‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 86 sur 94 · P. M. pour eu après 12h · texte numérisé non relu

P. M. pour eu après 12h

gnifique et très glise de la Por.

», Accor pagiés Las Françis, e du graud Par-

n jour de plus à

aire même de la #

lève, comme un

de S. François, faire une courle bpéré, sans pot:

u grand pardon,

Eu, vertu de ce angois, toutes Les tuaire de la Por:

dénière qui leur ht devoir encore ut autant de fois

re, le peuple en a plaine paroisse ibreux. Ils nous

lieu saint, Cest r pour prier ui

rouve le convent Qu nous montré

DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 667

dans le jardin de ce couvent, le rosier dans lequel se roulaS. François pour appaiser des révoltes dela chair, et qui depuis lors se montra avec des feuilles portant des taches de sang. On dit que mainte et mainte lois on à essiyé à propager, à multiplier ce rosier, et que toujours ces efforts sont demeurés sans succès.

Reufermée dans la basilique mème, se trouve la cellnle dans laquelle expira $S. François. Comme les officieux ne manquent pas dans le nombre des mendiants qui nous poursuivent, on m’offrit de me faire visiter cette cellule. Mais voici que celui qui était allé au couvent chercher la clef retaïrdant trop à revenir, je vois arriver le train qu’il me fait prendre, et je suis forcé de partir sans pouvoir faire cette intéressante visite.

Je repasse à Foligno, et là, changeant de direction, je me dirige vers le N. E. pour atteindre Ancône et Lorette.

En laissant Foligno, on s'engage presque de suite dans la chaîne des Apenins, qu’il nous faut traverser pour parvenir à la côte de l’Adriatique. Nous suivons une petite rivière qui nous ouvre le chemin à travers les montagnes. Eu général, le pays a l'apparence peu prospère, on voit que le sol manque ici à l'exploitation.

Nous passons Gubbio, qui me rappelle ce loup que S. François avait amené à ne nuire en rien aux habitants, pourvu qu’on lui donnât de quoi manger.

Ce loup était la terreur des habitants de l'endroit et ravageait sans merci leurs troupeaux. $S François va au devant de lui: “ Loup, mon frère, dit-il, il ne faut pas en agir «ainsi. Voici ce que je te propose : tu ne nuiras à personne et ne toucheras plus aux troupeaux; et de leur côté les habitants de Gubbio te donneront à manger, lorsque tu auras faim. Mets la patte dans ma main situ cousens au marché.” Et le loup présenta sa patte au saint. Depuis ce moment, le loup se promena sans être inquiété dans les rues de la ville, et lorsqu'il se présentait aux maisons, on lui offrait de quoi manger,

Je vois ici un champ de muriers tous taillés en vases et

auxquels sont attachés des ceps de vignes, ce qui produit un charmant effet,

Enfin après mille détours et sinuosités dans des gorges plus où moins resserrées où souvent la route parait interceptée, nous débouchous dans la plaine à Fontanara, où nous avons

668 DE QUÉBFC A JÉRUSALEM

une superhe vue de l’Adriatique, La voie ferrée vient ici à cotoyer le rivage même, qui est uni, peu élevé et des plus agréables.

A un certain endroit, je vois à quelque distance dans l’eau un objet que je prends pour un poteau fixé au fond, mais dans lequel je crois remarquer certains mouvements. Pius nous approchons et plus je me convains que mon poteau est doué de la facuté de se mouvoir; mais quelle forme iusolite, que ce peut-il étre? Enfin nous approchons davantage, et je recon. nais une femme dans un costume Je bain, qui se pronène dans Peau. La tête coiffée d’un large chapeau de paille, elle était couvert: d’une robe ou jaquette avec bandes rouges et grises, ce qui lui donnait un aspect tout à fait singulier.

A 7.20 h. nous entrons dans la gare d'Ancône. Mais il me faut attendre ici jusqu’à 10.59 h. pour le train qui ne conduira à Lorette, qui ne se trouve pas sur la route qui va de Foligno à Véuise.

Après mon souper, je vais faire un lour dans la ville qui a une apparence assez coquette, bien qu'elle n’annonce rien d'extraordinaire. Bâtie sur nn promontoire qui forme une anse cousidérable, Ancône est une place forte de grande im. portance. La partie basse qui avoisine le rivage, parait assez misérable, et nulle part je wai vu poussière plus abonlante dans les rues. Co nine le vent était assez fort, il venait parfois des rafales qui nous couvraient complètement de cette épaisse poussière,

A 10.50 h. je prends le train allant vers l'O. et à 12.12 h, je descends dans la gare de Lorette, qui se trouve dans ia plaine à plus d’un mille de la ville, Je prends de suite une voiture, et ine rends à l’hôtel della Pace dont ou m'avait donné l'adresse, Comme j'avais soupé à Ancône, je prenis mon lit presque aus: sitôt et me livre au sommeil,

Lorelte, jeudi 2 juin. —J: me lève à 5h. pour me rendre aussitôt à l’église. Muis ne voila-til pas que je m'ap2rçois que ie suis sous clef et que je ne puis sortir ? J'ouvre la fsnètre, ‘is personne au dehors et je ne vois ds clochatte nulle part, Je ne mets alors à frapper avec ma canne dans la porte de elle façon que j'étais sûr de parvenir à réveiller quelqu'un, — Qu’y a-t il donc ? me crie-t-on d’une chambre voisine. —Il y à que je suis ici prisonnier, et que je veux ètre délivré. On a fermé la porte de ma chambre sur moi sans im’en donner la

fi

ses Sant Fan posa com

où l’ sacri préci moi, que heur4

sil le à mal heur

» vient ici à et des plus

ce dans l’eau id, mais dans . Pius nous u est doué de olite, que ce , et je reconpromène dans lle, elle était es et grises, C8

1e, Mais il me ai ne conduira va de Foligno

ns la ville qui n'annonce rien qui forme une de grande im ge, parait assez lus abonlante il venait parfois de cette épaisse

O.,età 12.12 h.

e dans la plaine ite une voiture, donné l'adresse.

lit presque aus:

our me rendre m'ap2rçois que uvre La fenêtre, hette nulle part, ans la porte de r quelqu'un. voisine.—Il y à » délivré. On a men donner là

clef. — Attendez un peu. Et une minute plus tard arrive une fille qui ouvre ma porte. Inutile d'ajouter que la leçon a été sévère, si bien mérilée qu’elle était.— À quoi m’exposiez-vous, dis je, s’il était arrivé un incendie, par exemple ? Ce n’est pas vous qui devez avoir le contrôle sur vos pensionnaires pour ne les laisser sortir où pénétrer chez eux que lorsqu'il vous plaira, mas nous qui devons être maîtres de sortir q'iand Don nous semble et de nous renfermer chez nous quand nousle jug'ons à p Opos. C’est uniquement pour cette fin qu’on vous paye. Je ne connais pas les lois de votre pays, mais d’après le droit cominun vous être passibles d’une pénalité pour m'avoir privé de ma liberté sans ma volonté et contre votre devoir Où me balbutia des excuses en italien que je ne compris pas, et je mis la clef de ma porte dans ma poche pour l'emporter avec moi.

Je me rends de suite à la basilique. Comme l'hôtel où j'étais était sur le versant nord de la colline sur laquelle est bâtie Lorette, et ne donnait vue que sur les champs de la plaine, je fus tout surpris, eu tournant le coin de la rue, de me trouver en pleine vue de la mer. Je ne le fus pas moins en avançant davantage, de trouver dans une petite ville ass:z moideste, une basilique telle que ceile que j'avais sous les yeux. Klle peut faire un digne pendant à celles de Rome, tant par les dimen, sions que par la richesse de son ornementation.

Mais ce qui attire à la basilique de Lorette ce ne sont pas ses marbres précieux, ses bas-reliefs si riches, mais bien la Santa-Casa qu'elle renferme, la maison même que la Sainte- Famiile occupa à Nazareth. J'ai vu l'emplacement où elle re. posait à Nazareth, et ici je puis voir et toucher les murs qui la composent,

Je ue fis d’abord qu’une courte visite dans la sainte maison, où l’on célébrait alors une messe, et je me rendis ée suite à la sacristie pour m'assurer si je pourrais aussi célébrer dans le précieux sanctuaire. Il y en avait déjà huit d'inscrits avant moi, mais, me dit le sacristain, il arrive presque tous les jours que des prêtres inscrits font défaut où viennent après leur heure,

J'étais bien décidé dans tous les cas à attendre jusqu’à midi s'il le fallait, Mais heureusement que plusieurs se trouvèrent à manquer, et j'avais à peine flui la récilation de mes petites heures, que le sacristain nriuvita à prendre les or.ements.

670 DE QUÉBEO À JÉRUSALEM

Si l’auguste sacrifice de la messe, si les paroles de la sainte liturgie qui l’accompagnent ont de quoi toucher et émouvoir en tout lieu et en tout temps, C’est bien dans la Sainte. Maison qu’ils revêtent par excellence ce caractère. Le prêtre à sa parole, fait naître Jusus-Christ, dans la maison même où Marie l’a conçu ! C’est ici, dans cette petite chambre, qu'à la parole de l'ange, s’accomplit le plus grand des mystères. Le Verbe même de Dieu vint y prendre chair dans le sein de Marie. La multitude des esprit célestes s'empressa d'y venir aussitôtadorer l'humanité sainte du Sauveur. Le même prodige se renouvelle ! Le prêtre parle, et J. C. descend de nouveau du Ciel pour se mettre entre ses mains: les messagers célestes l’accompagnent de même pour lui prodiguer leurs adorations..…., Est-il ministère plus sublime, fonction plus redoutable que celle du piêtre i Et pourrait-il n'être pas touché et transporté d'adiniration ce prêtre, lorsqu'il renouvelle ces mystères à l’endroit mêine où ils s'opérèrent en premier lieu !

La Sainte-Maison mesure 30 pieds de longueur sur 13 de + largeur, et comme l’autel laisse en arrière un certain espace libre, la place qui reste aux assistants se trouve assez restreinte, aussi s’emplit-elle à chaque messe qui se célèbre.

Les murs de la Sainte Maison sont tous revêtus en dehors d'une riche couverture de marbre de Carrare, toute sculptée en bas-reliefs représentant les différentes circonstances de la vie de Jesus, et rappelant surtout les prophéties concernant sa naissance.

Avant déposé les ornements à la sacristie, je retourne à la Seinte-Maison même pour faire mon action de grâces, après laquelle j'examine minutieusement la basilique et tout ce qu’elle contient.

La basilique qui est très vaste, est couronnée par un dôme au dessous duquel se tronve la Sainte-Maison. Cette basilique est très riche en peintures des grands maîtres, statues, bronzes,

etc.

On sait que la Sainte-Maison qu’elle abrite a été enlevée par les anges à Nazareth, déposée d’abord en Dalmatie, puis sur la côte d'Italie a quelques milles de Lorette, et enfin à l’endroit où elle se trouve aujourd’hui.

Le royaume latin de Palestine avait terminé son existence, après un peu moins de deux siècles de durée; les Sarrazins, maitres des lieux-saints, s'efforçaient de faire disparaître Lout

ee OO nm ee

rec ap.

Cet J v(

a ét qu’e

que mèêr auss dont

meu sa pr

sur | lieu aupré

, de la sainte et émouvoir ainte- Maison prêtre à sa me où Marie u’à la parole s. Le Verbe e Marie. La ussitôt adorer ige se renouiveau du Ciel célestes l’acdorations ....

doutable que et transporté ystères à l’eneur sur 13 de certain espace uve assez rescélèbre.

tus en dehors ite sculptée en inces de la vie concernant sa

e retourne à la grâces, après ue et tout ce

se par un dôme Cette basilique atues, brouzes,

a été enlevée Dalmatie, puis Let enfin à l’en-

é son existence, les Sarrazins, disparaitre Lout

DE QUÉBEO À JÉRUSALEM 671

ce qui nouvait rattacher à Jésus-Christ; et voila que tout-àcoup la Sainte-Maison de Nazareth, que Jésus, Ma:ie et Joseph avaient habitée, est disparue ; il n’en reste plus que les fonda. tions. Les anges voulant la soustraire anx profanations des infidèles, l'avaient enlevée pour la transporter ailleurs.

