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Cette cascade, où se reproduisent, en petit, tous les phénomènes géologiques du Niagara, paraît d'autant plus belle, en ce moment, que les eaux sont abondantes à cause des pluies. Tout auprès, il y a une petite maisonnette, où l’on vend des objets indiens. Elle est habitée par une famille française, qui a déjà parcouru le Brésil et les Antilles sans trouver la fortune, et qui vient de s'établir dans ce pays aussi froid que la Sibérie en hiver. C’est bien le cas de dire « pierre qui roule n’amasse pas mousse. »
En res rsnt le soir vers Québec, nous remarquons son asp::' r1agnifique. Ses toits couverts de zinc, les clochers aigus de ses nombreuses églises catholiques, resplendissent au soleil couchant. Cela fait songer à la ville de cuivre des Mille et une Nuits. Les journées sont déjà assez courtes ; le soleil disparaît rapidement ; les teintes argentées de l’ouest me rappellent les îles Shetland, et m’'annoncent que l'automne va bientôt comniencer ici.
Aujourd'hui, visite au village huron de Lorette. Les descendants dégénérés de cette puissante nation sont des fainéants ; les Huronnes sont des luronnes. Cependant ils sont convertis au catholicisme : ils ont un digne prêtre parmi eux, mais il faut semer longtemps dans ces âmes ingrates, avant de recueillir. Il y a une cascade près de Lorette. Un jeune Huron m’y conduit le long d’un ravin, creusé par un torrent rapide qui bouillonne au-dessous de