Constantiis le tombeau de e de la famille nt appartenaient
érieux, tonnerre te à la chaleur Ayant promis à lui, à sa résitran, sitôt que
place de Vénise tion, Mais voilà 18, par suite de ». Latrau changée brreut, car l’eau
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trottoir devant sa résidence, qui me fait signe de remnnter la rue pour la traverser el redescendre de l’antre côté. J’éxécute ce manège, mais rendu en face de lui, impossible de traverser encore, l’eau est trop abondante. “Je vais faire comme le gasvon, lui criai.je alors, le courant est rapid :, je vais attendre que l’eau soit toute passée.” — Faites le tour du bloc en arrière de vous, me répliqua til, pour traverser la rue devant le Coliséeet venir ensuite sur le trottoir de mon côté.
Je prends donc une rue transversale et fais le tour du bloc. Arrivé au Colisée. je suis à pied sec, mais voici qu’un courant qui vient en sens contraire frapper l'angle de la maïison du coïin, en noyant le trottoir, m’empêche d'exécuter mou projet. Deux fermines se trouvent là qui veulent aussi se diriger comme moi de ce côté. Elles me font comprendre qu'en traversant le courant venant du Colisée, nons pourrons prendre une ruelle en arrière et parvenir à notre but. Oui, mais comment traverser ce courant ? il est trop large pour être enjambé. Je trouve à la fin un caillou que je jette au milien, et sautant dessus, je me lance de l’autre coté. Les deux femmes fort alertes font comme moi et je les suis pour parvenir à mou hospice.
Mais déjà l'eau a pris sa retraite dans les égouts et les trottoirs sont presque partont à sec. Je me rends avec M. Hu. berdeau à un petit couvent de bénédictines un pen plus loin où il Lui fallait chanter un salut pour le mois de Marie, et en revenant, nous visitons ensemble l’église de S. Giément, ‘lesser vie par des dominicains Irlandais, et l’une des plus anciennes de Rome.
L'église, qui est à trois rrefs. offre cette étrange singularité que la nef de droite est plus étroite que celle de la ganrhe. On ne savait à quoi attribuer cette irrégularité, lorsqu'en 1837, grâce aux recherches du À. P. Mullooly, on découvrit une se-
conde église au dessous de celle qu'on croyait être la première
llonnant com me ent d'avancer et rter au delà du t, où les trottoirs teute de descen-
érigée en ce lieu, en honneur du compagnon de S. Paul, qui fut le 4e pare, à la fin du ler siècle.
Aujourd'hui l’église souterraine est tonte déblayée, et les nombreuses fresques quelle contient otfrent des documents des plus précieux pour les archéologues, surtout en coufirination
oirs, mais VOICE, 55 dogmes et mène de nos cérémonies religieuses,
L'église est précédée d’une cour carrée que le portique ouvre eu partie. C'était là l’atrium où les péuiteuts et les né-
bus bas, viennent uberdeau sur le