Le 10 mai 1291, les habitants de Tersate en Dalmatie, aperçoivent un matin, dans un endroit où la veille il n’y avait aucune construction, une maison de forme toute orientale. Elle repose sur le sol sans aucune fondation. On pénètre à l’intérieur; les murs sont de petites pierres rougeâtres, avec peintures en certains endroits, représentant les différents mystères de la vie de N.S. Au fond de la pièce est un autel en fortes pierres carrées, avec un crucifix portant cette inscrip: tion : Jesus Nazarenus rex Judæorum. A côté une armoire dans laquelle se trouvent des vases semblables à ceux dont se servent les mères pour donner la nourriture à leurs enfants. À gauche, un petit foyer au dessus duquel est une image de la Ste Vierge debout, tenant l'enfant Jésus dans ses bras, sculptée eu bois de cèdre.

On se regarde ; on s'interroge; on admire !

Mais arrive l’évêque Alexandre, qui. la veille encore était retenu au lit par une grave maladie. La St Vierge lui est apparue dans la nuit et lui a donné l'explication du prodige. Cette maison est sa propre demeure de Nazareth, l'autel qu’on 3 voit y a été fondé par S. Pierre, son image en bois de cèdre a été sculptée par S. Luc. Et pour confirmer la vérité de ce qu’elle lui annonçait, elle lui rendit de suite la santé.

Des messagers furent envoyés en Galilée, qui constatèrent que les dimensions, longueur et largeur, étaient exactement les mêmes que celles des fondations laissées à Nazareth ; de même aussi pour la nature de la pierre, Il n’y avait donc plus de doute que c'était bien là la maison de la Ste Famille,

On accourait de tous les pays pour vénérer la sainte de meure, et de nombreux mirucles donnaient la confi mation de sa primitive destination.

Mais voilà que le 10 décembre 1294, la maison disparait de la Dulmatie. Des bergers dans le voisinage de Récanati, sur la côte d'Italie, l’ont vue transportée par les anges au milieu de la nuit, et ils la trouvent dans un bois de lauriers tout auprès.

Nouvel étonnement pour le morde catholique cet les pèle. ius qui avaient visité la sainte demeure en Dalmatie, constatant que c'est réellement x même. Des visiteurs accourent de tons côtés. Des briganils établis dans les forêts voi. sines, profitint de cette affluence pour détronsser et assassiner Îles passants, la sainte maison allait rester délaissée; mais la Ste Vierge wabandonnera pas sa demeure; après huit mois de séjour à Recanati, la Ste Maison se transporte à mille pas plus loin sur une agréable colline,

Mais voila que les deux frères propriétaires du terrain, en viennent à des querelles à propos de la nouvelle maison. Chacun voulait “emparer des riches offrandes qu'on apportait au précieux sanctuaire. Une quatrième fois la Siinte Maison s'élève dans les airs et va se placer sur la voie publique, à lendroit où elle est encore aujourd'hui. Le Pape Boniface VII après dues constatations, fait diesser des procès verbaux du tout; et c’est là même qu'on l’a abritée sous la vaste et riche basiiique qui la couvre encore.

La maison repose là sur le sol, sans aucune fondation; et chose encore plus extraordinaire, c'est que le revêtement en marbre qui la couvre, ne la touche pas. En vain a-t-on essayé de le faire adhérer aux murs, ce revêtement se détachait aussitôt, Un vide de quelques pouces laisse intacts et isolés Les murs de La sainte demeure Au Fils de Dieu sur la terre.

Le revêtement en marbre porte une marche au bas, et cette marche laisse voir un sillon que seuis les genoux des personnes qui pir. évotion en font le tour, en se trainant ainsi sur les genoux, y ont creusé. Il y a indulgeuce de 10 ans pour faire ainsi le tour à genoux. On ne le fait, toutefois, que de trois côtés, par ce que le devans est occupé par un autel, qui est comme le principal de la basilique même.

Trois portes donnent accès dans le précieux sanctuaire, une de chaque côté an bas, et une autre en arrière de l'autel, Où nous montre là la cheminée avec la statue faite par S. Luc ; et dans l'armoire, la sainte écuelle dans laquelle la mère de Jésus donnait à manger à son divin Enfant, Cette écuelle est en terre cuite, mais avec un revêtement en or d’un travail admirable. Les pèlerins ne manquent pas de faire bénir leurs chapelets et médailles dans la sainte écuelle.

Revenu à la sacristie, nn ecclésiastique. en soutane violette avec :ochet, camail et croix pectorale, vint s'offrir à me montrer

le

sil

doi

fi ricl son lion ven fran trés.

à let reste

rente cieu.

ver) gren.

diadé préci la m:

quis min :

joyai lèges

main

du vo le tot

la visi mendi om jusqu Disilics nédai nvite, laisar à Dasi

1e ot les pèle- Imatie, consrs accourent s forêts voiser et assaser délaissée; e; après huit sporte à mille

du terrain, en aison. Chacun portait an pré- Maison s’elève , à l'endroit où ce VII, après Lux du tout; et riche basitiique

e fondation ; et revêtement en

in a-t-on ess yé

it se détachait cts et isolées les la terre.

che au bas, et les genoux des e trainant ainsi de 10 ans pour butefois, que de r un autel, qui

eux sanctuaire, rière de l'autel.

ite par S. Luc ; a mère de Jésus

écuelle est en n travail admibénir leurs cha-

oùtane violette ir à me montrer

le trésor.— Mais, Monseigneur, ce serait abuser de votre bonté. —Je ne suis pas évêque, je suis l’un des chanoines de la basisilique, et je me mets à votre disposition.

Il me fit donc passer dans la salle du trésor, dont la porte donne sur la sacristie même.

La voute de cette vaste salle est ornée de fresques magnifiques, et tout autour sont des armoires vitrées exhibant les riches présents que les Papes, les rois, les rich:s pèlerins se sont plus à faire à N. D. de Lorette. Il y a ici pour des mil. lions; et cependant ce n’est que depuis 1797 que ces dons sont venus. Car à cette triste époque, les soldats révolutionnaires français qui pénétrèrent à Lorette pillèrent co nplètement le trésor. Des trois écuelles recouvertes en or, une seule a échippé à leur convoitise, par ce qu'ils ne l'ont pas tronvée; et tout le reste, calices, ostensoirs, vases précieux etc, est disparu,

On passe d’une surprise à une autre en inspectant les diffé. rentes vitrines, tant les objets exposés sont nomb'eux et précieux: cilices, ciboires, ostensoirs, lampes elc. en argent, en vermeil, en or, ornés de pierres précieuses, topazes, saphirs, grenats, diamants, Kpingles, chaînes, couronnes, anneaux, diadè:nes etr., elc., tous plus au moins riches et plus an moins précieux comme œuvres d'art, à part la valeur intrinsèque de la matière, Hélas! me disais-je, à la vue de tant de richesses, qui sait, avec cette absence d'honrêteté et de religion qui domin: chez nos gouvernants aujourd'hui, qui sait si tous ces joyaux ne deviendront pas encore les objets de rapines sacrilèges ? Quand on ne craint pas Dieu et qu'on à la force en mains, de quoi n'est-on pas capable ?

Je sors pour prendre nne tisse de café dans un restaurant du voisinage, afin de revénir de suite faire plus ample étude le tout ce que contient la basilique.

Lorette m'a paru n'attendre la vie que des étrangers qui la visitent, aussi non seulement les officieux, mais aussi les mendiants sont-ils nombreux et d’un zèle parfois fort importun, omme à Assise, ils nous poursuivent de leurs ohsessions jusque dans le lieu saint. Sur toute la rue qui couduil à la basilique, on ne voit qu'étalages d'objets de piété, chapelets, hédailles, madones etc. et de toute part, on nous appelle etnous uvite. J'accepte les services intéressés de l'un de ces comlaisants, pour visiter le Palais apostolique qui est contigu à à basilique, bordaut la place de la Madone qui la précède sur

674 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM

le côté gauche ainsi que dans une grande partie de celle qui fait face au portail.

Ce palais, qui servait aux Papes lorsqu'ils venaient à

mi Lorette, est d’une grande magnificence. A part les fresques

des lambris et des plafonds. grand nombre de pièces de peinture je des grands maîtres y sont installées. On me montra la chambre ke et le lit où avait couché Pie IX, de même que celle qui avait W *": servi à Victor-Emmanuel. Ayant usurpé au Pape ses pro A: priétés, ce chenapan ne craignait pas le souiller de sa présence pu des lieux que seuls les Vicaires de Jésus Christ avaient le droit M "0! d'occuper, Aussi la main de Dieu n’atelle pas tardé à le frapper. d'o!

Le palais apostolique a été érigé sous Jules IT, d’après les Fe dessins ce Bramante. ‘ La basilique, en outre de sa conpole qui se dessine comme plu:

un globe lumineux sur ce ciel bleu de Ftalie, nous montre KE. encore un clocher ne s’élevant pas à moins de 180 pieds dans Es; les airs.

La place de la Madone porte au milieu une fontaine qui

cou répand continuellement une gerbe d’eau fraîche des plus rayo agréables. Et sur le parvis même du temple, s'élève la statue joue

en bronze de Sixte V, assis sur un trône, la main levée pour les r bénir. Cous

Les portes en bronze de la basilique sont d'un travaii mer- fait d veilleux, représentant : la création d’Eve, l'ange chissant du cri, E paradis nos p'emiers parents, &c. Elles sont l’œuvre de Etion Jérome Lombard et de ses trois fils. filon

Vers midi, je retourne à mon hôtel pour le diner. Bien olus : que j'eusse encore plus de 4 h. à ma disnosition. je refuse lestanal offres des cochers qui veulent m'emmener voir le célèbre place champ de bataille de Castelfidardo; je crains de trop me fati ê guer et je préfère aller encore une fois faire visite à la Sainte-RMon Maison. pont,

A 5 h. je prenais le train qui me ramenait à Ancôre, pour est Là continuer de suite à Bologne et Vénise, étant décidé à me ù rendre directement à cette dernière ville, conséquemment à passer la nuit sur la route.

je AMoys belle,

A minuit, nous étions à Bologne. J'aurais bien désiré m'y arrêter un peu. surtout pour voir le corps de Ste Catherine, assis dans son fauteuil et si bien conservé qu’il excite l’admi-

ville,

tie de celle qui

'ils venaient à rt les fresques èces de peinture atra la chambre celle qui avait

Pape ses pro r de sa présence avaient le droit

pas tardé à le

xs IT, d’après les

à dessine comme e, nous montre , 180 pieds dans

une fontaine qui fraiche des plus , s'élève la statne main levée pour

‘un travail meruge chaissant du sont l'œuvre de

r le diner. Bien on. je refuse les voir le célèbre detrop me fat isite à la Suinte-

t à Ancô'ie, pour nt décidé à me onséquemment À

s bien désiré my le Ste Catherine, Mil excite l’'adui-

DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 675 ration de tous ceux qui le visitent; mais il me fallait passer outre sans m'attarder,

Vénise, vendredi 3 juin.— Lorsque vers les 44h. ce matin, je mis l'œil à la feêtre, je reconnus que nous roulions sur une plaine très basse et couverte de prairies eomine celles qui très souvent avoisinent les rivages. Et portant mes regards en avant, j'aperçus tout près les édifices de la ville des Doges, de la reine de l’Adriatique, de Véuise, cetie ville amphibie, si je puis ainsi parler, reposant autant sur eau que sur terre. A 5.10h. nous entrions dans la gare.

Comme dans tontes les gares des villes, il ne maque pas d'offivieux pour nous offrir leurs .ervices. Je donne donc mes malles à Lun de Ces hommes et je lui dis : w/bergo di Milano, Oltime, reprit-il, si compiaccia di seguirmi (très bien, donnezvous la peine de me suivre). Je le suis ; à une centaine de pieds plus loin ce n’est pas dans un carosse qu’il m'invite à monter, mais bien dans une gondole qu'il me prie de descenire, car ici les rues sont des canaux, et les véhicules des gondoles.

Je m'installe donc dans la gondole sur une banquette couverte en tapis, et protégée par un petit dais Contre les rayons du soleil, et mon homine, debour sur l'arrière, faisant jouer sa rame dans les crans d’une espèce de ciemäaillère, enfile les rues, je veux dire Les canaux, en ligne droite et sans secousse aucune, À tous les coms qu'il nous faut tourner, il fait entendre un peu auparavant nne espèce de chant ou de cri, pour mettre en garde ceux qui viendraient dans une direction apposée, afin d'éviter les collisions dans la rencontre, Nous filons ainsi à travers les maisons des deux côtés, lesquelles, le plus souvent, n'offrent que des fenêtres donnant ainsi sur le canal, les portes se trouvant en ariière sur la cour ou sur des places à sec.

Après environ 5 minutes de cette agréable navigation, mou homme m'arrête à un endroit d'embarquement près d’un pont, met mes malles sur le quai, et ne montre mon hôtel qui est Là tout près‘

Comme à côté mème de cette hôtel se trouve une église, je my rends de suite pour y dire la messe, C'est l’église 8.

AMoyse, qui me parait ancienne, mais qui est cependant fort belle.

Aussitôt après mon déjeûner, je me mets à la visite de la ville, Poursuivant la rue où je me trouve, laquelle est toute

676 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM

bordée de magazins à vitrines plus on moins riches, je tombe, après quelques pas, sur la place S. Marc, en face de la cathé. drale,

La place forme un grand carré long, tout pavé en pierre et bordé sur trois de ses côtés par des magazins portant une espèce de portique continu, qui met Jes visiteurs à l'abri du soleil et de la pluie. Le 4e côte est rempli par la cathédrale même, qui présente un coup d'œil maguifique et qui est très riche à l’intérieur,

Tous les voyageurs qui ont visité Véuise, nous parlent de ses pigeons, Et de fait, ils sont en iminense quantité, Comme je débouchais sur la place, je vis une jeune fille sortint d’une maison en tenant son tablier relevé, s’avancer un peu et faire un appel ; aussitôt une multitude de volatiles arrivent de tous côtés et se disputent la prate aux pieds de la jeune fille, pour s'emparer des miettes qu'elle leur jette,

Tout à côté de la “uhédrale, s'étend vers le $S. une autre place où plutôt un quai, si tant est que La mer la baigne à son extrémité, bordée des deux côtés d’inimenses palais et des plus riches, statues, corniches en marbre, fenêtres sculptées, etc. C'est l'ancienne demeure des Doges au lemps où Vénise prenait rang parmi les nations independantes, et commandait en sou veraiue sur presque toutes les mers. Je me rends au bord de ce quai, et là je vois au bas des degrés un grand nombre de goudoles avec leurs conducteurs, qui attendent des pratiques

à la imanière de nos cochers. Des planchetites érigées de dis-

tance en distance por. ut le tarif de ces vehicules pour les ditferentee courses,

Ce n’est plus une rue bordée de maisons que nous avons ici en face, mais C’est la mer même dont cependant des îles en avaut nous disputent la vue, Ces îles sont toutes couvertes d'édifices au milieu desquels on voit les églises se distinguer par leurs proportions et les clochers qui les accompagnent, de descends daus la première gondole venue, et la prenant à

l'heure, je passe de l’une à l’autre de ces îles. On me conduit]

ensuite dans le grand canal, où je n'arrête à un certain endroit pou: visiter une verrerie des plus considérables,

Lei on wravaille le verre de toute façon ; on nous le montre en échevaux de toutes couleurs comme du fil, en bâtonuet pour Le soulage, en mosaïques, corbeilles, coiliers, bracelets et ornements de tout genre, "hais surtout dans Ces maguifiques

gle pli Ca Cri Po fau cad feu des:

orn con ture pas C’esi

deux posa décic les c

rues

latte pren d'app vu le drale toit, tours nompnN qu’on fini d’ J Borrc permel pour t N'estpour | mains breuse

Les, je tombe, e de la cathé-

avé en pierre s portant une rs à l'abri du la cathédrale et qui est très

ous parlent de utite. Comine sortant d’une un peu et faire rrivent de tous une fille, pour

e S. une autre à baigne à son Jais et des plus s sculptées, etc. | Vénise prenait nandait en sou:

uds au bord de | and nombre de tdes pratiques érigées de dis:

icules pour les

que nous avons idant des îles en utes couvertes s se distinguer ‘oipagnelt. de t La prenant à

On me conduit}

1 certain endroit se

uous le montré ll, en bâtonnet piliers, bracelets ces maguifiq ut

DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 677

glaces de Vénise, qui ont une réputation universelle, Rien de plus riche que de telles pièces. et je suis surpris que nos Crésus Canadiens n'aient jamais songé à s'en procurer. Je dis nos Crésus, cependant Les prix ne m'out pas parn extraordinaires, Pour une glace d'environ 7 pieds sur 5, 350 francs. Muisil faut remarquer que le miroir est complet par lui même, le cadre, de largeur proportionnée, est aussi en verre, et des feuilles de verre, d’une délicatesse extrême, sont ‘ajoutées par dessus avec d’autres ornements dans les coins, pour en faire un ornément de premier ordre dans un salon. Et rien à redonter contre les accidents dans le transport, car, me dit le manufactureur, nous les emballons de telle sorte que nous ne craisnons pas de nous engager à les livrer intacts au lieu de destination. C'est ainsi, ajouta-t-il, que nous les expédions au Brézil.

Revenu à mon hôtel pour le dîner, j'y fais la rencontre de deux ecclésiastiques, qui, arrivés le matin comme moi, se disposaient à partir par le train de 2h. de l’après midi. Je me décide à faire route avec eux, et à 2,30 h, nous sommes dans les chars en route vers Milan, où nous arrivons à 7.20 h.

Milan, samedi 4 juin.— Milan est une bien belle ville, à rues larges et droites. Mais ce qui la recommande surtout à l'attention des voyageurs, c’est sa superbe cathedrale, qui surprend d'autant plus que les autres constructions n’ont rien d'approchant d’un si vaste et si riche édifice, Nulle part je n'ai vu le marbre sculpté, façonné, frisé comme dans cette cathédrale. Les statues s’y comptent par centaines, On monte sur le toit, qui est en pierre comm: tout le reste, et ariivé près des tours, on est tout étonné de les voir remplies de niches sans nombre, et dans chacune de ces niches, se dresser des statues qu'on ne pouvait qu’à peine distinguer du bas, et quisount d’un fini d'exécution à ravir d’admiration,

Je dis la messe dans la crypte, sur le corps de S. Charles Borromée.

La cathédrale est précédée d’une vaste place, qui nous permet d’en bien saisir les proportions,

Comme je me plaisais à reporter ma mémoire en arrière, pour me représenter les scènes dont ce lieu fut autrelois témoin. N'est-ce pas ici que, vers La fin du IVe siècle, le peuple assemblé pour l'élection d’un évêque, en était sur le point d’en venir aux mains, par ce que l'hérésie d’Arius avait déjà fait de nombreuses victimes dans ce troupeau. Survient alors le gouverneur

RS MS ee

En à

678 DE QUÉBEC 4 *ÉRUSALEM

de la ville, qui harangue la foule avec une telle éloquence et tant de droiture, qu’on s'arrête tout étonné. Mais voila qu’un cri part de la foule poussé par un enfant que le ciel inspire: “ Ambroise évêque!” Et la foule de répéter: ‘“ Ambroise évêque !” Le Gouverneur, car c'était lui, s’en excuse s’en re. connaissant indigne il n’était encore que catéchumène. Mais Dieu a parlé par la bouche de cet enfant, et son oracle doit s’accomplir.

Ambroise renonce à sa dignité, s’instruit davantage, re. çoit le baptème, et presque sans interruption les ordres sacrés, De gouverne: r civil qu’il était naguères, le voici gouverneur spirituel de sa ville, il est revêtu de la haute dignité d'évèque

Mais laissons s’écouler quelques années, et nous allons voir l’appelé de Dieu agir aussi en envoyé de Dieu.

La ville de Thessalonique dans une sédition, avait mas. sacré un envoyé de l’empereur Théodose. Celui-ci, outré de fureur, livre la ville au pillage des soldats, qui mettent à mort plus de 15,000 personnes, saus distinction d'âge, de sexe ou c: ! condition.

Quelque temps après Théodose à Milan se présente pour entrer dans l'église, afin d'y assister aux cérémonies du culte, Ambroise va hardiment au devant de lui à la porte. Arrêtez, Prince, lui dit-il; comment les mains encore souillées du sang des victimes de Thessalonique, oseriez-vous vous montrer de vant le trône de Dieu !—Cependant, Seigneur, David coupablek d’'homicide et d'adultère, ne fut pas rejeté de Dieu.-—-Vons ci'ez David, et bien, imitez le dans sa pénitence. - Je rne repents, dit l'Empereur.

Et là dessus, Ambroise lui impose la pénitence publique. Pendant huit mois, il ne pourra entrer dans l’église; sans au cune marque de sa dignité, comme le dernier de ses sujets, il s’agenouillera à la porte et gémira sur ses péchés, pendant qu l’intérieur on priera le Ciel de lui pardonner.

Mais la pénitence est achevée, Ambroise vient solennelle. ment absoudre l'Empereur et l'introduit dans le lieu saint Le Prince, les pieds nus, couvert d’habits de deuil, ne veut pas mème rester genoux devant le ministre de Dieu, c'es

prosterné sur le pavé et le baignant de ses larmes, qu’il reçoi ‘assurance de son pardon.

Théodose, quel modèle à l’imitatian de tous les pécheurs Ambroise, Charles Borromée, quelles lumières, quels appui

pas sur vie qu’u \ oct : no:

Loi pror peut tout qui:

térêt

table térêt:

Rr'est

bleur si Le aveni l'arèn porte messe lire Le hêtete 10 ye:

e put eux | egari] ptituc uinbl

le éloquence et ais voila qu’un le ciel inspire:

r: “ Ambroise excuse s’en rehumène. Mais son oracle doit

, davantage, rees ordres sacrés, pici gouverneur jignité d’évèque et nous allons Dieu.

tion, avait maselui-ci, outré de i mettent à mor! # ge, de sexe ou €

de la doctrine et de la discipline de l’église ! Qu'il fait bon à un peuple de vivre sous un tel patronage.

Mes deux compagnons de route, étaient tous deux élèves en théologie à Rome, l’un français, était prétre depuis deux mois, il appartenait an diocèse de Bordeaux, et s’en allait prendre possession d’un vicariat dans cette ville qu’on venait de lui assigner. L'autre était Suisse, et n’était encore que diacre. Nous allions ensemble visiter l'exposition qui se tenait alors à Milan. J'étais fort aise de visiter une exposition européenne, et après avoir bien examiné le tout, j'avoue, qu’à part les arts, nos expositions pourraient soutenir la concurrence avec celle que j'ai vue. Mais en fait d'œuvres d'art, nous n'avons pas même une ombre de ce qu’il y avait d’exposé là. Rien de surpreuant. Pour nous, il nous faut avant tout songer à la vie ; dans notre pays. à peu près dépourvu de fortunes, il faut qu'un chacun cherche dans le travail à assurer son avenir, IL est hien naturel qu’on renousse l’agréable pours’atiacher d'abord,

Ÿ nou seulement à l’utile, mais même au nécessaire. Si du

Rouoins nos gouvernants et ceux à qui il incombe par devoir de

se présente pour émonies du culte, porte. Arrêtez, souillées du sang vous montrer de:

, David coupable ieu.—- Vous citer e ne repents, dit

ritence publique.

l'église; sans au r de ses sujets, il hés, pendant qu'à

vient solennelle.

ns le lieu saint ts de deuil, n tre de Dieu, c'es!

rmes, qu'il reçol

ES

us les pécheurs res, quels appui

promouvoir le progrès, savai:nt s'occuper un peu de ce qui peut Ini servir de base ; mais la science qui sert de pivot à tout progrès, semble souvent n'être pas même connue de ceux qui nous gouvernent, du moins sont ils prêts à sacrifier ses intérêts à la moindre amélioration matérielle...

Hélas! nous nous américanisons d’une manière épouvantable ; le culte de la matière l'emporte sur tous les autres intérêts. Et cherchez le patriotisme sincère ; on dirait que ce nest plus qu'un mythe. On ne le retrouve que dans les h4. bleurs des tribunes pour engueuier les badauds, Et on sait si le nombre de ceux ci est grand. Knnuyé d'attendre son avenir d’un travail continu et souvent pénihle, on se rue dans l'arène politique, où l’on a vu l'audace et l’effrouterie :’emporter si souvent sur la capacité réelle et l'honnêteté. Fromesses, menaces, mensonges éhoutés, tout est mis en jeu ; on lire les ficelles à gauche et à droite, on rit de ceux que l’honhètete écarte de sa route ; il faut arriver par n'importe quels

oyeus ; et de là ces scandales qui si souvent s’étalent devant e public, scandales qui ne sont cepend ant jue des exceptions à eux bieu plusnombreux que des voiles ténébreux dérobent aux égards. Qu'on favorise les sciences ; et avec Les heureuses ptitudes de notre peuple, on verra en peu d'années notre unble pays produire sou contingent, et en nombre respec-

Be mono dm ee presses 2 Eee vie ER Rem done eat

680 DE QUÉBEO A JÉRUSALUM

table, de sommités dans toutes les branches; architectes, astro. uomss, jeintres, naturalistés, musiciens, statuaires, etc., etc.

Il n’y avait pas moins de 10 à 12 pièces originales en fait de statues à l'exposition de Milan, et plus de 50 copies d'œuvres plus ou moins remarquables,

Un département fort intéressant était relui de la soie. On pouvait en suivre les différentes manipulations dans tous les plus petits détails, depuis le ruban de la largeur d’une ficelle, jusqu'aux damas les plus recherchés.

Nous laissons Milan à 2.50 h., et à 8.40 h. nous sommes à Turin, la capitale du ci-devant royaume de Piémont,

Depuis Véni<e jusqu’à Turin, j'ai admiré la beauté des Cannagnes que nous traversons, C'est partout nn sol uni, riche et admirablement bien cultivé. Aussi toutes ces campagues dénotent-elles un grand air d’aisance.

Nous desrendons à l'hôtel du Prince Amédée, tout près de la gare. Mais voici que mou compagnon français, M. Castaing. se trouve pris ici d’une migraine qui me fait craindre qu'il ne pourra pas continuer la route le lendemain. Son condisciple suisse, pisse une partie de la nuit à le soigner. Cependant, comme ce n'était pas la première fois qu’il ressentait de

semblables attaques, il assurait que ce ne serait rien, et qu’une |

dose de quinine qu’il prit de suite serait suffisante pour faire disparail: e tout malaise, Et en effet, dès le lendemain, il était sur pied.

Turin, dimanche 5 juin. — Je me rends avec M. Castaing à l'église S. Charies our célébrer. Je ne fus pas peu surpris de la trouver, vers les six h'ures, pleine de monde; et à chaque messe qui se celébrait, c’étaieut des communions à n’en plus finir.

Revenus à notre hôtel, nous n'avons pour ainsi dire que le temps de faire un petit tour dans les rues pour reprendie les chars à 9h, nous dirigeant sur Lyon Mais notre compàgnon suisse, se sépare de nous ici, se dirigeant pour traverser les Alpes par Le St. Gothard.

Plus nous avançous, et plus nous voyons grandir la chaine

des Alpes qui se dresse devant nous. Et bientôt nous com: mençons à gravir quelques échelons; nous passons même plusieurs tunnels d'une certaine étendue, On nous arrête à une petite station où nous pouvons prendre quelques biscuits au co.uptoir d une veudeuse, que plus d’un voyageur, anciennes

lu ve

architectes, astroaires, etc., etc.

originales en fait 50 copies d'œuvres

ui de la soie. On ons dans tous les eur d’une ficelle,

, nous sommes à ’jémont.

iré la beauté des ‘tout un sol uni, joutes ces Campa-

Amédée, tout près français, M. Casi me fait craindre demain. Son conle saigner. Cepenqu’il ressentait de rait rien, et qu’une iffisante pour faire lendemain, il était

vec M. Castaing à pas peu surpris de bnde ; et à chaque nions à n’en plus

our ainsi dire que ‘s. pour reprendie Mais notre compäaut pour traverser

s grandir la chaine bientôt nous con:

us passons même Ou nous arrête à quelques biscuits byageur, anciennes

connaissance probablement, se plaisent à étriver, mais qui savait fort bien se défendre, n'ayant pas froid aux yeux, comme on dit vulgairement, ni la langue dans sa poche.

Nous gravissons toujours des rampes et coupons des pointes par des tunnels. Déjà nous nous voyons tout près de la neige qui couronne les sommets au dessus de nos têtes, et à ma grande surprise, je vois accoilé au flanc d’une profonde ravine que nous suivons, un village avec son église au milieu. De terres cultivables on en voit à peine; et de quoi peuvent vivre ces malheureux ? Aussi l'apparence annouce-t-elle que l’'aisance cst loin de se trouver là.

Mais voici que tout à coup le train s'arrête, et qu'il nous faut faire 5 à 6 arpents à pi-d, chacun chargé de son bagage, sur un éboulis de glaise qui a glissé de la hauteur que nous avons à gauche dans la ravine qui est à notre droite, couvrant la voie de 10 à 20 pieds de terre ou même davantage. Les chars italiens viennent jusqu'à cet éboulis, et les chars français attendent de l’autre côté.

Enfin nous arrivons tout haletants à nos chars, ils sont à l'embouchure même du grand tunnel, Eblouis par le brillant soleil qu’il faisait au dehors, nous ne voyous plus rien lorsque nous entrons dans le tunnel. Ce west qu'à tatons que nous cherchons des places dans les divers compartiments, les lampes enfumées qu’on voit ça et là étant bieu insuffisantes pour nous éclairer convenablement,

Nous nous trouvons au complet, 10, dans notre compartiment, avec un surcroit de bagige nour nous gèner, et par dessus Le marché, deux femmes avec chacune un enfant, que La fraicheur de la neige voisine n’a encore nuileirent enrhumés, car ils s'égosillent tous deux de façon à nous déchirer les oreilles, Nous avançonstonjours bon train sous terre, cependant nous trou vous fort longues ces 40 minules que nous passons en telle compaguie.

Enfin les 10 milles de ténèbres sont passés ; nous avons laissé derrière nous l'Italie, et nous sortons à la lumière em foulant Le sol de la France. Nous somines à Modane, où nous mettons pied à terre, pour nous distribuer plus couvenablement dans les divers compartiments.

A Culoz, je fais mes adieux à M. Gastaing, qui se dirige, lui, directement sur Mâcon, pendaut que je continue, moi, vers Lyon.

La Savoie que nous parcourons ici a une bien mo lest: aprareuce ; C’est une espèce de gorge entre deux chaînes de montignes assez rapprochées, où ie sol ne parait pas des plus riches. Chambéry, sa capitale, n’a rien qui puisse frapper le passant.

Enfin, à 9.40 h. nous entrons dans la gare de Lyon, et prenant une voiture, je me renis de suite à l'hôtel de la Petite Bombarde, donton m'avait donne l’adresse,

Lyon, lundi 6 juin. — En sortant pour aller à l’église ce matin j'aurais pu me croire à Québec ; je m'y rends nar la rue St-Jean. je vois sur ane enseigne “ Damas, tailleur,” et je me trouve au pied d’un cas qui n’a pas pen de ressemblarce avec le nôtre lorsqu'on le voit de la basse ville,

Je suis accueilli avec une extrême bienveillance par le chanoïnesacristain, qui punr 1° pas me retarder, me fait célébrer dans le chœur d'hiver du chapitre, dont l'autel était libre dans le moment,

Après mon déjeûüner, je monte, par l’ascenseur, à Notre Dame de Fourvières, que je voyais sur le haut du Can. Mais cet ascenseur nous laisse encore à quelques centaines de pieds du vénéré sanctuaire. La rue des deux côtés est bordée de boutiques où l’on étile force objets de piété pour les visiteurs.

Le temps annonce de la pluie e° -! fait un vent du Sud si fort qu’on a peine à lui résister dans ia rue.

J'entre dans l’église où se chantait une grand’mnesse fort solennelle, avec une telle afluence d’assistants, que l'ensemble formait une masse compacte qu'il était presque impossibie de pénétrer ; ajoutez à cela des centaines de lumières allu mées de toutes parts, et vons pourrez juger de l'atmosphère qui y régnait. Aussi Cétait effectivement suffoquant, pour ceux surtout qu arrivaient du dehors. Je dus me retirer bientôt, car je sentais que les forc*s ailaient ine mauquer,

Au lieu de retourner à l’ascenseur, je descends par nn chemin en zigzags tout près ‘e l'église, jouissant un instant du maguifique coup d'œil qu'offre ce point élevé, qui permet d’embrasser du regard la vile entière qu’on à à ses piels, couvrant toute La poiute que forme le Rhôue dans sa jonction avec la Saône.

A 250 h. je me rends à la gare pour continuer ma route vers Paris. Le vent du matin s'est appaisé, mais c’est pour

bien mo lest»

ax chaînes de

t pas des plus

isse frapper le

e de Lyon, et el de la Petite

r à l’église ce eude par la rue leur,” et je me semblarce avec

eillance par le r, me fait céléiutel était libre

nseur, à Notre du Can. Mais ntaines de pieds est bordée de ir les visiteurs.

vent du Sud si

ne grand’inesse stants, que l'enpresque im pos:

es de lumières de l’atmosphère iffoquant, pour dus me retirer e manquer.

scends par un sant un insbant vé, qui permet a à ses piels, ans sa jonction

nuer ma route mais c'est pour

faire place à la pluie qui menace de durer longtemps, tant l'atmosphère parait chargée.

Partout ce sont des campagnes cultivées, avec un soin extrèir < Le sol parait aussi de fort bonne qualité. saus valoir cepe1 . t celui de la Beauce ou de la Normandie. Rien de surprenant si avec un tel soi, une culture si perfectionnée, l'amour du travail et l’esprit d'économie qu'on reconnait aux français, la France se range parmi les pays les plus riches et les plus prospères du monde,

A 5.30h. nous sommes à Mâcon, et à 8.32h. à Beaune, où j'avais eu quelque dessein de passer la nuit pour voir trois de mes compagnons de pèlerinage qui sont de cette ville. Muis comme tous trois étaient revenus par le N. de la Méditerrannée, je voulais savoir s’ils étaient de retour chez eux. Je m'informe donc à quelqu'un sur le trotloir, qui me dit connaître mes voyageurs d'Orient ec qu’ils n'étaient pas encore de retour. La pluie était cessée, mais je voyais tous les trottoirs et les rues baignés d’eau. Je re décide de suite à poursuivre pour passer la nuit à Dijon, où J'arrive à 9.34h.

Je me sentais fatigué, d'autant plus qu'un fort rhume que j'avais pris en passant la nuit dans les chars entre Lorette et Vénise, me tourmeutait sans cesse ; j'avais grande hâte d'être rendu à Paris pour prendre quelques jours de repos.

Dijon, mardi T juin.--Je crus ne pouvoir pas célébrer ce matin, tant la toux m'avait fatigué durant la nuit, Je me contentai de visiter les églises. D'abord la cathédrale 8, Bénigne, superbe édifice gothique. C’est dans cette égiise que S. Fran çois de Sales prêchant une retraite, remarqua pour la première fois Madame de Chantal, jeune veuve älors et qui devint ensuite la fondatrice de la Visitation et cetie Ste Jemue que nous connaissons tous, Ces deux saints étalent faits pour se completer l'un par l'autre, aussi du moment qu'ils se eonnurent u'y eut-il que la mort pour rompre leur sainte union. Ei mème les auteurs de la vie du graud evêque de Genève rapportent que le saint étant mort à Lyon, où rapporta son corps à Anneçy, et que Ste Chantal ayant eu la permission d'aller prier devaut sa dépouille, on vit le mort élever le bras et lui donner ue dernière bénédiction.

Je visite aussi l’église S. Jean et celle de S, Michel qui est très ancienne,

684 DE QUÉBFC A JÉRUSALEM

À 9.15h. je reprenls les chars. A 2.11h. nous faisons à Laroche un arrêt de 6 minutes dont je profite pour faire provisiou de uâteaux avec lesquels je fais mon diner. A 6.15h. nous passons à Fontainebleau, si célèbre par son incomparable forêt et pour avoir été le théâtre où Nañoléon 1er dût renoncer à cette suprême autorité lout il n'avait usé, pour ainsi dire, que pour humilier ses ri‘aux et troubler la paix du monde,

Eufiu à 8.19h. nous eutrions dans la gare le Paris.

us faisons à ir faire provi- A 6.15h. nous nparable forèt ût renoncer à insi dire, que monde.

Paris.

DE QUÊBEO À JÉRUSALEM 6865

Paris; M. Bolduc.—Le Père Lachaise; Musées du Touvre ; Musées ‘in Luxembourg.—Les Invalides.— Ordination.—Versailles.—S, Man. dé; Missions étrangères.—Le Jardin des Plantes.—Le Bois de Boulogne—S. Denis. — Eglises.—Départ.— Amiens. — Boulogne-surmer.—Folkstone; Londres.—Le British Museum ; Musée de Mad. Tussault; Regent’s Park; Hyde-Park; Westminster Abbey.— Liverpool.—Moville.—L'océan.—Terreneuve ; Côtes du Labrador ; le Golfe; Anticosti; la côte du Sud.—Arrivée à Québec.—Conclusion.

Paris, mercredi 8 juin.— Je retrouve M. Bolduc à nntre hôtel S. Sulpice. Il était passé par la Suisse, le Rhin et la B:lgique pour revenir à Paris.

Je fais la connaissance de jeunes médecins Canadiens qui sont venus ici compléter leurs études. Ce sont MM. Dupont des Trois-Rivières, Lacaille et Godin de Montréal, Asselin de Joliette, et un jeune Normand, de Montmagny, qui arrive des Etats-Unis. Bien que nous ne nous connussions pas auparavant, notre communauté de vues, jointe à notre nationalité, nous rend frères dès le premier moment. Tous les soirs ils se rendent à ma chambre, et nous passons les plus agréables soirées à nous entretenir du pays.

À part M. Normand qui est un ouvrier, tous les autres sont des médecins diplôraés. Venus ici pour compléter leurs études médicales, ils emploient scrupuleusement leur temps à A l'étude des cours qu'ils poursuivent ; c’est à peine s'ils prennent quelques heures les dimanches pour visiter la ville ; et j'ai pu

686 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM

me convaincre de plus qu'aucun d’eux n’avait encore oublié sa qualité de catholique en en négligeant les devoirs. Nous faisons plusieurs excursions ensemble pour visiter la ville, eutre autres le cimetière du Père-Lachaise, le Bois de Boulogne, S. Denis, etc.

Le Père-Lachaise n’a pas répondu à ce que j'en attendais; je l’ai trouvé bien inférieur, en fait de monuments remarquables. au cimetière S. Laurent de Rome, et a plusieurs autres que j'avais visités aux Etats-Unis. Sins doute il s’y trouve de: pièces bien capables d'attirer l'attention, mais il y a confusion dans la multitude et le rapprochement des monuments, et ce sout bien plus les personuages historiques dont les noms ins crits évoquent le souvenir qui excitent l'intérêt, que le grandiose ou l'architecture des monuments mêmes.

Paris, jeudi 9 juin. Je consacre cette journée à la visite des Musées. Je commence par ceux du Louvre.

Quels immenses trésors, en fait d'œuvres d’art et de productions du génie, sont renfermés icil Mais aussi, quelle ab. sence des convenances et quel dévergondage d'imagination de la part des artistes! C'est parfois d’un réalisine dégoûtant, et dans un grand noinbre de pièces, on cherche en vain l'idéal du beau qui aurait dû inspirer l’auteur; on ne trouve que de ré. vollantes représ:utitions qui w'out l'air à s’alresser qu'aux bas sentiments d’une nature pervertie.

Encore plus que dans les musées de Rome, on voit ici une foule d'artistes occupés à copier les œuvres les plus recommandables des grands maîtres, Et parmi ces artistes, un bon nombre du sexe délicat, et souvent d’uu âge dont les années et les études ne peuvent encore avoir müûri le jugement.

Les Musées du Luxembourg sont à peu près semblables à ceux du Louvre, Il y a, m’a-t-on dit, cette différence. C'est qu'au Luxembourg toutes les œuvres de quelque mérite du salon de chique année sont exposées là d’abord, et on en fait ensuite un choix pour les transporter au Louvre, de sorte que les pièces sont moins choisies et sont souvent ent: emêlées à des productions de peu de mérite.

Paris, vendredi 10 juin.—Nous portons nos pas, ce matin, dans la direction de l'O. pour visiter les Invalides. L’établisse. ment des Invalides, comme l’on sait, est une retraite pour les militaires blessés ou hors d'état de service qui sout sans res

sel dit cr'é

rer av

des

t encore oublié y devoirs. Nous visiter la ville, le Bois de Bou-

e j'en attendais ; nets remalrquasieurs autres que L sy trouve de:

il y a confusion nonuments, et ce

ut les noms ins rêt, que le gran-

ournée à la visite

re.

38 d'art et de proaussi, quelle abd'imagination de

une dégoûtant, et en vain l'idéal du trouve que de ré-

Lresser qu'aux bas

e, on voit ici une s plus recommanartistes, un bon dont les aunées et ugement.

près semblables à différence. C'est nelque mérite du ord, et on en fait ivre, de sorte que nt ent emêlées à

os pis, ce matin, hlides. L'établisse.

B retraite pour les qui sout sans res

sources. C’est là aussi que se trouve le tombeau de Napoléon ler, dont on a rapporté les restes en 1841 de l’île Ste Hélène. C'est un monument des plus riches de Paris.

Nous ne manquons pas, étant dans ce quartier, de faire visite à M. l’abhé Baron, aumônier de notre caravane, qui parti malade, en était revenu plus mal encore. M, Baron, qui a depuis succombé aux suites de sa maladie, était un prêtre zélé, rempli de piété, d’une humeur charmante, et possédait de très vastes connaissances, Son compagnon de tente en Galilée et en Syrie, de chambre au Carmel, à Beyrouth, dans le steamer c'était à chaque fois pour moi un nouveau plaisir que de pou. voir jouir de sa conversation. Il fut enchanté des deux jeunes Canadiens que nous lui présentâäines. ‘ Je retrouve en eux, m'a-t-il plusieurs fois répété plus tard. les allures franches et naïves de ceux de nos jeunes militaires que le contact des compagnons du camp n’a pas encore pervertis.”

Coinme nous étions chez M. Baron, arrive une visiteuse dont la rencontre ne nous fut pas peu agréable. C'était Mademoiselle de Ghelke, de Belgique. Ayant opéré le retour d'Orient par Smyrne, Coustantinople, etc. elle ne faisait que d'arriver directement de Marseille. La bonne entente qui a constamment régné entre tous les meinbres de notre caravane, nous a créé des liens que jamais rien ne pourra rompre, et qui nous rendront toujours chère toute occasion que nous pourrons avoir de les renouveler.

Paris, samedi 11 juin.— Comme c’est aujourd'h'i le samedi des quatre-temps, l’éghise S. Sulpice prend un caractère tout particulier par la noinbreuse ordination que vient y faire Mgr Richard, coadjuteur du Gardinal Guibert, archevêque de Paris. Les ordinants sont au nombre de 65, des divers ordres, L'assistance est assez nombreuse ; mais la cérémonie ne revêt pas ce caractère majestueux et imposant qu’elle prend dans la cathédrale de Québec dans de telles circonstances. Et d’abord

LA D) à ?

l'autel étant très rapproché du balustre, le chœur se trouve trop petit, si hieu qu’une grande partie des ordinants se trouvent obligés à déborder dans la nef, en contact avec les assistants qui rapprochent leurs chaises autant qu’ils le peuvent, Il y a confusion dans les cérémonies et absence de cette solennité, de cette réserve qui placent les ministres des autels aux postes qu'eux seuls ont le droit d'occuper dans les teinples sacrés,

Pour cette cérémonie comme pour bien d’autres dont j'ai

[Lo ‘um

= ‘À ju “Æ — LÉ IL2 ULL£ us.

AN NDS KL AN | 4 " "€ PC AN togra D Se Pho phic 23 WEST MAIN STREET en, a TE not" d

Corporation

688 , DB QUÉBSO A JÉRUSALEM

été témoin à Rome. à Naples et ailleurs, je trouve que nous sommes bien plus particuliers en Canada, sur le décorum que nons savons y observer et les plus petites prescriptions que nous nous gardons bien d'omettre, ce qui ne contribue pas peu à ajouter à la solennité et à faire l'édification de l'assistance.

C'est Versailles que nous avons choisie pour notre excursion de ce jour.

Nous nous transportons d’abord près du Louvre, pour prendre là la diligence qui nous y conduira. Nous préférons le service de la diligence à celui du chemin de fer, par ce que le trajet étant moins rapide, nous permet de jouir bien d'avan. tuge de la vue de la campagne.

Nous traversons la Seine en face de Sèvres, village célèbre, comme on sait, par ses manufactures sans pareilles de fines porcelaines.

Les maisons bordent presque continuement la route depuis Sèvres jusqu'à Versailles, comme une rue de ville.

Versailles est une petite ville qui n’attirerait l'attention de personne, n'était la résidence royale qu’elle possède, et par suite le dénouement de plusieurs faits historiques dont elle fut le théatre, On sait qu'il n’y à encore que quelques années, c'était à Versailles que s’assemblaient les chambres françaises. On u'a pas oublie non plus qu'en 1871, l’empereur Guillaume de Prusse vint y établir ses quartiers généraux, pour infliger à la France cette humiliation dont elle ressent encore tout le poids, et dout, sans uul doute, elle saura tôt ou tard exiger réparation.

Le château de Versailles, que tous les Bourbons ont successivemeut habité, est une très vaste construction, à extérieur assez ordinaire, mais d'une grande somptuosité à l’intérieur.

Si le Louvre est le musée du génieet du talent de la France, Versailles est celui de ses gloires militaires et administratives, car tous les braves soldats, les grand diplomates, les sages rois qui out contribué à mettre la France à la tête de toutes les nations du monde, ont ici leur inscription, soit dans des marbres nous en représeutant les traits, ou dans des peintures nous les montrant à l'œuvre. Quelles toiles immenses et sans nombre de batailles où Les soldat français ont fait primer l'honneur de léur patriet Les nations du globe sont presque toutes appelées les unes après les autres à servir de marche pieds à la gloire du pays de nos ancètres.

rouve que nous le décorum que escriptions que ntribue pas peu le l'assistance.

ur notre excCur-

lu Louvre, pour

Nous préférons > fer, par ce que uir bien d’avan-

, village célèbre, areilles de fines

t la route depuis rille.

ait l'attention de possède, et par ues dont elle fut esannées, C'était françaises. On ir Guillaume de bour infliger à la pre tout le poids, d exiger répara-

burbons ont suction, à extérieur é à l’intérieur.

du talent de la litaires et admiand diplomates, ance à la tête de iption, soit dans u dans des peinles immenses et ont fait primer be sont presque rvir de marche

Les visiteurs sont admis à parcourir les diverses pièces du château. La salle des glaces nous montre tous les murs couverts de ces superbes glaces de Vénise qui nous renvoient notre image, de quelque côté que nous nous tournions.

On nous montre ia chambre de Louis XIV étant enfant, celle de l’infortunée Marie Antoinette, etc., etc.

Après l'inspection du palais, nous visitons aussi le parc, les bosquets . les pièces d’eau, etc. ‘En voyant ces riches constructions, ces bosquets si bien allignés, ces gazons tondus, ces parterres à fleurs si variées, ces massifs si bien taillés, si bien entretenus, ces allées ombragées, etc., je me disais : tous les hommes courent après le bonheur sur la terre; les grands personnages qui ont habité ces lieux en ont-ils possédé une plus large part qne le pauvre qui vit dans sa chaumière du fruit de son travail ?.... Certainement non; il s’est dévoré plus de soucis cuisants, d’amertumes de tout genre sous ces coquettes charmilles et ces lambris dorés, que dans la pauvre demeure de l’humble ouvrier, ou dans la cellule étroite et nue des reclus volontaires de la piété, que nous visitons avec respect dans les couvents et les monastères. Les grands personnages qui ont passé ici ont fait des actions d'éclat ; le monde a parlé d'eux; ils ont été couverts de gloire. Mais la gloire qu’ils recherchaient a-t-elle pu l:4 rassasier? En outils trouvé suivant leurs désirs? Hélas le cœur de l’homme est un abyme ! Mais le sage qui l’a sondé cet abyme du cœur humain, a compris la véritable grandeur, il a de bonne heure commandé àses appétits déréglés, il a vaincu le monde qui aurait pu le troubler, et ayant trouvé la paix en Dieu, il a trouvé le bonheur ; il a été heureux.

Que d'illustres personnages qui ont pendant quelque temps occupé le monde de leur nom, sont aujourd'hui oubliés, ou peut-être honnis et exécrés! Lorsque des deshérités de la fortune ou des pauvres volontaires qui ont vécu dans l'oubli et l’abjection, sont aujourd'hui exaltés, honorès, vénérés de tous, Ce qu'il y a de consolant pour tous, c'est qu'à la fin une infaillible justice présidéra à tout, et que cet équilibre que nous ue pouvons sonvent reconnaître dans le conflit des éventualités qui nous environnent, sera un jour établi pour la satisfaction de tous. C'est alors que l'humble, le pauvre, le délaissé d’aujourd'hui s’écrira en toute conflance. “ In te, Domine, speravt

a — Ÿ | & RE

non confundar in æternum. J'ai compté sur vous Seigneur, je ne serai pas confondu dans l'éternité. ”

Paris, dimanche 12 juin.— Nous allons dans l'après midi, à la demande de M. Asselin, faire une excursion à St Mandé, St- Mandé est un village dans la hanNene de Paris, du côté de l'est. M. Asselin avait là une connaissance daus la personne de l’un des Clercs de St-Viateur qui y tiennent un :tablissement d'éducation. Ce fut pour nous une agréable excursion, qui nous permit d'examiner un quartier de la vaste capitale que nous n'avions pas encore visité.

Comme il nous fallait changer d’omuibus à la porte de la ville, nous avons eu le temps d'examiner les retranchements, ou plutôt le lieu des campements des Prussiens lors du siège de 1871.

Paris, lundi 13 juin.— Nous nous rendons dans la rue du Bac pour visiter le Séminaire des Missions étrangères. La chambre des martyrs surtout nous intéresse vivement. On a réuni là tous les instruments qui ont servi à torturer les courageux missionnaires qui, dans ces dernières années, ont versé leur sang pour confesser la foi de Jésus-Christ, particulière. mens en Chine et au Thibet : chaînes, cangues, menotes, verges etc., avec divers articles ayant appartenu à ces confesseurs de la foi, comme soutanes souillées de sang, chaussures, lettres, etc., etc.

Les vastes jardins du Luxembourg étant tout près de ma pension, je ne manque pas d'y faire de fréquentes visites. Mais c'est surtout au Jardin-des Plantes que je me plais particulièrement, Il y a là amples sujets d'étude pour un naturaliste, Je ne regrette qu’une chose, c'est de n'avoir pas plus de temps à ma disposition pour suivre les cours intéressants qu'on y donne.

J'écoute aujourd’hui M. le Piofesseur Milne Edwards donnant son cours de zoologie. Il en était dans les maiminilères aux porcs-épics. Le professeur est dans l’aliée en face des loges où des enclos où sont renfermées les bêtes. Une foule se presse autour de lui, J'en remarque un bon nombre tenant des carnets et notant les explications données. Ce son!, je suppose, les élèves de l’université qui auront à rendre compte plus ta: d ou du moins à passer examen sur cette branche des sciences.

M. le professeur, qui est jeuue encore, parait posséder au

Jeigneur, je ne

l'après midi, à St Mandé. Stlu côté de l'est. sonne de l’un ement d'éducaui nous permit > nous n'avions

à la porte de la etranchements, 1 lors du siège

dans la rue du étrangères. La ivement. On a orturer les couunées, ont versé ist, particulière- | inenotes, verges :s confesseurs de iussures, lettres,

tout près de ma ites visites. Mais he plais particur un naturaliste.

as plus de temps ‘essants qu'on y

1e Edwards donles maiminilères ‘ée en face des 8, Uue foule se nombre tenant Ce sou!, je sup:

rendre compte stte branche des

rait posséder au

parfait le sujet qu’il traite. Sans se perdre dans des divagations diffuses, ni chercher à en imposer par des théories nouvelles, il se renferme dans un pur éclectisme pour ne présenter

que des appréciations raisonuées et pouvaut être comprises de tous.

Les gardiens entrent le plus souvent dans les loges des animaux pour les faire sortir et les tenir en vue du public, qui peut juger de suite, le plus souvent, de l'exactitude des faits qu'on expose.

Des porcs-épics il passe ensuite aux singes, qui nous amusent beaucoup par leurs gambades et leurs excentricités. Le Professeur nous fait sur'out admirer la force musculaire de ces quadrumanes., Des poteaux en fer, de 2 pouces de diamètre, sont disposés à 20 pieds de distance les uns des autres, et très souvent, un singe grimpant à l’un de ces potaux se transporte d’un bond au poteau voisin, avec la plus grande aisance.

Que de moyens d'acquérir des connaissances, de s'initier à l'étude des sciences où d’en poursuivre le cours, sont mis ici à la disposition de tout le monde.

Le Jardin-dex Plantes forme nn immense enclos, planté d’une quantité d'arbres pour prêter leur ombre aux visiteurs et aussi aux centaines d'animaux qu'on garde ici de toutes les parties du monde, depuis des colosses d'éléphants, des rhinocéros, d'énormes tortues, etc, jusqu'aux oiseaux mouches, anx serpents et anx plus petits rongeurs. Et tous sont 1à exposés à l'inspection du public, chacun avec son nom technique, son nom vulgaire et le lieu de sa provenance,

Les allées sont en dédales à travers les enclos et les pièces d’eau, et par ci par-là sont semées de bancs pour permettre aux visiteurs de se reposer. Eu plusieurs endroits j'ai rencontré des artistes avec chevalets, crayons et couleurs, occupés à peindre des animaux qu'ils avaient devant eux.

Diverses bâtisses distribuées çà et là renferment les collections qui ne peuvent être exposées en plein air, comme les animaux montés, les spécimens d'anatomie, les insectes, etc.

La partie de l’E.,qui donne spécialement son nom à l’établissement, est occupée par le jardin botanique. On voit dans un compartiment les plantes medicinales, à côté les tinctoriales, les textiles, etc., et ailleurs, la collection générale, c'est à-dire la classe entière des végétaux rangée suivant ses divisions en

692 DB QUÉBEO A JÉRUSALEM

embranchements, tribus, familles, genres et espèces. La conservation d’un tel jardin exige des soins continuels et assidus, car souvent une plante requérant beaucoup d'humidité, se trouve à côté d’une autre demandant un sol sec et léger. (C'est par suite de cette difficulté, je pense, que j'ai pu constater de nombreuses absences parmi surtout les arbrisseaux et les sous. arbrisseaux. Plusieurs espèces de notre Flore ne figurent pas là. Ils auront péri, je suppose, et on aura négligé de les remplacer.

Paris, mardi 14 juin.—C'est au Bois-de-Boulogne que nous portons aujourd’hui nos pas.

Il y a sur la Seine un double service de petits bâteaux-à. vapeur, ce sont les Mouches et les Hirondelles, que l’on distingue par la couleur. Nous prenons donc une Mouche pour nous rendre à St-Cloud, qui se trouve au N. du Bois-de-Boulogne. Nous avions occasion par là de voir Paris sous un nouvel aspect, et prenant le Bois-de Boulogne en arrière, il nous faudra le traverser pour revenir, ce qui nous permettra de le bien examiner.

Le trajet sur la Seine est des plus agréables, Le bateau nous entraîne avec une grande vitesse en suivant le courant au dessous des arcades des ponts. Un peu au delà des Invalides, les rives sont désertes, comme en pieine campagne. Puis, nous passons devant Sèvres, et nous arrêtons plus loin à St. Cloud. Le quai est sur la rive N. du fleuve, mais nous le traversons aussitôt sur le pont qui se trouve là, et tommbons de suite dans le Bois de-Boulogne. Nous ne savions pas quelle distance nous avions ainsi à parcourir à pied, car si nous l’eussions connu, nous aurions retenu le service d’une voiture, pour faire une telle course, par une chaleur écrasante et souvent dans des chemins bordés d'arbres et d’arbrisseaux où le vent ne pouvait se faire sentir. Aussi élions-nous rendus, lorsque nous atteignimes la barrière de l'Étoile qui est l’entrée par où l'on pénètre dans le Bois-de Boulogne en venant directement de Paris. Nous étions si fatigués, que nous remimes à un autre jour la visite du jardin d’Acclimatation, et pour l'avoir remise, j'ai ainsi perdu l’occasion de le visiter qui ne s’est plus présentée ensuite.

Le Bois-de-Boulongne est un parc immense par son étendue, aussi ceux qui ne veulent que le visiter font-ils bien de prendre une voiture à l’entrée, car on n’en trouve plus ailleurs, Ce parc est inférieur en ornementation à plusieurs que j'ai

spèces. La conuels et assidus,

d'humidité, se -etléger. C'est pu constater de aux et les sousfigurent pas là:

le les remplacer.

alogne que nous

petits bâteaux-à.

ue l'on distingue uche pour nous ois-de-Boulogne.

sous un nouvel re, il nous faudra iettra de le bien

ables. Le bateau aivant le courant au delà des Inva- » campagne. Puis, s plus loin à St-

ve, mais nous Île là, et tombons de avions pas quelle car si nous l’eus-

une voiture, pour

asante et souvent sseaux où le vent s rendus, lorsque st l'entrée par où nant directement

is rernimes à un n, et pour l'avoir qui ne s'est plus

bnse par son éten-

font-ils bien de uve plus ailleurs.

blusieurs que j'ai

visités aux Etats-Unis, mais son immense étendue fait qu'il met, pour ainsi dire, une campagne à la disposition des habitants de la vaste capitale, qui vont y passer des journées entières dans les prés tondus, les bosquets, les forêts incultes, etc.

Après avoir admiré le monument de la barrière de l'Etoile? nous prenons un omnibus pour revenir en ville. Nous passons le Trocadéro, la place de la Concorde, et nous arrètons au jardin des Tuileries, où devait commencer quelques minutes plus tard un concert donné par la bande de la République, qui passe pour le premier corps de musique qu'aucun autre n'a encore pu surpasser,

Nous payons deux sous pour nous assurer des sièges en dedans de l’enceinte rapprochée des exécutants — car ceux qui veulent se tenir debout en dehors ne payent rien — et tout en nous reposant, nous écoutons la musique de la célèbre bande. On joua des morceaux—on nous en passa le programme— fort difficiles, et d’une exécution parfaite, où les dilettanti pouvaient trouver ample matière à leur admiration, mais où le commun des mortels aurait pu désirer plus de mouvements, un ‘“hythme plus accentué, car presque toutes les pièces étaient des sirs doux et à mesure lente.

Ce qui m'étonnait surtout c'était de voir la foule immense réunie là pour entendre cette musique. Mais rien de surpreprenant, me dit un voisin à qui je faisais cette remarque, comptez donc les désœæuvrés dans une population d'un million et demi? Paris, continua-t-il, possède 34 théatres, dont le nombre de places varie de 800 à 1500, et bien, tous les soirs, ces sièges sont remplis ei un grand nombre souvent s'en retourne sans avoir pu se trouver une place.

Paris, mercredi 15 jnin.—M. Bolduc qui veut pousser une pointe à Jersey et en Irlande, se sépare encore une fois de moi, en me donnant rendez-vous à Moville, à bord du steamer qui doit laisser Liverpool le 23 pour Québec.

En compagnie de MM. Dupont & Asselin, je me rends à S. Denis pour visiter les tombeaux des rois. C’est un trajet en chemin de fer d’une quarantaine de minutes.

La plupart des rois ont de superbes mausolées, qui nous rappellent par leurs marbres ceux des papes et des ca:dinaux de Rome ; mais hélas ! ces mausolées sont là pour indiquer où ot reposé Les restes de ces grands priuces qui ont gouverné la

EE eee

RE PT ES = rs RE Fe SEE ami

694 DE QUÉBEC À JÉRUSALUM

France ; mais ils sont vides, leurs cendres n'y sont plus. Les Vaudales de la révolution sont passés ici, el ont tout balayé, Au nom de la liberté, les prêtres, les nobles, et tous ceux que le génie où le talent élevait au dessus du vulgaire, furent traiués sur l’échafaud ; et au nom de la liberté on viola les sépultures et on arracha de leurs sépulcres les restes des princes qui ont imprimé à la France ce caractère de grandeur qui l’a toujours distinguée, pour les faire voler au vent. Jamais l'arbitraire, la tyrannie, le despolisme n’ont eu de plus zélés partisans que ces monstres révolutionnaires agissant au nom de la liberté !

On sait que le chapître de S. Denis, se compose presque entièrement d anciens évêques, qui viennent finir ici, dans la retraite et la prière, le reste des jours qu’ils ont consacrés à un

ministère plus actif et souvent semé de mille difficultés. Maisk , attendons, aujourd’hui encore la France est sous le régime de , révolutionnaires qui ne craignent pas plus que ceux de 1793 d'exercer l'oppression au nom de la liberté ; la suppression des traitements des chanoines de S. Denis ne se fera pas longtemps Ë attendre, après qu'on aura effectué celle des autres ministres k du culte, dont on a déjà agité la question. d Paris. samedi 18 juin.—Les jours s’écoulent rapidementE , dans la visite de la grande ville, ses églises, ses parcs publics, E & ses musées, ses riches boutiques, ses bibliothèques, seslibrairies, E à

etc., offient tant d'intérêt, qu'une visite ne peut suffire pour celui qui veut un tant soit peu apprécier le tout ; et cependant mon départ est arrêté pour le lendemain. Il me faudra aussi consacrer quelques jours à parcourir l'immense métropole de l'empire Britannique, où j'aurai à faire quelques acquisitions en fait d'ouvrages pour les études que je pouisuis.

Mais si Le temps que j'ai passé à Paris a été bien trop court suivant mes désirs, d’un autre côté le lecteur peut voir qu'il a été très activement employé. Les musées du jardins des Plantes m'out surtout attiré plus d’une fois, de mème que certaines librairies d’où je ne suis pas toujours revenu les mains vides,

Paris, dimanche 19 juin.— Je vais, comme à l'ordinaire, dire la messe à S. Sulpice, et peu après je me rends à la gare du Nord pour prendre la route d'Angleterre par Boulogne e Folkstone.

On nons donne quelques minutes à Amiens pour prendr le diner, mais trop peu pour nous permeitre de visiter la ville

y sont plus. Les ont tout balayé, et tous ceux que vulgaire, furent erté on viola les »s les restes des tère de grandeur r au vent. Jamais eu de plus zélés agissant au nom

compose presque finir ici, dans la nt consacrés à un , difficultés. Mais sous le régime de que ceux de 1793 la suppression des fera pas longtemps s autres ministres

oulent rapidement ses parcs publics, bques,ses librairies, peut suffire pour tout ; et cependant | me faudra aussi ense métropole de ques acquisitions uisuis.

été bien trop court r peut voir qu'il à jardins des Plantes ème que certaines

les mains vides.

e à l'ordinaire, dir euds à la gare du e par Boulogne €

iens pour prendr > de visiter La ville

DE QUÉBEO À JÉRUSALEM 695

Ah. P. M. nous étions à Boulogne, et un quart d'heure ‘après je disais adieu aux côtes de France.

Boulogne est une bien jolie ville, et possède surtont une magnifique grève de beau sable, aussi estelle une place très fréquentée pour ses bains.

Le temps est beau, la mer à peu près calme, la traversée de la Manché n’est pour ainsi dire qu’une agréable promenade sur l’eau, C’un peu plus de deux heures. C'est à peine si nous perdons la terre de vue, les côtes d'Angleterre se moutrant aussitôt que disparaissent celles de France.

Une foule assez considérable garnissait le quai angliis. Les officiers de douane se moutrent des plus aceoimodants, Les deux questions de rigueur au sujet du tabac et de l’eau-l:-vie sont posées, et sur notre réponse négative, nos malles reçoivent la marque officielle sans qu’on nous les fasse ouvrir.

Nous passons du quai aux chars qui sont là tout près ; mais quel jeu d'avant et de recul avant de nou mettre en march: ; plus d’une fois je me crus définitivement parti, et aussitôt s'operait le recul qui nous ramenuait sur une élévation où nous dominions la ville toute entière. Quelle solitude dans ces villes anglaises aux jours du dimanche! C’est à peine si pare ci, par-là on voit quelques personnes isolées dans les rues. On dirait une ville subitement abandonnée par ses habitants.

À 6.15 h. nous descendons dans la gare de Charing Gross, et cinq minutes après j'éteis à ma pension du Lutgate Ci vus, où à ma grande surprise, je retrouvai mon compagnon M. Bolduc. Il avait mis de côté l’excursion qu’il avait projetée à Jersey, pour ne se contenter que de celle de l'[rlande.

Si j'ai été surpris de voir Folkstone déserte et silencieuse, je le suis autant de voir Londres tout agitée et aussi bruyante que durant la semaine ; les tramways, les omnibus, les che. mins de fer font leur service, et les piétons encombrent les trottoirs. Cependant nulle part l’affligeant spectacle d'ouvrier: à l'ouvrage comme on le voit en France et en Italie,

Londres, lundi 20 juin.—M. Bolduc voulant toujours faire une petite excursion en [rlande, prend le train de Liverpoul de 10,30 h. La visite qu’il me tardait le plus de faire à Lou. dres, était eelles du British Museum. Aussi ne suis-je pas leut à m'y rendre ce matin.

Quel immense musée! Et non seulement les snécimens sont nombreux, de qualité supérieure, mais ils sout disposés

avec un art qui ajoute encore à l'intérêt qu’on peut lenr por. ter. C'est partout un luxe d'ameublement et d'exposition dans chaque département, des plus recherchés.

Les coquilles ont particulièrement attiré mon attention, aussi ai-je consacré la journée presqne entière à leur examen, J'ai pu trouver là la solution de plus d'une difficulté que j'âvais sollicitée en vain depuis longtemps de divers côtés. J'avais noté les caractères de plusieurs pièces douteuses de ma”collection, et j'ai pu là écarter des doutes et corriger certaines erreurs d’une manière sure, Quelle immense ressource pour l’étnde! Comme la détermination des espèces devient facile avec de telles collections ! Avec l’apathie que la plupart de nos maisons d'éducation montrent de ce côté là, et l'hostilité j’oserais dire qu'y mauifeste notre gouvernement, i! nous faudra attendre encore longtemps avant de pouvoir jouir de tels avantages.

Après le British Museum, je passe à un musée d’un antre genre, c’est celui de Mad. Tussault, Ici ce ne sont point des spécimens d'histoire naturelle qu'on exhibe, mais bien des personnages en cire, Depuis Luther, Calvin, Cromwell, jusqu'à Pie IX étendu sur son lit de mort, on nous montre les portraits de plus de 300 personnages célèbres, de grandeur naturelle, et avec les costumes qu'ils portaient, Toutes les têtes couronnées du jour, la reine Victoria avec sa famille et ses ministres, et une foule d’autres personnages distingués sont là, à oser devant les visiteurs, dans des accoutrements et des costumes qui leur sont propres. Le coup d'œil est partout frappant de vraisemblance et excite un grand intérèt,

Il y a une anuexe au fond de la salle principale qu’on qualifie de “ chambre des horreurs.” Là sont les portraits de tous les grands scélérats qui se sont distingués par leurs crimes, les Robespierre, les Tropmann, Charlotte Corday plongeant son poignard dans le sein de Marat qui est au bain, etc., etc. A côté de ces grands criminels sont les instruments qui ont servi à leur exécution, sabres, cimeterres, jusqu'à la trop fameuse guillotine qui a moisonné tant de têtes durant la révolution française.

On voit aussi, dans une chambre voisine, divers habits et ustensiles qui ont appartenu à de grands personnages, tels que des bottes, des éperons, une épée de Napoléon 1er, etc.

Des musées je passe aux parcs, en commençant par le Regenl’s Purk, où se trouve un jardin botanique, et le jardin de zoologie.

peut lenr por:

t d'exposition

mon attention, à leur examen, ulté que j'avais côtés. J'avais s de ma”collec- ‘ertaines erreurs ce pour l'étude!

t facile avec de 4 de nos maisons ité j'oserais dire faudra attendre s avantages.

musée d’un autre e sont point des , mais bien des , Cromwell, jusnous montre les res, de grandeur ient. Toutes les vec sa famille et es distingués sont outrements et des d'œil est partout | intérèt.

principale qu'on nt les portraits de par leurs crimes, Jorday plongeant bain, etc., etc. À ents qui out servi la trop fameuse ant la révolution

, divers habits et

onnages, tels que ler, etc.

mençant par le

ue, et le jardin de

Le jardin botanique n’est pastrès étendu, et semble destiné à offrir aux visiteurs la vue de plantes rares et remarquables,

plutôt que les plantes en général rangées suivant leurs familles, genres et espèces.

La ménagerie est très considérable, inférieure cependant à celle du Jardin des Plantes de Paris. L:s8 animaux n'y occu-

pent. pas un si grand espace, et je les crois aussi moins nombreux.

Du Regenl's-Park je passe aux Kensington Gardens, an Hyde Park et au Green Park qui tous trois se tiennent et offrent des lieux de promenades d’une longueur extraordinaire. C'est, en un mot, une vaste campagne, avec ses bois, ses pièces d’eau, ses chemins gravés, ses charmmilles, ses bosquets, etc., à la disposition d’une ville qui à elle seule formerait un état important, puisqu'elle ne renferme pas moins de 5,000,000 d'habitants.

Le protestantisme n'étant qu'une négation, comme le déclarait naguère un anglican sincère, le visiteur chercherait en vain dans ses temples l'expression d’un symbole ; il n’y trouve toujours que de lourdes constructions, sans presque d'ornements, figurant la foi spéculative de la froide réforme, sans ce surnalturalisme, cet idéal pieux et sublime des églises catholiques qui contribue «si puissaminent à élever l'âne, en lui inspirant le goût des choses invisibles. Cspendant à Londres, il est deux temples qui tranchent sur tous les autres sous ce rapport, et que le catholique va visiter avec intérêt ; c’est St- Paul avec l’abbaye de Westminster, par ce que l’un et l’autre ont été ravis aux catholiques et reflètent l'esprit catholique tel qu'il dominait en Angleterre avaut le XVe siècle.

J'avais déj visité St-Paul, il me restait à voir Westminster. C'est une vaste construction, de style ogival, irrégulière dans son pourtour, très ornemeutée, mais dont la hauteur ne répond pas à l'étendue. Pénétrons à l'intérieur. Quel contraste avec nos églises! On se croirait plutôt dans un musée que dans un véritable temple religieux. Ce ne sont partout que de riches sarcophages, que mausolées superbes, qui au lien d'occuper des annexes ou des alcoves en retraites, remplissent ici les nefs principales. Cependant si nous élevons nos regards vers la voute, nous voyons les arrêtes des arcs multiples se croisant en tout sens, découpées ou sculptées avec un soin extrême, et nous offrant le véritable caractère religieux de nos temples.

La plupart des rois et des grands hommes de l'Angleterre ont là leurs sarcophages avec statues en marbre plus ou moins remarquables,

Londre$, mercreii 22 juin.--A dix heures je suis rendu à la gare St-Pancrace, pour prendre la voie de Liverpool par le Midland Railway. Etant venu par le London & North Western, je préférais retourner par une autre ligne, afin d’avoir l’occasion de voir une plus grande partie des campagnes d'Angleterre, C'est ici comme dans tout le reste du pays, de vastes domaines, admirablement bien cultivés, avec par-ci par-là le château du land-lord et les établissements des fermiers.

À Manchester, dont la voie fait presque le tour, on peut admirer une forèt de cheminées d'usines comme nul lieu au moude ne peut en offrir de semblable, Et toutes ces bouches vomissent une fumée noire et épaisse qui se mêle aux vapeurs de l'atmosphère pour faire de l'Angleterre le pays des brouillards par excellence, Rien de surprenant alors si à Londres on est parfois si longtemps sans voir le soleil, L’astre du jour a peine à faire pénétrer ses rayons à travers les brouillards que les vents transportent de tous côtés sur cette île, lorsque tant de milliers d'usines viennent y joindre leurs fumées pour épaissir davantage cette atmosphère.

A 3.40 h. P. M. nous entrons dans la gare de Liverpool, où, à ma grande surprise, je retrouve M. Bolduc. Ayant rencontré une de ses connaissances Irlandaises, il avait été la veille faire en sa compagnie, une excursion à Dublin, eten était reveuu aussitôt.

Je vais loger avec mon compagnon au Family Hotel, 11, Islington street. C'est une véritable inaison Irlandaise, la mère et les tilles n’out que des révérences à prodiger aux reverend fathers.

Nous nous rendons au bureau de la Compagnie Allan pour faire viser nos billets de retour et nous assurer des cabines pour le départ du lendemain.

Liverpool, jeudi 23 juin.—Nous allons dire la messe, ce matin, chez les RR. PP. Jésuites. Nous sommes étonnés de trouver ici, comme à Loudres, un si grand nombre de personnes entendant la messe en pleine semaine.

Liverpool est une grande et belle ville Ses docks surtout, les plus grands du monde, sont une merveille de construction, de cauaux et d'endiguements. Les centaines de vaisseaux en

le l'Angleterre plus ou moins

suis rendu à la verpool par le orth Western, je voir l’occasion s d'Angleterre, astes domaines, \ le château du

, tour, on peut

me nul lieu au

ites ces bouches

èle aux vapeurs

pays des brouilrs si à Londres eil, L'astre du

vers les brouilés sur cette île, y joindre leurs ère.

de Liverpool, où, Ayant rencontré été la veille faire ten était revenu

amily Hotel, 11, andaise, la mère rer aux reverend

ngnie Allan pour rer des cabines

re la messe, ce mes étonnés de

nombre de per-

es docks surtout, de construction, de vaisseaux en

réparations, élevés dans leurs réservoirs, forment une véritable forêt de leur mature.

Liverpool possède aussi de nombreuses usines, et son voisinage de la mer lui amenant de fréquents brouillards, leur humidité fait adhérer aux constructions la fumée du charbon qui s'élève de toutes parts, si bien qu'on dirait ces constructions formées d’une pierre noire ou très foncée, tandis que fraiche elle est d’un gris assez clair.

Nous sommes aux jours les plus longs de l’année, et à la latitude où nous nous trouvons, il ne reste presque plus de nuit. A 10h. du soir, il fait encore passablemeut clair dans les rues et à 2, h. du matin le gaz des rues devient inusile,

Comme c’est aujourd’hui le jour du départ, nous achevons nos derniers préparatifs, faisant quelques petites emnlettes qui nous étounent par le bon marché, s’est qu'il y a ici abstraction des droits que les marchandises doivent payer pour entrer chex nous ; puis nous nous l\;posons à nous rendre äu quai,

Mais il faut auparavant régler avec notre hôtesse ; etqui le croirait ? elle se refuse absolument à tout payement. En brave catholique Irlandaise qu'elle était, elle se trouvait assez payée, disait-elle, de l'honneur qu’elle avais eu d’héherger deux prêtres, deux ministres du Seigneur. Le service laissait parfois à désirer, mais on y mettait une telle,bonne volonté, on s’etforçait tellement de nous être agréable, qu'il y avait ample compensation à ce qu'on aurait pu désirer de plus. L'une des deux demoiselles parlait fort bien le français, ayant eu son éducation dans un couvent de Belgique.

A 5 h. P. M., nous sommes à bord du Horavian qui doit nous ramener à Québec, et à 6 h. nous voyions Liverpool, avec ses immenses docks, s’effacer derrière nous. Le Lemps est beau, la mer calme et la navigation des plus agréables,

En mer, vendredi 24 juin—Beau soleil et temps calme ce matin, nous côtoyons les côtes d'Irlande pour entrer à Moville où nous arrivons à 10h. Il nous faut attendre ici jusqu’à 5 h. P. M. pour la malle par chemin de fer, qui est traversée de Liverpool en Irlande plus de 12 heures après notre départ.

Nous trouvons dans les campagnes qui s'offrent ici à nos regards, une grande ressemblance avec les nôtres. Les champs sont clôturés, et les inaisons à la suite les unes des autres, tout comme chez nous.

Vers midi, le temps se couvre et un fort vent d’E. commence à se faire sentir. Nous n’en éprouvons pas encore les effets, à l'abri que nons sommes dans ce petit golfe, mais tout nous fait présager du mouvement lorsque nous serons en pleine mer.

À 5.15 h. la malle est arrivée, l'ancre levée et nous sommes en marche. Nous sortons du Loch Foyle et aussitôt nous tombons sur une mer fort agitée, mais comme le vent nous vient de l'arrière, nous n’en ressentons encore aucun mauvais effet ; nous prévoyons cependant que lorsque nous changerons de direction en laissant les côtes d'Irlande, nous aurons à résister à une mer bouieversée qui nous prenant pur le flanc, nous ballotera d’une manière plus ou moins agréable.

En mer, samedi, 25 juin.—Vers les 8 h. A. M. le vent passe de l'E. au N. O. et nous fait échanger un ‘assez benin roulis, contre un tangage très incomimode ; déjà plusieurs se sentent pris du mal de mer. A9h. nous perlons la terre de vue,

Dimanche, 26 juin.—Nous avons de la pluie par intervalles, et toujours une mer très agitée ; quand nous ne soinimes pis bailottés par Le roulis, nous sommes barcés par le tangaze,. Nous croyions nous être agunerris à la mer avec notre longue navigation, et cependant il nous fallut encore payer le tribut à Neptune. Muis comme en allant, nous en fûmes quittes, mon compagnon et moi, pour une journée de malaise, et ñien que la mer continuât encore à déployer sa furie, nous n’en fûmes plus ensuite en aucune façon incommodés.

Nous avons à bord un trosième prêtre Canadien, c’est M. l'abbé Mouk, de Montréal, qui revient au pays après quelques années de séjour en Europe, Nous avons aussi avec nous le Président de la fameuse ligne de steamers à laquelle appartient notre vaisseau, Sir Hugh Allan, avec son fils. Partis de Montréal en mai, ils avaient reçu un télégramme en arrivant à Liverpool leur annonçant la mort de Maud. Allan. Mad. Allan ne jouissait plus de ses facultés mentales depuis plusieurs années,

Nous eûmes pendant plus de trois jours un vent debout, qui nous retarda heaucoup et nous fit présager une longue traversée, heurensement que nous pûmes nous racheter un peu une fois dans le golfe.

On peut voir par le tableau qui suit la route que nous

vent d'E. compas encore les golfe, mais tont nous serots en

et nous sommes et aussitôt nous me le vent nous aucun mauvais 1ous changerons nous aurons à ant pur le flanc, gréable.

M. le vent passe sez benin roulis, sieurs se sentent terre de vue.

e par intervalles, ne soinines pis par le tangaze.

vec notre longue

piyer le tribut n fûmes quiltes, k maluise, et nien furie, nous n’en dés.

Canadien, c'est pays après quelavons aussi avec amers à laquelle 1, avec son fils.

n télégramme en t de Mad. Allan.

mentales depuis

un vent debout, iger une longue ous 1acheter un

J'oute que nous

avons suivie sur la carte, et la distance que nous avons parcourue chaque jour.

Samedi 25 juin, latitude 55°34, long. 12°23, course dans les 24 heures 203 milles.

Dimanche 26 4 ( D5o47, 4 19058, 4 se “250 Lundi 27 4 4 p5°32, 4 2543, “ “196 « Mardi 28 ‘(4 G5o36, ( 30041, “ “170 Mercredi 29 ‘ 4 B4037, ‘ 39007, “+ 6 pps Jeudi 30 ( ‘ D53005, 4 47031, “ “814 Vendredi lerjuillet ‘t 51950, ‘ 55027, (0 “800 * Samedi 2 4“ (4 48055, ( G2o46, “ & g41 «

Dimanche 3 4 à 7.30 h. A. M. nous laissous Rimouski, et à 3.40 h, nous accostons au quai de j,évis,

Le premier juillet, vers 11 h. A.M , nous pûmes distinguer les côtes du Labrador, qui, à notre grande surprise, nous mon. traient encore de li neige sur leurs sommets, Nous fîmes dans le détroit de Beïle-isle la rencontre de trois icebergs d’une centaine de pieds de hauteur, mais étant échoués, il est tout probable qu’ils ne pourraient plus reprendre le Mouvement el devaient fondre là.

Une fois dans le Golfe, nous eûmes une mer calme comme un beau miroir, et notre vaisseau mit tout dehors pour rattraper le temps perdu. Nous longeâmes d'assez près l'ile d'Anticosti, et de ce moment jusqu’à Québec, rien de plus agréable que cette navigation. Nous voyous tous les établissements de la côte Sud défiler devant nôus, remarquant surtout leurs églises et les villages qui les avoisinent.

Dimanche matin, 3 juillet, nous mouillons en face du quai de Rimouski, où un petit steamboat vient prendre les mailles pour les remettre au chemin de fer; nous continuons aussitôt, et à 8.30 h. P. M. nous étions dans les bras de nos amis sur le quai de Lévis.

Il existe à Liverpool une société de secours pour les veuves et les enfants orphelins des marins, et l'on nous impose une espèce d'obligation, à bord des vaisseaux de la ligne Allan, de contribuer à ce fonds. L'on organisa, une fois dans le Golfe, où nous jouissions d’une mer calme, une espèce de concert entre les passagers, comme contribution à cette caisse. On chanta force chansons, on déclama des vers anglais avec plus ou moins de succès et d’apropos, et on tendit l’escarcelle à tous les assistants. Il nous répugnait d'autant plus de souscrire à ce fonds, qu’il est mis, nous a-t-on dit, à la disposion d’une société de propagande biblique qui en use pour favoriser ses vues.

702 DE QUÉBEO À JÉRUSABEM

On a généralement raison d'être satisfait du service des vapeurs Allan, mais les employés ont été un peu gâtés dans leurs voyages d'Europe. Bien que le pourboire, cette mendicité sous une autre forme, n'existe pas en Angleterre, les serviteurs des vaisseaux Allan ont appris à l'exercer à leur bord. Arrivés à Lévis, je demande à un garçon de monter mes malles sur le pont; oui, me répond-il, etil transporte celles des voisins, Comme j'avais grande hâte de descendre au plus tôt sur le quai, je les monte moi-mêiue, et ne voila-t-il pas que ce garçon s’en vient me trouver sur le pont réclamant son salaire ?-Oui ? pour m'avoir forcé à transporter mes malles moi-même ? — Pourle service de la table, pour avoir frotté vos bottes— Quoique mécontent, je lui mets un écu dans la main. Ce n'est pas assez, dit-il, c’est un dollar.—Ce n’est pas assez? bier, rendezmoi cet écu. Je le remets dans ma poche, et l'invite à aller se faire payer par ceux qui l'ont engagé.

Pourquoi la compagnie n'interdit-elle pas ces obsessions, sur ses administrés par ses employés, comme on le voit affiché dans les grands hôtels de Londres? Nous payons assez cher, je pense, pour qu'on ne nous soumette pas à ces désagréments.

Page 1